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Aimez moi, les uns les autres…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la transversalité et de la saucisse de Strasbourg réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 Février 2016 (bissextile), onzième jour de Ventose (sans accent) dédié au Narcisse. L’histoire la plus détaillée (de Narcisse) est rapportée dans le Livre III des Métamorphoses d’Ovide. C’est cette version qui est la référence de la majorité des écrivains et des artistes par la suite. Dans la mythologie grecque, Narcisse est un chasseur originaire de Thespies en Béotie. Il est le fils de la nymphe Liriope violée par le dieu fleuve Céphise. Le devin Tirésias dit à Liriopé : « Narcisse vivra très vieux à condition qu’il ne voit jamais DALI Narcisseson image. » Et, ce qui devait arriver arriva: un jour, Narcisse vit son reflet dans l’eau claire d’une source, et il tomba amoureux de sa propre image. Face à cette passion sans espoir, il préféra se suicider. Comme il se plongeait un poignard dans la poitrine, son sang s’écoula dans la terre et ainsi naquit un narcisse blanc à corolle rouge. Et, Salvador Dali peignit la métamorphose de Narcisse en 1937… Narcisse reste jusqu’au XXème siècle un individu à ne pas imiter dont l’amour propre est détestable, mais voilà, qu’en 1911, (en la personne de Sigmund Freud, avec son livre « pour introduire le narcissisme ») on  affirme pour la première fois que… s’aimer soi même est nécessaire pour l’équilibre psychologique ! C’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Bien vite, Lou Andreas-Salomé, femme de lettres allemande, relève elle aussi les bons côté de Narcisse et de son narcissisme, suivit plus tard par d’autres penseurs. Et, fin XXème et début XXIème, l’amour propre « à la Narcisse » est couronné notamment par l’apparition (un peu plus tardive) des blogs et de facebook, véritables odes à ce « love myself ».

Vers la fin du XIXè siècle, il y avait du côté de La Roche-Derrien, département des Côtes du nord, un certain Narcisse Quellien à qui l’on doit une œuvre considérable en matière de collecte des textes bretons. Poète et ethnographe, il recueillait surtout les chansons populaires. Il est moins célèbre que françois-Marie Luzel dont il fut l’ami, ou De La Villemarqué (Barzaz Breiz) il nous a laissé un livre surprenant sur lela-roche-derrien-quellien-portrait-258x300 langage argotique des chiffonniers et couvreurs de La Roche-Derrien et des environs, le « Tunodo »,c’était en 1885. Le pauvre homme perdit la vie à Paris au mois de mars 1902, renversé par une voiture automobile. C’est-y pas pitié ! Le corps du Barde, inhumé provisoirement à Paris, fut ensuite, selon son vœu, transféré à La Roche-Derrien. C’est dans le petit cimetière de sa paroisse natale que, le 8 septembre 1912, on inaugura, sur la tombe du Barde trégorrois, un monument dû à la collaboration de deux artistes bretons, MM. Paul Le Goff et Yves Hernot. Des discours et des poèmes, en breton et en français, furent prononcés ou lus par MM. Charles Le Goffic, Anatole Le Braz, Théodore Botrel, François Jaffrennou, directeur d’Ar Bobl, Léon Durocher, directeur du Fureteur Breton, Yves Berthou, Eugène Le Mouël, Jahan, etc. »  Notre barde avait fait savoir qu’il souhaitait qu’un if fut planté près de sa tombe. Un siècle plus tard, l’if a été arraché, la stèle a été déplacée, sa maison a été détruite, mais…
Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues…

Merci encore de vos fréquentes visites, portez vous bien et à demain peut-être.

Camarade, souviens toi de Kronstadt…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la peinture à l’eau et des sardines à l’huile réunies, bonjour! Nous sommes le Dimanche 28 février 2016. Ce jour correspond au 10 de ventôse dédié à la Bêche, ce qui n’est pas une raison pour se prendre la tête (tête-bêche). La bêche à toujours été sujet de passion allez savoir pourquoi… En attendant, comme disait le laboureur à ses ceres-6-tete-beche-300x179enfants: « creusez, fouillez, bêchez; ne laissez nulle place où la main ne passe et repasse. » Pour en revenir à l’expression « tête-bêche », cela n’a rien à voir bien entendu avec ce qui précède. Il s’agit d’un emprunt au vieux français Beschevet terme de charpenterie qui par extension a désigné toutes les positions qui consistaient à mettre la tête de l’un aux pieds de l’autre, comme celle de Jean-Baptiste à ceux de Salomée. Ainsi, bescheveter est devenu tête-bêche. Étonnant, non ! En illustration, le fameux France Cérès 1849, 1f. carmin paire tête-bêche, vendu 130.000 €.

