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C’était un p’tit gars qui s’appelait Armand…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de l’hypotypose et du merlan frit réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 19 janvier 2016, 30è et dernier jour de nivôse dans le calendrier républicain, officiellement dédié au Crible. Passer au crible ou au tamis est devenu très tôt une métaphore pour désigner un examenelisabeth 1ere sévère, qui « sépare le bon grain de l’ivraie ». L’apologue des trois tamis de Socrate raconte comment le philosophe demanda à un interlocuteur qui souhaitait lui parler s’il avait passé son discours au travers des trois tamis : celui de la vérité, de la bonté et de la nécessité. Seules les paroles qui passent l’épreuve des trois tamis méritent d’être prononcées. Autant vous dire que si on appliquait cette règle à la blogosphère… On serait nettement moins nombreux semble se dire Elisabeth (1ère) en tenant ingénuement son tamis, symbole de virginité. Demain débute pluviôse mais, sans attendre, il pleut sur Brest, étonnant, non !

Allez, saluons un gars d’chez nous: Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren) c’est à dire à proximité de Rostrenen dans les Côtes d’Armor. Traducteur, écrivain et poète libertaire. Passionné par l’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant (on dit qu’il était capable de lire 22 langues). Après un armand_robinséjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant des rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses Poèmes indésirables, dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels.

Dans La fausse parole, parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, il avait 49 ans, à l’infirmerie du dépôt de la police, à Paris. Quant à la malle de papiers retrouvée dans sa chambre le lendemain, on raconte qu’elle fut envoyée à la décharge publique sur ordre du Armand_Robincommissaire. Il revenait volontiers à Rostrenen où il avait ses racines. Insomniaque, on le trouvait dans le fournil de Joseph Berthelot et un peu plus tard, à Campostal où Jean Kergrist et Christian Gautier l’ont croisé. Et lui de dire : En de très vieux temps où je parus exister, on prétendit m’avoir rencontré.  Et, ailleurs:  Que m’importe qu’on m’abatte au coin de la rue, j’écrirai des poèmes jusqu’à ce qu’on me tue. Vous pouvez lire Le Combat libertaire, ouvrage paru sous son nom, et qui s’articule autour de sa poésie engagée, autrement dit ce qu’il nommait lui-même Les Poèmes indésirables. Je n’ai pas trouvé qui était l’auteur de cette caricature, publiée en 1943. Visitez ce site qui lui est consacré.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.