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J’ai mon tian qui gratine…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la contrepèterie et des bêtes à cornes réunies, bonjour ! On approche de la fin de thermidor et ce 11 août 2015 est consacré à l’Aunée, cette Inule appelée aussi herbe aux mouches. L’herbe aux mouches, qui se fait appeler aussi inule squalleuse, herbe aux punaises, œil de cheval, chasse puces… n’a rien d’extraordinaire, malgré toutes ces l'aunéeappellations peu flatteuses. Autrefois, entre autres, on lui prêtait des pouvoirs insecticides, d’où ces noms qui font référence aux insectes. Du reste, son odeur n’est pas très agréable, mais elle est  appréciée des abeilles. On peut très bien passer près d’elle sans y faire attention. Elle affectionne particulièrement les terrains secs. Le sable du platier semble lui convenir. De ce fait on en trouve fréquemment sur nos dunes. Autrefois, on lui attribuait des vertus curatives et elle a été fréquemment utilisée en décoction pour soigner les contusions, les hernies, les blessures internes, etc… Elle a aussi été appliquée en usage externe pour traiter les démangeaisons. Alors, est-ce que ça vous chatouille ou est-ce que ça vous gratouille ?

Or donc, par ici, en ce jour, il est possible de célébrer St Ergat. Vous le savez, les Vème et VIè siècles, l’Armorique vit débarquer sur ses rivages de nombreuses bandes de Bretons saint-ergat-treouergatinsulaires que les invasions saxonnes avaient chassés. Sous la conduite de leurs chefs de clans, de moines ou d’évêques, ces  émigrants arrivaient des diverses régions de l’île de Bretagne, principalement des provinces comprises dans la Cambrie et de celles qu’occupaient les Cornovii, peuple considérable qui a donné son nom à la Cornouaille(s). D’autres émigrations importantes, notamment celle des Corisopites, eurent pour point de départ la Bretagne du Nord. C’est à ce dernier Pays (d’après Mr de la Villemarqué) que devait appartenir Ergat ou Argad que la Paroisse de Pouldergat (29) honore comme fondateur. Fils du roi barde Loumarch, chef d’un petit État nommé l’Argoët, Ergat, selon la tradition aurait lui-même été barde.

La vie de saint Ergat n’a pas été connue des hagiographes et le souvenir de son apostolat serait depuis longtemps effacé, si le nom d’Ergat n’était resté incorporé dans celui d’un certain nombre d’églises et de chapelles que la vénération des fidèles avait placées sous son patronage. Dans le seul diocèse de Quimper, indépendamment de Pouldergat, on pourrait citer 300px-Pouldergatcomme ayant été vraisemblablement consacrées à ce saint, l’ancienne trêve de Tréouergat et bien qu’elles aient changé de vocable, les paroisses de Pouégat-Moysan et de Plouégat -Guerrand. C’est au sud de la baie de Douarnenez , non loin de l’endroit où l’opinion la plus accréditée place la légendaire ville d’Is, que vinrent s’établir les exilés qui avaient suivi Ergat. Le Pays, à cette époque, ne devait compter que de rares habitants et le Plou qu’y fondèrent les bretons put se développer dans la partie méridionale d’un ancien pagus qui s’étendait à l’Est jusqu’au ruisseau du Ris, au Nord et à l’Ouest jusqu’à la mer et au Midi jusqu’à la baie d’Audierne et à la rivière de Pont-Croix. Ce vaste territoire, dans les chartes du moyen-âge, est encore dénommé Pagus-cap-Sizun. Dans ses limites se constituèrent, sous l’influence de la colonisation bretonne, onze territoires dont l’un des plus importants devait être celui de PLODERGAT.

Bon, c’est pas tout, j’ai mon tian qui gratine (il n’y a pas de contrepèterie) allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Après que les poètes ont disparu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique baroque et des saucisses lentilles réunies, bonjour! Oui, c’est le jour de la lentille dans le calendrier républicain, le 23 de thermidor, et pour nous le lundi10 août 2015. En Bretagne certains vont en profiter pour célébrer la sainte Klervi. Malheureuse qui a vécu dans l’ombre de la célébrité de son frangin qui s’appelait St Gwénolé, fondateur de l’abbaye de Landévennec (29).

