Vous lisez actuellement les articles publié le septembre 4th, 2015

Page 1 de 1

Jason et Victorine…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des sciences naturelles et du chinchard poêlé réunis, bonjour ! Aujourd’hui c’est vendredi, 04 septembre 2015, qui correspond au 18 OLYMPUS DIGITAL CAMERAde Fructidor dans notre calendrier républicain. Ce jour était généralement dédié au Nerprun qui comme chacun le sait est un arbuste qui accueille volontiers les chenilles de papillons et notamment celle du phalène du marronnier et du Jason à deux queues. Le Nerprun est aussi nommé Bourdaine et son butinage permet la fabrication d’une lichouserie locale particulièrement appréciée des connaisseurs: le miel de Bourdaine.

Je profite de cette rentrée des classes pour esquisser le portrait d’une institutrice. En effet, je voudrais vous dire un mot de Victorine BROCHER qui vit le jour à Paris un 4 septembre de l’an 1839. Internationaliste, communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez les cénobites tranquilles. Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie brocher-rouchycoopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière.
Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans.
De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genève à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscrits de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur Gustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés. En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. Elle va mourir le 4 novembre 1921 à Lausanne où, avec Gustave, elle avait fondé une école. En 1909, elle publiera souvenirs d’une morte vivante. (ed. La Découverte.) Les Versaillais avaient fait d’elle une pétroleuse type à tel point que durant la semaine sanglante on fusilla sans vérification plusieurs « fausses » Victorine B. Elle a donc choisi ce titre pour rappeler qu’elle avait été officiellement fusillée en 1871.

C‘est à ces gens que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité des chances, bref, l’école de la République. Et aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière au motif qu’une bande de gougnafiers (certes élus !) se  sont mis en tête de laisser dépecer un à un deux siècles d’acquis sociaux: L’école, la sécu, l’âge légal de départ à la retraite, le temps de travail, le droit d’asile, etc. La prochaine fois que tu mettras un bulletin dans l’urne, réfléchis petit scarabée.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.