Vous lisez actuellement les articles publié en octobre 2015

Page 2 de 4

T’es Rock, coco …

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

, , ,

Amis de l’Internationale prolétarienne et des rillettes de maquereaux réunies, bonjour ! Nous sommes donc le mercredi 21 octobre 2015, trentième et dernier jour de vendémiaire dédié au tonneau. C’est donc en ce 21 Octobre, en réalité le Lundi 16 Haha 143 Ste Vadrouille, emblème, qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire, même si ça va mieux en l’écrivant, ce 2327è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie… Or, il y a précisément 46 ans, le 21 octobre1969, disparaissait cet auteur à nul autre pareil: Jack Kerouac. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’immense modestie qui me caractérise, que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux auteurs; mais il me fallait trouver une intro…

Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’« il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez le soleil se lève aussi. 200px-DoctorSaxCoverLa description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack  et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne.

Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en banque… Quelques années plus tôt, il Kerouac gaucheavait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57.

Et puis tiens, ne ratez pas: 24 histoires pour Lemmy. Ça vient de paraître: 24 nouvelles par 24 auteurs pour rendre hommage a Lemmy lemmymaxiKilmister, bassiste/chanteur et leader du groupe Motörhead. En vérité, je ne l’ai pas encore lu mais, comme dit le poète: La signature me sourit… Avec : Thomas Fleitour – Karine Médrano – Jean-Pierre Jaffrain – Pierre Mikaïloff – Patrick Foulhoux – Jean-Luc Manet – David Boidin – Giuglietta – Merle Leonce Bone – Max Well – Mathias Moreau – Stéphane Grangier – Stanislas Petrosky – Olivier Keraval – Alain Feydri – Jean-Eric Perrin – Frédéric Paulin – Pierre Domengès – Stéphane Pajot – Hugues Fléchard – Denis Roulleau – Stéphane Le Carre – Jean-Noël Levavasseur – Patrick Cazengler.

Aux éditions Camion Blanc, vous savez, l’éditeur qui véhicule le Rock.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Divagations rimbaldiennes…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

, , ,

Amis de la poésie et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 20 octobre 2015, 29è jour de vendémiaire dédié à l’orge. L’orge fait partie de l’alimentation humaine depuis plusieurs ORGE-300x199milliers d’années, bien qu’elle soit relativement peu consommée dans notre quotidien. Céréale aux multiples usages, elle entre dans la fabrication du malt, qui compose la bière et le whisky. On connaît également la confiserie nommée sucre d’orge: sa fabrication traditionnelle se faisait en mélangeant du sucre avec de la tisane d’orge. A propos de la théorie des genres, il faut savoir que selon les usages, l’orge est féminine… ou pas. Par exemple, nature, elle est féminine : de l’orge hâtive alors que décortiqué, il est masculin : de l’orge mondé ou perlé. Ah les mystères de la langue française…

Il y a un peu plus de 160 ans (20 octobre 1854) naissait Arthur RIMBAUD, à Charleville dans les Ardennes. L’auteur du bateau ivre et de une saison en enfer s’éteindra le 10 novembre 1891 à 37 ans après une vie pour le moins dissolue menée notamment avec son ami VERLAINE. Il faut se souvenir qu’il soutiendra les insurgés de la rimbaudCommune en 1871… Rien que pour cela il méritait bien ce clin d’œil. Allez, une petit verre d’absinthe en mémoire de tous ceux  qui nous ont accompagné sur les bancs de notre adolescence et plus tard. Verlaine, Baudelaire, Apollinaire, Prévert, Desnos, Aragon, Eluard… La liste serait trop longue et je me demande si les ados d’aujourd’hui ont encore au fond de leur sacoche un livre de poche tout annoté de l’un de ceux là qui appartiennent maintenant au cercle des poètes disparus…