Il y a six ans déjà disparaissait Yan Balinec à l’âge de 81 ans. Mais, disparaître n’est pas le terme approprié. Il faisait partie de ces gens qui restent présents longtemps, longtemps après que leurs chansons aient disparues. Qui se souvient de cette silhouette traversant les rues de Douarnenez juchée sur son balinec droitevieux vélo ? L’œil clair, la tignasse ébouriffée, d’une élégance un peu vieille France, il était né dans la Sarthe et exerçait le métier de prothésiste dentaire. Sa première œuvre, le faux pli du drapeau. Journal d’un objecteur, en dit long sur le personnage. Je garde en mémoire ces longues discussions sur une table du Rosmeur. Était-ce chez Marie-Rose ou chez Micheline ? Georges Perros n’était pas loin et René Quéré tout à côté. On refaisait le monde en s’interrogeant sur les choses de la vie. Yan Balinec n’était pas homme de concession. « Les mots peuvent changer l’avenir de l’humanité » se plaisait-il à dire.

Il pensait que l’on pouvait relier l’esprit et la matière et son recueil « Chair, âme » résume bien cette posture. Solitaire et néanmoins fraternel il était un être complexe, à la fois véliplanchiste, cycliste et poète. « Mes certitudes d’aujourd’hui cimetièreme donnent le vertige en débouchant partiellement sur le néant » disait-il. En dehors des dogmes, en dehors des modes, Yan était un homme comme je les aime: Libre ! Son œuvre est restée confidentielle à tel point qu’il créa sa propre maison d’édition « Remuage ». Humaniste, libertaire, écologiste, non-violent, il était tout cela et plus encore. Que les dieux de la poésie t’accompagnent en ta dernière demeure et, j’adresse une supplique pour que ce soit au cimetière marin de St-Jean à Tréboul.

Bon et bien voila, la mi-août s’approche et, on entame notre marche vers l’hiver au rythme des jours qui raccourcissent. Mais je vois, en consultant les « stats » que votre fidélité ne faiblit pas alors, un grand merci à vous, portez vous bien et à demain peut-être.

Saint Erlé à bout de souffle…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la métaphore et du Sèvre et Maine réunis, bonjour ! Nous sommes le 09 août 2015, autant dire que les jours raccourcissent, celui ci correspond au 22 de thermidor et était dédié au câprier. C’est cet arbuste méditerranéen dont les boutons floraux, confits dans le vinaigre, donnent les caprierfameuses câpres. En Crête, les feuilles du câprier commun sont utilisées en salade. Par ailleurs, les racines et l’écorce trouvent leur utilité dans la pharmacopée naturelle. On dit que ses grandes et belles fleurs très odorantes ne vivent qu’une seule journée. Avant de préparer votre tartare soyez vigilant, les vraies câpres sont vendues sous l’appellation « câpres surfines » sinon, il s’agit souvent de boutons de capucine préparés de la même façon mais beaucoup moins chers évidemment.

 
En Bretagne, le 9 août on fête les Herlé, nom d’un petit saint de seconde catégorie qui a laissé son nom à la commune de Ploaré (plo Erlé) dans le Finistère. C’est d’ailleurs, à ma connaissance, la seule trace que l’on trouve de ce saint. Quimperlé par exemple n’a rien à y voir et vient de Kemper (confluent) et Ellé, une des rivières qui traversent la ville. La commune de Ploaré est considérée comme le berceau rural de Douarnenez. Les deux ne forment plus qu’une seule et même la cipalecommune depuis l’après guerre. Herlé est représenté en diacre portant la dalmatique dans l’église paroissiale, un livre dans une main et la palme du martyre dans l’autre. Mais, Herlé évoque pour moi l’harmonie municipale qui portait son nom, on disait « la Cipale ». Elle était dirigée par François Cuadrat puis par son fils Fernando, famille de réfugiés républicains espagnols qui trouvèrent asile en terre bretonne. J’en ai retrouvé une photo amusante où l’on voit sous le porche de l’église de Ploaré, les retrouvailles d’un républicain espagnol et d’un représentant de la sainte église. Alleluhia !!! Aujourd’hui à Douarnenez il y a la fanfare A bout de souffle et, c’est pas triste.

