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Le vin d’ici et l’au-delà…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du spiritisme et du tarot de Marseille réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le Jeudi 31 Mars 2016 mais, je n’y suis pour rien. Ce onzième jour de Germinal était dédié à la pervenche.

Voici déjà un moment que je voulais trouver une petite place dans notre galerie de portraits pour cet étrange personnage qu’était Allan Kardec ou Alan Kardec, de son vrai nom Hippolyte Léon Denizard Rivail, né à Lyon le 03 octobre 1804 et décédé le 31 mars 1869. C’est un Kardecpédagogue français, fondateur de la philosophie spirite ou spiritisme. Il est généralement surnommé le « codificateur du spiritisme ». Son œuvre influence aujourd’hui fortement la culture et la vie publique brésilienne. Il va à l’école primaire locale jusqu’à ses dix ans, Il devient interne au château d’Yverdon, sur le lac de Neuchâtel, chez le célèbre pédagogue Pestalozzi qui met alors en pratique les principes de l’« Émile » de Rousseau. Dans cette « école mutuelle », il apprend avec d’autres jeunes gens de la bonne société européenne. Les influences de Pestalozzi furent très fortes sur le futur Kardec, et des principes de la pédagogie se retrouveront dans sa doctrine spirite: la fraternité universelle ou l’ouverture aux femmes.

En 1832, il épouse Amélie Boudet (ici le couple en portrait), une institutrice qui travaille avec lui dans son école et dans la poursuite de son œuvre pédagogique. Lorsque l’école doit fermer pour des raisons 200px-A._Kardec_et_A._Boudetfinancières, Léon Rivail traduit des textes allemands et publie des manuels pour gagner sa vie. Il continue à donner des cours, gratuitement, de chimie, physique, anatomie et astronomie. Il est un grand positiviste, pas du tout tourné vers le surnaturel. C’est en cette capacité de pédagogue positiviste qu’il est sollicité pour superviser des séances de tables tournantes. On lui demande aussi de mettre de l’ordre dans les communications des esprits reçues lors de séances. Cela donnera Le livre des Esprits.

Il découvre les tables tournantes en 1855, pratique venue des Etats-Unis. C’est à cette époque qu’il prend son surnom d’Allan Kardec, nom qu’il pense correspondre à celui qu’il portait lors d’une vie antérieure, alors qu’il était druide. Il converse plusieurs années avec toutes sortes d’esprits et en tire un enseignement. L’essentiel est écrit dans Le livre des Esprits (paru à Paris le 18 avril 1857) et Le livre des médiums (1861). Il fonde également La Revue spirite, magazine encore publié aujourd’hui, dans plusieurs langues. Il meurt d’un anévrisme en tombeau Kardec1869 en laissant nombre de textes en cours d’écriture. Un sixième livre dont le titre provisoire était : Les prévisions concernant le spiritisme, fut également retrouvé. Tous ces travaux inachevés furent regroupés par l’éditeur Pierre-Gaëtan Leymarie quelques années plus tard et édités sous le titre : Les œuvres posthumes d’Allan Kardec. Il est inhumé au Père-Lachaise, à Paris. Au-dessus de sa tombe en forme de dolmen et de son buste en bronze poli , sa devise : « Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la Loi ». De nombreuses personnalités furent séduites par le spiritisme tels, Victor Hugo, Théophile Gautier, Camille Flammarion ou Conan Doyle… De nos jours, Allan Kardec est l’un des auteurs sociologiques français les plus lus au Brésil . Plus de six millions de Brésiliens se déclarent spirites et mettent en application sa doctrine dans des milliers de centres spirites. Les principales villes brésiliennes ont toutes une rue Allan Kardec.

Allez, que la force soit avec vous, portez vous bien et à demain peut-être.

Les sanglots longs, des violons…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la Grèce antique et du jambon macédoine réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 30 mars 2016, dixième jour de Germinal dédié au greffoir, petit canif bien connu des jardiniers.