Tout à fait autre chose.

Attention, ceci n’est pas de l’anticommunisme primaire mais bon, ça va pas faire plaisir à Besancenot, en général les Trotskistes n’aiment pas beaucoup qu’on leur rappelle l’épisode de KRONSTADT, commune située au large de Saint Pétersbourg en face de la Finlande. Le 28 février 1921, début de la révolte des marins de Kronstadt qui s’insurgent armée rougecontre le pouvoir des commissaires bolchéviques et contre la pénurie de nourriture et de denrées diverses. Les marins, fers de lance de la révolution russe, se prononcent pour des « Soviets libres », dégagés de la tutelle politique des commissaires. Dès janvier 1921, 5000 marins avaient démissionné du parti communiste et, au mouvement pour de meilleures conditions de vie, se mêleront de fortes aspirations libertaires. Le 7 mars 1921: A 18 heures 45. L’armée rouge  (commandée par le feld-maréchal Trotski) ouvre le feu sur les forts de Kronstadt ; ceux-ci ripostent et réduisent les batteries au silence. On voit sur cette photo, l’armée rouge franchissant la glace pour atteindre Kronstadt.

Le 8 mars 1921: Les communistes commencent un bombardement aérien sur la population pacifique de Kronstadt. Le Comité Révolutionnaire Provisoire de Kronstadt, via radiotélégramme : « Kronstadt libérée parle aux ouvrières du monde entier : Nous, ceux de Kronstadt, sous le feu des armes, sous les mugissements des obus qui déferlent sur nous (…) adressons notre salut fraternel aux travailleuses du monde. » Le 11 mars  : Izvestia n°9 du comité révolutionnaire provisoire des Matelots, Soldats comité révolutionnairerouges et Ouvriers de la ville de Kronstadt: « Nous avons lancé un appel à tous les travailleurs de Russie afin qu’ils luttent pour des soviets librement élus. Notre cri a été entendu. Déjà, les matelots, soldats rouges et ouvriers révolutionnaires de Petrograd viennent nous prêter main-forte. » La résolution du Petropavlosk (c’est le nom d’un cuirassé) est adoptée à Cronstadt au cours d’un meeting qui réunit 12.000 personnes (photo ci contre). Un comité révolutionnaire présidé par Petritchenko prend le commandement de la ville. Cette Commune va durer seize jours.

Le 17 et 18 mars 1921: La Commune de Kronstadt succombe sous les coups de l’armée rouge bolchévique qui s’empare de la ville et des forts après de sanglants combats. Les communistes, maîtres de la ville, continueront à exécuter des centaines de prisonniers ou de blessés. Les autres survivants qui n’ont pas fuit en Finlande seront internés dans des camps, où beaucoup mourront de malnutrition ou bien fusillés par la Tchéka. La droite conservatrice et réactionnaire avait écrasé dans le sang la Commune de Paris en 1871, la gauche révolutionnaire et communiste fait la même chose cinquante ans plus tard avec celle de Kronstadt. Mes très chers frères, méditons cette phrase de Michel JOBERT (c’est lui qui avait fait arrêter les magnétoscopes japonais à Poitiers. Pour les jeunes générations, je précise que les Sarrasins c’était Charles Martel, pas Jobert.): « Ni à droite, ni à gauche… Je suis ailleurs. »

Voila, merci d’être passé par ici, vous pouvez reprendre vos activités dominicales. Portez vous bien et à demain peut-être.

Le bouc émissaire…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’analyse concrète et de la bisque de homard réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 27 février 2016 correspondant au 9ème jour de ventôse et c’est le jour de Sophie, heu non, de Marsault (jeu de mot Capelo). En vérité, c’est la Ste Honorine et, comme disait mon aïeule: saule-marsault-chatons-zoom-300x225«À la sainte Honorine, bourgeonne l’aubépine. » Le saule marsault donc est une espèce de saule commune en Europe et en Afrique du Nord. Le nom scientifique Salix caprea (saule des chèvres) vient sans doute de la première illustration connue de l’espèce dans le livre de Hiéronymus Bock (bien connu dans son immeuble) où on voit la plante broutée par une chèvre. L’espèce a été historiquement largement utilisée comme fourrage pour les chèvres. On dit par ailleurs, mais aussi par ici, qu’elle est excellente pour le miel car elle fleurit très tôt.