Dans son poème Le Mal il dénonçait déjà les œuvres sanguinaires de ces jeunes fous de Dieu et/ou du Roi qui ne laissent à leur mère que leurs yeux pour pleurer; alors que dans l’Olympe éthéré, les Dieux, les rois et tous les élus se tapent sur les cuisses en s’esclaffant gaiement…

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;
Tandis qu’une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;
Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !…
Il est un Dieu qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ;
Qui dans le bercement des hosannah s’endort,
Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Preachin’ the blues…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , , ,

Amis de l’histoire bégayante et du Gevrey-Chambertin réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 19 octobre 2015, vingt-huitième jour du mois de vendémiaire, dédié à la tomate, il vous reste donc 73 jours pour préparer votre réveillon.

Oyez l’histoire de Eddie James House Jr qui se fit connaître sous le nom de Son House. On n’est pas très sûr de sa date de naissance mais il est décédé un 19 octobre en 1988. Quand bien même il fait partie des Son-House-by-Dick-Watermanfondateurs du Delta blues il commença par être pasteur et n’apprit la guitare que dans les années vingt.  Après une peine de bagne pour meurtre, il rencontre Charlie Patton qui l’entraine à sa suite avec Willie Brown et la pianiste Louise Johnson dans les studios du Nord. C’est là qu’il va enregistrer son fameux Preachin’ the blues. Il va ainsi sillonner le Delta et donner ses premières leçons de blues et de guitare à Muddy Waters et Robert Johnson; excusez du peu. On murmure qu’il serait le compositeur du fameux Walkin blues (ci-dessous en vidéo). Il faudra attendre 1941 pour de nouveaux enregistrements lorsque les Lomax passeront le Sud au peigne fin pour la bibliothèque du Congrès.

En 43, il rejoint Rochester dans l’Etat de New-York mais son style rural ne fait guère recette. Nous sommes en 1948 et Son a abandonné la musique pour vivre de petits boulots. Sans qu’il le sache, ses disques son house pochettesont adulés par les jeunes Yankees du folk boom. Il est redécouvert en 64 par Bob Hite et Alan Wilson alors qu’il vit semi reclus, alcoolique et n’a plus de guitare. Il va faire un triomphe au festival de Newport et, comme le dit Gérard Herzhaft: «ceux qui ont eu la chance d’assister au concert parisien de l’Américan Folk Blues Festival 1967 se souviennent de sa formidable performance…» En 71, ses capacités physiques déclinant, Son décide de se retirer, non sans avoir enregistré plusieurs albums dont le mémorable Father of the Delta blues. Sources:La grande encyclopédie du blues aux éditions Fayard.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Amilcare Cipriani…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la libre pensée et du pili-pili réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 18 octobre 2015, 27è jour de Vendémiaire dédié au piment. Vous êtes encore devant votre ordinateur, Hollande et Valls gouvernent toujours la France et leur petite entreprise ne connait pas la crise… Les syndicats réformistes, une fois de plus, se sont couché devant le patronat et les salariés vont devoir bosser un peu plus longtemps. Une pensée pour nos joyeux anciens qui doivent se retourner sous les pissenlits.

Le 18 octobre 1844, naissance d’Amilcare CIPRIANI à Rimini, Italie. Comme l’écrit Guido Nozzoli dans une biographie (1954), Cipriani est baptisé par son père « avec de la poudre à canon ». Révolutionnaire Garibaldien, internationaliste, communard, puis anarchiste et socialiste. A 15 ans il s’engage dans l’armée, puis déserte pour rejoindre les troupes de Garibaldi. Fait prisonnier, il s’évade et rejoint la Grèce où il prend part aux insurrections contre la monarchie. Expulsé, il part en Egypte puis à Londres où il participe à la fondation de « l’Internationale ».
En 1865, il va défendre l’Italie en guerre contre l’Autriche, puis il combat en Crête où il devient l’ami de Gustave Flourens. De retour à cipriani_aAlexandrie, il est blessé dans un attentat. il rejoint alors Londres. En 1870, il est à Paris et il participe à la guerre contre les allemands. Apprenant que Flourens est à la prison de Mazas, il prend la tête d’un commando et le fait libérer. Le 18 mars 1871, aux premiers rangs parmi les communards, on le nomme chef d’État major. Le 3 avril, effectuant une marche sur Versailles, il est blessé et arrêté. Condamné à mort, il sera finalement déporté en Nouvelle Calédonie et ne rentrera en France qu’à l’amnistie de 1880.

