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Si le grain ne meurt…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis du dandysme et de la crevette rose réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 30 novembre 2015, officiellement dénommé, jour de la pioche, dans le calendrier républicain français. C‘est aussi l’anniversaire de la disparition de Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde, plus connu sous le nom de Oscar WILDE (30/11/1900) et j’en profite pour évoquer cette figure de l’anticonformisme libertaire.

Oscar Wilde est né à Dublin en 1854. Il est le fils d’un chirurgien irlandais de réputation internationale. Sa mère, Jane Francesa Elgee, est une poétesse pleine de ferveur nationaliste, qui dans les années 1840, soutient la cause irlandaise face à l’Angleterre. Après des études classiques au Trinity College à Dublin, où déjà il fait preuve d’une forte personnalité et se distingue des autres étudiants par l’extravagance des ses vêtements, Oscar Wilde est admis à l’université d’Oxford. Il a OscarWildenotamment comme professeur John Ruskin, l’un des porte-paroles d’un mouvement culturel qui estime que l’art ne doit être que recherche du Beau, sans aucune préoccupation morale ou sociale. Oscar Wilde est un élève brillant et distingué. Il a les cheveux longs, porte des cravates lavallière et orne les boutonnières de ses costumes d’un œillet, d’un lis ou d’un chrysanthème. Esprit subtil et excentrique, dandy d’une rare élégance, sa célébrité devient grande dans les milieux culturels et aristocratiques londoniens qui accueillent avec ravissement ses premiers Poèmes (1881). Il devient très vite l’un des théoriciens de « l’art pour l’art », et le chef de file des « esthètes ». Il est ainsi invité à donner une série de conférences aux Etats-Unis sur l’esthétisme.

De retour en Europe, il s’installe à Paris, où il écrit deux pièces de théâtre: La Duchesse de Padoue, 1883, Véra ou les Nihilistes, 1883. Il rencontre les principaux écrivains français de l’époque : Verlaine, Mallarmé, Zola, Daudet, et Hugo. De retour à Londres (1884), il épouse sculpture wildel’une de ses admiratrices, Constance Lloyd. Ils auront deux enfants. Il s’emploie également à défendre la cause féministe. Il est à noter qu’il fut Franc-Maçon et, ce fut le 16 février 1875 qu’Oscar Wilde fut proposé à l’Appolo University Lodge par Sinclair Franklin Hood et John Edward Courtenay Bodley. Le vote revint favorable. Wilde dut bénéficier d’une dérogation car il avait moins de 21 ans. Il fut initié la semaine suivante. Il atteint le deuxième Degré le 24 avril 1875 et fut élevé à la Maîtrise le 25 mai de la même année. Membre également de l’Oxford University Chapter n°40 (Rite Ecossais), il y atteint le Grade de Rose Croix (18e). A gauche, la célèbre statue de Merrion square à Dublin.

Pour ses enfants, il organise des bals costumés et écrit des contes. Il publie également des nouvelles (le Crime de lord Arthur Saville et autres histoires, 1891), un essai (Intentions, 1891) et aussi son seul roman (le Portrait de Dorian Gray, 1891). On lui doit aussi la célèbre pièce Salomé, créée par Sarah Bernhardt. Le portrait de DORIAN GRAY lui vaut une très grande notoriété, mais le public anglais, choqué, lui reproche l’immoralité de certains personnages. En 1895, Oscar Wilde décide de porter plainte en diffamation contre le Marquis de Queensberry, le père d’Alfred Douglas, son amant. Ce procès tourne mal. Finalement c’est le Marquis de Queensberry qui porte l’affaire devant les tribunaux, accusant Wilde de pervertir son fils . Oscar Wilde est condamné pour délit d’homosexualité à deux ans de travaux forcéstombe wilde le 27 mai 1895. Il purgera cette peine dans la très répressive prison de Reading, au sud de l’Angleterre. Il sort de prison le 19 mai 1897, et s’exile en France, à Berneval, près de Dieppe. C’est un homme brisé et ruiné. Il prend pour pseudonyme le nom de Sebastian Melmoth. Il publie en 1898, la ballade de la geôle de Reading, un témoignage émouvant sur sa douleur de prisonnier. Il meurt à Paris, en 1900 dans la misère et la solitude. Il est enterré au Père Lachaise a Paris, où il repose sous un étrange sphinx ailé de l’américain Jacob Epstein (photo de droite). Le visage, vu de face, évoque les traits de l’écrivain à la fin de sa vie. Cette sculpture fut « interdite de séjour » durant six ans par le préfet de Seine en raison du sexe masculin apposé à cet ange, sexe mutilé en 1961 par un prude ou un collectionneur. On raconte qu’il servit un temps de presse-papiers au conservateur du cimetière. et sa tombe est célèbre parce qu’elle est pleine des empreintes des baisers de toutes ses admiratrices.