Le 27 février 1933, au soir, à Berlin, incendie du Reichstag (Parlement Allemand). L’incendiaire, un jeune conseilliste (dissident communiste partisan des conseils) hollandais, Marinus van der LUBBE est arrêté à Reichstag_incendiel’intérieur du Parlement. Ce jeune idéaliste de 24 ans revendique aussitôt son acte individuel contre ce monument « symbolique » comme un signal destiné à réveiller le mouvement ouvrier. Calomnié par les nazis qui tenteront de faire croire à un prétendu complot communiste, il sera également sali par les staliniens qui le dénigreront en le présentant comme un simple d’esprit manipulé par les nazis. Cet évènement servira de prétexte aux nazis pour s’emparer totalement du pouvoir et, dès le lendemain, des milliers de militants communistes et anarchistes seront arrêtés, dont Erich Mühsam.

Marinus van der LUBBE qui fera une grève de la faim dans sa prison avant d’être alimenté de force, sera jugé à Leipzig à partir du 21 lubbe1septembre 1933. Condamné à mort le 23 décembre, il sera décapité le 10 janvier 1934 dans la prison de Leipzig. En dehors des militants du « Radencommunist » hollandais et de quelques anarchistes allemands et français comme André Prudhommeaux (qui constituera un « Comité Marinus van der Lubbe ») ou Alphonse Barbé, rares seront les personnes qui soutiendront Marinus et tenteront de faire la lumière sur cet évèmement crucial. Lire à ce sujet le livre: Carnet de route de l’incendiaire du Reichstag (présenté par Yves Pagès et Charles Reeve). Sources: éphéméride anarchiste

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

1848 !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la médecine vétérinaire et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 26 février 2016. C’était généralement le 8e jour du mois de ventôse dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour 220px-Viola_cornutade la violette. On nomme l’espèce, violette ou pensée, en fonction de la disposition des pétales :les violettes deux pétales vers le haut et trois vers le bas. les pensées: quatre pétales vers le haut (les deux pétales latéraux étant rapprochés des deux supérieurs) et un vers le bas. Dans la mythologie, la nymphe Io fut aimée de Jupiter. Mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement lorsqu’elle vit sortir de terre des petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler. C’est pas mignon ça, madame Michu ?

C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de François Arago, en 1786 à Estagel (Pyrénées-Orientales); il fut mêlé avec un petit groupe de républicains aux évènement insurrectionnels de 1848. A l’instigation de Ledru-Rollin et du vieux poète Lamartine (58 ans), le groupe gagne le lieu mythique de la Grande Révolution, celle de 1789. Lamartine, Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l’Eure et Marie proclament dans la nuit l’avènement d’un gouvernement républicain. Ainsi naît la IIe arago-214x300République.  Le 23 juin 1848 éclatent à Paris de violentes émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux. Leur répression, très brutale, consacre la rupture entre la classe ouvrière et le régime républicain. Les Ateliers nationaux ont été créés le 28 février par le gouvernement provisoire de la IIe République en vue de procurer aux chômeurs un petit revenu en échange d’un travail symbolique. (ça vous rappelle quelque chose ?) Là-dessus se déroulent les élections législatives, les 23 et 24 avril. Ce sont les premières élections au suffrage universel (masculin). Contre toute attente, elles amènent à l’Assemblée une forte majorité de notables provinciaux très conservateurs…(l’électeur est un drôle d’animal). Le 10 mai, dans l’attente d’une Constitution, le gouvernement provisoire cède la place à une Commission exécutive issue de l’Assemblée.Cette Commission compte cinq membres, des républicains de mérite qui vont être dépassés par les événements et surtout écrasés par la pression de l’Assemblée : François Arago, président de la Commission et chef d’État virtuel, Garnier, Pagès, Marie, Lamartine et Ledru-Rollin.