Expulsé, il passe en Suisse, puis en Italie, où il est arrêté le 31 janvier Amilcare_Cipriani1881 pour « conspirations », et condamné à 20 ans de bagne. Une campagne pour le faire libérer (en l’élisant député) n’aboutira qu’en 1888. Retour en France où il collabore à la presse anarchiste : Le plébéien, etc. En 1897, il part en Grèce se battre contre les Turcs (il y sera blessé). Le 30 juillet 1898, en Italie, on le condamnera à nouveau, avec cinq anarchistes, à 3 ans de prison. En France, il militera ensuite au sein du mouvement socialiste révolutionnaire. Il meurt à Paris le 2 mai 1918. sources et Sources

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Y’en a Pa Kin sur cent…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’universalisme et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 17 octobre 2015, 26è jour de Vendémiaire dédié à l’aubergine. L’aubergine cela me fait toujours penser aux uniformes et les uniformes aux flics et les flics à Papon et Papon aux pires saloperies qu’un individu puisse commettre. Triste anniversaire en effet que celui de ce 17 octobre 1961 qui vit la seine charrier de plus en plus de cadavres, noyés par balle…

Il y a dix ans disparaissait Pa Kin.

Il est assez rare que l’on parle des anarchistes chinois, pourtant, il en est qui ont marqué l’histoire de leur empreinte. Après plusieurs années d’une interminable agonie – l’euthanasie lui fut toujours refusée – l’écrivain chinois Pa Kin est mort le 17 octobre 2005, à l’âge de cent ans. Depuis 1949, il était une des figures littéraires officielles du régime de Pékin. Ce qu’on sait moins, c’est que Pa Kin fut un des principaux introducteurs de l’anarchisme en Chine, notamment en traduisant les œuvres complètes de Kropotkine. Le « Kin » de son pseudo était d’ailleurs un hommage à Kropotkine.

Né en 1904 à Chengdu, la capitale du Sichuan, dans une grande famille bourgeoise, la jeunesse de celui qui s’appelle encore Li Feigan est marquée par les convulsions révolutionnaires qui agitent l’empire du Milieu. En 1912, l’empereur est déchu et la république proclamée. En 1919, en pleine vague de grèves et d’agitation sociale, l’adolescentbajin1-5fd4c s’engage au sein du groupe anarchiste de Chengdu. Il est alors ébloui par la pensée de Pierre Kropotkine et les articles de l’Américaine Emma Goldmann, avec qui il entretiendra une correspondance. Il part étudier à Nankin puis à Shanghai, et apprend le français, le russe, l’anglais et l’esperanto. Shanghai est alors l’épicentre des luttes révolutionnaires en Chine, qui vont culminer avec la tentative ratée d’insurrection communiste en 1927. Le mouvement anarchiste chinois, pris en étau entre les nationalistes et les communistes, décline.

Li Feigan part en 1927 faire des études à Paris « pour aller vers l’Occident à la recherche de la vérité », comme de nombreux jeunes Chinois progressistes. En France, il milite au sein du mouvement anarchiste et s’engage dans la campagne internationale pour la libération de Sacco et Vanzetti. Ce séjour à Paris est également Famillel’occasion de publier son premier roman : Destruction, pour la première fois sous le nom de Pa Kin. Revenu en Chine en 1929, il devient un des intellectuels en vue du mouvement anarchiste, en publiant divers romans où s’affrontent la Chine féodale et révolutionnaire, dont son chef-d’œuvre quasi autobiographique, Famille (1931), portrait au vitriol du système familial, féodal et patriarcal. La guerre terminée, en 1945, il s’attaque à la traduction des œuvres complètes de Kropotkine, et publie l’un de ses derniers romans, très pessimiste, Nuit glacée (1946). Le mouvement anarchiste est alors disloqué dans son pays, mais Pa Kin reste le principal correspondant en Chine de la Commission des relations internationales anarchistes (CRIA), bureau de liaison du mouvement anarchiste.