Voilà, maintenant, jetez vous sur ses œuvres, portez vous bien et à demain peut-être.

‘core une tite goutte…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du matérialisme dialectique et de la française des jeux réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 29 novembre 2015, 9è jour de frimaire dédié au genièvre.

Cette boisson à base d’alcool de grain était très consommée au siècle dernier notamment dans le Nord de la France. Voici ce qu’en disait François-Joseph Grille en 1825 après avoir visité cette région : « Ajoutons que dans les arrondissements formés de l’ancienne Flandre, 220px-Jielbeaumadier_genievre_loos_wambrechies_2010on fait abus de liqueurs fortes ; de là, disent les docteurs, viennent des maux sans nombre que la sobriété seule peut réparer. Ainsi, dans ces contrées, le genièvre et l’humidité se disputent le triste honneur de moissonner plus cruellement une population imprévoyante.». Au Québec cette boisson est appelée gros gin… d’où l’expression: gros gin comme devin; mais naaaan, j’rigole! Nos amis belges eux, disent Peket: Le mot peket signifie « piquant » en vieux wallon. Il provient sans doute du mot wallon « pèke » qui, dans certaines régions de Wallonie désigne les baies de genévrier. Il s’agit en fait d’un alcool fabriqué à base d’eau-de-vie de grains (orge maltée, blé, seigle, parfois avoine) aromatisée à l’aide de baies de genévrier. Il existe d’ailleurs à Liège, une maison du Peket.

A ne pas confondre avec le Lambig breton qui lui est une eau de vie de cidre pesant facilement 70° à la sortie de la bouillote. Les indications thérapeutiques du genévrier sont nombreuses, ce qui n’est pas il-faut-etre-present-a-chaque-instant-pendant-de-longues_1168100_667x333étonnant, car son emploi remonte à l’Égypte antique, voire avant, et il a persisté à travers les siècles sans jamais défaillir. Les baies sont particulièrement utiles pour soigner l’arthrite, la goutte et toutes les maladies rhumatismales. D’ailleurs, à cet égard, la cure de genièvre est à l’automne ce que la cure de pissenlit est au printemps. Il s’agit d’un traitement fort connu en Europe. Il semblerait qu’à la longue, cette double cure ait pour effet d’augmenter la mobilité des membres et d’atténuer leur raideur; alors que le Viagra lui, c’est le contraire…

Allez, cor’ une p’tit’ goutte, merci de cette visite dominicale, portez vous bien et à demain peut-être.

Les Araras ne sont pas des Bororos…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de l’ésotérisme et du café-cognac réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 28 novembre 2015, huitième jour de Frimaire dédié au Miel. Je dis cela en sachant pertinemment que Le 28 Novembre 2015 est en réalité le Jeudi 26 As 143 St Mensonger, évêque. Je pourrai rajouter que pour les bretons c’est la sainte Eodez dont je vous ai conté les aventures dans un lointain billet. Maintenant, c’est vous qui voyez…

