Le grand Moghol…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la mécanique des fluides et de la soupe à l’oignon réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 14 octobre 2015, 23è jour de vendémiaire dédié au navet. Aléa jacta est ! Comme disait mon aïeule qui lisait Epicure dans le texte et Ouest-Eclair dans les cabinets.

C’est un14 octobre en 1542 qu’à Oumarkot (Sind, Inde du Nord) est né Jalâluddin Muhammad Akbar. Akbar est né au sein d’une dynastie cultivée, bien que quatre tuteurs aient tenté, sans succès, de lui apprendre à lire. Une raison possible est qu’il ait été dyslexique, ce qui pourrait expliquer en revanche sa capacité mémorielle très élevée. Akbar hérite à 13 ans d’un petit royaume musulman fondé au Pendjab Akbarpar son grand-père, Babour, lointain descendant de Tamerlan. Il soumet les royaumes rivaux, tant musulmans qu’hindouistes, et en un demi-siècle, bâtit autour d’Ãgra, sa capitale, l’empire le plus puissant qu’ait jamais connu la péninsule indienne. Cet empire est connu sous le nom d’empire moghol en référence à l’origine turco-mongole de la dynastie. À une époque où l’Europe se déchire dans les guerres de religion entre catholiques et protestants, Akbar instaure la tolérance dans son empire. Il supprime l’impôt qui pèse sur les non-musulmans et met sur pied avec les hindous une administration efficace. Il accorde aussi des privilèges commerciaux aux Portugais, dont les caravelles abordent les ports de la côte malabar.

C’est son petit-fils Chah Jahan qui construira en souvenir de son épouse défunte le plus beau mausolée qui soit, le Taj-Mahal. Akbar ordonna des recherches sur la population, sur les productions naturelles et industrielles de chaque province, établit un cadastre (1574), un système uniforme de poids et mesures, et fit rédiger sous ses yeux, par son grand vizir, ami Aboû’l Fazl (Aboul-Fazel), un ouvrage qui renferme la description de l’Inde et l’histoire de son règne. La grande  pensée 220px-Akbar1droitepolitique de son règne fut d’opérer une fusion entre les divers éléments de l’empire : Mongols et Radjpoutes, musulmans et brahmanes. Lui-même était musulman de naissance, mais son scepticisme et l’intolérance des oulémas lui firent abandonner l’Islam. Il eut des conférences avec les missionnaires jésuites de Goa, avec les Guèbres, fit traduire en persan les livres sacrés des différents peuples et enfin fonda une religion nouvelle dont il se déclara le chef spirituel. Cette religion qu’il nomma Dîn-i-Ilâhi, « foi divine », n’était à vrai dire qu’un pur déisme, accompagné des rites du culte de Zoroastre, et constituait aussi une sorte de franc-maçonnerie politique. Il meurt à Ãgra en octobre 1605 de dysenterie. Un superbe mausolée en marbre blanc et grès rouge élevé par son fils à Sikandra  au nord-ouest de la ville, recueille sa dépouille.

Deux siècles plus tard, un breton de Quimper, René Madec, un aventurier, créa une armée privée qu’il mit au service du grand Moghol, Shah Alam II, qui le fit Nabab de première classe. Il faudra que je vous conte ses aventures un de ces jours. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

2 commentaires

  1. Sceptique

    Quelle belle histoire! Merci!

  2. babelouest

    Ah les belles histoires d’Onc’Erwann…..

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