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Relisez Henri Poulaille…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la libre pensée et des tortellini alla pana réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 05 décembre 2015, quinzième jour de frimaire dédié au chevreuil et je voulais profiter de ce jour anniversaire de sa naissance, pour évoquer Henry Poulaille, écrivain libertaire.

Fils d’un charpentier anarchiste originaire de Nantes, il se retrouve orphelin à 14 ans. Autodidacte, passionné par les livres, il fréquente les milieux libertaires. Il est embauché en 1923 aux éditions Grasset, dont il deviendra le directeur. Il se consacre à la littérature prolétarienne, faisant découvrir de nombreux auteurs issus du monde du travail, il publie « Le nouvel âge AVT2_Poulaille_621littéraire » et anime de nombreuses revues sur le sujet dont Prolétariat . On lui doit la publication de nombreux écrivains Français et étrangers, Cendrars, Henri Barbusse, Jean Giono, Victor Serge… Il va  s’attirer l’hostilité du Parti Communiste pour son refus de tout embrigadement et surtout en raison de son soutien à Victor Serge. En 1935, il crée « Le musée du soir », cercle prolétarien, à la fois bibliothèque et lieu de débat que beaucoup considèrent comme l’ancêtre des maisons de la culture. En 1939, il est un moment incarcéré pour avoir signé le tract de Louis Lecoin « Paix immédiate ». A la libération, il publie la revue prolétarienne « Maintenant ».

son engagement humanitaire, pacifiste et antimilitariste a pu se manifester à bien des reprises : En 1925, il signe un manifeste contre la guerre du Maroc. En 1927, il signe la pétition (parue le 15 avril dans la revue Europe contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion). Son nom côtoie ceux de Alain, Louis Guilloux, Jules Romains… En 1933, il monte un comité de maricourt-bio-poulaille068soutien à Victor Serge, écrivain français trotskyste qui avait été déporté par Staline en Sibérie. En 1939, il est un moment incarcéré pour avoir signé le tract pacifiste de Louis Lecoin : Paix immédiate, étant un des rares, avec l’auteur à ne pas désavouer après coup sa signature. Plus tard, en 1963, il signe aussi la lettre de Louis Lecoin pour la reconnaissance du statut d’objecteur de conscience. Il est également l’auteur de nombreux romans, souvent autobiographiques. « Le pain quotidien » (1931); « Les damnés de la terre » (1935), mon préféré: il correspond aux années 1906-1910) et accorde une large place aux mouvements politiques et sociaux de ces années là, vus par Magneux, son personnage, grand lecteur (comme l’était le père de Poulaille) et ses amis anarcho-syndicalistes : grève des viticulteurs de 1907, manifestation Ferrer, manifestation du premier mai 1907, grève des cheminots et des postiers de 1909… (il existe une réédition de 2007 aux éditions « les bons caractères ») . Henry Poulaille est mort le 30 mars 1980.

A lire et à relire sans modération aucune, Houellebecq peut attendre, Angot n’est pas pressée et Modiano en a vu d’autres… Allez, bonne lecture, portez vous bien et à demain peut-être.