Puisque la barbarie revient sur le devant de la scène, affichant sans vergogne sur ses étendards de mort les mots de civilisation, de culture, de religion, souvenons nous d’un grand monsieur. C’est un 28 novembre en 1908 que l’humanité a accueilli parmi elle LEVI-STRAUSS  et les jeunes du 93 continue de penser qu’il vendait des jeans dans le sentier. Pour ma part, je lui doit d’avoir appris très tôt que « les Araras ne sont pas des Bororos » . Ethnologue, écolo avant l’heure, c’était surtout un grand humaniste. Lisez ou relisez « tristes tropiques » vous Levi-Strauss3ne regarderez plus le monde tout à fait comme avant. Claude Levi-Strauss nous a fait découvrir qu’il n’y avait pas de hiérarchie dans les cultures et que celle-ci valait celle-là. Chacune, à sa manière participant de l’enrichissement de l’humanité. A force de regarder l’autre à l’aune de notre nombril (ethnocentrisme) on finit par ne plus rien voir et on se prend les pieds dans le tapis de l’identité nationale. Né à l’orée du XXe siècle à Bruxelles, Claude Lévi-Strauss, père du structuralisme, a imprimé une marque profonde dans la pensée contemporaine, tant dans les champs de l’ethnologie que de la sociologie, la philosophie, l’histoire ou la littérature. L’historien Pierre Nora a défini son ouvrage Tristes tropiques comme un «moment de la conscience occidentale». Athée, dénué d’humour et d’un naturel misanthrope qui s’est accentué avec l’âge, il a dénoncé dès les années 1970 une mondialisation synonyme d’uniformisation : « l’humanité s’installe dans la monoculture ; elle s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave».

Et ses prédictions prennent forme tous les jours: les fous de Dieu veulent en imposer un seul: le leur évidemment. Les marchands de lessive clament qu’il n’est qu’un sauveur suprême: le marché. Les idéologues se plaignent d’être au chômage car les idéologies seraient mortes avec le XXè siècle. Et partout: le même smartphone, le même Hamburger, la même musique, les mêmes jeux débiles sur les mêmes écrans tactiles. L’univers à l’unisson en quelque sorte…

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

A la St Goustan, le cénobite s’détend…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis du positivisme et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 27 novembre 2015 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (Finistère nord). Choux Cabu, Chou-fleur, Chou de Milan , Chou à grosses côtes, petit Chou cœur de bœuf, etc. Cette crucifère comporte pas moins de deux cent variétés, certaines locales, toutes cependant étaient travaillées en cuisine, car ce légume a permis depuis la plus FILLE-D-OUVIER-AGRICOLE-JAMES-GUTRIE-1859-1930-ÉCOSSAIS-253x300haute antiquité aux citoyens de ce monde de manger et quelques fois survivre aux famines, facile à cultiver dans pratiquement tous les types de terres, et dans les climats les plus rudes , se conservant longtemps après la cueillette, il fut presque déifié par les Égyptiens et par les peuples de toutes les religions et origines du bassin méditerranéen. Chanté par Caton, couronné de toutes les vertus, il n’y a qu’Apicius pour lui trouver des défauts. Oui, osons le dire, le chou-fleur est au Léon ce que la bêtise est à Cambrai, Tristan à Iseult, Castor à Pollux et Sarkozy à la médiocrité crasse… (joli tableau de James Guthrie – peintre écossais)

C’est aussi, le jour ou jamais de célébrer les Goustan et pas seulement les gros des Goustan (humour). Le saint homme est né en Cornouailles britannique en 974. Sant Sten, en breton, tient son nom de l’étain et il goustan au port auraya laissé son nom à Saint-Goustan, le très joli petit port d’Auray (56).  A 18 ans, Goustan ou Gulstan est enlevé par des pirates et au cours d’un de leurs voyages, se blesse au pied. Abandonné sur l’île d’Ossa ( peut-être Ouessant, enez Eussa, mais plus probablement l’île d’Houat), il doit son salut, d’abord à la Providence qui lui fournit des poissons, ensuite à Saint Félix qui le soigne puis le convertit au christianisme et le v’la radicalisé. Saint-Goustan est souvent représenté avec un poisson à la main; c’est l’illustration de la légende qui l’entoure. Blessé sur son île, il se serait contenté seulement d’une portion d’un gros poisson, en gardant pour le lendemain. Et chaque jour, le poisson se recomposait totalement.