Les communistes s’emparent définitivement du pouvoir en octobre 1949 et il va devenir impossible, pour un écrivain de la stature de Pa Kin, de ne pas adhérer à une des organisations satellites du Parti. Il rejoint donc l’Association des écrivains chinois, et devient député à l’Assemblée nationale populaire. Glorifiés, ses romans sont portés à la scène et à l’écran. Sa vie sera désormais ballotée au gré des fluctuations et retournements brutaux propres aux organisations Pa Kin obsèquesléninistes et staliniennes. Il sera du côté des bourreaux en 1957, à l’époque du « tournant anti-droitier », et s’associera à la dénonciation des écrivains accusés de déviance. Ses romans sont censurés puis réédités, tronqués de tout élément pro-anarchiste. Il n’entreprendra désormais que des traductions, des essais et ses mémoires. En 1966, à l’occasion de la Révolution culturelle, c’est à son tour de faire partie des victimes. Publiquement humilié, dénoncé comme « traître à la nation », placé sous surveillance, il passe dix ans à faire et refaire son autocritique. Il ne sera réhabilité qu’en 1977, après la mort de Mao et l’éviction de la « Bande des quatre ». Ici à droite, à Shangaï, lors de ses obsèques.
Sources: Alternative Libertaire-Novembre 2005. Archives: Dans son édition, Hors série N°29 du 22 décembre 2005 au 12 janvier 2006, le Monde libertaire a publié un article d’Angel Pino sur Pa Kin -  Article plus complet sur le site: Divergences

Allez, encore merci à vous de prendre un moment pour visiter les cénobites, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

A lire et à relire…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

, , , , , ,

Amis du dandysme et de la crevette rose réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 16 octobre 2015, 25è jour de vendémiaire, aimablement dédié au bœuf. C’est aussi l’anniversaire de la naissance de Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde, plus connu sous le nom de Oscar WILDE.

Mais, à vrai dire, aujourd’hui je voulais évoquer un écrivain qui a eu la bonne idée de naître un 16 octobre en 1906 en Italie, à San Pellegrino (ça ne s’invente pas) et, ipso facto, de se retrouver dans les colonnes des « cénobites tranquilles » – j’ai nommé Dino BUZZATI. Que vous lisiez le désert des Tartares ou une nouvelle fantastique comme le K ou les sept messagers, vous êtes frappés par l’influence de Kafka mais aussi celle des surréalistes et des existentialistes comme Sartre ou Camus. Par ailleurs, le désert des tartares, œuvre majeure de Buzzati n’est pas sans rapport avec Les choses de Georges Perec. Buzzati y traite de la fuite du temps, de l’attente et de l’échec, dans le cadre d’un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire. Et les jours buzzati dessin s’écoulent au rythme lent de la routine. Lorsque l’ennemi est enfin là, il est trop tard, le lieutenant ne peut participer au combat et se trouve rendu, au seuil de sa mort, à la vacuité pathétique de sa vie. Buzzati entre en 1928 à Il Corriere della sera, il a 22 ans. Pendant plus de dix ans, il s’y ennuie à mourir, d’abord à collecter de maigres faits divers, puis à classer le courrier des lecteurs en fonction de leur intérêt, supposé proportionnel à leur éloge du fascisme. De cet ennui mortel il tirera son chef-d’œuvre, Le désert des tartares, qui paraît le 9 juin 1940, roman de la lenteur du temps, de l’apathie de la routine, de l’entêtement à espérer, à espérer la guerre, et de la faillite de cette espérance. Trois jours avant la parution du roman, l’Italie est entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne. Et l’immense Jacques Brel en a fait cette merveilleuse chanson, ici dans une version surréaliste de Dick Annegarn.