Pour ma part, j’ai choisi de me souvenir de Paul Verlaine, pour son génie et aussi parce que il est né un 30 mars en 1844 et c’était à MetzVerlaine. Il est décédé un 8 janvier 1896 à Paris. Précurseur du symbolisme, le poète a inventé au fond de sa déchéance les quatrains les plus musicaux de notre langue. Avec Rimbaud, compagnon de misère, il représente une figure caractéristique de son époque, le poète maudit. Ici, on le voit photographié par Dornac dans un café de Mouffetard et buvant une absinthe.Ecoutez Léo Ferré dans une version jazzy de la chanson d’automne…

 

Tiens, à ce propos, connaissez vous ces gens là ? On les appelle les  artémophiles (du nom de la plante en latin Artemisia absinthum). Ce ne sont pas des buveurs invétérés d’absinthe comme Verlaine, mais des collectionneurs à la recherche de tout objet appartenant à l’univers buveur-dabsinthede l’absinthe. Qu’il s’agisse de ces fameuses cuillères perforées pour tenir le sucre, des verres qui marquent la dose, des fontaines à absinthe, des  affiches sur l’absinthe, des cartes postales d’époque, des pyrogènes de marque, de catalogues des fabricants…  En chinant dans les brocantes et les vide-greniers, il est encore possible de dénicher des cuillères, des verres, des fontaines, des topettes ainsi que de nombreux objets au nom de cette boisson bannie. Bref ils donneraient n’importe quoi ou presque pour toutes ces reliques témoins de l’époque de la Fée verte. A gauche ci-dessus: le buveur d’absinthe – Picasso 1903.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le dormeur DUVAL…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis la concorde universelle et du calendrier des postes réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 29 mars 2016 d’après le calendrier du facteur et le 9è jour de germinal dédié à l’Aulne, d’après celui des républicains. L’aulne: pas la rivière mais l’arbre qui peuple ses berges. On dit aussi Vergne, en breton Gwern. Pour les anciens Bretons, l’aulne était l’arbre de l’union avec les Gaëls. Il faisait partie du bosquet sacré des druides. Chez les Grecs et les Romains, l’aulne était l’arbre de la mort.

L‘homme du jour c’est Clément DUVAL. Oh ce n’est pas un tendre ni un enfant de marie mais un anarchiste comme il s’en faisait à cette époque là. Clément Duval, blessé à deux reprises pendant la guerre de 1870, avait été cassé de son grade de caporal pour indiscipline. Devenu Duvalanarchiste, il avait été avec A. Ritzerfeld l’un des fondateurs à l’automne 1882 dans le 17è arrondissement du groupe La Panthère des Batignolles, dont l’ordre du jour de la première réunion, paru dans L’Etendard Révolutionnaire du 15 octobre, portait sur « la confection des bombes à main ». Tout un programme ! Suite à l’arrestation en octobre 1886 d’un receleur, Clément Duval était accusé d’avoir été l’un des auteurs du cambriolage effectué le 5 du mois dans un hôtel particulier de la rue de Monceau qui avait été ensuite incendié par les voleurs.

Lors de son arrestation, il blessait ,« au nom de la liberté », de plusieurs coups de couteau l’agent Rossignol qui l’appréhendait « au nom de la loi ». Emprisonné à Mazas, Duval se justifiât dans Le Révolté (12 novembre 1886) d’une condamnation à un an de prison pour vol en 1878. Lors du procès aux assises, Duval justifiait son action dans une bagnelongue déclaration : » …Soyons logique, vous êtes la force, profitez en et s’il vous faut encore une tête d’anarchiste, prenez la, le jour de la liquidation on vous en tiendra compte…Vous m’inculpez de vol, comme si un travailleur qui ne possède rien pouvait être un voleur. Non , le vol n’existe que dans l’exploitation de l’homme par l’homme, en un mot par ceux qui vivent aux dépens de la classe productrice… » Le 12 janvier, Duval, dont la défense avait été éditée à 50.000 exemplaires sous le titre Le Pillage de l’hôtel Monceau –  était condamné à mort; puis la peine était commuée en février en travaux forcés à perpétuité. Ici à droite, le bagne de St Laurent du Maroni.

