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Venez, vous dont l’oeil étincelle…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du soleil levant et des blés couchés réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 16 septembre 2015, trentième et dernier jour de Fructidor dédié au panier. Le panier, comme son nom l’indique (du latin panarium) est, à l’origine, une corbeille destinée à recevoir du pain.

Le 16 septembre 1923 fut une date fatale pour Noe Itô, féministe et anarchiste Japonaise, puisque c’est le jour de son assassinat par un escadron de la police militaire. Le responsable militaire, un certain Amakasu, fut condamné à 10 ans de prison mais très vite remis en itonoeliberté. Noe Itô est une pionnière du mouvement féministe au Japon. A 16 ans elle est  diplômée de l’école de filles Ueno à Tokyo. Elle était née en Janvier 1895 sur l’île de Fukuoka. Très jeune elle est contrainte à un mariage forcé qu’elle finit par fuir. Elle trouve refuge chez son professeur d’anglais, le poète Dadaïste et libertaire Jun Tsuji qui fut le premier à traduire les travaux de Stirner en japonais. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (2). Elle sera la rédactrice en chef de la revue culturelle Seito-sha qui, comme chacun le sait, signifie « Le bas bleu ».

Elle devient romancière et publie des textes de critique sociale et traduira les écrits d’Emma Goldman; c’est en 1914 qu’elle va rencontrer Sakae Osugi (ici à ses côtés sur la photo). Lorsque le journal de ce dernier est interdit par la police, elle prend sa défense dans Seito-sha. Osugi-300x137Sa véritable histoire d’amour avec Osugi commence en 1916, mais celui-ci sera victime de la jalousie d’une ancienne maitresse qui le poignardera. L’épisode va provoquer un vrai scandale dans ce Japon traditionaliste qui va dénoncer leur immoralité.(respiration musicale)

Elle va vivre avec Osugi avec qui elle aura quatre filles et un fils et travaillera à développer le mouvement anarchiste tout en continuant à traduire Emma Goldman et Kropotkine. « Il y a des herbes qui se dessèchent complètement dès qu’elles ont fleuri. Mais elles doivent japonaiseriequand même fleurir pour amplifier leur vie. » Lettre envoyée par Ôsugi Sakae à Ishikawa Sanshirô, Zenshû, vol. 14.
Dans la confusion qui suivit le tremblement de terre du 1er septembre 1923, elle est arrêtée avec Osugi et un neveu âgé de six ans. Tous trois seront massacrés par la police. Noe Itô avait 28 ans. Pour en savoir plus et si joliment raconté, je vous invite à découvrir « la légende d’Ito Noé» sur le site Antiwar song’s; voir aussi le site d’Alternative Libertaire ainsi que le billet que lui avait consacré notre ami Paul sur son site: La feuille charbinoise.

Voilà pour aujourd’hui, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.