Aimez moi, les uns les autres…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la transversalité et de la saucisse de Strasbourg réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 Février 2016 (bissextile), onzième jour de Ventose (sans accent) dédié au Narcisse. L’histoire la plus détaillée (de Narcisse) est rapportée dans le Livre III des Métamorphoses d’Ovide. C’est cette version qui est la référence de la majorité des écrivains et des artistes par la suite. Dans la mythologie grecque, Narcisse est un chasseur originaire de Thespies en Béotie. Il est le fils de la nymphe Liriope violée par le dieu fleuve Céphise. Le devin Tirésias dit à Liriopé : « Narcisse vivra très vieux à condition qu’il ne voit jamais DALI Narcisseson image. » Et, ce qui devait arriver arriva: un jour, Narcisse vit son reflet dans l’eau claire d’une source, et il tomba amoureux de sa propre image. Face à cette passion sans espoir, il préféra se suicider. Comme il se plongeait un poignard dans la poitrine, son sang s’écoula dans la terre et ainsi naquit un narcisse blanc à corolle rouge. Et, Salvador Dali peignit la métamorphose de Narcisse en 1937… Narcisse reste jusqu’au XXème siècle un individu à ne pas imiter dont l’amour propre est détestable, mais voilà, qu’en 1911, (en la personne de Sigmund Freud, avec son livre « pour introduire le narcissisme ») on  affirme pour la première fois que… s’aimer soi même est nécessaire pour l’équilibre psychologique ! C’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Bien vite, Lou Andreas-Salomé, femme de lettres allemande, relève elle aussi les bons côté de Narcisse et de son narcissisme, suivit plus tard par d’autres penseurs. Et, fin XXème et début XXIème, l’amour propre « à la Narcisse » est couronné notamment par l’apparition (un peu plus tardive) des blogs et de facebook, véritables odes à ce « love myself ».

Vers la fin du XIXè siècle, il y avait du côté de La Roche-Derrien, département des Côtes du nord, un certain Narcisse Quellien à qui l’on doit une œuvre considérable en matière de collecte des textes bretons. Poète et ethnographe, il recueillait surtout les chansons populaires. Il est moins célèbre que françois-Marie Luzel dont il fut l’ami, ou De La Villemarqué (Barzaz Breiz) il nous a laissé un livre surprenant sur lela-roche-derrien-quellien-portrait-258x300 langage argotique des chiffonniers et couvreurs de La Roche-Derrien et des environs, le « Tunodo »,c’était en 1885. Le pauvre homme perdit la vie à Paris au mois de mars 1902, renversé par une voiture automobile. C’est-y pas pitié ! Le corps du Barde, inhumé provisoirement à Paris, fut ensuite, selon son vœu, transféré à La Roche-Derrien. C’est dans le petit cimetière de sa paroisse natale que, le 8 septembre 1912, on inaugura, sur la tombe du Barde trégorrois, un monument dû à la collaboration de deux artistes bretons, MM. Paul Le Goff et Yves Hernot. Des discours et des poèmes, en breton et en français, furent prononcés ou lus par MM. Charles Le Goffic, Anatole Le Braz, Théodore Botrel, François Jaffrennou, directeur d’Ar Bobl, Léon Durocher, directeur du Fureteur Breton, Yves Berthou, Eugène Le Mouël, Jahan, etc. »  Notre barde avait fait savoir qu’il souhaitait qu’un if fut planté près de sa tombe. Un siècle plus tard, l’if a été arraché, la stèle a été déplacée, sa maison a été détruite, mais…
Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues…

Merci encore de vos fréquentes visites, portez vous bien et à demain peut-être.

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