Duval, matricule 21551, arrivait en Guyane le 24 avril 1887 à bord de « L’Orne » en provenance de Toulon. Il fut envoyé aux Iles du Salut où il resta 14 ans, dont de nombreux mois de cachot, et tenta à dix-huit reprises de s’évader. Transféré à Saint-Laurent-du-Maroni, il parvenait à s’évader avec huit autres le 14 avril 1901 et à gagner la Guyane anglaise d’où, le 17 juillet 1901 il écrivait à Jean Grave pour lui demander une aide de 500 francs, n’ayant ni travail, ni argent et disposant d’un mois pour quitter la colonie. En 1903 Clément Duval parvenait à moi-clement-duval-bagnard-et-anarchistegagner les Etats-Unis où il était aidé par des anarchistes français et italiens. Il rédigeait ses mémoires publiées en 1907 en feuilleton dans le journal italien Cronaca Sovversiva (New York) et dont quelques pages seront publiées en France par L’ En Dehors . Il aurait collaboré à plusieurs numéros de La revue anarchiste. Clément Duval est mort à Brooklyn le 25 mars 1935. Il avait passé ses derniers mois chez Max Sartin et Fiorina Rossi qui, se souvenant de lui, témoignaient : « C’était un vieux petit homme, déformé par l’arthrite. Mais il faisait sa gymnastique tous les matins. Un camarade français, médecin, venait à la maison pour l’examiner. Nous l’appelions ’Il Nonno’, le grand-père, et les voisins pensaient que c’était le père de Max ». L’essentiel de ses mémoires a été publié et présenté, sous le titre Moi Clément Duval, bagnard et anarchiste (Ed. Ouvrières, 1991). Dans ses mémoires, il dit avoir côtoyé un certain « Papillon » mais qu’il n’appréciait guère son coté égoïste… Sources: Dictionnaire international des militants anarchistes. (R.D.)

Allez, aujourd’hui, on ne risque plus de rencontrer ce type de personnage haut en couleurs. Les poseurs de bombes sont des mous du bulbe manipulés par des princes enturbannés et/ou des ayatollah psychotiques.  Merci beaucoup de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Sur la route de Memphis…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’Amérique profonde et du beurre de cacahuète réunis, bonjour ! Puisque ce Lundi 28 mars 2016 correspond au 8è jour de germinal et qu’il est dédié aux jonquilles, célébrons le printemps en rendant un petit hommage à celui qui s’est autoproclamé « le père du blues ».

William Christopher HANDY est le créateur des célèbres Memphis blues et Saint Louis blues que l’on entend ici sur cette vidéo qui gratte comme un vieux bourbon. Il est décédé un 28 mars ce qui me donne l’occasion hansel-mieth-jazz-trumpeter-william-christopher-handy-composer-of-the-st-louis-blues-playing-his-instrumentd’en dire quelques mots. Il était né dans l’Alabama, d’esclaves affranchis dit-on, et son père était pasteur. Comme beaucoup de bluesmen c’est dans l’église qu’il fit ses premiers pas de chanteur et de musicien. Co-propriètaire d’une maison d’édition musicale à Memphis au début du XXè siècle, il a surtout eu l’idée de transcrire en partitions les blues qu’il entendait dans les quartiers noirs populaires et de les publier sous son nom. Ce rôle de diffuseur n’est pas à négliger même si sa légende dépasse la réalité. En 1958, un film s’empare de sa vie et son rôle est tenu par Nat King Cole lui même.

La publication en 1912 de la partition de Memphis Blues introduit son style de blues en douze mesures dans de nombreux foyers. En même temps, on le cite comme ayant inspiré l’invention du pas de danse Fox Statue HandyTrot par Vernon et Irene Castle, un groupe de danse de New-York. Cette chanson est également considérée par beaucoup comme la toute première chanson de blues.La ville de Memphis , berceau du blues, a immortalisé Handy en donnant son nom à un parc et en lui érigeant une statue (que l’on voit ici à droite) en 1980 ainsi qu’en décernant chaque année les W.C. Handy awards du blues. Bien que lui même ait très peu enregistré, ses blues sont devenus des standards. Allez, on l’ajoute sans remords à notre galerie de portraits.(Il semblerait qu’au singulier comme au pluriel, on mette toujours un « S » à remords… Je n’en suis pas sûr.)
Sources: La grande encyclopédie du blues de Gérard Herzhaft.

Allez, merci de vos fréquentes visites, portez vous bien et à demain peut-être.