Sommes nous tous des lieutenants Drogo dans cette vie qui ressemble de plus en plus au désert des Tartares ? En attendant de devenir héros, continuez de fréquenter ce blogue, portez vous bien et à demain peut-être

Mujeres libres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , , ,

Amis de la prétérition et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 15 Octobre 2015, 24è jour de vendémiaire dédié à 220px-Hippeastrum.overallview.arp_-207x300l’amaryllis, magnifique fleur qui a donné son nom à un bistro rennais des plus sympas. Enfin, je vous parle de cela il y a très, très longtemps. C’était dans le bas de la place des Lices, pour ceux qui connaissent Rennes, et j’y ai passé quelques soirées mémorables. Pour les initiés de la pataphysique, Le 15 Octobre 2015 est en réalité le Mardi 10 Haha 143 St Panmuphle, huissier. Et en Bretagne on célèbre les Konogan; un saint homme qui vivait à l’époque ou régnait Childebert et à qui est dédiée une très jolie petite chapelle au lieu dit Lescogan sur la commune de Beuzec-Cap-Sizun (29). Derrière la chapelle se trouve la fontaine de Saint Konogan. La légende raconte que Saint Konogan soignait la fièvre, et pour obtenir guérison il fallait vider la fontaine; avec ce qu’il tombe par ici, c’était pas le tonneau des Danaïdes mais…

Le 15 octobre 1902, naissance d’Amparo POCH Y GASCON, à Saragosse (Aragon, Espagne). Militante anarchiste féminine espagnole et propagandiste de la liberté sexuelle. Après des études de médecine et de sociologie, elle met son savoir de doctoresse au service des femmes. Spécialisée en puériculture, elle donne également des cours d’éducation poch_amparosexuelle et se fait la propagandiste de la maternité consciente. Idées totalement révolutionnaires dans l’Espagne des années 30, elle incite les femmes à s’épanouir par l’amour libre et la pratique de la bisexualité : « La Vie sexuelle de la femme » (1932). Outre ses cours dans les athénées ou les universités, elle donne de nombreux articles à la presse libertaire : »Revista Blanca », « Tiempos Nuevos », »Tierra y Libertad », « Géneracion Consciente », « Estudios », et bien sûr « Mujeres Libres » revue et groupement de femmes dont elle est, avec Mercedes Comaposada et Lucia Sanchez Saornil une des trois fondatrices (en avril 1936).

Durant la révolution, elle est nommée directrice de l’Assistance Sociale à Valence, s’occupe des enfants réfugiés de Madrid, accueillis dans des fermes-écoles. En décembre 1937, à Barcelone, elle devient la vida_sexual_pochresponsable du « Casal de la Dona Treballadora » lieu d’échange et d’éducation ouvert aux femmes. En 1939, pendant son exil en France, elle tente de secourir les milliers de réfugiés parqués dans des camps de concentration. Elle dirigera ensuite l’hôpital de Varsovie, à Toulouse (où de nombreux combattants espagnols séjourneront). Toujours prête à secourir et à pratiquer l’entraide, elle meurt à Toulouse, le 15 avril 1968.
A noter qu’un Centre de Santé à Saragosse, portant son nom, à été inauguré par le président de l’Aragon, le 14 février 2008. Sources.
Allez, merci mille fois pour vos visites fréquentes, portez vous bien et à demain peut-être.

Le grand Moghol…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

, , , ,

Amis de la mécanique des fluides et de la soupe à l’oignon réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 14 octobre 2015, 23è jour de vendémiaire dédié au navet. Aléa jacta est ! Comme disait mon aïeule qui lisait Epicure dans le texte et Ouest-Eclair dans les cabinets.