Allez, merci d’être passé par ici en plein mois d’août, portez vous bien et à demain peut-être.

Pardaillan ou Zévaco…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la littérature romanesque et de la bouillie d’avoine  réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 08 août 2015, 21è jour de thermidor dédié à la Carline. Ce matin du 08 semble à peu près aussi grisailleux que l’était le soir du 7 sur carlina-vulgaris-fleur-150x150cette pointe du Finistère offerte aux vents de la mer d’Iroise. Dans le calendrier républicain, c’est le jour de la carline, ne cherchez pas, c’est une espèce de sorte de genre de chardon qui n’a guère d’autre utilité que d’occuper le temps du préposé aux écritures du jardin des plantes. Pour ne rien vous cacher, j’avoue être un peu (beaucoup) à la bourre, aussi vais-je en profiter pour vous (re) parler de Michel Zévaco… Qui ça ?

Le 8 août 1918, mort de Michel ZEVACO, à Eaubonne (Seine-et-Oise). Romancier, socialiste révolutionnaire puis anarchiste et anticlérical (pléonasme). Il est né le 1er février 1860 à Ajaccio (Corse). Après de brillantes études, il est nommé professeur au collège de Vienne (Isère) en 1881, mais il en Zévacodémissionne pour s’engager pour cinq ans dans l’armée (drôle d’idée). En 1889, il devient un collaborateur de Jules Roques et de son journal l’Égalité autour duquel se crée une « Ligue socialiste-révolutionnaire ». En 1890, il apporte son aide aux ouvriers en participant à la création de plusieurs Chambres syndicales, ce qui l’amène à côtoyer les groupes anarchistes de la capitale. Condamné une première fois en avril 1890 à quatre mois de prison pour délit de presse, il publie, le 27 mars 1892, un hebdomadaire anarchiste et fait, un mois plus tard, un éloge de Pini et de Ravachol, ce qui lui vaut une nouvelle condamnation à 6 mois de prison et 1500 F d’amende.

Par la suite il collabore au  Libertaire de Sébastien Faure, ainsi qu’au journal anarchiste La Renaissance. En 1898, il dirige l’Anticlérical (organe de la Ligue anticléricale de France), et soutien Dreyfus. A partir de 1900, il commence à publier sous la forme de feuilletons, dans plusieurs quotidiens, ses romans couverture-Zévacode cape et d’épée qui auront un succès populaire comme Le Chevalier de Pardaillan. Durant toutes les dernières années du XIXe siècle, Zévaco est l’un des journalistes les plus actifs et les plus fameux de la presse d’extrême gauche. Il tente de fonder un journal, Le Gueux, participe au Journal du peuple et à la Petite République socialiste (journal dirigé par Jaurès). C’est dans ce périodique qu’il fait paraître ses premiers feuilletons d’importance, débutant en 1900 par Borgia et Triboulet, suivis rapidement par Pardaillan (publié d’abord en 1902 sous le titre éloquent de Par le fer et par l’amour), puis par Le Pont des soupirs, Fleurs de Paris, Fausta, Buridan

En réalité, Zévaco oppose l’individu seul à l’État dans toutes ses manifestations. Pardaillan comme le Capitan refusent systématiquement de se lier à un pouvoir, et ils le font à travers des mots qui les apparentent à des anarchistes avant la lettre: « Mon maître c’est moi! » rétorque Pardaillan à Saint-Mégrin; et plus tard: « Je désire n’être que d’une seule maison [...] la mienne! ». Car la raison d’État, commandée par les passions les plus tortueuses, n’est plus que déraison à colonne-Zévacolaquelle l’auteur oppose le grand cœur de ses personnages. De fait, par un processus d’inversion carnavalesque, derrière les Princes et les moines, ce sont les passions les plus viles que l’on devine. A l’inverse, le peuple des sans-grade reçoit les sympathies de l’auteur, toujours prompt à lire en eux de la noblesse. On comprend alors que l’individualisme des Pardaillan s’affirme toujours contre les figures de pouvoir, quelles qu’elles soient, puisque la pureté chevaleresque ne peut plus dès lors se penser qu’en dehors de la corruption de l’État. Michel Zévaco fait partie de la lignée des Eugène Sue (Les mystères de Paris) , Paul Féval ( Le Bossu) et autre Ponson du Terrail (Rocambole), dont les feuilletons firent le succès des journaux de l’époque. Tous n’ont pas connu la gloire littéraire, en particulier Zévaco qui est le seul des quatre à n’avoir pas eu droit à la reconnaissance du « Petit Larousse », même encore de nos jours.