Le Fur, Troadec, Merret: le trium verrat…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le Dimanche 27 mars 2016, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique; il symbolise la sagesse, en breton Bezo (coad-bezo ou bien encoreslavicek Koad-argant – le bois d’argent, de bouleau, la boulaie, en Gallo la Bouillie) et dans le grand Nord Björk… Le nom local du bouleau est également à l’origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen); il s’agirait d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque. Au Canada et en Alaska on en tire un sirop et une eau de vie. Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie sous le nom de merisier, celui du bouleau flexible sous le nom de merisier rouge. On apprend chaque jour quelque chose sur « les cénobites tranquilles ». Voyez ici à droite ce magnifique tableau de Slavicek. Et voila, j’ai jamais tant parlé du bouleau que depuis que je suis retraité…

Or donc, si vous le souhaitez, vous pouvez célébrer les Louarn qui était, nous dit la chronique, le fils de Conan Meriadec, fondateur mythique de la Bretagne armoricaine. C’est ce qu’écrivait au tout début du dix neuvième, Miorcec de Kerdanet dans ses articles sur l’histoire de Bretagne dès la première livraison de la revue (nantaise) Le lycée armoricain; première revue à inscrire la Bretagne dans le mouvement romantique. Ce monsieur faisait partie de ceux là qui ont «inventé» l’histoire de la Bretagne et, comme vous pouvez le remarquer, ils était presque tous issus de la petite noblesse bretonne et/ou du clergé: Hersart de la Villemarqué, Morcet de Kerdanet, Arthur le Moyne de la 563286-merretBorderie, Albert le Grand… Son père, Daniel Nicolas Miorcec de Kerdanet (1752-1836), fut avocat, maire de Lesneven et député ultra-royaliste du Finistère à la Restauration. C’est à cette époque et avec les mêmes acteurs que naquit l’idée d’organiser la paysannerie et l’on vit naître l’Office central de Landerneau présidé par Hervé Budes de Guébriant qui, face aux idéologies révolutionnaires visait à donner l’illusion de l’existence d’une communauté naturelle, organiquement soudée dont on retrouve encore les traces aujourd’hui (bonnets rouges). Les droites bretonnes apparaissent alors à la charnière des deux siècles comme l’expression du consensus social et culturel qui continue à lier les différentes couches du monde rural. Le concept de «bloc agraire», emprunté à Gramsci, souligne la cohésion entre l’aristocratie foncière, le clergé, et une partie de la paysannerie autour de la défense d’un modèle proche de l’ancien régime. Presque deux siècles plus tard, Troadec, Le Fur et Merret, le trium « verrat » de la ruralité bretonne tentent de nous rejouer la même scène sur fond de biniouserie.

Allez je m’arrête là avant de vous lasser. Portez vous bien et à demain peut-être.

Le saint et la bette…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Samedi 26 mars 2016, sixième jour de germinal dédié la betteà la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Aujourd’hui on célèbre (ou pas) saint Goal, rien à voir avec le foot, il s’agit de l’un de ces nombreux saints hommes, en Inde on dirait des Sadhus, qui s’établirent en Armorique et dont je vous narre régulièrement l’histoire. Celui-ci a laissé son nom à une commune du 220px-W1067-LocoalMendon_Plec_QuenouilleSteBrigitte_74419-200x300Morbihan chère à Gilles Servat ou Louison Bobet et même Jean Cocteau: Locoal-Mendon. Locoal est une île située dans le bras de mer d’Etel, entre Sainte-Hélène et Mendon ; elle communique avec cette seconde paroisse par un pont qui rappelle celui de Saint-Cado, et elle a sous sa dépendance la presqu’île du Plec, qui l’avoisine au nord. Il paraît que les Romains donnaient à l’île le nom de Plecit, dont on a fait plus tard celui de Plec. C’est dans cette île, vers 631, que vint s’établir, avec quelques prêtres, saint Gudual, dit aussi Gurval, Goal ou Gau, évêque démissionnaire d’Aleth. ici à gauche, Kegil-Brehet, la quenouille de sainte Brigitte sur l’ile de Plec. Le saint s’y creusa une grotte sur la côte, et ses compagnons firent comme lui. Voici, réunis en une seule vidéo: Les ramoneurs de menhirs, Gilles Servat, Louise Ebrel, le bagad de Locoal Mendon et la blanche hermine…

