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Germain et la vache enragée…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la tautologie et du bœuf miro(n)ton réunis, bonjour  Nous sommes le Samedi 31 octobre 2015, 10è jour de brumaire dédié à la charrue… C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un artiste, peintre et graveur sur bois, qui a toute sa place dans notre galerie de portraits.

Fils d’un jardinier, Germain Delatousche avait commencé à dessiner vers sept ou huit ans, reproduisant des dessins d’illustrés, alors qu’un accident à la jambe l’avait immobilisé au lit pendant trois ans et lui fera delatousche_ggarder toute sa vie une jambe raide. Il désirait devenir peintre, et il insista tellement qu’il fut mis en apprentissage à Chartres, où il s’initia au métier de peintre verrier. En 1915 suite à la guerre, l’atelier ayant fermé ses portes, Delatousche dut, pour vivre, s’astreindre aux tâches les plus diverses. Membre des Jeunesses syndicalistes du 15ème arrondissement, il était allé, pendant la guerre, avec quelques compagnons, au café concert Excelsior, près de la place d’Italie, pour assister à un concert de Montéhus et lui réclamer vainement et bruyamment les chansons antimilitaristes Les soldats du 17ème et La Grève des mères

En mai 1921, il entrait au cabaret montmartrois La Vache Enragée de Jules Depaquit, Roger Toziny et Maurice Hallé. « Germain Delatousche, jeune pâtre de La Vache », écrit J.-D. Maublanc, « remplissait lescavalcade Montmartre verres, soutenait les chœurs, ordonnait les cimaises. Il cumulait avec ses fonctions de bistrot, celles de metteur en page, de collaborateur et d’accrocheur de toiles d’amis. C’est dans ce cabaret, qui devint aussitôt le siège de la « Commune libre de Montmartre », qu’il fit montre de ses aptitudes à l’organisation d’expositions, qu’il groupa ses premiers fidèles et qu’il fonda son premier groupe, « Les Compagnons… » dont l’un des principaux soutiens était le journal La Vache enragée (Paris, 1917-1933).

«J’les avins vu sur le grand’route,
Passer en huit ou dix p’lotons,
Même qu’ien a qu’avaient d’la goutte
Su leux guidons, dans des poch’tons.
D’leus sacs, i’s tiraint des p’tit’s fioles,
I’s mettaint ça au bord… du creux.
Pis i’s s’enfilaint la bricole.
Ah ! que l’diabl’ brul’ ben les coureux!»

(recueil de Maurice Hallé, poète-chansonnier d’Oucques dans le Loir-et-Cher. Pote au fameux Gaston Couté, il sévissait comme lui dans le Montmartre de la grande époque, publiant à La Vache enragée, éditeur et cabaret. publié en 1921 et illustré par Germain Delatousche)

L’œuvre de Germain Delatousche est le reflet de la misère qu’il a subie. Il a su y transposer sa vision accablante des vieilles rues désertes — il les montrait toujours ainsi, et volontairement — des quartiers populaires de Paris (le XIIIe était son quartier de prédilection), des maisons délabrées, des mornes coins de zones (ici à gauche: La rue des reculettes). Et cependant, s’il était un révolté, il n’était nullement un être triste ou morose. Dans ses rue des reculettesmoments les plus noirs, il demeurait un homme gai, entier, un compagnon accueillant. Il soutenait les publications libertaires, et Henri Bourrillon, qui fut un de ses intimes, rapporte qu’il était abonné à nombre de revues anarchistes ou anarchisantes « alors que souvent il ne savait pas s’il pourrait manger le lendemain… ». Son atelier de la rue Croulebarbe situé dans une maison, déjà ancienne, appelée à être démolie et objet des spéculateurs qui y élevèrent un gratte ciel, Delatousche dut, bien à contre-cœur, la quitter et alla s’installer au 36, boulevard de Clichy (XVIIIe). Il se maria alors, peu avant son départ en Loire-Atlantique, à Bouguenais, dans une grande maison qu’il allait retaper, étant tour à tour maçon, plombier, menuisier etc.. tandis que sa compagne Camille continuait de travailler comme assistante sociale. Atteint d’une grave maladie, il devait y décéder quelques années après, le 31 octobre 1966. Sources: Dictionnaire des militants anarchistes.Mais aussi, le site Animula vagula