En cherchant bien sur les étagères du haut vous allez retrouver un des livres de Zévaco, relisez le avec un œil nouveau. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Elle est de Prévert & Kosma…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’indignation et du boulou pok réunis, bonjour ! Aujourd’hui nous sommes le vendredi sept du mois d’août 2015, jour béni qui vit naître ma fiancée, je ne vous dirai pas en quelle année… Le républicain Fabre d’Églantine dédia ce jour à l’écluse dans son calendrier ; allez savoir ce qui lui passa par la tête…

Ce vendredi 07 août marque aussi le jour anniversaire de la disparition (1969) de celui qui aura été l’un des plus célèbres musiciens du cinéma français Jozsef Kozma, né à Budapest, Hongrie, le 22 octobre 1905. Après des études à l’Opéra National de Hongrie, il obtient une bourse qui lui permet de travailler pour l’Opéra de Berlin où il devient directeur Kosma gauched’orchestre. Il a ainsi l’occasion de rencontrer Berthold Brecht et de travailler avec ceux qu’il reconnaîtra comme ses maîtres, Kurt Weill et Hanns Eisler. C’est également à Berlin qu’il rencontre la concertiste Lilly Apper, bien vite devenue son épouse. En 1933, fuyant le nazisme (Kosma est d’origine juive), il s’installe à Paris et commence à travailler avec  Jacques Prévert, dont il écrira la musique de plus de quatre-vingt chansons. Parmi les plus célèbres: les Feuilles mortes (1946), immortalisée par Yves Montand, ou encore Barbara et que chantèrent aussi Les Frères Jacques (tiens, à ce propos, il pleut sur Brest). Il travaille également avec Robert Desnos La Fourmi, et Raymond Queneau Si tu t’Imagines. En 1949, Joseph Kosma opte pour la nationalité française.

Sa première collaboration avec le septième art se fait par l’intermédiaire de la chanson qu’interprète Florelle dans le Crime de Monsieur Lange. Dès 1936, il compose des musiques de films. Ses premières partitions illustrent les œuvres de deux des grands metteurs-en-scène de l’époque, Jean Renoir et Marcel Carné: La Grande Illusion (1937), La Marseillaise (1937), La Bête Humaine (1938) et La Règle du Jeu. Le compositeur fait également partie de l’équipe artistique du premier film de KosmaPrevert1-196x300Marcel Carné, Jenny (1936) et le trio qu’ils formeront avec Jacques Prévert est entré à jamais dans l’histoire du cinéma avec Les Visiteurs du Soir (1942) , Les Enfants du Paradis (1945) sous le pseudonyme de Georges Mouque car, contrairement à ce que veut nous faire croire Zemmour en falsifiant l’histoire: « Loi du 02 juin 1942 – Deuxième statut des Juifs publié le 11 juin 1942. Art. 1er- Les Juifs ne peuvent tenir un emploi artistique dans des représentations théâtrales, dans des films cinématographiques ou dans des spectacles quelconques, ou donner des concerts vocaux ou instrumentaux ou y participer…. » La même année, Prévert et Kosma écrivent la fameuse chansons  les Feuilles mortes, qui entre dans la partition musicale des Portes de La Nuit.

