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Allons esclave, debout, debout…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’argentique et du mouton de prés salés réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 22 août 2015, 5è jour de Fructidor dédié au saumon dans notre fameux calendrier républicain. Pourquoi le saumon ? Je n’en sais fichtrement rien. Ils auraient pu choisir la truite vagabonde ou encore le gardon frétillant, l’ablette rigolote, ou la muette carpe; et bien non, ce fut le saumon…

Le 22 août 1791, la colonie de Saint-Domingue (Haïti) est secouée par une insurrection des « Nègres marrons » (ainsi appelait-on les esclaves cartequi avaient fui les plantations et s’étaient réfugiés dans les forêts). Prenant au mot les députés français qui avaient proclamé à Paris, peu avant, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, ils revendiquent l’abolition de l’esclavage et l’égalité des droits… De son nom officiel «côtes et îles de Saint Domingue en l’Amérique sous le vent», la colonie est, avant la Révolution, la plus prospère des possessions françaises d’outre-mer grâce à ses plantations de café et de canne à sucre et à ses nombreux esclaves.

La colonie compte près de 600.000 habitants, dont 40.000 affranchis, essentiellement des mulâtres, et 500.000 esclaves noirs régis par le Code noir. Les affranchis ou libres de couleur n’ont pas les mêmes droits que les colons. Le port de l’épée et le titre de Monsieur leur sont interdits, de même que certaines professions. Le 15 mai 1791, à Paris, l’Assemblée nationale accorde timidement le droit de vote à certains libres de couleur. Cette demi-mesure inquiète les planteurs blancs de Saint-Domingue qui songent à proclamer leur indépendance pour sugar cannepréserver leur île des idées séditieuses venues de Paris. Affranchis mulâtres, négociants et planteurs blancs commencent à s’affronter, n’hésitant pas à associer leurs esclaves noirs à leurs querelles et à leur confier des armes. Dans un deuxième temps, ils vont pousser les esclaves de l’autre camp à la révolte. Dans un troisième temps, enfin, ils vont leur promettre la liberté.Toutes les conditions de la révolte étant réunies, le  culte vaudou et le marronnage vont provoquer l’explosion. Des nègres marrons revendiquent l’abolition de l’esclavage au cours d’une cérémonie vaudou au Bois-Caïman dont j’ai parlé ici il y a quelques jours. Des centaines de sucreries et de caférières sont détruites. C’est le début d’une longue et meurtrière guerre qui mènera à l’indépendance de la colonie.

Les premiers combats révèlent les talents militaires d’un cocher de 48 ans nommé François Toussaint. Il ne tarde pas à faire la preuve de son courage et de ses talents de stratège. Le surnom de L’ouverture ou Louverture s’ajoute à son nom en raison de la bravoure avec laquelle il enfonce les brèches ! À Paris, l’insurrection est perçue comme une révolte royaliste de type vendéen, qui bénéficie de l’appui des Anglais et des Espagnols. Pour y faire face, la République française délègue dans l’île les commissaires Sonthonax et Polverel avec un corps Général_Toussaint_Louverture gaucheexpéditionnaire de six mille hommes. En 1801, Napoléon Bonaparte, qui gouverne la France à ce moment-là avec le titre de Premier Consul met un terme à l’«isonomie républicaine» et établit pour les colonies une législation spéciale. Toussaint Louverture n’en a cure et le 8 juillet 1801, il proclame l’autonomie de l’île et se nomme Gouverneur général à vie de la nouvelle République. Bonaparte, excédé, envoie à Saint-Domingue une expédition commandée par son beau-frère, le général Leclerc, en vue de le débarrasser des «nègres dorés», autrement dit les généraux de couleur. Il s’ensuit une guerre impitoyable contre les troupes venues de la métropole, avec, au bout du tunnel, l’indépendance. C’est finalement dans une certaine indifférence que le 7 juin 1802, en dépit des promesses faites en échange de sa reddition, Toussaint Louverture est déporté en France : il est embarqué avec sa famille sur le Héros qui le transporte à Brest. Enfermé au fort de Brest le 14 juillet 1802, il est transféré huit jours plus tard avec son fidèle serviteur Mars Plaisir au fort de Joux où il meurt le 7 avril 1803.

Sources: d’après un article de Joseph Savès sur Hérodote.net

Allez, merci d’être passé par ici; portez vous bien et à demain peut-être.