Sa réputation s’étendit bientôt au loin, et de nombreux disciples, dont le chiffre s’éleva jusqu’à 188, vinrent se fixer sur ce sol et s’y faire des cellules. Pour garantir leurs demeures contre l’envahissement des grandes marées, ils durent édifier des digues d’une lieue environ de longueur, et dont il reste encore des tronçons parfaitement reconnaissables. Mais le saint dut bientôt reconnaître que la foule l’empêchait de jouir de la solitude qu’il cherchait. Il déserta son île, stele-de-prostlon-locoal-mendon-154x300comme il avait déserté Guer, et, suivi de sept de ses moines, il s’enfonça dans la forêt de Camors. Là, il construisit un monastère, dont la chapelle de Locoal garde le souvenir, vers l’an 640, âgé d’environ 50 ans. A droite ce magnifique menhir phallique qui a été transformé en stèle gravée d’une croix pattée, avec de part et d’autre de la hampe l’inscription verticale : « CROUXX PROSTLON ». Les caractères onciaux remontent à une période qui va du IXe au XIIe siècle. Elle semble honorer une femme du nom de Prostlon, fille du roi Salomon de Bretagne et épouse du comte de Vannes, Pascuethen. Son corps (celui du saint homme) fut transporté dans l’île du Plec, et inhumé dans l’église qu’il y avait fait bâtir. Bientôt l’île prit son nom et s’appela Loc-Gudual, et plus tard Locoal.

Voila, c’était l’histoire du jour, en attendant la prochaine, portez vous bien et à demain peut-être.

L’oncle (Jacques) Bens…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la Pataphysique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 25 mars 2016, 5è jour de germinal que nos amis républicains avaient décidé de dédier à la poule… Allez savoir ce qui se passait dans la tête de Fabre d’Eglantine ! Voici un autre grand poète qui mériterait mieux que les obscurs rayonnages des bibliothèques municipales. Il est né un 25 mars 1931 dans le Vaucluse.

Jacques Bens fut l’un des fondateurs de l’Oulipo. Dataire au Collège de Pataphysique, gendre de Célestin Freinet (dont j’ai longuement parlé dans ces colonnes), il a travaillé avec Raymond Queneau chez Gallimard à l’Encyclopédie de la Pléïade, de 1960 à 1963. Il a été reunion de l'oulipodurant les trois premiers siècles de l’OuliPo son « secrétaire provisoire » chargé des comptes-rendus de séances, rassemblés aujourd’hui chez Bourgois. Poète, romancier, et nouvelliste (il a reçu en 1990 le Goncourt de la Nouvelle pour ses Nouvelles désenchantées.) Je vous recommande Cinq châteaux de cartes chez Nathan en 1983, il fut également un éminent cruciverbiste, et collabora avec Perec pour les jeux du journal Télérama. A droite, réunion de l’OuLiPo en 1975 dans les jardins de François Le Lionnais.

Or donc, notre ami Bens a été membre fondateur de l’Oulipopo, Ouvroir de littérature policière potentielle mais aussi, de l’OuCuiPo (ouvroir de cuisine potentielle). On lui doit notamment, la cuisine en AVT_Jacques-Bens_2210jeux paru chez Zulma en 1999, ouvrage dans lequel il organise une visite ludique et gourmande à travers les provinces françaises. Comment concilier des activités d’écrivain, d’oulipien chevronné et de cruciverbiste avec une passion pour l’art culinaire ? En imaginant un petit livre où alternent recettes, grilles de mots croisés, acrostiches et autres anagrammes. De quoi faire patienter vos invités si votre gigot nécessite un temps de cuisson supplémentaire !
Poème irrationnel

Le presbytère n’a rien perdu de son charme,
Ni le jardin de cet éclat qui vous désarme
Rendant la main aux chiens, la bride à l’étalon.
Mais cette explication ne vaut pas ce mystère.
Foin des lumières qui vous brisent le talon,
Des raisonnements qui, dissipant votre alarme,
Se coiffent bêtement d’un chapeau de gendarme,
Désignant là, le juste, et ici, le félon.
Aucune explication ne rachète un mystère.
J’aime mieux les charmes passés du presbytère
Et l’éclat emprunté d’un célèbre jardin;
J’aime mieux les frissons (c’est dans mon caractère)
De tel petit larron que la crainte oblitère,
Qu’évidentes et sues les lampes d’Aladin.