Enfin, en 1951, son travail sur Juliette ou la Clé des Songes reçoit le Prix de la Meilleure Partition Musicale au Festival de Cannes. Mais Kosma continua, puisqu’il écrivit ou participa à près d’une centaine de partitions pour le cinéma. Il y avait une vie après Carné et Renoir, et Kosma la partagea avec des hommes tels que André Cayatte les Amants de Vérone, (1948), Christian-Jaque D’Homme à Hommes (1948), Georges Lampin Le Paradis des Pilotes Perdus (1948), Raymond Bernard le Jugement de Dieu (1949), Georges Franju le Sang des Bêtes (documentaire KosmaJoseph1-209x300de 1949), Julien Duvivier Black Jack (1950). Des films que l’on pourrait, pour la plupart, qualifier d’humanistes …
Curieusement, la Nouvelle Vague ignora ce musicien, dont les participations aux musiques de film dans les années soixante, se limite à des œuvres de second ordre, si l’on excepte Le Caporal Épinglé de Renoir. Nombreuses sont les vedettes de la chanson qui doivent une part de leur gloire à Kosma. Montand bien sur,  mais également Juliette Gréco, les Enfants qui s’aiment, Cora Vaucaire, l’enterrement d’une feuille morte, les Frères Jacques Inventaire et la fête continue, Mouloudji les bruits de la Nuit… Joseph Kosma est décédé à La-Roche Guyon, le 7 août 1969. Qui n’a pas une de ses musiques en tête ?

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Ay Carmela…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la République républicaine et de l’Appenzeller réunis, bonjour ! Oui nous sommes le jeudi 06 août 2015 et donc, le 19 de thermidor qui est généralement dédié à la gentiane. Selon Pline l’Ancien, la gentiane tire son nom de Gentius,250px-Gentiana-clusii-ClusiusEnzian dernier roi d’Illyrie, qui en aurait découvert les vertus curatives. Magnifique fleur d’un bleu inégalable et dont les racines servent à plusieurs préparations dont le fameux Picon qui lui même entre dans l’alchimie du non moins fameux PBC, Picon-Bière-Citron. Je vous conseille, par ces rudes chaleurs estivales l’Antidote, une bière ambrée à base de châtaignes et de gentiane.

Le 6 août 1936, mort de Ramón ACIN AQUILUE, assassiné par les franquistes à Huesca. Militant anarcho-syndicaliste, pédagogue,écrivain et artiste d’avant-garde. Né le 30 août 1888, à Huesca (Aragon), il commence en 1908, à Zaragoza, des études de sciences, mais les abandonne un an plus tard Ramon alcinpour se consacrer à sa vocation artistique. Dès 1913, il s’intéresse aux idées anarchistes et prend part à Barcelone à la création de la revue La Colère. A Madrid entre 1916 et 1917, il devient l’ami de Garcia Lorca, puis il est nommé professeur de dessin à l’école normale de Huesca. En 1918, il participera aux divers congrès en tant que représentant de sa ville (Huesca) où il jouit d’une grande popularité. En 1922, il crée une académie de dessin à son domicile où il s’inspire de la pédagogie rationaliste de Francisco Ferrer, puis plus tard des réalisations de Célestin Freinet, deux pédagogues à qui j’ai consacré un billet. Il milite également pour créer un mouvement de jeunes, et donne des cours du soir aux ouvriers et des conférences en faveur des prisonniers politiques.

Un article de soutien à l’anarchiste Juan ACHER (condamné à mort après un attentat) lui vaudra d’être emprisonné en 1924. Sa participation à des soulèvements l’oblige ensuite à s’exiler un temps à Paris. Il donne de nombreux articles à la presse libertaire où, outre des critiques d’art ou idéologiques, il le garrotmanifeste un intérêt pour l’écologie, le végétarisme, le naturisme ou bien encore la défense animale. Son œuvre artistique est très variée : dessins, caricatures, toiles peintes, mais aussi sculptures et collages surréalistes. A droite une magnifique sculpture qui évoque le garrot de sinistre mémoire tant utilisé par la « justice » Franquiste. Ami de Buñuel, il va produire (grâce à un gros lot de loterie) son film « Terre sans pain ». En 1936, à Huesca, l’armée et la garde civile prennent part au coup d’État et organisent la répression. Parmi les nombreux fusillés se trouvent Ramón ACIN et sa compagne Conchita MONRAS. Sources: dictionnaire international des militants anarchistes Ephémérides anarchistes

