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Après que les poètes ont disparu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique baroque et des saucisses lentilles réunies, bonjour! Oui, c’est le jour de la lentille dans le calendrier républicain, le 23 de thermidor, et pour nous le lundi10 août 2015. En Bretagne certains vont en profiter pour célébrer la sainte Klervi. Malheureuse qui a vécu dans l’ombre de la célébrité de son frangin qui s’appelait St Gwénolé, fondateur de l’abbaye de Landévennec (29).

Il y a six ans déjà disparaissait Yan Balinec à l’âge de 81 ans. Mais, disparaître n’est pas le terme approprié. Il faisait partie de ces gens qui restent présents longtemps, longtemps après que leurs chansons aient disparues. Qui se souvient de cette silhouette traversant les rues de Douarnenez juchée sur son balinec droitevieux vélo ? L’œil clair, la tignasse ébouriffée, d’une élégance un peu vieille France, il était né dans la Sarthe et exerçait le métier de prothésiste dentaire. Sa première œuvre, le faux pli du drapeau. Journal d’un objecteur, en dit long sur le personnage. Je garde en mémoire ces longues discussions sur une table du Rosmeur. Était-ce chez Marie-Rose ou chez Micheline ? Georges Perros n’était pas loin et René Quéré tout à côté. On refaisait le monde en s’interrogeant sur les choses de la vie. Yan Balinec n’était pas homme de concession. « Les mots peuvent changer l’avenir de l’humanité » se plaisait-il à dire.

Il pensait que l’on pouvait relier l’esprit et la matière et son recueil « Chair, âme » résume bien cette posture. Solitaire et néanmoins fraternel il était un être complexe, à la fois véliplanchiste, cycliste et poète. « Mes certitudes d’aujourd’hui cimetièreme donnent le vertige en débouchant partiellement sur le néant » disait-il. En dehors des dogmes, en dehors des modes, Yan était un homme comme je les aime: Libre ! Son œuvre est restée confidentielle à tel point qu’il créa sa propre maison d’édition « Remuage ». Humaniste, libertaire, écologiste, non-violent, il était tout cela et plus encore. Que les dieux de la poésie t’accompagnent en ta dernière demeure et, j’adresse une supplique pour que ce soit au cimetière marin de St-Jean à Tréboul.

Bon et bien voila, la mi-août s’approche et, on entame notre marche vers l’hiver au rythme des jours qui raccourcissent. Mais je vois, en consultant les « stats » que votre fidélité ne faiblit pas alors, un grand merci à vous, portez vous bien et à demain peut-être.