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Cette petite femme est un grand Homme…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des contrées exotiques et du lama Delon réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 08 septembre 2015, 22è jour de Fructidor dédié à la noisette. Bien évidemment, à tout seigneur tout honneur, Le 08 Septembre 2015 est en réalité le Dimanche 1er Absolu 143 NATIVITÉ d’ALFRED JARRY fête suprême première première.

Pour fêter dignement le cinquième anniversaire des « cénobites tranquilles », je vous propose d’accrocher à notre galerie de portraits une grande dame disparue un 8 septembre en 1969 à l’âge canonique de 101 ans. Louise Eugénie Alexandrine Marie David, plus connue sous son nom de plume: Alexandra David-Néel. De nationalités Française et Belge, c’est une orientaliste, tibétologue, chanteuse d’opéra, journaliste, écrivaine, exploratrice et j’en passe sûrement. Elle fut en alexandre1924, la première européenne à séjourner à Lhassa au Tibet. (Ici, à droite en 1886 lors de sa présentation au roi des Belges.) L‘orthodoxie voudrait que l’on prononçât Né-el et non Nil mais la mode anglo-saxonne à produit son effet. Son père était instituteur, militant républicain lors de la révolution de 1848 et grand ami du géographe anarchiste Elisée Reclus. C’est celui-ci qui l’amène à s’intéresser aux idées anarchistes de l’époque (Stirner, Bakounine) et aux féministes qui lui inspirèrent la publication de « Pour la vie ». Adolescente, elle s’enfuit de Ostende pour gagner l’Angleterre. Elle devint première chanteuse à l’opéra de Hanoï. Elle abandonne sa carrière de chanteuse en 1902. C’est en 1904, à Tunis, qu’elle épouse Philippe Néel. Vie de couple qui se termina définitivement en 1911 lors de son départ pour son troisième voyage en Inde. En 1914 elle rencontre Aphur Yongden, agé de 15 ans et en fera plus tard son fils adoptif. A Lachen, elle va vivre auprès d’un des plus grands Gomchens (ermite) de l’époque et recevoir son enseignement.

C‘est un long périple à travers la Corée, Pékin, le Gobi, la Mongolie qui va l’emmener elle et Aphur déguisés en mendiante et moine jusqu’à Lhassa, nous sommes en 1924.(Photo de gauche.) Puis, Alexandra va rentrer en France où elle s’installe sur les hauteurs de Toulon. Elle va y alex 2écrire plusieurs livres relatant ses voyages. En 1937, âgée de 69 ans elle décide de repartir pour la Chine avec Aphur Yongden via Bruxelles, Moscou et le transsibérien. Elle se retrouve en pleine guerre sino-japonaise et assiste aux horreurs de ce conflit. Fuyant les combats elle erre en Chine et finit par se retrouver en 1946 en Inde. Elle perdra son compagnon de voyage en 1955 et, à cent ans et demi, elle demande le renouvellement de son passeport au Préfet des Basses-Alpes. Elle s’éteindra quelques mois plus tard. Ses cendres ont été transportées à Vârânasî en 1973 pour être dispersées avec celles de son fils adoptif dans le Gange.

A lire: Pour la vie. 1898 aux éd. Les nuits rouges - Le féminisme rationnel. 1909 même éditeur - Les enseignements secrets des bouddhistes tibétains. 1951 ed. Pygmalion. Et bien d’autres choses encore. Une sacrée grande bonne femme qui méritait bien de rejoindre nos héros dans cette galerie de portraits. Voilà pour ce billet N° 2277, «on n’a pas le temps de le croire, il fait grand jour et c’est demain…» comme dit le poète. En attendant le prochain, portez vous bien et à demain peut-être.