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Ma santé, mon santo…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la nature naturante et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 30 octobre 2015, 9è jour de Brumaire dédié à l’Alisier. Pas une raison pour en faire des tonnes (tonnes à lisier) dirait mon aïeule dont l’humour n’avait d’égal que son intérêt pour les l'abeillelichouseries comme on dit à Douarnenez… A propos de gourmandise, je suis je l’avoue, un gros consommateur de miel et je serai très marri si nos butineuses cessaient de produire ce délicieux nectar qui explique à lui tout seul mon teint de rose et ma santé de fer…  L’abeille étant le premier et plus important pollinisateur dont la nature nous ait doté, l’humanité commettrai une folie en ne s’inquiétant pas de sa disparition.

Or voici plusieurs boutiques par moi visitées et dont les rayons (amusant) sont désespérément vides si ce n’est quelques ersatz à la provenance douteuse. Pourtant, il est hors de question que les crêpes qui constituent l’essentiel de mes petits déjeuners soient enduites massacred’autre chose que de ce miracle de la nature. Je lance donc un appel aux lecteurs, aux twittos, à l’ONU, au SAMU, à Dédé l’Abeillaud, aux Pages Jaunes, à madame Irma, pour me signaler une adresse où je puisse me ravitailler avant l’hiver en miel breton garanti grand teint. Notre petite bébête est victime du méchant frelon asiatique mais, bien davantage encore, des tonnes de pesticides et autres cochonneries déversées dans les champs et que l’on retrouve des années plus tard là où on ne les attendait pas.

C’est ainsi que des chercheurs de l’université de Plata, en Argentine, se sont récemment penchés sur la composition du coton utilisé dans les produits d’hygiène féminine. Dans 85% d’entre eux, les chercheurs ont retrouvé des traces importantes de glyphosate, une molécule qu’on retrouve notamment dans de l’herbicide plus connu sous le nom de Herbicide-Tampon-Pad-485x273Roundup. Ce désherbant est commercialisé par la compagnie Monsanto. Et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé le glyphosate comme « cancérogène probable ». Comme si cela ne suffisait pas, l’Assemblée nationale a rejeté dans la nuit de mercredi à jeudi dernier la demande d’appliquer un taux de TVA à 5,5% aux produits de protection hygiénique féminine. Ceux-ci n’ont pas été jugés par l’Assemblée Nationale comme des produits de « première nécessité » et continueront donc à être taxés à 20%.

Ah, on vit une drôle d’époque, madame Michu ! Même la viande rouge vient d’être classée par l’OMS comme probablement cancérogène (à ce propos, je suis passablement agacé de ne pas comprendre pourquoi, cancérIgène est devenu cancérOgène.) Consultons l’Académie: a-VIANDE-ROUGE-CANCER-640x468Cancérigène : capable de provoquer une tumeur maligne, un néoplasme (à ne pas confondre avec le pléonasme). Synonyme : cancérogène, carcérigène, oncogène. Voilà pour la définition du Petit Robert. Pour l’Académie française donc, pas de différence entre les deux termes… Vive la langue française pour sa simplicité. Je comprends pourquoi le Sénat vient d’enterrer le projet de ratification de la charte des langues régionales. Mais, nom d’un petit bonhomme, pourquoi à chaque fois que l’on découvre qu’un truc donne le cancer, c’est jamais le boulot, les évangiles ou Nadine Morano ?

