Coup de vent à Tronoën…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, Non classé, TRADITION

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Amis de l’analyse concrète et du pâté Hénaff réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 04 janvier 2016, quinzième jour de Nivôse dédié au Lapin. Les vacances sont terminées, il faut songer à reprendre le collier…  Le Président nous a présenté ses vœux et, l’avenir est devant nous qu’il a dit. J’ajoute, comme disait Pierre DAC que si on se retourne, on l’aura dans le dos ! Je crains fort qu’effectivement on l’ait dans le dos mais, bien plus profondément qu’espéré…

Tiens, les habitants de Penmar’ch qui viennent d’essuyer un coup de tabac de Sud-Ouest (140 Kh) vont célébrer St Rumon, un de ces mystérieux saints bretons  dont on ne sait s’ils ont véritablement existé ou s’ils sont nés de l’imagination des évangélisateurs. Je m’en vais donc vous conter quelques histoires pour honorer mon contrat avec l’office du tourisme… Il a laissé son nom à la commune de Saint-Jean-Trolimon (29). Saint-Jean-Trolimon vient du breton « treff » (village) et de saint Rumon. A noter que saint Rumon est le frère de saint Tudi. Saint-Jean-Trolimon était appelé jadis Kerillis-Tref Rumon (village de l’église RUMONtréviale de Saint-Rumon). Au Moyen-Âge, Saint-Jean-Tromelin a d’abord été un hameau, puis une trève. Cette trève dépendait autrefois de la paroisse de Beuzec-Cap-Caval (aujourd’hui en Plomeur) qui elle même dépendait primitivement de l’ancienne paroisse primitive de Plomeur. La création de la commune et de la paroisse date de la Révolution. Village gaulois d’abord, Tronoën (du breton Tro-an-aon, signifiant trève ou sous-paroisse), devient ensuite une place-forte gallo-romaine destinée à défendre l’arrière-pays contre toute invasion venant de la mer. Le culte païen qui y était célébré disparaît avec l’arrivée des bretons de Grande-Bretagne, à partir du VIème siècle.

Au XIVème et XVème siècles, arrivent en ce lieu des moines-soldats, les Hospitaliers de Saint-Jean, qui auront pour mission de défendre la côte entre Penmarc’h et la Pointe du Raz. On rencontre les appellations suivantes : Treff Rumon (en 1389), Trolymon ou Saint Jean Rumon (en 1536), Saint Jean Rumon ou Sant Yann, en breton (en 1690), puis st-jean-trolimon-300x194Saint-Jean-Trolimon. On peut y visiter la chapelle de Tronoën et son célèbre calvaire, considéré comme un des plus anciens de Bretagne. « La fontaine placée sous le vocable de Notre Dame de Tronoën, luttait contre la stérilité des femmes. Il fallait pour cela boire de son eau car, de par son caractère fécond, l’eau est fécondante. » De petits morceaux de porcelaine encore visibles au fond ou autour du bassin indiquent que l’on pratiquait ici la tradition des  « bravigou » (jolies petites choses. Du breton bravig, bijou). Les pauvres ou les enfants qui ne pouvaient donner quelque menue monnaie en offrande les remplaçaient par de petits morceaux de porcelaine. Et voilà pourquoi votre fille est muette !

Allez, ravi de débuter l’année en votre compagnie, portez vous bien et à demain peut-être.

Un commentaire

  1. Mildred

    Je profite de l’occasion qui m’est offerte ici pour rendre hommage à monsieur Le Tulle de la Fôret Fouesnant, inspecteur des impôts de son état, qui, contrôlant la société Hénaff dans de grandes difficultés financières dans les années 60 ou 70, conseilla à son PDG de faire de la publicité à la télévision. Il n’était pas peu fier que son conseil ait été si profitable à cette entreprise bretonne.
    Et puisque maintenant vous connaissez monsieur Le Tulle, une petite anecdote qu’il m’a contée lui-même. Circulant en voiture sur les routes de Bretagne en 1981, il voir un auto-stoppeur au bord de la route. Il s’arrête. Abaisse sa vitre et demande au jeune homme :
    « Pour qui t’as voté ?
    - Mitterrand ! répond -il.
    - Mitterrand ? dit monsieur Le Tulle, en relevant sa vitre : « Eh bien, marche à pied ! »
    Et il redémarre.

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