Vous, je ne sais pas, moi j’adore… Allez, encore merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Dario Fo: le masque et la plume…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la comedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 24 mars 2016, lendemain d’attentats et tulipesquatrième jour de germinal dédié à la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écran alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Le nom tulipe provient du turc tülbend (lâle), c’est-à-dire « plante-turban » ce qui, j’en suis convaincu vous fait une belle jambe…

Le 24 mars 1926, naissance de Dario FO à San Giano, village de Lombardie au bord du lac Majeur, dans une famille prolétaire de tradition démocratique et antifasciste. Il découvre très jeune le théâtre populaire et la tradition orale, par l’intermédiaire de son grand-père, « fabulatore » connu. Doué en dessin et en peinture ( talent qui lui permettra de dessiner lui-même les affiches de ses spectacles )il commence par étudier l’art et l’architecture à Milan. En 1952, il écrit Dario Fopour la radio ses premiers monologues comiques, intitulés Poer nano, « Pauvre nain ». Il découvre le Piccolo Teatro de Giorgio Strehler, fait ses débuts d’acteur et monte des revues de satire sociale et politique. En 1954, il épouse Franca Rame, fille d’une grande famille de comédiens populaires, qui devient son inséparable partenaire. Ensemble ils reprennent à leur façon des farces traditionnelles et écrivent de grandes comédies où ils fustigent les institutions et les classes dirigeantes tout en déployant une fantaisie débridée. En 1968, ils fondent l’association « Nuova Scena » avec l’aide du PCI, « au services des forces révolutionnaires » et s’éloignent des circuits traditionnels du théâtre.

En 1970, Dario Fo rompt avec le parti communiste et crée, avec ses camarades, un autre collectif théâtral : « La Comune ». Ces années sont celles des grands succès : Mystère Bouffe, en 1969, épopée des opprimés inspirée de la culture médiévale, apporte à Dario Fo une renommée mondiale. Inspiré d’un réel fait divers, en 1970, « mort accidentelle d’un anarchiste » (Morte accidentale di un anarchico) donne avec humour et brio, sa version abracadabrante du cas de l’anarchiste mort accidentelle d'un...Giuseppe PINELLI, dont la garde à vue, à la questure de Milan, s’était soldée par une défenestration mal expliquée; ainsi que « Faut pas payer » en 1974. Elles  sont écrites en liaison, l’une avec la demande de révision du procès de l’anarchiste Guiseppe Pinelli défenestré à Milan, l’autre avec la campagne d’autoréduction des factures en période d’inflation. L’anti-conformisme de Dario Fo, ainsi que son engagement politique et social l’entraînent dans d’innombrables procès et controverses en Italie, avec l’Etat, la police, la télévision, le pape : son émission Canzonissima est censurée ; selon le pape, Mistero buffo offense « les sentiments religieux des Italiens ». En collaboration avec Franca Rame, il écrit une série de monologues inspirés par la lutte des Italiennes pour le droit au divorce et la légalisation de l’avortement.

Artiste hors normes, il reçoit en 1997 le Prix Nobel de Littérature pour avoir « dans la tradition des bateleurs médiévaux, fustigé le pouvoir et restauré la dignité des humiliés. » Il devient aussi un des premiers Satrapes étrangers du collège de pataphysique en 2001 avec notamment Umberto ECO . L’arrivée du deuxième gouvernement Berlusconi lui a inspiré L’Anomalo Bicefalo, écrit avec Franca Rame. Bref, un théâtreux comme je les aime, dans la lignée de Brecht ou de Vilar !

Allez, c’est sympa d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Femme, femme, femme…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis athées, libre-penseurs et autres mécréants, bonjour! Nous sommes le vendredi 23 mars, troisième jour de germinal dédié à l’asperge… Tiens, le saviez-tu ? L’équipe de France féminine de rugby a remporté le Tournoi des 6 Nations, vendredi 18 mars, en coiffant sur le fil l’Angleterre. Je ne vous explique pas le Tollé si cette aventure était advenue à leurs homologues masculins. Mais là, nada, que dalle, l’info est loin de faire la une… Ah, les droits de la femme, l’égalité, la parité, poil au nez ! Pourtant elles le valent bien. Hier j’évoquais Nathalie Lemel rebelle et communarde; vous ai-je déjà parlé de Julia Bertrand.