Plus tard, Goustan devient moine et fonda un prieuré sur l’île de Hoëdic avec un certain Budic comme compagnon. Entre temps, il se consacre à la prière parmi ses frères moines de Rhuys. C’est là que reposent Corentinaujourd’hui ses restes, dans l’abbaye de Saint-Gildas de Rhuys. Malo-Joseph de Garaby décrit en détail la vie de saint Gulstan dans son livre publié en 1839 : la vie des bienheureux et des saints de Bretagne, pour tous les jours de l’année. Goustan est devenu le patron des marins et des pêcheurs. A droite une vue de la vallée des saints; Corentin à qui l’on attribue la même légende qu’à St Goustan. Mon aïeule, qui connaissait autant les cantiques que les chansons à boire, me récitait cette ronde chantée par les femmes des marins du Croisic : « Saint Goustan, notre ami, ramenez nos maris. Saint Goustan, notre amant, ramenez nos parents » étonnant, non !

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être…

Vous dansez ?

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la lutte finale et du Graves de Vayre réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 26 novembre 2015, 6è jour de Frimaire consacré à la mâche, tiens encore un truc de nantais, ailleurs on l’appelle aussi macheBlanchette, doucette, clairette, oreillette, rampon et même Valérianelle. Allez tiens, petit retour en arrière et tant pis si de généreux commentaires viennent encore me traiter de soixantehuitard attardé. Mieux vaut soixantehuitard que jamais (bon d’accord, elle est pas terrible). Que celui qui n’a jamais dansé un slow sur cette musique lève le doigt.

Alors, ça vous rappelle quelque chose hein ! Comment s’appelait-elle déjà ? Pas la fille, la chanson. Cette ritournelle à fait plusieurs fois le tour du monde et a été interprétée aussi bien par son créateur, Percy Sledge que par Marvin Gaye, Otis Redding ou Joe Cocker. When a man loves a woman, tout un programme. Percy Sledge est né en novembre 1941 à Leighton en Alabama et, il faut bien le reconnaitre, il est devenu percy sledgechanteur par le plus grand des hasards. Occupé qu’il était à exercer mille petits boulots pour subvenir aux besoins de sa grande famille (5 enfants), il est repéré par un agent alors qu’il se livre à une improvisation de la chanson qui allait devenir N° 1 en 1966 et que les « cénobites tranquilles » ont retiré du Scopitone de l’ermitage pour vous l’offrir. Quand bien même il ne retrouvera jamais un tel succès quasi planétaire, il sera représenté de nombreuses fois encore dans le hit américain et sera même nommé aux Grammy awards en 96 pour son album Blue night. grand chanteur de Soul qui nous permet de nous offrir cette petite madeleine. Personnellement, je me rappelle très bien de la fille mais par égard pour sa famille je tairais son nom. C’était une brunette aux yeux vert et, sur la plage abandonnée… Mais qu’est-ce que je raconte !

Allez, je le répète, c’est un plaisir chaque jour renouvelé que de vous savoir de l’autre côté de l’écran de plus en plus nombreux (méthode Coué), alors n’hésitez pas à revenir, invitez des amis, je sais que vous en avez une tonne sur Facebook. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Danse, danse, Katel Gollet…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Nous sommes le Mercredi 25 novembre 2015, 5è jour de brumaire, et dans le calendrier républicain, c’est le jour du cochon… Dans celui des postes, c’est la Sainte Catherine là où tout bois prend racine; ce qui me fait me souvenir que j’ai promis à ma fiancée de planter un lilas pour remplacer le mimosa… Et comme le disait mon aïeule qui n’en ratait pas une: pour la Ste Catherine, le porc couine! J’en profite donc pour souhaiter une bonne fête à ma neveuse Katell. Oui, à l’Ouest du Pécos du Couesnon, on dit Katell plutôt que Catherine. Il sont comme cela les bretons, il faut toujours qu’ils se singularisent; non contents de porter des chapeaux ronds, ils ne peuvent pas appeler un chat un chat et une Catherine une Catherine… Ma doue beniget!