https://youtu.be/Ca7pvRFP7Os

L’administration des Ateliers nationaux est confiée à un conservateur, Marie, qui va s’employer à les disqualifier. Tandis que les effectifs employés croissent de 25.000 à près de 120.000, on ne leur confie aucun travail susceptible de concurrencer une entreprise privée. Les bénéficiaires pavent et dépavent les rues en contrepartie d’un franc par jour. Désœuvrés, ils refont le monde et cultivent qui les idées bonapartistes, qui les idées socialistes. La Commission décide donc le 20 juin 1848 de supprimer les Ateliers nationaux avec l’espoir d’étouffer insurgés-300x231ainsi l’agitation ouvrière. C’est le contraire qui se passe. 20.000 ouvriers descendent dans la rue le 23 juin 1848 et forment jusqu’à 400 barricades. Le général Cavaignac engage une terrible répression, à la mesure de l’effroi qu’éprouvent les bourgeois de l’Assemblée. Au total, du 23 au 26 juin, trois jours de combats feront 4.000 morts parmi les insurgés et 1.600 parmi les forces de l’ordre. Aujourd’hui, la bourgeoisie est devenue d’État, composée de hauts fonctionnaires, d’énarques, d’experts de l’expertise, de politicards consanguins (mais pas sans gains), de technocrates, européens ou pas. Mais leur rapacité est la même. Les mauvaises langues murmurent que l’avenir pourrait voir l’histoire se répéter et que les millions de chômeurs européens, les millions de migrants de toutes origines, les sans-abris, les sans papiers, les sans-le-sou, les sans terre, pourraient bien se charger de leur faire entendre raison…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les socialos à la lanterne…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du patrimoine national et du veau Marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 25 février 2016. Ce 7è jour de ventôse est celui de l’alaterne. Vous connaissez la chanson, les aristocrates à l’alaterne… Non, je plaisante, il s’agit d’une plante communément appelée le prunier noir qui produit des baies rouges puis noires et que l’on rencontre communément dans les garrigues. Autant vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup par ici… La lanterne de la chanson des la-lanternesans-culottes, était la potence de fer qui soutenait jadis la vieille lanterne de la Grève qui éclairait au temps de Louis XV la place de l’Hôtel-de-Ville. Le 14 juillet, la foule y pendra  le major de Losme, le défenseur de la Bastille. Le 22 juillet 1789, ce sera le tour de l’intendant Foulon de Doué, accusé d’affamer le peuple et en octobre un boulanger accusé du même crime. Mais puisque l’on parle de la Lanterne, saviez vous que ce fameux refrain qui symbolise la Révolution, Ah ! ça ira, ça ira, ça ira, fut entendu pour la première fois en mai 1790. Son auteur, un ancien soldat chanteur des rues du nom de Ladré, avait adapté des paroles anodines sur le Carillon national, un air de contredanse très populaire dû à Bécourt, violoniste au théâtre Beaujolais, et que la reine Marie-Antoinette elle-même aimait souvent jouer sur son clavecin. Elle ne pouvait pas imaginer qu’elle en perdrait la tête. (version amusante par ocktoberklub)

Tiens, c’est le jour anniversaire de la disparition de Iverson Minter, plus connu sous le nom de Louisiana Red, guitariste et chanteur de blues américain. Selon les sources, il est né le 23 mars 1932 ou 1936 ( Dans son ouvrage The Truman and Eisenhower Blues, Guido Van Rijn affirme que le guitariste a menti sur son âge pour pouvoir intégrer l’armée), à Bessemer ou à Vicksburg aux États-Unis. Il est décédé le 25 février 2012 à Hanovre en Allemagne, où il est inhumé. La mère d’Iverson Black BayouMinter meurt peu après sa naissance. L’enfant se retrouve orphelin à l’âge de 5 ans, lorsque son père est victime d’un lynchage du Ku Klux Klan. Il passe plusieurs années en orphelinat à La Nouvelle-Orléans, puis est recueilli par sa grand-mère et l’un de ses oncles, établis à Pittsburgh en Pennsylvanie. Durant son adolescence, Lousiana Red côtoie des musiciens de blues, tels John Lee Hooker et Eddie Burns, et commence à enregistrer pour le label Chess. Il utilise divers pseudonymes, comme Rocky Fuller, Playboy Fuller et Guitar Red.

 

Durant les années 1950, il s’engage dans l’US Air Force et est stationné en Corée. À son retour, il joue dans le groupe de John Lee Hooker. Dans sa jeunesse, Louisiana Red est très influencé par des guitaristes comme Lightnin’ Hopkins et Muddy Waters. Il est considéré comme l’un des derniers représentants du delta blues. Durant sa carrière, Red collabore avec des musiciens de différents horizons. Son parcours le mène louisiananotamment en Tchécoslovaquie et en Islande. Ses textes sont souvent autobiographiques. Ils sont reconnus pour leur étrangeté et leur inventivité, notamment Red Dream, sorti en 1962, dans lequel il se met en scène aux côtés de John F. Kennedy et Nikita Khrouchtchev durant la crise des missiles de Cuba. Il pratique aussi le commentaire social dans des chansons intitulées Antinuclear Blues ou encore Reagan Is for the Rich Man. En 2009, son album Back to the Black Bayou, enregistré avec Little Victor, remporte le Grand-Prix du disque de l’Académie Charles-Cros dans la catégorie « blues » ce qui en général est preuve de grande qualité.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

