Vous lisez actuellement les articles publié le mars 4th, 2016

Page 1 de 1

Sacré Léon…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du fromage de chèvre réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 04 mars 2016, 14è jour de ventôse dédié au Vélar encore nommée fausse giroflée.

L’homme du jour est un immense poète que j’apprécie particulièrement ce qui justifierait que j’en ai déjà parlé. Léon-Paul Fargue est né le 4 mars 1876 à Paris. Il fait de bonnes études au collège Rollin, au lycée léon paulJanson-de-Sailly, puis brièvement au lycée Henri IV où il se lie avec Alfred Jarry. Étudiant, il hésite entre la littérature, la musique et la peinture. Après quelques essais à Pont-Aven sur les traces de Gauguin, il choisit finalement d’écrire et publie en 1895 sa première œuvre : Tancrède. Il traîne avec la bohème de Montmartre dans l’ombre de Verlaine et du Cabaret du Chat Noir, puis il rencontre Mallarmé, Valéry, Gide ou Vuillard. Dès 1902, il est introduit dans la sphère musicale, aux côtés de Ricardo Viñes et Maurice Ravel, avec qui il formera la fameuse bande des « Apaches d’Auteuil ». Il ne publie presque rien durant cette période, cependant il participe aux débuts de La Nouvelle Revue Française. En 1909, il rencontre Valéry Larbaud et ce sera le début d’une amitié importante. Enfin en 1912 paraît Poèmes son second livre, fondateur par son utilisation des mots et de la langue, qui fera des émules et qui lui assurera la notoriété auprès de gens très divers, d’Apollinaire à Claudel, d’Alain Fournier à Proust.

Mobilisé en 1914 à Laon, il sera rapidement réformé et retrouvera, autour de la libraire Adrienne Monnier, ses amis Jean Cocteau et Erik Satie, lequel composera peu après six mélodies sur les Ludions. Dans les années 20, Fargue fonde et dirige la prestigieuse revue Commerce H-Savec Valery Larbaud et Paul Valéry, relayé par Jean Paulhan. Les années 30 sont marquées par une nouvelle activité, très prolixe, la chronique journalistique, qui donnera des essais sur des sujets très divers, de la critique littéraire à des thèmes beaucoup plus légers comme les aléas de la mode, mais où l’art, la poésie et l’homme sont omniprésents. Voici un extrait de  Haute Solitude  « Oui mon âme, tout cela que tu vois, c’est la vie, tout ce que tu examines en soupirant, c’est la vie. Restons nous deux, cent ans et plus, restons les bras sur la balustrade, le corps appuyé au bastingage, la prudence bien affûtée, restons et résignons-nous. Ne descendons pas dans cette mélopée, ne nous confondons pas à ce bruit d’âmes fausses, de cœurs mangés aux vers, d’esprits vénéneux ».

Peu avant la seconde guerre mondiale, Fargue rencontre sa future femme, le (la) peintre Chériane, chez qui il s’installe boulevard Montparnasse. En 1941 il publie Haute solitude parfois considéré comme son chef d’œuvre poétique. En 1943, au cours d’un repas avec Picasso, il est frappé d’hémiplégie et restera paralysé. Il n’en continue pasTombe_Léon-Paul_Fargue,_Cimetière_du_Montparnasse_(2) moins à écrire et reçoit en 1946 le grand Prix de la Ville de Paris. Paul Valéry saluait l’originalité de son art, et Rilke écrivait en 1926 «Fargue est un de nos plus grands poètes. » Il meurt à 71 ans, le 24 novembre 1947, chez lui à Paris. Il est enterré au cimetière du Montparnasse cher à Brassens. On lui doit cette fameuse pensée: Le travail est une chose élevée, digne, excellente et morale, mais assez fastidieuse à la longue. comment ne pas être d’accord !
 
Allez, voila pour aujourd’hui, merci encore une fois d’avoir fait le détour par ici portez vous bien et à demain peut-être.