C’est un14 octobre en 1542 qu’à Oumarkot (Sind, Inde du Nord) est né Jalâluddin Muhammad Akbar. Akbar est né au sein d’une dynastie cultivée, bien que quatre tuteurs aient tenté, sans succès, de lui apprendre à lire. Une raison possible est qu’il ait été dyslexique, ce qui pourrait expliquer en revanche sa capacité mémorielle très élevée. Akbar hérite à 13 ans d’un petit royaume musulman fondé au Pendjab Akbarpar son grand-père, Babour, lointain descendant de Tamerlan. Il soumet les royaumes rivaux, tant musulmans qu’hindouistes, et en un demi-siècle, bâtit autour d’Ãgra, sa capitale, l’empire le plus puissant qu’ait jamais connu la péninsule indienne. Cet empire est connu sous le nom d’empire moghol en référence à l’origine turco-mongole de la dynastie. À une époque où l’Europe se déchire dans les guerres de religion entre catholiques et protestants, Akbar instaure la tolérance dans son empire. Il supprime l’impôt qui pèse sur les non-musulmans et met sur pied avec les hindous une administration efficace. Il accorde aussi des privilèges commerciaux aux Portugais, dont les caravelles abordent les ports de la côte malabar.

C’est son petit-fils Chah Jahan qui construira en souvenir de son épouse défunte le plus beau mausolée qui soit, le Taj-Mahal. Akbar ordonna des recherches sur la population, sur les productions naturelles et industrielles de chaque province, établit un cadastre (1574), un système uniforme de poids et mesures, et fit rédiger sous ses yeux, par son grand vizir, ami Aboû’l Fazl (Aboul-Fazel), un ouvrage qui renferme la description de l’Inde et l’histoire de son règne. La grande  pensée 220px-Akbar1droitepolitique de son règne fut d’opérer une fusion entre les divers éléments de l’empire : Mongols et Radjpoutes, musulmans et brahmanes. Lui-même était musulman de naissance, mais son scepticisme et l’intolérance des oulémas lui firent abandonner l’Islam. Il eut des conférences avec les missionnaires jésuites de Goa, avec les Guèbres, fit traduire en persan les livres sacrés des différents peuples et enfin fonda une religion nouvelle dont il se déclara le chef spirituel. Cette religion qu’il nomma Dîn-i-Ilâhi, « foi divine », n’était à vrai dire qu’un pur déisme, accompagné des rites du culte de Zoroastre, et constituait aussi une sorte de franc-maçonnerie politique. Il meurt à Ãgra en octobre 1605 de dysenterie. Un superbe mausolée en marbre blanc et grès rouge élevé par son fils à Sikandra  au nord-ouest de la ville, recueille sa dépouille.

Deux siècles plus tard, un breton de Quimper, René Madec, un aventurier, créa une armée privée qu’il mit au service du grand Moghol, Shah Alam II, qui le fit Nabab de première classe. Il faudra que je vous conte ses aventures un de ces jours. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Memento finis…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

, ,

Amis de la zénitude et des vins de Rioja réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 13 octobre 2015, 22è jour de vendémiaire dédié à la pêche, alors, haut les cœurs ! Par chez nous, c’est la saint Hernin ou Harn, en breton dans le texte; moine du VIè siècle qui a laissé son nom aux communes de Locarn et Saint-Hernin. Cette dernière commune est connue pour des faits liés à la révolte des bonnets rouges (l’originale hein, pas les gesticulations de Troadec et de la FDSEA). Et à propos de moines…

C’est encore un 13 octobre en 1307 que, dès l’aube, toutes les polices et les gens d’armes de France et de Navarre, ont investi près de trois mille demeures sur l’ensemble du territoire, pour en arrêter tous les occupants. En fin de journée, l’opération est terminée et il est encore impossible de connaître le nombre exact de ces arrestations. En effet, Jaloux de leur puissance et de leur richesse, inquiet de leur pouvoir Templiers1314auprès du pape, ou bien mal informé par une campagne délétère, le roi de France, Philippe IV Le Bel, fait arrêter tous les Templiers du royaume, pour apostasie et mauvaises mœurs. C’est bien ce vendredi 13 qui sera à l’origine d’une croyance populaire, de bon ou de mauvais présage, qui persiste encore aujourd’hui, 700 ans après. 