Oyez plutôt la légende de Katel Gollet. Elle m’a été contée par un soir d’hiver et par un vieux colporteur dans une auberge des monts d’Arrée aujourd’hui disparue. Il affirmait la détenir de son grand-père qui lui même l’avait recueilli de la bouche d’un mourant alors qu’il croupissait dans la boue du camp de Conlie; là où l’armée bretonne du général de Keratry était censée se préparer à bouter le prussien hors des frontières. Katell était ankouune belle jeune fille de 16 ans qui vivait dans le château de son oncle, à la Roche- Maurice, près de Landerneau. Sa beauté dit-on, n’avait d’égale que son goût pour le plaisir et la danse. Le tonton, voulant se décharger de cette lourde tutelle, voudrait bien lui trouver un mari qui prendrait soin de la raisonner. Mais la belle entêtée préférait se livrer aux plaisirs de la danse et de la fête plutôt que de songer au mariage. Pour faire patienter son oncle, elle déclara qu’elle épouserait tout homme capable de la faire danser douze heures d’affilée. Nombreux furent les jeunes gens du canton à tenter leur chance. Mais elle les épuisait tant que certains, morts de fatigue, ne voyaient pas le jour suivant.

 

L‘hécatombe était telle que son oncle l’enferma dans une des tours du château. Mais Katell s’en échappa et se rendit au pardon de la Martyre accompagné d’un nouveau cavalier. Gavottes, plinns, jabadaos s’enchaînèrent, les deux danseurs s’en donnant à katel_goll_guim-272x300cœur joie. Mais le jeune homme non plus ne résista pas à l’infatigable Katell qui, prise dans le feu de la danse et de l’alcool, invoqua les puissances de l’enfer demandant de nouveaux musiciens. C’est ainsi que le diable l’entraîna dans une gigue infernale et lui fit franchir les portes du royaume des damnés (le Yeun ellez). La scène est représentée sur le calvaire de Guimiliau (29) ainsi que sur celui de Plougastel-Daoulas (29). Vous pouvez par ailleurs voir le film « Non ma fille tu n’iras pas danser » de Christophe Honoré (2009) et qui reprend le thème de la légende de Katel Gollet, Catherine, fille damnée. Ou encore écouter le groupe ELFIK, quelque part à la croisée du folk et du punk… Je suis sur que ma neveuse adore.

Allez, à raconter aux petits nenfants le soir à la veillée. En attendant portez vous bien et à demain peut-être.

100% Saint-Pourçain…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la méthode Coué et du risotto de praires réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 novembre 2015. Vous n’allez pas me croire mais, dans certains calendriers, ce quatrième jour de frimaire, qui est comme chacun le sait désormais, dédié à la nèfle, est lui, consacré à Pourçain; saint homme qui a légué son nom à une commune qui à son vin-blanc-saint-pourcain-cuisinetour l’a donné à un vin. J’ai une tendresse particulière pour ce vin de pays qui mériterait une meilleure réputation, notamment le rouge. Voilà un vin dont le rapport qualité/prix est imbattable. Le vignoble de St-Pourçain-sur-Sioule est un des plus vieux de France. On dit que les Papes en Avignon en raffolaient déjà. Promu au rang d’AOC, il couvre une vingtaine de communes dans l’Allier. Pour les rouges, ce sont des cépages Gamay et Pinot noir et pour les blancs, Chardonnay et Sauvignon. Il y a aussi le Tressallier, c’est une variété locale qui, à ma connaissance, n’est exploitée nulle part ailleurs qu’à St-Pourçain. On trouve, y compris en grandes surfaces, quelques St-Pourçain VDQS qui font d’excellents vins de table pour trois ou quatre euros. Avec ça et une fourme d’Ambert, vous faites un repas à damner tous les saints.

Pourçain, pour sa part, fut ermite bien entendu. C’est à partir du VIe siècle que l’on trouve des traces de la ville dans l’histoire lorsque Porcianus ou Purcianus ou encore Portien, un ancien porcher dit-on, devint abbé d’un monastère établi à une date inconnue sur cette petite hauteur dominant la rivière. Et puisque nous sommes en période des vins nouveaux, voici l’histoire de «La ficelle».  En l’an 1487, Gaultier, tavernier à Saint-Pourçain, fût à l’origine de la Ficelle. Dans son Ficelleestaminet enfumé et fort sombre, Gaultier servait le vin dans des pichet en terre et en étain. Mais ceux-ci ne lui permettaient pas d’évaluer avec précision la consommation de ses clients, ce qui lui valait toujours des discussions interminables. C’est alors qu’il eut l’idée de plonger un bout de ficelle dans les pichets, en faisant un nœud correspondant aux mesures de l’époque, la demi et la pinte. Ainsi, naissait la légende de la Ficelle. Chaque année, à l’heure de la nouvelle récolte, une illustration inédite, réalisée par une bande de joyeux dessinateurs, habille avec humour l’ensemble des bouteilles. Autre chose que le Beaujolais nouveau sauf celui de Marcel Lapierre recommandé par Siné.