De l’Asaret à l’oeuvre au noir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du trot attelé et du pendule de Foucault réunis, bonjour ! Nous sommes, qui l’eut cru, le Mercredi 24 février 2016, sixième jour de Ventôse dédié à l’Asaret qui est, chacun le sait, une plante herbacée de Trille-rouge-fleur-01la famille des Aristolochiacées. L’Asaret du Canada est une plante désignée vulnérable à la récolte par le gouvernement, il est interdit de la cueillir ou d’en faire le commerce. Sa fleur est petite et de forme particulière. Le rhizome de l’Asaret du Canada a une odeur et une saveur de gingembre c’est pourquoi on l’appelle aussi gingembre sauvage. Voilà, vous savez tout. Tiens, à propos de gens qui savent tout…

Il y a quelques jours nous apprenions le décès de Umberto Eco et, comme le dit fort justement Martin Lessard, «la disparition d’Umberto Eco fait baisser à lui tout seul la moyenne du QI planétaire». Ce Piémontais d’origine me fait penser à un autre italien, Florentin lui, par leur capacité à emmagasiner les savoirs. Je veux parler de Jean Pic de la Mirandole. Troisième fils d’une vieille famille comtale, Jean Pic naquit le 24 février 1463 au château de Mirandole. Suite à la mort prématurée Pico1de sa mère, il hérita très jeune d’une fortune considérable qui allait lui permettre bien des voyages, bien des libertés et bien des extravagances. D’abord inscrit à l’Université de Bologne pour des études en Droit canon (sa mère le destinait à la prêtrise) il renonça bien vite aux diplômes universitaires pour devenir autodidacte. Il séjourna aussi à Ferrare avant de s’établir à Florence. À 23 ans, il publie 900 thèses sous le titre : Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, et, grand seigneur, invite tous les érudits à en débattre avec lui à Rome, quitte à ce qu’il leur paie les frais de déplacement ! L’initiative déplaît en haut lieu et le 31 mars 1487, Pic de la Mirandole doit renoncer à plusieurs de ses conclusions, jugées hérétiques par une commission papale.

Il mourut le 17 novembre 1494, alors que le roi de France entrait à Florence. Jean Pic de la Mirandole décéda, assisté en ses derniers instants par Savonarole qui voyait dans la victoire des troupes françaises la réalisation de ses prophéties… Cette mort mystérieuse, emportant en moins de deux semaines un homme dans la force de l’âge, a fait croire à un empoisonnement dont le secrétaire de Pic aurait Ludwig-von-Langenmantel-Savonarola-preaching-against-luxury-and-preparing-the-bonfire-of-the-vanities-1881-détailété l’auteur. Ce personnage, cupide et fort louche au demeurant, aurait été soudoyé par Pierre de Médicis, qui n’aurait jamais pardonné au protégé de son père d’avoir pris le parti de Savonarole ou, du moins, de s’en être ostensiblement rapproché. Certains voient dans Le discours la quintessence même de la pensée de Pic de la Mirandole et cet extrait a maintes fois été repris; on le retrouve dans L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Ce sont les paroles par lesquelles le Créateur, s’adressant au premier homme, lui confère le privilège de la liberté: « Je ne t’ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te définisses toi-même. Je t’ai placé au milieu du monde, afin que tu pusses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, librement, à la façon d’un bon peintre ou d’un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme.» et d’aucun d’y lire l’œuvre du prototype même de l’humaniste du Quattrocento. Savonarole, L’œuvre au noir, Le nom de la rose… Brrrrr !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le temps des noyaux d’cerises…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la butte Montmartre et de la grève générale, illimitée et insurrectionnelle réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 23 février Francisco_de_Goya_y_Lucientes_-_Witches'_Sabbath_-_WGA100072016 correspondant au 5è jour de ventôse qui était généralement dédié au bouc, ce qui bien évidemment n’a rien à voir avec ce qui suit. Je me dois, chers lecteurs, de vous faire un aveu; je suis super à la bourre. Les intempéries ayant momentanément décidé de lever le pied, je sors les miens de leur sabot unique pour me précipiter au jardin. En conséquence de quoi je délaisse le clavier pour le sécateur.

Vingt-cinq ans, que cela passe vite vingt-cinq ans… A cette époque là, les socialos se souvenaient encore d’où ils venaient: en témoigne cette plaque_28mai71plaque commémorative située au 17 de la rue de la Fontaine-au-Roi (Paris, 11e) Hommage du « Parti Socialiste » à Eugène Varlin, Théophile Ferré et Jean-Baptiste Clément. défenseurs, le 28 mai 1871, de la dernière barricade de la Commune durant la « Semaine sanglante ». Clément lui, était mort le 23 février en 1903. Le « Temps des Cerises » fut écrit en 1866. Mais c’est en 1885 qu’il dédiera cette chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai.

« Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux, du soleil au cœur!
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur! (…)
Le Temps des Cerises.

Mon pauvre Jean-Baptiste, un siècle après ta mort, regarde ce qu’ils font de tes rêves, de tes espoirs, de tes acquis, toi qui, avec Louise Michel, Jules Vallès, Eugène Varlin, Gustave Courbet, Blanqui, Delescluze, Maxime Vuillaume créateur du « Père Duchène », avez rêvé d’un nouveau monde. Qui se souvient que pendant ces quelques semaines, vous avez imaginé la séparation des églises et de l’État, la diminution du temps de travail, l’égalité homme-femme, la liberté de la presse, l’interdiction du travail de nuit, la journée de dix heures, le mariage libre par consentement mutuel, la fin de l’enseignement confessionnel… Aujourd’hui, le patronat, hommes liges de la haute finance, a sifflé la fin de la récré et les soi-disant socialistes, le doigt sur la couture du bragou-braz, ne se souviennent plus où ils habitent. J’ai pas franchement l’impression que le grand soir est pour demain.

Allez, comme le dit la chanson d’Eugène Pottier: Tout ça n’empêche pas Nicolas que la Commune n’est pas morte. Portez vous bien et à demain peut-être.

Cinéma paradiso…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du cinématographe et des carottes vichy réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 22 février 2016, quatrième jour de ventôse dédié au troène. Les pataphysiciens vous diront que le 22 Février 2016 est en réalité le Samedi 28 Gueules 143 Sts Hylactor et Pamphagus. Justement je voulais évoquer l’un d’entre eux.

Luis Buñuel est né un 22 février en 1900, dans une petite ville en Aragon, réputée pour son « obscurantisme » religieux. Il grandit au sein d’une famille nombreuse et riche. À 19 ans, il part à Madrid pour commencer des études supérieures, il rencontre Salvador Dali et Federico Garcia Lorca, apporte son soutien au mouvement dadaïste. En 1923, il fonde avec Federico Garcia Lorca entre autres, l’Ordre de Tolède. En 1925, il vient à Paris. Il arrive à se faire embaucher comme assistant réalisateur de Jean Epstein, sur le tournage, en 1926, de « Mauprat », puis, en 1928, de « La Chute de la maison Usher». En 1928, avec l’aide matérielle de sa mère, Luis Buñuel tourne son premier film BunuelUn chien Andalou dont le scénario est écrit en collaboration avec Salvador Dalí. Dans un premier temps, ce film est projeté en privé pour Man Ray et Louis Aragon… Le 30 novembre 1930, après la première projection du film L’Âge d’or, co-réalisé avec Salvador Dalí, la censure exige des coupes. Quelques jours après, la Ligue des patriotes et la Ligue anti-juive saccagent le Studio 28 à Montmartre, qui projette le film et propose dans son hall une exposition d’œuvres surréalistes. Ce saccage est le déclenchement d’une virulente campagne de presse contre les surréalistes, et le préfet de police Chiappe fait saisir le film. En fait, seule la copie de projection sera confisquée et détruite, le négatif étant resté en la possession de Charles Vicomte de Noailles et son épouse Marie-Laure, les mécènes du film. L’interdiction de projection ne sera levée qu’en 1980.

Du Chien andalou jusqu’à Cet obscur objet du désir, Luis Buñuel a construit une œuvre profondément marquée par le surréalisme. Ses films portent pratiquement tous, à des degrés divers, la marque du surréalisme, que ce soit dans la forme ou le discours. Le cinéaste surréaliste est celui qui « aura détruit la représentation conventionnelle de la nature [...], ébranlé l’optimisme bourgeois et obligé le spectateur à douter de la pérennité de l’ordre existant » (Luis Buñuel). Entre 1933 et 1935, 19141_I_viridiana-213x300Buñuel travaille pour des compagnies américaines. La guerre civile qui éclate en Espagne le bouleverse. Il participe à un documentaire pro-républicain « Madrid 36 », puis il se rend aux États-Unis. Il travaille à démontrer l’efficacité et le danger des films de propagande nazis (il utilise en particulier un film de Leni Riefenstahl). Mais il ne cache pas son anticatholicisme et son marxisme et subit des pressions, notamment après la parution en 1942 du livre de Salvador Dali La Vie secrête de Salvador Dali, qui signe son portrait, (plus haut à droite), où il est décrit comme seul responsable des aspects les plus controversés de L’Âge d’or. Il doit abandonner son poste au Museum of Modern Art de New York et s’exiler au Mexique. Dancigers lui suggère de s’intéresser à la vie des enfants de Mexico : Los Olvidados, présenté au Festival de Cannes 1951, y remporte le prix de la mise en scène et remet Buñuel au premier plan. El et La vie criminelle d’Archibald de la Cruz, ses meilleurs films mexicains sont plein de référence au Marquis de Sade, à la religion, à la bourgeoisie.