L’affaire est menée par Guillaume de Nogaret, qui fait adresser, dans le plus grand secret, dés le 14 septembre, des « lettres closes » à tous les Baillis et Sénéchaux du royaume, à n’ouvrir « qu’à jour dit ». Ce matin du vendredi 13, de Nogaret lui-même, dirige l’arrestation de près de 140 Templiers de la Maison Centrale de Paris. Sur tout le territoire, ils sont incarcérés, puis interrogés et torturés. Ceux qui réussissent à s’échapper sont repris le jour même. On leur propose le pardon ou la de molaymort. Très peu abjureront. Peu de temps après, ils sont condamnés au bûcher, et dés le 12 mai 1310, 54 Templiers sont brûlés à Paris.
Jacques de Molay, grand maître du Temple et Geoffroy de Charnay, commandeur de Normandie, condamnés par les cardinaux à la réclusion à perpétuité, reviennent sur leurs aveux. Les cardinaux se donnent la nuit pour réfléchir mais les condamnés sont brûlés vifs par les gens du roi, le soir même, dans l’Île aux Juifs à Paris, conformément au droit médiéval qui punit de mort les relaps. Avant d’expirer dans les flammes, Molay aurait maudit le roi Philippe le Bel et le pape Clément V en leur prédisant qu’ils mourraient eux-aussi avant la fin de l’année, ce qui fut le cas. La représentation, ci-contre à gauche, est due à l’imagination de l’artiste. En effet, il n’existe aucun portrait de Jacques de Molay de son vivant.

Aujourd’hui encore, dans certains rites Maçonniques on retrouve trace de Jacques de Molay et de sa malédiction. C’est le cas par kadoshexemple pour le haut degré (30ème du Rite Ecossais Ancien et Accepté dont on voit ci-contre à droite un des décors) dit « Chevalier Kadosh » censé représenter une certaine forme de vengeance et fouler au pied « la tiare et la couronne ». L‘exécution du grand maître est, pour d’autres, reliée symboliquement à la trahison et l’assassinat de Hiram, architecte du temple de Salomon. De là à construire une filiation tout à fait hypothétique entre bâtisseurs, Templiers et Francs Maçons, il n’y a qu’un pas que certains ont franchis allègrement, faisant fi des siècles qui séparent les faits. (relisez Dan Brown, il adore ces raccourcis)

Allez, on s’arrête là pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Un p’tit pèt et au lit…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

, ,

Amis de la démondialisation et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 12 octobre 2015, 21è jour de chanvrevendémiaire dédié au chanvre, Cannabis Sativa, comme disait mon aïeule qui connaissait toutes les plantes par leur nom savant. Tiens, à propos de mot, saviez vous que le mot Canebière, cher aux marseillais, vient du mot chenevière qui désignait un champ de chanvre. Faut pas s’étonner que l’O.M. ait un peu de mal ces temps ci. Étonnant, non !

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un saint ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre 300px-Fontaine-saint-ke-clederd’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux hagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les nom de paroisses médiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à  gauche la fontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles. Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) A cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens…. Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessous), du côté de kertugal

St-Quay-Portrieux (22) et fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son vœu, lui apparut et fit jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. Elle le guida ensuite jusqu’à un buisson afin qu’il reprenne des forces. Le lendemain, les femmes, regrettant leur méprise, implorèrent son pardon. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quai-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune…

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à demain peut-être.