Institutrice, militante anarchiste, antimilitariste, féministe et libre penseuse. Elle était née le 14 février 1877 dans les Vosges. Elle fut déléguée au congrès International des libres penseurs, tenu à Paris, du la ruche3 au 7 septembre 1905. Elle collabora au journal féministe « La Femme affranchie », puis au journal « La Vrille » publié à Épinal par l’anarchiste Victor Loquier. Inscrite au « Carnet B », fichier des antimilitaristes, elle est arrêtée le 21 août 1914 et envoyée dans un camp. Suite à une campagne de protestation, elle est libérée le 18 février 1915, mais révoquée de l’enseignement. Elle part alors exercer à « La Ruche » de Sébastien Faure dont je vous ai entretenu à plusieurs reprises, jusqu’à sa fermeture en novembre 1917. La photo présente l’équipe de La ruche.

Julia n’est réintégrée dans l’enseignement qu’en 1925. Elle participe à la presse anarchiste de l’époque « L’en dehors », « l’Idée libre » « Le juliaLibertaire », etc. En 1944, son logement à Noisy-le-sec région parisienne, est détruit par les bombardements alliés. « Je ne croirai jamais que c’est un crime d’aimer une doctrine de laquelle s’honorent d’honnêtes savants, de sincères grands hommes comme Elisée Reclus et Pierre Kropotkine. » Extrait d’une lettre de réponse au préfet qui l’a révoquée pour avoir manifesté « ses sympathies pour l’antimilitarisme et son admiration pour la doctrine anarchiste ».

Cette femme là… C’était un sacré bonhomme ! P’tèt ben qu’elle jouerait au rrruguebi de nos jours ?

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Nathalie marchait devant moi…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis du pendule de Foucault et de « qui veut gagner des millions » réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 22 mars 2016, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route.

Chaque année, à l’occasion du 8 mars, journée internationale des Droits des femmes, la Ville de Brest soutient les actrices et acteurs locaux concernés par l’égalité entre les sexes. Cette année, l’engagement des femmes est particulièrement mis à l’honneur. Et celui de Nathalie Lemel, socialiste, révolutionnaire, anarchiste, féministe, défenseure acharnée du droit des femmes, est particulièrement remarquable. Cet hommage si mérité prend plusieurs formes. La plus visuelle sera la BD que lui consacre l’artiste Laëtitia Rouxel. En création-résidence à la médiathèque Jo-Fourn Europe, Laëtitia Rouxel participera aussi à un déjeuner-discussion autour de son travail sur Nathalie Lemel le 29 mars à L Cause, l’espace associatif résolument féministe.

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Photo: Le Télégramme de Brest

Encore plus visible sera l’immense portrait de Nathalie Lemel, réalisé par les artistes Guy Denning et Shoof, sur les murs de la Cafet’ d’Ahmed, au 3, rue Sisley. Avant, on fera mieux connaissance avec cette femme admirable grâce à l’exposition Nathalie Lemel, pétroleuse bretonne, à la médiathèque Jo-Fourn Europe. Elle était née, le 26 août 1827. Après avoir fondé une librairie à Quimper, elle vient s’installer à Paris et trouve un emploi d’ouvrière dans un atelier de reliure. En 1866, elle adhère à la première Internationale fondée par Marx, Engels et LemelBakounine et fonde avec Eugène Varlin « La marmite », c’était un peu les restos du cœur de l’époque, on appelait cela:coopérative alimentaire. Arrêtée le 21 juin 1871 et désespérée par l’échec de la Commune, elle tente de se suicider (à l’absinthe !), sans succès. Lorsque ses amies réclament sa grâce, elle envoie elle-même une lettre au préfet, expliquant qu’elle refuse tout recours en grâce et réfute toute action qui pourrait être menée en sa faveur. Elle est donc déportée en Nouvelle Calédonie le 24 août, en compagnie de Louise Michel. Embarquées toutes les deux sur « le Virginie » elles partageront la même baraque sur la presqu’ile Ducos. Nathalie Lemel est morte le 08 Mai 1921 à l’hospice d’Ivry, atteinte de cécité et dans le dénuement le plus total.

Bon, les jeunes sont dans la rue, Nathalie Lemel sur les murs; peut-être ne faut-il pas désespérer de l’humanité et que la Macron-mania n’a pas encore gagné la partie. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.