Allez, oui, je le reconnais, c’est un peu tout et n’importe quoi mais bon, il y a des jours comme ça. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A la sainte Lanwenn, on sort sa p’tite laine…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 29 octobre 2015, 8è de brumaire, dédié à la scorsonère. Pour les pataphysiciens, Le 29 Octobre 2015 est en réalité le Mardi 24 Haha 143 St Cl. Terrasse, musicien des Phynances. Alors que dans le calendrier des PTT (aujourd’hui on dit l’almanach du facteur) c’est la St Narcisse… Rien à voir avec le beau jeune homme de la mythologie. Non, celui-ci vint au monde vers la fin du premier siècle et il était presque centenaire quand il devint évêque de Jérusalem. En 195, il présida un concile qui décida que la Pâque serait désormais célébrée obligatoirement un dimanche et non le jour où il était d’usage de la célébrer chez les Juifs (soit le 14 nisan du calendrier juif). Et pour en finir avec mes élucubrations calendaires, sachez qu’en Bretagne on fête les Lanwenn qui n’était autre que l’épouse d’Eusèbe, Roi-gouverneur de Vannes au Vè siècle. En effet, A la chute de l’empire vers 400, Vannes fit partie de la Confédération Armoricaine, et son gouverneur Eusèbe portait en 500 le titre de roi. Vers le même temps elle accepta l’alliance ou plutôt la suprématie des Francs. Le comte breton Waroch II s’en empara en 577, et la transmit à ses successeurs. Malgré le statu quo qui s’ensuit, il en carte-de-bretagne-au-6eme-siecle-lprofite les années suivantes pour mener de nombreuses incursions dans le Rennais et le Nantais francs, notamment à la saison des vendanges; ainsi que le rapporte Grégoire de Tours: « Aussitôt que revenait l’automne, ils (les Bretons) partaient, suivis de chariots et munis d’instruments de guerre et d’agriculture, pour la vendange armée. Les raisins étaient encore sur pied, ils les cueillaient eux-mêmes. Le vin était-il fait, ils l’emportaient. S’ils étaient trop pressés ou surpris par les Francs, ils le buvaient sur place, puis emmenant captifs les vendangeurs, ils regagnaient joyeusement leurs bois et leurs marais« … De là date la fameuse chanson: Gwin ar c’hallaoued zo mad… Quand à Venetis (Vannes), Pépin la reprit en 753, et y mit des comtes francs. Nominoé, en 826, y rétablit l’influence bretonne jusqu’à l’incendie de la ville par les Normands en 919.

Alors, les identitaires, qui peut m’expliquer comment ce vieux chant breton s’est retrouvé dans un pub de Sarrebruck entonné par des italiens de Friburg qui jouent du punk irlandais !!!

Mais, revenons à notre plante du jour:la scorsonère. Je vois à votre air ébahi que vous n’avez pas reconnu ce que nous, petites gens, appelons (à tort) le salsifis noir. Elle est connue depuis fort longtemps : La Quintinie (jardinier du Roi Soleil) disait d’elle «  [...] c’est une de nos principales racines, admirable cuite, soit pour le plaisir du goût, soit scorsonèrespour la santé du corps ». « Scorsonère » est apparu sous cette forme en 1671. Auparavant, il s’écrivait scorzonera, emprunté à l’italien scorzonera, de scorzone, serpent venimeux, dont la scorsonère était censée être l’antidote. Une autre explication voudrait que le mot signifie « écorce noire » à cause de la couleur de la pelure, mais elle semble de moins en moins acceptée. Et maintenant vous pouvez rejoindre la cuisine, cela se prépare comme le panais. Ils se cuisent aisément à la vapeur ou bien dans une grande casserole d’eau frémissante et salée. La cuisson ne doit pas excéder 15 à 20 mn au risque de les rendre mous et sans aucun intérêt gustatif. La chair doit être tendre une fois cuite, sans plus. Passé à la poêle avec un peu d’huile d’olive et quelques gousses d’ail pilé, vous ne pourrez plus dire que vous n’aimez pas les scorsonères.

Bon appétit, portez vous bien et à demain peut-être.

Mi figue, mi raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la Zététique et du mignon de porc réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 28 octobre 2015, 7è jour de brumaire dédié à la figue… Savez vous que Platon était un grand amateur de figue à tel figuepoint qu’il fut surnommé philosicos, celui qui aime les figues. On dit que la figue est sans doute le plus vieux fruit cultivé par l’homme, après la découverte en 2006, dans la vallée du Jourdain de neuf figues parthénocarpiques, c’est-à-dire ne produisant pas de graines et dont la culture nécessitait l’intervention de l’homme, en recourant à des boutures. Ces figues seraient vieilles de plus de 11 000 ans. Etonnant, non !

Plus près de nous dans l’histoire, Olympe de Gouges présentait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne à l’assemblée de-GougesNationale le 28 octobre 1791. Ainsi se voyait dénoncé le fait que la révolution oubliait les femmes dans son projet de liberté et d’égalité.  La phrase la plus célèbre de sa Déclaration est : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Elle ne croyait pas si bien dire et est morte guillotinée le 03 novembre 1793, ce qui justifie après coup qu’on en parle ici… Marie-Olympe de Gouges est une des très rares femmes de l’histoire ancienne a avoir été exécutée pour la publication d’écrits politiques.

