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L’autre Duchesse de Bretagne…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis des béatitudes et du maquereau à la bretonne réunis, bonjour ! Et bien voilà, ça y est, nous sommes le vendredi 25 septembre 2015 ! Et alors ? Heu, rien. Ah si, c’est le 4è jour de vendémiaire dédié à la colchique1colchique. Jolie plante, quoique aussi toxique qu’un prêt bancaire. Elle doit son nom à Colchide où habitait la magicienne Médée. Vous vous souvenez de la fameuse chanson Colchique dans les prés… Elle a été créée par une cheftaine scoute francine Cockenpot et reprise par Francis Cabrel, étonnant non ? Par ici certains en profitent pour célébrer la Sainte Ermengarde qui fut Duchesse de Bretagne mais nettement moins médiatisée que sa descendante la Duchesse Anne.

Ermengarde d’Anjou est une princesse d’Anjou qui a été duchesse de Bretagne et la protectrice de l’abbaye de Fontevraud (Anjou, maintenant Maine-et-Loire). Elle naît à Angers en 1072 du mariage de Foulque IV le Réchin et d’Hildegarde de Beaugency. En premières noces, elle épouse en 1089 le jeune duc et poète, Guillaume IX Le Troubadour, mais celui-ci la répudie trois ans plus tard, pour épouser Philippie de Toulouse. C’est-y pas malheureux ! Ce mariage n’est SteErmengardementionné que par Guillaume de Tyr, et par aucun autre auteur contemporain, aussi est-il mis en doute. De plus ces deux prétendus époux étaient cousins germains, la mère de Guillaume IX était Hildegarde de Bourgogne, une demi-sœur utérine de Foulque IV le Réchin. Voici ce qu’en dit Albert Le Grand « L’heureuse Princesse Ermengarde, fille de Foulques, surnommé Rechim, quarante-deuxiéme Comte d’Anjou, et de sa premiere femme Hildegarde, fille de Lancelin, Seigneur de Beaugency, nâquit au Chasteau d’Angers, l’an de grace 1057, sous le Pontificat d’Estienne X dit IX & l’Empire de Henry IV dit III ; regnant en Bretagne le Duc Conan II du nom. Elle fut soigneusement élevée par ses Parens, &, estant grandelette, fut mariée à Guillaume, Comte de Poitou, lequel, aprés l’avoir repudiée, deceda, la laissant veuve.»  

Son père la marie en 1093 avec le duc de Bretagne, Alain IV Fergent, probablement pour sceller une alliance contre la Normandie, alors dirigée par le fils de Guillaume le Conquérant. En 1096, son époux étant parti en Palestine pour faire la Première Croisade, elle assume avec autorité la garde du duché jusqu’en 1101. Se plaisant peu à Rennes et dans l’Ouest du duché, elle préfère Nantes ou la région de l'autre duchesseSaumur et, séduite par le rayonnement de Robert d’Arbrissel, elle favorise l’expansion de l’abbaye de Fontevraud dans laquelle elle se retire deux fois comme simple moniale. Après la mort de son mari en 1095, elle revient en Bretagne soutenir le nouveau duc, son jeune fils Conan III. Admiratrice de Bernard de Clairvaux, elle favorise la création d’abbayes cisterciennes. En 1117, à près de 50 ans, elle accompagne son fils à la deuxième croisade. Elle retourne en Palestine dix ans plus tard et certains historiens pensent qu’elle a pu finir sa vie à Jérusalem comme moniale du couvent de sainte Anne. Les nécrologies de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon et de Saint-Maurice d’Angers mentionnent cependant un décès en 1146 à Redon, où était enterré son mari. Il existe à Rennes une Allée Ermengarde d’Anjou dans le quartier de Bourg l’Evesque. Vous pouvez lire Ermengarde d’Anjou – L’autre duchesse de Bretagne de Philippe Carrer aux éditions Coop Breiz.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.