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La raison pure… Vraiment !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la raison pure et du miel d’acacia réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 05 août 2015, dix-huitième jour de Thermidor dédié à l’amande. Si je vous dis que l’amande est incontournable dans la fabrication des coucougnettes, je vois déjà votre sourire en demi teinte, expression de votre esprit dépravé, et pourtant. Une les-coucougnettes-300x228coucougnette est une confiserie faite avec des amandes, de la pâte d’amande et du chocolat. La coucougnette est fabriquée à base d’amandes fraîches broyées au sucre de canne, mélangées à des amandes grillées caramélisées avec quelques gouttes d’eau-de-vie de gingembre et une rasade d’armagnac. Le cœur de la coucougnette est une amande douce entière grillée et enrobée de chocolat noir grand cru. Elle est roulée à la main et trempée dans du jus de framboise pour lui donner cette couleur rosée. Les plus célèbres sont sans doute « les coucougnettes du vert galant » que les mauvais esprits se sont empressé de traduire par « les roubignoles d’Henri IV ».

Je cherchais une opportunité pour évoquer devant vous ce philosophe cher à mon cœur et à mon esprit: Georges Palante. C’est aujourd’hui la date anniversaire de sa disparition:le 05 Août 1925 à Hillion (22). Philosophe et libertaire, prônant un individualisme aristocratique, il découvre dès l’adolescence qu’il est atteint d’une maladie rare et invalidante, l’acromégalie, dérèglement hormonal, provoquant l’allongement des membres qui l’incite à Palantes’isoler. Après des études à Arras, Paris et Douai (licence en 1883), il obtient en 1885 un premier poste à Aurillac comme professeur de philosophie. Influencé par l’œuvre de Schopenhauer, de Nietzsche et de Stirner, il développe une philosophie individualiste radicale et « une morale désespérée, mais élégante, de la résistance ». En 1911, il entame pour le « Mercure de France » une chronique philosophique. En 1916, à St-Brieuc où il exercera jusqu’à sa retraite, il fait la connaissance de l’écrivain Louis Guilloux. Celui-ci s’inspirera de la vie de Georges Palante dans son roman « Le sang noir » 1935.

J’ai eu le bonheur de rencontrer Louis Guilloux quelques années avant sa mort par l’intermédiaire d’un ami de Saint-Brieuc lui même professeur, historien et néanmoins Franc-maçon. Guillou avait encore pour Palante une immense affection et un profond respect. Son personnage de Cripure, c’est Georges Palante, son professeur de philosophie au lycée de St-Brieuc. Il était un fanatique de la Critique de la raison pure de Kant, d’où la contrepèterie : Cripure de la raison tique… En 1925, le pessimisme prenant le pas sur la lutte, Palante Guilloumet fin à ses jours en se tirant une balle dans la tempe. Palante fait le constat qu’il existe des antinomies entre l’individu et la société, et que ces dernières ne peuvent en aucun cas être résolues. Pour autant, Palante ne condamne pas l’idée même de société, et il préfère opposer à cette dernière un combat que mènera chaque individu, afin d’éviter pour ces derniers de tomber dans les pièges que tend la société. Ainsi, sa vision de l’individualisme se veut constructiviste : il faut construire l’individu, afin de lui permettre de vivre au sein de la société, tout en évitant que cette dernière ne le broie. Ainsi, Palante se déclare « athée social », condamnant l’esprit grégaire qu’il n’aura de cesse de pourfendre tout au long de sa vie… Je trouve qu’il y a du Palante chez michel Onfray aujourd’hui. Voila qui me plait bien et qui ne va pas déparer aux cimaises de notre galerie de portraits.

Allez, vous revenez quand vous voulez, la clé est sur la porte ! En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

What a wonderful world…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du développement durable et du linoléum réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 4 août 2015 et pour nos amis du calendrier républicain, ce 17ème jour de thermidor était celui du lin.Mais le 04 Août 2015 est en réalité le Dimanche 22 Tatane 141 – UBU ÈS LIENS – fête suprême seconde, nous disent les adeptes de la pataphysique. Il est par ailleurs possible que ce soit la date anniversaire de la naissance de Louis Armstrong mais…rien n’est moins sur.