Pourtant cette femme engagée, belle figure humaniste de la fin du XVIIIe siècle, n’a été redécouverte que récemment au titre de précurseur dans l’histoire des idées. Elle demeure en effet une figure d’exception, non seulement pour son engagement politique dans la durée, mais surtout pour ses positions d’avant-garde, courageusement fuck vaisselleexprimées, sur la condition des Noirs et celle des femmes. Il a fallu attendre que les grandes questions de société sur les femmes, le racisme et les minorités se posent avec une nouvelle acuité au lendemain de la seconde guerre mondiale pour mettre enfin en lumière le souvenir tragique de de Gouges. Cette déclaration est sans valeur légale car ce projet fut refusé par la Convention à laquelle elle avait été proposée et resta à l’état de projet. D’une part, elle n’a paru qu’en cinq exemplaires et a été politiquement complètement ignorée tandis que, de l’autre, il a été dit que « la Déclaration a fait sensation dans toute la France, et même à l’étranger. »

Il faut attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration soit publiée, et l’intégralité du texte ne l’a été qu’en 1986, par Benoîte Groult. On peut-être révolutionnaire et néanmoins macho… Et Olympe groultest resté sur son petit nuage en attendant que ces messieurs daignent se rendre compte que les femmes sont des hommes comme les autres. Le terme anglo-saxon de Human Right semble plus approprié en parlant de droits humains. Les hommes (et les femmes) naissent et demeurent libres et égaux en droits… Quelle belle et magnifique phrase. Je propose qu’elle soit affichée dans tous les commissariats de France et de Navarre et qu’elle soit éditée sous forme de carte postale afin que chaque migrant, chaque expulsé, chaque matraqué, puisse nous donner de ses nouvelles.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Le Milliau, le Milliau, le Milliau…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’apathéia ( C’est la tranquillité de l’âme d’après Origène) et du Origeneris de veau aux morilles réunis, bonjour ! En ce mardi 27 octobre 2015, 6è jour de brumaire, comme l’a souhaité Fabre d’Eglantine, nous célébrons l’Héliotrope. Alors que pour les pataphysiciens, ce 27 octobre est en réalité le Dimanche 22 Haha 143 RÉSURRECTION DE BOSSE-DE-NAGE. Les bretonnants eux, ont coché sur leur calendrier, Milliau: Roi ou  Comte de Bretagne, à l’époque on disait Duc, aux alentours de l’an 530.

Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor (22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les ile-MilliauCôtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte (Ici à gauche). Encore un qui ne devrait pas tarder à rejoindre la vallée des saints à Carnoët. A cette époque là, les Bretons qui débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’États: La Domnonée au Nord de l’Armorique,retable approximativement  du Léon jusqu’à Dol en passant par le Penthièvre, la Cornouaille à l’Ouest et Bro-weroc, le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ? Ici à droite, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-Guimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué… Voila pour le côté « Guide vert », quand au Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre saint pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut. Portez vous bien et à demain peut-être.

Bric à brac…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du club des poètes disparus et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 26 octobre 2015, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…

Pour agrémenter notre galerie de portraits, aujourd’hui quelques mots à propos de NORGE, décédé un 26 octobre, pseudo de Georges MOGIN, grand poète belge dont de très beaux textes furent interprétés par Jeanne MOREAU. C’est à lui que l’on doit cette merveilleuse pensée:

«Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ça ne va pas tout seul:
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre
Et qui préfèrent crever.
À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,
Et presque plus d’idées

 

En compagnie de Raymond Rouleau, il fonde, en 1925, le théâtre du Groupe libre, un groupe avant-gardiste et éphémère qui mettra en scène Cocteau, entre autres. Norge meurt à Mougins, en 1990, précédé de quelques années par sa femme. Il est enterré dans le cimetière du Grand Jas à Cannes. Écoutons ce qu’en disait Piers Tenniel: «Avec Henri Michaux, Geo Norge est le poète contemporain belge qui a le plus contribué à la Norgevitalité de la poésie francophone. Comme il ne se prenait pas beaucoup au sérieux, on a souvent tendance à ne pas le prendre au sérieux. C’est un tort : sa poésie, pour légère qu’elle puisse paraître (dans le sens où la poésie de Charles Cros, de Germain Nouveau ou de Jules Laforgue est légère) n’en rend pas moins compte d’une palette étendue de bouleversements intérieurs, où, entre autres, la foi et le désespoir ont chacun leur tour. Comme René Depestre, Max Jacob, Desnos, il ne joue pas au poète, il est « le plus naturellement du monde poète » et plutôt que d’essayer de nous impressionner par des acrobaties verbales, il voudrait bien nous parler et nous rejoindre. Sa langue colorée, charnelle, vivante, joueuse, sa « langue verte » pour emprunter le titre d’un de ses livres publiés à la NRF, y parvient le plus souvent.»