 

 Il se voit proposer un tournage en Europe : il s’agit de Viridiana, qui obtient la Palme d’or au Festival de Cannes 1961 mais surtout provoque de gros remous politiques, diplomatiques et religieux. Le régime de Franco, après avoir permis le tournage et accepté que le film représente l’Espagne au Festival finit par l’interdire complètement. Le film est distribué en Espagne en 1977, deux ans après la mort du Caudillo. Suivent L’Ange exterminateur, Le Journal d’une femme de chambre,(voir mon billet ) adaptation du célèbre roman d’Octave belle de jourMirbeau. En choisissant de repousser de trente ans l’action du roman d’Octave Mirbeau, Luis Buñuel s’offre une belle vengeance sur ceux qui bâillonnèrent ses débuts dans les années 1930: dans la dernière séquence du film, des manifestants « antimétèques » scandent effectivement « Vive Chiappe! ». Après cette adaptation, Buñuel signe son dernier film mexicain, le surprenant Simon du désert. Il vient alors régulièrement tourner en France, en particulier pour des projets impliquant Jean-Claude Carrière. Ses films sont toujours aussi puissants et en lutte contre la bourgeoisie dominatrice : La Voie lactée, Belle de jour,(voir la photo avec Catherine Deneuve plus haut à droite). Il tourne Tristana en Espagne, à Tolède, malgré l’incident provoqué par Viridiana. Il reçoit l’Oscar du meilleur film étranger pour Le Charme discret de la bourgeoisie et choisit d’arrêter sa carrière de réalisateur en 1976 avec Cet obscur objet du désir. Il était Satrape du Collège de Pataphysique.

Et bien voila pour ce Lundi avec un grand, très grand monsieur du cinéma. Je me souviens être retourné trois fois de suite à la projection du film « Un chien Andalou », abscons, hermétique, surréaliste et subjuguant tout à la fois. Allez, à vos cassettes… Portez vous bien et à demain peut-être.

L’affiche rouge…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la littérature libertaire et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 21 février 2016, troisième jour de Ventôse, dédié au violier, c’est une espèce de giroflée. Cela me rappelle une giroflé-giroflacomptine que nous imposait mon aïeule lors des sorties nature le jeudi après-midi: Giroflé, girofla, on dit qu’elle est malade. Giroflé, girofla, on dit qu’elle en mourra. Giroflé, girofla… Je crois que c’est sur un air de polka. Les paroles modernes sont de Rosa Holt, poétesse allemande anti-nazie, réfugiée en France, et ont été publiées en 1935 dans un recueil posthume de l’auteur. La musique est d’un certain Henri Goublier fils, inspirée de la  ronde enfantine du même nom, et créée en 1937 au Caveau de la République.  La chanson est bien connue par l’interprétation qu’en a faite Yves Montand, dans les années 50.

21 février 1944; L’affiche rouge.

Missak Manouchian est né dans une famille de paysans Arméniens en Turquie. Enfant, il perd son père, probablement tué par des militaires turcs lors du génocide Arménien.  Missak écrit des poèmes et, avec son ami arménien Semma, il fonde deux revues littéraires, Tchank (l’Effort) et Machagouyt (Culture), où ils publient des articles concernant la littérature Française et Arménienne ; ils traduisent Baudelaire Verlaine et Rimbaud en arménien. À la même époque, Missak et Semma groupe manouchians’inscrivent à la Sorbonne comme auditeurs libres. En1934, Missak adhère au parti communiste. En 1935, il est élu secrétaire du comité de secours pour l’Arménie  qui relève en fait de la MOI (main d’œuvre immigrée). Il devient alors un militant permanent. C’est là qu’il rencontre Mélinée qui deviendra sa compagne. Au moment de la guerre, il semble qu’en tant qu’étranger, il ait été affecté dans une usine de la région de Rouen en qualité de tourneur. Mais rentré à Paris, après la défaite de juin 1940, il reprend ses activités militantes, devenues illégales puisque le parti communiste est interdit depuis septembre 1939. Il est arrêté au cours d’une rafle anticommuniste avant le 21 juin, date de l’invasion de l’URSS par les Allemands. Interné au camp de Compiègne, il est libéré au bout de quelques semaines, aucune charge n’étant retenue contre lui.

