La butte rouge…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du calembour d’origine et du camembert de Normandie réunis, bonjour ! Voici donc le dernier jour de la dernière semaine du dernier mois de cette année 2015 qui n’en finit pas de disparaître… Dans notre calendrier républicain, c’est le 11è jour de nivôse, dédié au granit. Sauf pour les pataphysiciens pour qui le 31 Décembre 2015 est en réalité le Mardi 3 Décervelage 143 – Astu.

Je voulais terminer cette année en citant un chansonnier disparu de nombreuses mémoires. Connaissez vous Gaston Mardochée Brunswick? Non ! Si je vous dis Montéhus, ça vous aide? Non plus ! Et si je vous dis « la butte rouge »… Ah, vous voyez. Montéhus est un chansonnier de la belle époque (il n’aurait pas tenu longtemps à France-Val-Inter), on lui MONTEHUS1doit notamment gloire au 17ème la butte rouge – Montéhus est né peu après la Commune un 9 juillet 1872 (aîné d’une fratrie de 22 enfants), il est mort en décembre 1952. Il publie sa première chanson en 1897 et choisit son pseudonyme plus facile à porter que son nom dans un contexte de fort antisémitisme. A cette époque, la chanson a une place importante dans la culture populaire. Le temps des cerises, l’internationale, les anarchistes de Chicago, le chant du vote… On les doit à des auteurs comme Pottier, Gaston Couté ou Jean-Baptiste Clément dont je vous parle de temps à autre.

Dans ses chansons, Montéhus s’oppose à la guerre, à l’exploitation pf_montehus_on_est_en_republique_02_jfpcapitaliste, à l’hypocrisie religieuse: « au lieu d’imposer l’travailleur qui enrichit l’gouvernement imposez plutôt les noceurs qui gaspillent tant d’argent. ». C’est d’une actualité déconcertante. Il a aussi défendu la cause des femmes de façon remarquable. La grève des mères fut interdite par décision de justice en octobre 1905. Ce n’est qu’en 1923 qu’il composera la butte rouge qui fait référence à la butte de Bapaume  en Champagne (et non la Butte Montmartre comme peut le laisser croire le premier couplet) , théâtre de violents combats sur le front de la Somme. Il est mort en 1952, oublié de tous.

Allez, portez vous bien, Je vous adresse tous mes vœux et à l’année prochaine… Peut-être.

5 commentaires

  1. babelouest

    Merci pour les vœux, cénobite ! Je pense que nous en aurons tous besoin, tant l’avenir s’annonce rude.

    Tous mes vœux également, ainsi qu’à tous les tiens. Et à l’année prochaine !

  2. petit louis

    meilleurs vœux pareil ! joli choix que cette butte rouge. je connaissais que la version de Montand, ni le nom de la vraie butte…

  3. Anne-Mare

    « Lorsque éclate la grande guerre, Montéhus, comme beaucoup d’autres se rallie à l’Union sacrée et tourne le dos aux grandes idées de l’Internationale ouvrière, elle qui avait proclamé solennellement que par la grève, le monde ouvrier ferait reculer la guerre.
    I lmet à son répertoire des chants guerriers, détourne » l’Internationale » en « La guerre finale » et dans sa surprenante et inattendue chanson « Lettre d’un socialo » il revendique que chacun doit faire son devoir et que l’heure est à la Marsellaise :

    Qu’il sache que dans la fournaise
    Nous chantons La Marseillaise
    Car dans ces terribles jours,
    On laiss’ l’Internationale
    Pour la victoire finale
    On la chant’ra au retour.

    Trop âgé pour être mobilisé, il ne va cesser, tout au long des années de guerre, de coposer des chansons plutôt guerrière comme « Debout les morts », « La dernière victime » ou « La voix des mourants ».
    Sur scène, à l’Olympia, il n’hésite pas à se déguiser en soldat, un pansement sur le front.
    En 1918 il reçoit la Croix de Guerre pour ses loyaux services.
    En 1920, il revient à ses premiers combats et comme une sorte d’hommage à la révolution bolchévique, il écrit, à l’occasion du Congrès de Tours et de la fondation du parti communiste qui en résulte, un hymne entraînant : « La jeune garde ».
    Continue-t-il à se racheter en écrivant, vers 1922, « La Butte rouge » ? Sans rien avoir connu des horreurs du front, il assène avec c e morceau un véritable pamphlet contre la guerre mais également un émouvant et fraternel hommage aux copains disparus. Ce qui ne pouvait que toucher et plaire à une grande partie des « revenants ».
    (Source :1914 – 1918 Chansons contre la guerre – Tardi, Verney, Dominique Grange)

    Que 2016 nous apprenne à redécouvrir amitié, fraternité, partage, liberté. Car, comme l’a dit Einstein : « Tout ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas toujours.

    • erwandekeramoal

      Merci de compléter ce petit portrait de Montéhus. En effet, « nobody perfect », mais, ils furent si nombreux à croire en la der des der…

  4. Pangloss

    Une chanson superbe. Bonne fin d’année!

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