La vie et l’œuvre de Norge ont été évoquées par son ami Marc Alyn dans la collection « Poète d’Aujourd’hui » de Pierre Seghers. C’est donc une poésie très neuve qui caractérise Norge, elle a pour modèles la chanson populaire et les fables, s’attache à décrire, à force d’argot, des anecdotes de la vie des gens simples, ceux d’en-bas, et se moque continuellement de la poésie « noble », c’est-à-dire de presque toute la poésie.

Et bien voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Il est libre Max…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la tradition et de la bouillie de blé noir réunies, bonjour ! Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le dimanche 25 octobre 2015, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. Je le signale car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage.

Le 25 octobre 1806, naissance de Johann Kaspar SCHMIDT, dit Max STIRNER à Bayreuth (Bavière) théoricien de l’individualisme anarchiste. Orphelin de son père (fabriquant de flûtes) peu après sa naissance, et délaissé par sa mère qui sombrera peu à peu dans la folie, il effectuestirner_harper pourtant entre 1826-1828, des études universitaires de philologie et de théologie à l’académie de Berlin, mais renoncera à obtenir le doctorat d’Etat. Marié en 1837, il se retrouve veuf six mois plus tard. En 1839, il obtient une place de professeur dans une institution privée pour jeunes filles (ici à droite, son portrait par Clifford Harper). Le soir, il fréquente une taverne berlinoise où se réunit la « ligue des Affranchis » composée de journalistes et écrivains radicaux. Il y côtoie Engels et Marx, et y rencontre sa future épouse Maria Dänhardt. En 1842-43 il publie quelques articles de philosophie sociale sous le pseudonyme de « Stirner »(surnom dû à son large front).

En 1844, paraît son livre « L’Unique et sa propriété » Apologie du moi individuel comme valeur suprême, il pourfend tout ce qui peut aliéner sa soif de liberté et d’absolu : Etat, religion, parti et même révolution. Le livre reçoit un large écho grâce au scandale qu’il provoque dans stirner_tombe_berlinl’intelligentsia et est interdit un temps par la censure. Stirner perd alors son poste de professeur. Son éditeur, un des seuls qui lui reste fidèle, lui confie alors des traductions. Une tentative commerciale (la création d’une laiterie) tourne au fiasco et finit de le ruiner. Poursuivi par ses créanciers, il séjourne par deux fois en prison. Dans la misère et oublié de tous, il meurt à Berlin le 25 juin 1856. Cinquante ans plus tard, l’anarchiste John-Henry Mackay le tirera de l’oubli et fera redécouvrir la pensée moderne de ce « paisible ennemi de toute contrainte ». A gauche:  Tombe de Max Stirner au cimetière Sohienkirchhof de Berlin. Sources.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

On se fend la poire…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

 

Amis de la numérologie et de la crêpe dentelle réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 octobre 2015, troisième jour de brumaire dédié à la poire.

Le motif de la Poire est célèbre et, dans la mémoire collective, il symbolise la monarchie de Juillet et le règne de Louis-Philippe. Célèbre, certes, mais aussi mal connu, car le dessin original, le plus souvent associé à Daumier, est en fait de la main de Charles Philipon qui souhaitait ainsi défendre la liberté d’expression, en dissociant visuellement la personne du roi de sa ressemblance (avec une poire !), à une époque où le fruit n’est pas encore synonyme « d’imbécile ». En effet, c’est à l’éditeur et journaliste Charles Philipon, fondateur de la maison Aubert et directeur de La Caricature puis du Charivari, que l’on philippon caricaturedoit l’invention du motif. Face à ses juges, le 14 novembre 1831, lors de son procès pour avoir publié une caricature anti-royaliste (Le Replâtrage), il se défend en alléguant que « tout peut ressembler au roi » et illustre ses propos avec ces quatre croquis réalisés sur le vif. Dans la lignée des têtes d’expression de Le Brun et des théories physiognomoniques de Lavater, le glissement progressif d’un portrait réaliste de Louis-Philippe au motif de la poire démontrait, selon lui, le caractère hasardeux et innocent des ressemblances. Ce dessin a été publié dans le numéro du 24 novembre 1831 de La Caricature, immédiatement saisi par le gouvernement, puis dans une autre variante, dans Le Charivari du 17 janvier 1834. Le motif de la poire a alors été repris par les caricaturistes de l’époque, Daumier en tête.