Louis Armstrong naît dans un milieu défavorisé de la Nouvelle Orléans. Difficile de fêter un anniversaire lorsque, a priori, on ignore la date de naissance du bénéficiaire. Or celle de Louis Armstrong demeure assez floue. L’officielle, si l’on peut dire, 4 juillet 1900, aurait été fixée par lui-même à l’occasion d’un recensement: jour de la fête nationale, dernière année d’un 768d4209siècle, voilà une date facile à retenir pour un gamin quasi analphabète. Depuis, on a retrouvé dans les registres de l’église du Cœur Sacré de Jésus, à La Nouvelle-Orléans, un document situant au 4 août 1901 la date de naissance de Louis Armstrong (Niger illegitimus).  Placé dans une maison de correction à l’âge de 13 ans, il aurait pu plonger dans la délinquance mais la rencontre avec un professeur de musique va changer sa vie. Il sa met à jouer dans des orchestres, des fanfares, dans les clubs mais ne sachant pas encore lire les partitions, il compense en se servant de l’improvisation. Armstrong est alors surnommé Satchmo (pour « satchel mouth », littéralement « bouche de sacoche ») en raison de la taille de sa bouche.

En 1922, il quitte la Nouvelle-Orléans pour Chicago et connaît rapidement le succès. Il enregistre ses premiers disques sous son nom à la tête de son orchestre, le Hot Five. Le succès continue à New York où il se produit avec Fats Waller pour la caricature Louisrevue Hot Chocolate. Il enchaîne les concerts aux États-Unis et en Europe à la tête d’un grand orchestre. Devenu une véritable star, Louis Armstrong tourne dans de nombreux films et se produit dans de nombreux pays sous l’égide du département d’État américain comme ambassadeur culturel. Il collabore avec Ella Fitzgerald sur trois albums. En raison de son âge, il se produit de plus en plus en tant que chanteur. C’est à cette époque qu’il enregistre ses chansons les plus fameuses Hello Dolly en 1964 et What a wonderful world en 1967. Louis Armstrong est un précurseur du jazz, c’est lui qui a inventé la forme musicale telle que nous la connaissons actuellement. A ce titre, il influencera tous les musiciens de jazz qui viendront à sa suite.

Allez, passez un bel été, portez vous bien et à demain peut-être.

Allez dire à la ville…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’herboristerie et du bar de ligne réunis, bonjour ! Nous sommes donc le lundi 03 août 2015 et, si j’en crois mon calendrier républicain, il s’agit du seizième jour de thermidor, dédié à la guimauve. Autrefois on utilisait la racine de cette plante pour produire la fameuse pâte à guimauve. Aujourd’hui tout cela est remplacé par du collagène à base de peau et d’osguimauve d’animaux… Beurk ! Mon aïeule, qui ne reculait devant aucune expérience, surtout quand nous en étions les cobayes, nous faisait mâchouiller de la racine de guimauve épluchée (photo de droite); c’est bon pour les dents, disait elle…  Nous on préférait le bâton de réglisse et le coco Boer. Par ici, ce jour, nous célébrons les Pergad qui fut durant un jour évèque de Tréguier mais qui fut surtout élève de saint Tugdual, chanoine et archidiacre de Lexobie. Son histoire vaut d’être contée mais pour l’heure, oyez celle de Lexobie.

