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La liberté de penser…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la mécanique quantique et de la clé à molette réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 17 novembre 2015, 27è jour de Brumaire dédié au Macjonc. C’est la gesse tubéreuse  (et comme dirait mon aïeule qui aurait vendu la sienne pour un vilain jeu de mots: c’est la Gesse qui compte !) ou gland de terre, ou encore souris de Hollande, dieu-non-cabu-688ponon, sans rire, (les tubercules ont la taille, la forme, et la couleur d’une souris). Le Macjonc pousse à l’état spontané dans toute l’Europe. Sa culture est signalée en 1783 comme « herbe française cultivée en Hollande et vendue en France » et on consomme les tubercules cuits à l’eau en purée, et les gousses quand elles sont encore tendres préparées comme des petits pois. En ces moments agités où des décérébrés mous du bulbe, psychorigides et pervers polymorphes veulent à toute force nous faire prendre l’Helvétie pour une lanterne et nous conduire à marche forcée dans le labyrinthe de l’obscurantisme; je voulais vous parler de Voltairine…

Si j’avais débuté ce billet en vous parlant d’elle vous n’auriez pas manqué, dans vos commentaires raffinés et néanmoins perfides, de me demander d’où je la sortais. Elle se nomme Voltairine de CLEYRE, avouez que cela ne s’invente pas. Mais c’est le papa, qui était un grand admirateur de notre Voltaire à nous, qui en a décidé ainsi. Elle est née un 17 novembre (d’où ce billet) quelque part dans le Michigan, Etats Unis d’Amérique. Figure oubliée de l’anarchisme et de la libre pensée, Voltairineelle a consacré sa vie, après avoir passé plusieurs années dans un couvent (ceci explique peut-être cela), à dénoncer le poids des religions dans la société civile et à lutter pour les droits de l’homme, et de la femme, ce qui à cette époque n’allait pas de soi. Elle est morte à Chicago en 1912 en laissant derrière elle quelques ouvrages et l’image d’une militante exemplaire. Ses prises de position sur des thèmes aussi divers que le mariage, la guerre, la propriété privée lui ont valu une réputation sulfureuse d’anar et d’anticléricale dans une Amérique bigote et libérale. Elle méritait bien ce petit coup de chapeau dans un siècle où la pensée libre est une denrée en voie de disparition. A lire, en français, « D’espoir et de raison, écrits d’une insoumise »(2008). Textes réunis et présentés par Normand Baillargeon et Chantal Santerre chez LUX éditeur.
« A la fin de votre vie, vous pourrez fermer les yeux en disant : je n’ai point été gouverné par l’idée dominante de mon siècle. J’ai choisi ma propre cause et je l’ai servie. J’ai prouvé par toute une vie qu’il est quelque chose en l’homme qui le sauve de l’absolue tyrannie des circonstances, qui triomphe et les refonde, et cela c’est le feu immortel de la volonté individuelle, laquelle est le salut de l’avenir.« 

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien, vive la République et à demain peut-être.