C’est ainsi que l’histoire collera définitivement à Louis-Philippe l’image de la Poire. D’autant que le roi a le défaut supplémentaire de s’en prendre aux caricaturistes et fait interdire ou saisir les dessins qui raillent sa personne. En 1831, le journal de Philipon, La Caricature, est poursuivi douze fois pour atteinte à la personne du monarque. Lors d’un procès contre le journal satirique, qui s’ouvre le 14 novembre de cette même année, l’avocat de Philipon invoque la Charte et la liberté gargantua-by-honorc3a9-daumier-1831de la presse que celle-ci a proclamée. Il ajoute que le pouvoir se doit d’être figuré sous la forme de son plus haut représentant et qu’utiliser la ressemblance du roi est donc une nécessité du dessin politique et satirique. Pour lui, sans le formuler ainsi, c’est le corps symbolique et non pas le corps privé du roi qui est croqué dans ces images. Philipon choisit d’illustrer ces propos avec quatre dessins dans lesquels, progressivement, le visage de Louis-Philippe se transforme, par effet de schématisation successive, en une poire. Les dessins sont présentés au tribunal, puis publiés par La Caricature accompagnés d’un commentaire qui en accentue la satire : « ainsi pour une poire, pour une brioche et pour toutes les têtes grotesques dans lesquelles le hasard ou la malice aura placé cette triste ressemblance, vous pourrez infliger à l’auteur cinq ans de prison et cinq mille francs d’amende. Avouez, Messieurs, que c’est là une singulière liberté de la presse !». (Fabrice Erre, Le règne de la Poire. Caricatures de l’esprit bourgeois de Louis-Philippe à nos jours – Paris, Champ Vallon, 2011)

Républicain fervent, le célèbre caricaturiste Honoré Daumier (1808-1879) ne manquera jamais une bonne occasion de croquer les vices et les travers du gouvernement de Louis-Philippe, sur le trône depuis moins de deux ans quand paraît chez Aubert, en décembre 1831, le « Gargantua » en noir et blanc du maître, librement inspiré de l’œuvre de Rabelais. Vissé sur une chaise d’aisance, ventripotent, la poire Hollandegueule grande ouverte, le roi-ogre avale goulûment la fortune des pauvres français, qu’il défèque ensuite, pour le plus grand bonheur des profiteurs du régime, sous forme de brevets ou de nominations de pairs. Pour son impertinence, Daumier passe près de six mois à la prison de Sainte-Pélagie, sans pour autant abandonner la caricature politique à sa libération, bien au contraire. Quelques vers au vitriol d’une chanson à la mode d’Altaroche (cités par Pierre Brochon, La Chanson française. Béranger et son temps, Paris, Éditions sociales, 1956, p. 155) donnent le ton précisément des planches concoctées par l’artiste à partir de 1832, et bien souvent sans pitié pour le roi Louis-Philippe :

« Gros, gras et bête,
En quatre mots, c’est son portrait :
Toisez-le des pieds à la tête, Aux yeux de tous, il apparaît
Gros, gras et bête !
Gros, gras et bête
Bien qu’il ait peine à se mouvoir,
Sa main s’avance toujours prête.
Dès qu’il s’agit de recevoir…
Gros, gras et bête ! ».

