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Maudite soit la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du Rockabilly et de la mousse de cresson réunis, bonjour ! Nous 220px-Doronicum_austriacum_a5sommes le Lundi 07 mars 2016 qui correspond au 17è jour de ventôse dédié à la doronic, jolie fleur qui n’a d’autre intérêt que d’être jolie, ce qui, pour une fleur n’est déjà pas si mal. Cette plante fait partie de la même famille que l’Arnica ce qui, j’en suis sûr, vous fait autant d’effet que la victoire de Hilary Clinton en Caroline du Sud .

C’est le 07 mars 1814 qu’eut lieu la triste et célèbre bataille de Craonne. En effet, si le nom de Craonne est surtout connu depuis la Grande Guerre comme le lieu symbolique du sacrifice des poilus de 1917, il doit également être associé à un épisode tragique de la campagne de France de 1814. Mais le Craonne qui nous intéresse est celui de 14/18; c’est à mi-chemin entre Laon et Reims. Le village avant 1914 avait une cimetièreforme triangulaire correspondant aux trois rues principales et il s’étendait sur les pentes du plateau du Chemin des Dames. le village fut entièrement rasé au printemps 1917 par les bombardements massifs : cinq millions d’obus sont tombés sur le Chemin des Dames entre le 6 et 16 avril 1917. Pour ce qui me concerne, j’y ait laissé mes deux grands-pères qui aujourd’hui grignotent les pissenlits par la racine quelque part sous une petite croix blanche… La Chanson de Craonne associe le village à ces insoumissions et au pacifisme.

J’ai retrouvé le texte de « la chanson de Craonne » (prononcez KRAN) recueillie par Paul Vaillant-Couturier en 1917 et interdite en France jusqu’en 1974. Cette chanson restera à jamais le symbole de ceux qui maudite soit la guerredisent non à la guerre. Il y a quelques années, Daniel Mermet lui avait consacré une émission (là bas si j’y suis) sur France-Inter. A l’époque où les mutineries se multipliaient dans les unités sur le front, les autorités promettaient une somme astronomique à qui en dénoncerait les auteurs. Peine perdue, elle est restée anonyme, et sans doute pour toujours. Allez, juste le refrain sur un air de valse. Imaginez l’accordéon magique de Marc Peronne et la voix suave de Marc Ogeret:

Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous des condamnés
Nous sommes les sacrifiés…

Bon, bien dites moi, c’est pas gai tout ça. En plus, ici, on a un joli Suroit, force 6/7 bien établit sous les grains… Allez, portez vous bien et, à demain peut-être.