Il devient alors responsable politique de la section arménienne clandestine de la MOI dont on ne connaît guère l’activité jusqu’en 1943. En février 43, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des francs-tireurs et partisans main d’oeuvre immigrée de Paris : il s’agit de groupes armés constitués en avril 42. Le premier détachement où il est affecté comporte essentiellement des Juifs roumains et hongrois et manouchian1-288x300quelques Arméniens. En juillet 43, il devient commissaire technique des FTP-MOI parisiens puis en août, il est nommé commissaire militaire, à la place de Boris Holban. On doit mettre l’actif de son groupe l’exécution, le 28 septembre 43, du général Julius RITTER, adjoint pour la France de Fritz SAUKEL, responsable de la mobilisation de la main-d’œuvre (STO). Les groupes de Manouchian accomplissent près de trente opérations en plein Paris d’août à la mi novembre 43. Les Renseignements Généraux, après avoir  réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943, purent mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI parisiens à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein. Au matin du 16 novembre, Manouchian est arrêté. Sa compagne Mélinée parvient à échapper à la police. Missak Manouchian, torturé, et vingt-trois de ses camarades sont livrés aux Allemands.

Missak ­Manouchian meurt fusillé à 38 ans. Après avoir refusé qu’on leur bande les yeux, les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 44. Seule Olga Bancic, vingt-troisième affiche rougemembre du groupe, fut décapitée à la prison de Stuttgard le 10 mai 44. Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo ­de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. ». Mais l’affaire de l’Affiche rouge, placardée sur les murs de Paris par l’ennemi, produit l’effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l’emblème du martyre. Chacun se souvient du magnifique texte d’Aragon mis en musique par Léo Ferré non moins magnifiquement.

Bon, ben c’est pas gai tout ça. Il est vrai que le temps ne pousse pas à la franche rigolade. Ici on a coutume de dire: « Quand tu vois Ouessant, c’est qu’il va pleuvoir, quand tu la vois plus, c’est qu’il pleut ! ».  Allez, merci de votre visite, n’hésitez pas à repasser, c’est ouvert tous les jours, portez vous bien et à demain peut-être.

Myriam, arrête tes Khomri…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis des belles lettres et de la crêpe Suzette réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 20 février 2016 c’est à dire le deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller. Cette plante a laissé sa trace dans la culture Occitane. En effet,En Occitanie la floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de martinelaquelle les servantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit. Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse ». Il existe d’ailleurs, dans le Brabant Wallon une confrérie des compagnons de la Couille de Suisse qui ambitionne de « donner au passé les dimensions d’un présent qui aurait de l’avenir ». On dirait du Pierre DAC;  amusant, non !

On le voit, le droit du travail évolue sans cesse et, l’on pourrait croire que c’est au profit des petites mains qui se tuent à l’ouvrage. Que nenni ! Myriam El Khomri, ministre du travail (et de la cohésion sociale – on croit rêver) présentera le 09 mars en conseil des ministres son projet de loi: Majoration des heures supplémentaires mais désormais ce seuil passe à 46 heures et 12 heures par jour, voire même 60 heures en cas de « circonstances exceptionnelles ». Plafonnement des indemnités Code du travailprud’homales, référendums en entreprise, licenciement économique simplifié, journée de douze heures, temps d’astreinte considéré comme temps de repos, et pour les apprentis de moins de 18 ans:10 heures par jours et 40 par semaine. Résultats: Gattaz exulte, Hamon s’égosille, Aubry se retourne dans sa tombe (Ah bon, elle n’est pas morte ?) Macron dissimule une légère érection  et François-mon-ennemi-c’est-la-finance sourit aux alouettes… Cerise sur le gâteau, Myriam El Khomri n’exclut pas de recourir à l’article 49-3 pour faire passer sa réforme faute d’adhésion suffisamment large des parlementaires. Cette procédure du 49-3 permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote. Le gouvernement y avait eu recours en juillet 2015 pour faire adopter la loi Macron. Ne t’inquiète pas Myriam, ils ont voté la loi sur le renseignement, il ont voté la prolongation de l’état d’urgence, ils ont voté les pleins pouvoirs à Pétain, ils ont voté et puis après…
Dans une France socialiste
Je mettrais ces fumiers debout
À fumer le scrutin de liste
Jusqu’au mégot de mon dégoût
Et puis assis sur une chaise
Un ordinateur dans le gosier
Ils chanteraient La Marseillaise
Avec des cartes perforées
Le jour de gloire est arrivé.
Léo Ferré
Ah, on vit une époque formidable madame Michu. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.