La poire est toujours présente dans les caricatures, pour exemple ce dessin faisant la Une du journal Le courrier International datant du 23 aout 2012 et sur lequel nous pouvons reconnaître François Hollande représenté sous la forme d’une poire avec une petite feuille aux couleurs de la France. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La belle et l’abbaye…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la relativité et de l’omelette aux cèpes réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 23 octobre 2015, deuxième jour de Brumaire, d247f641f9_Arbre-feuille-caduque_Haute-Bretagne-CC-by-nc-2dédié, qui l’eut cru, au céleri. C’est rien de le dire, encore moins de l’écrire mais, il pleut sur Brest et, il vente aussi mais, madame Michu, le fond de l’air n’est pas frais pour la saison. Non, à la vérité, à l’heure où j’écris ces lignes, il fait très beau. Mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud et qui avait un proverbe pour chaque jour, me l’a dit maintes fois: Octobre ensoleillé, décembre emmitouflé. Ce 23 Octobre 2015 est en réalité le Mercredi 18 Haha 143 Nativité de Sa Magnificence le baron Mollet (*St Pipe) chez les pataphysiciens, alors que par ici, on célèbre les Constanz, fondatrice de l’abbaye de Bon-Repos au 12e siècle, épouse d’Alain III, petite-fille d’Ermengarde d’Anjou que j’ai évoqué ici récemment.

L‘abbaye Notre-Dame-de-Bon-Repos (en breton abati an Diskuizh Mat) est situé sur la commune de Saint-Gelven dans le département des Côtes-d’Armor, en région Bretagne. C’est une abbaye cistercienne fondée en 1184 par le vicomte Alain III de Rohan et son épouse Constance de Penthièvre de Bretagne, en forêt de Quénécan. La 300px-NDduBonRepospremière communauté l’occupant venait de Savigny. Elle se trouve le long du Blavet, également canal de Nantes à Brest à cet endroit. La fondatrice de l’abbaye de Bon Repos, Constance de Bretagne-Penthièvre, était la marraine de Constance, duchesse de Bretagne, épouse du jeune Geoffroi II. Elle était d’autre part la petite-fille d’Ermengarde d’Anjou, fondatrice des abbayes de Fontevrault en Anjou, et de Langonnet en Morbihan. Sœur d’un roi de Jérusalem qui fit beaucoup pour les Templiers, Ermengarde, elle-même duchesse de Bretagne et veuve, avait pris le voile. A près de 50 ans, elle accompagna son fils à la deuxième croisade. Elle retourna en Palestine dix ans plus tard et certains historiens pensent qu’elle a pu finir sa vie à Jérusalem comme moniale du couvent de sainte Anne.

A proximité, dans les landes de Liscuis règne encore le mystère des allées couvertes. Classées monument historique depuis 1958, elles forment un ensemble de trois allées couvertes distantes les unes des autres liscuis31d’une cinquantaine de mètres, et qualifiées par les archéologues de nécropole. Vieilles de 5000 à 7000 ans, elles sont construites autour d’une chambre sépulcrale accessible par un couloir. L’ensemble est recouvert à l’origine d’un grand amas de terre et de roches, appelé tertre, ou cairn, qui a été en grande partie emporté par l’érosion.

En plein cœur de la forêt de Quénécan, à 5km du Liscuis, se niche le site des Forges des Salles, un ancien village sidérurgique créé en 1623 1366107394-22-Perret-les-Forges-001par la célèbre famille des Rohan. Spécialisée dans la fabrication de la fonte, cette ancienne forge à bois est ouverte au public et il est possible de visiter la plupart des bâtiments dont certains sont encore habités. Les logements des forgerons, le logis du maitre des Forges, la cantine,  l’école, les jardins en terrasse, le village est resté intact depuis l’extinction de son haut fourneau en 1877.

Et voilà, je me laisse encore aller à jouer à l’office de tourisme. Mais bon, si vous êtes dans le coin, c’est le bon moment pour les champignons en forêt de Quénécan. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les amis de Georges…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, 220px-Brumairebonjour ! Nous sommes le jeudi 22 octobre 2015, 1er jour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain mais où l’on fête les Salomé. Elle se reconnaîtra ! Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance du grand, très grand Georges Brassens. Les cénobites tranquilles marque chaque année cet évènement majeur.

 

Il va mourir en octobre 1981. Il est inhumé, presque comme dans sa chanson Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, non pas au cimetière marin de Sète où est enterré Paul Valéry, mais au cimetière du Py, juste au-dessus de l’étang de Thau. Ce cimetière est aussi appelé « le ramassis » car c’est le cimetière dit « des pauvres » en opposition au cimetière marin qui domine la mer.

Allez merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.