A une époque fort reculée de notre histoire, s’élevait dit-on à Saint-Michel-en-Grève une cité maritime puissante et belle, défendue par de bons remparts des attaques de ses ennemis et protégée des envahissements des flots par des digues, dont on ouvrait à certains moments les portes pour laisser entrer ou retenir la mer dans le port. Si l’on croit la tradition, « c’était une ville splendide, babylonienne. – Elle était bâtie de marbre, peuplée de palais, toute étincelante d’or : des remparts d’une lieue de grèvehauteur colossale la défendaient des attaques de ses ennemis d’un côté, et des digues, d’une solidité à toute épreuve, la protégeaient de l’autre contre les irruptions de l’Océan. » C’est exactement la même légende que celle de la ville d’Ys pour la baie de Douarnenez. Voici ce qu’en disait vers 1850 M. Zaccone, dans un feuilleton intitulé La Ville aux Diamants: «A Lexobie, il n’y avait rien à craindre, et sûre de l’impunité, la cour du bon roi se livrait avec emportement à ces ténébreux excès qui avaient autrefois attiré la colère du ciel sur Sodome et Gomorre ! – Un jour cependant, Dieu ne pût voir sans être courroucé, le spectacle que la ville de Lexobie donnait à la Bretagne et au monde entier et il résolut de la détruire. La ville de Lexobie s’endormit la nuit suivante du lourd sommeil de l’orgie et ne se réveilla plus. L’Océan avait brisé ses digues puissantes, et l’on ne voyait plus à sa place qu’une immense nappe d’eau, silencieuse et morne…. ».
Saint-Michel-en-Grève revendique l’honneur d’être bâtie sur ses ruines. Quelques-uns prétendent qu’elle embrassait tout le pays où sont aujourd’hui les communes de Trédrez et de Ploulec’h et qu’elle était assez vaste pour qu’une extrémité images.duckduckgo.comoccupât l’endroit où s’élève le hameau actuel du Yaudet et que l’autre extrémité dépassait la lieue de Grève. Mais Lexobie n’a pas été entièrement détruite, elle existe là, enfouie sous le sable de la lieue de Grève, cachée aux regards des mortels : la nuit de la saint Jean chacun peut y descendre par un escalier magnifique pratiqué au fond d’une grotte qui se trouve à l’entrée de la baie, derrière un rocher, lequel cette nuit là s’ébranle pour en livrer l’accès au premier coup de minuit et se referme au dernier son de la cloche.

J’ai rencontré un vieux pêcheur du coin qui m’a affirmé avoir vu, par un soir de grande marée, émerger du sable les vestiges de l’ancienne cité. Et à Douarnenez, Michel Mazéas, ancien maire de la ville et amateur de plongée sous-marine, m’a raconté avoir vu dans la baie les restes d’une allée pavée, conduisant sans nul doute à l’entrée de la ville d’Ys… Le vieux marin de St-Michel a peut-être confondu grande marée et grande cuvée mais Michel, lui, était sobre comme un chameau; alors, allez savoir.

Merci de passer par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Tout va très bien, madame la marquise…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la belle chanson d’expression française et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 02 août 2015 et, dans le calendrier républicain, c’est le jour de la brebis; mais, bon, on va pas en faire un fromage.

Avez vous remarqué, amis fidèles, avec quelle rapidité nos prix sine-mensuel-03-zoomsont en train de s’envoler ? Oh,pas de quoi fouetter un ministre, on nous dit que l’inflation est maitrisée… Je ne sais pas chez vous mais très franchement je ne m’en suis pas rendu compte. Les tarifs du gaz vont augmenter ainsi que ceux de l’électricité. Le timbre va finir par se vendre au prix du caviar. Le prix du billet de train augmente lui aussi.  Et puis tiens, pendant qu’on y est, le gaz va augmenter, je l’ai déjà dit, la farine va augmenter, et donc le pain, les pâtes. Ajoutez à cela le café, le beurre, le chocolat, l’huile, le camenbert, les biscuits… Et nos amis de la FNSEA (allez donc jeter un œil sur cet article de BASTA) veulent augmenter le prix du beurre (salé), du lait (ribot), de la viande (kig sal), du yaourt, bref, la vie augmente sauf ma retraite.
Je ne peux m’empêcher de repenser à ce poème de Guillevic.

Quand on nous dit :
La vie augmente, ce n’est pasguillevicportrait
Que le corps des femmes
Devient plus vaste, que les arbres
Se sont mis à monter
Par-dessus les nuages,
Que l’on peut voyager
Dans la moindre des fleurs,
Que les amants
Peuvent des jours entiers rester à s’épouser.
Mais, c’est, tout simplement,
Qu’il devient difficile
De vivre simplement.

Allez, le bonjour vous va; portez vous bien et à demain peut-être.