Allez, merci encore de vos visites, mais c’est pas tout, faut qu’y va, madame Michu. Portez vous bien et vive la République.

High times hard times…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la sereine contemplation et des œufs en meurette réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le Lundi 23 novembre 2015, c’est à dire le troisième jour de frimaire (mais non, pas fruits d’mer) dédié à la 290px-Cichorium_intybus_(6)chicorée. Vous connaissez tous les bienfaits de cette plante quasi miraculeuse qui produit aussi bien un succédané de café que de la bonne endive (chicon) mais aussi cette jolie fleur bleu moins connue. Mon aïeule, à qui je dois cette éducation désastreuse, m’a élevé au bol de café plus qu’au verre de lait mais, elle n’imaginait pas un instant que l’on puisse faire un café sans y rajouter deux cuillerées de chicorée Leroux.

Les amateurs et les amoureux du bebop ne manqueront pas de se souvenir de la disparition de Anita O’DAY survenue un 23 novembre en 2006, elle était âgée de 87 ans. Anita est née à Chicago of course, pure autodidacte, elle devient chanteuse professionnelle en 1939. Elle va connaître le succès dès ses premiers enregistrements avec Gene Krupa, comme celui qui illustre ce billet: let me off uptown 1941. Elle va évolué avec d’autres big bands comme celui de Stan Kenton avant de prendre le virage du bebop dans les années 50. Son heure de gloire, anitaelle va la connaître lors du festival de jazz de Newport en 1958 alors qu’elle fut filmée à son insu pour le film Jazz on a summer’s day qui la fit connaître à travers le monde. A l’instar de tant de musiciens de jazz de l’époque, elle fut accro à l’héroïne ce qui a failli lui coûter la vie lors d’une overdose en 1968 comme elle le raconte dans ses mémoires.

Une anecdote l’a profondément marquée dans sa carrière: En octobre hight time1970, lors d’un passage à Paris en première partie du grand Charlie Mingus, elle fut huée et insultée par le public au motif qu’elle était blanche. C’est difficile d’être plus cons ! C’est Charlie Mingus lui même qui est venu sur scène pour calmer les choses et déclarer: « Ce que vous faites subir à Anita ce soir, c’est ce que nous vivons tous les jours, nous, les noirs américains ! ». Néanmoins elle est revenue chanter à Paris, au New morning, en 1987 ou 88, je crois. J’aime particulièrement Sings the most avec Oscar Peterson, ça date de 1957.

 

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

845: Nevenoë…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la bretonnitude et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 22 novembre 2015, deuxième jour de Frimaire dédié au navet.

Skoulmet mat eo hirie chadenn ar goskoret                                      
kousket noz kousket de kalon ar vretoned.

« Aujourd’hui bien nouée, la chaîne des esclaves endort nuit et jour le cœur des Bretons. »

J’emprunte à Glenmor ces quelques vers de « La marche de Nominoë » pour se souvenir de la victoire des troupes bretonnes sur celles (franques) de Charles le chauve. Nous sommes un 22 novembre de l’an de grâce 845, dans la campagne de Ballon près de Redon. Celui que les historiens allaient nommer « Tad ar vro », le père de la patrie, venait de donner naissance à une Bretagne unifiée et indépendante. Pour nominoe2-179x300autant, il n’était pas roi mais Duc. C’est son fils Erispoë qui prendra le titre de roi, ce fut le premier et sans doute le dernier; par la suite, les souverains bretons porteront à nouveau et définitivement le titre de Duc. Vous me connaissez, je déteste les commémo, je hais toutes les guerres, j’exècre les nationalismes, je conchie les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. Je ne veux en aucun cas rivaliser de ridicule avec George Sand qui écrivait en 1866 dans Promenades autour d’un village: « Le Tribut de Nomenoe (du Barzaz Breiz) est un poème de 140 vers, plus grand que l’Iliade, plus beau, plus parfait qu’aucun chef-d’œuvre sorti de l’esprit humain. {…} En vérité, aucun de ceux qui tiennent une plume ne devrait rencontrer un Breton sans lui ôter son chapeau. » Considérons donc qu’il s’agit ici d’un coup d’œil dans le rétro de l’histoire.

Nominoë, grand soldat et fin stratège, réussi à négocier le départ des guerriers venus du Nord après avoir pourtant subi trois défaites consécutives. En 851 était signé le traité d’Angers qui donnait à la Bretagne, le pays rennais, le pays nantais et le pays de Retz (je dis cela pour Jancyves), qui formaient auparavant la Marche de Bretagne. Par Nominoë_Dolce traité, la Bretagne incorporait en même temps une population d’origine gallo-romaine et franque de langue romane. Ce traité d’Angers délimitait les frontières de la Bretagne historique. Il mourut la même année près de Vendôme non sans avoir conquis le Maine et l’Anjou. On peut donc raisonnablement penser qu’il exista une « Bretagne » entre 845 et 1532 date du traité d’union avec la France. Était-ce un État, un royaume, une Nation ? Appartient elle aujourd’hui à cette liste de nations invisibles, nations fossiles et sans État comme disent certains historiens. Kurdes, Basques, Corses, Tsiganes, Amérindiens, Aborigènes, Catalans, Berbères, Bretons, Palestiniens, Touaregs, Bonis, Québécois, Tibétains, Ouighours etc… La question vaut d’être posée et débattue.

Bon allez, c’est pas tout, les jardins de Keramoal réclament une intervention d’urgence après le coup de vent de cette nuit, mon beau mimosa ne verra pas Noël, brisé net à hauteur d’homme… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Un plateau de Frimaire…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du mutualisme social et des pieds paquets réunis, bonjour ! Nous sommes  le Samedi 21 novembre 2015 qui correspond au 1er jour de frimaire habituellement dédié à la Raiponce, jolie petite fleur bleue. La Raiponce est un légume dont on consomme toute la plante, racines et feuilles, à partir du mois de novembre, en même temps que les Mâches. Ses jolies racines allongées, pointues, d’un blanc nacré à chair blanche, et croquante, sont d’une saveur douce et se mangent crues en frimairesalade, ainsi que ses feuilles, qui sont très tendres et analogues comme saveur à la mâche. Oui je sais, il se trouve encore quelques pataphysiciens pour affirmer que Le 21 Novembre 2015 est en réalité le Jeudi 19 As 143 St Courtial des Péreires, aérostier et inventeur. Quand à l’allégorie qui représente frimaire elle est toute symbolique. La scène de chasse ne fait pas qu’allusion à la saison, mais aussi au signe du Sagittaire (symbolisé en filigrane, en haut à droite) correspondant à cette période. En hiver, le ciel est aussi dominé par la constellation du Grand Chasseur (Orion ). A l’inverse, le ciel d’été est dominé par le Scorpion (à l’opposé dans le ciel ). Dans la mythologie, ce scorpion fut envoyé par la déesse Gaïa (la Terre ) pour tuer Orion. La constellation d’Orion est suivie par celles du Petit Chien et du Grand Chien.

Les bretons, toujours à se distinguer, vont célébrer (ou pas) St Koulman. En fait il s’agit sans doute de St Colomban qui débarqua du côté de St Malo après avoir traversé le Channel sur un curragh de la Brittany ferries. Grand Judicaelvoyageur, il évangélisa l’Europe et du coup, le Vatican a accepté d’en faire le Saint patron des motocyclistes; ma doué beniged !  Nous sommes au milieu du VIè siècle, Clovis réunifie la Gaule et en Bretagne Armoricaine règne Judicaël; fils aîné de Judhaël, roi de Domnonée et de la reine Pritelle, fille aînée d’Ausoche, prince au Comté de Léon. Je vous fais grâce de la liste de ses quinze frères et sœurs dont la plupart refusèrent de faire l’ENA pour se consacrer à la carrière de saint.(Judoc,Winoc…). Et voila pourquoi votre fille est muette ! Allez, portez vous bien, à demain peut-être et vive la République.