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Pardaillan ou Zévaco…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la littérature romanesque et de la bouillie d’avoine  réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 08 août 2015, 21è jour de thermidor dédié à la Carline. Ce matin du 08 semble à peu près aussi grisailleux que l’était le soir du 7 sur carlina-vulgaris-fleur-150x150cette pointe du Finistère offerte aux vents de la mer d’Iroise. Dans le calendrier républicain, c’est le jour de la carline, ne cherchez pas, c’est une espèce de sorte de genre de chardon qui n’a guère d’autre utilité que d’occuper le temps du préposé aux écritures du jardin des plantes. Pour ne rien vous cacher, j’avoue être un peu (beaucoup) à la bourre, aussi vais-je en profiter pour vous (re) parler de Michel Zévaco… Qui ça ?

Le 8 août 1918, mort de Michel ZEVACO, à Eaubonne (Seine-et-Oise). Romancier, socialiste révolutionnaire puis anarchiste et anticlérical (pléonasme). Il est né le 1er février 1860 à Ajaccio (Corse). Après de brillantes études, il est nommé professeur au collège de Vienne (Isère) en 1881, mais il en Zévacodémissionne pour s’engager pour cinq ans dans l’armée (drôle d’idée). En 1889, il devient un collaborateur de Jules Roques et de son journal l’Égalité autour duquel se crée une « Ligue socialiste-révolutionnaire ». En 1890, il apporte son aide aux ouvriers en participant à la création de plusieurs Chambres syndicales, ce qui l’amène à côtoyer les groupes anarchistes de la capitale. Condamné une première fois en avril 1890 à quatre mois de prison pour délit de presse, il publie, le 27 mars 1892, un hebdomadaire anarchiste et fait, un mois plus tard, un éloge de Pini et de Ravachol, ce qui lui vaut une nouvelle condamnation à 6 mois de prison et 1500 F d’amende.

Par la suite il collabore au  Libertaire de Sébastien Faure, ainsi qu’au journal anarchiste La Renaissance. En 1898, il dirige l’Anticlérical (organe de la Ligue anticléricale de France), et soutien Dreyfus. A partir de 1900, il commence à publier sous la forme de feuilletons, dans plusieurs quotidiens, ses romans couverture-Zévacode cape et d’épée qui auront un succès populaire comme Le Chevalier de Pardaillan. Durant toutes les dernières années du XIXe siècle, Zévaco est l’un des journalistes les plus actifs et les plus fameux de la presse d’extrême gauche. Il tente de fonder un journal, Le Gueux, participe au Journal du peuple et à la Petite République socialiste (journal dirigé par Jaurès). C’est dans ce périodique qu’il fait paraître ses premiers feuilletons d’importance, débutant en 1900 par Borgia et Triboulet, suivis rapidement par Pardaillan (publié d’abord en 1902 sous le titre éloquent de Par le fer et par l’amour), puis par Le Pont des soupirs, Fleurs de Paris, Fausta, Buridan

En réalité, Zévaco oppose l’individu seul à l’État dans toutes ses manifestations. Pardaillan comme le Capitan refusent systématiquement de se lier à un pouvoir, et ils le font à travers des mots qui les apparentent à des anarchistes avant la lettre: « Mon maître c’est moi! » rétorque Pardaillan à Saint-Mégrin; et plus tard: « Je désire n’être que d’une seule maison [...] la mienne! ». Car la raison d’État, commandée par les passions les plus tortueuses, n’est plus que déraison à colonne-Zévacolaquelle l’auteur oppose le grand cœur de ses personnages. De fait, par un processus d’inversion carnavalesque, derrière les Princes et les moines, ce sont les passions les plus viles que l’on devine. A l’inverse, le peuple des sans-grade reçoit les sympathies de l’auteur, toujours prompt à lire en eux de la noblesse. On comprend alors que l’individualisme des Pardaillan s’affirme toujours contre les figures de pouvoir, quelles qu’elles soient, puisque la pureté chevaleresque ne peut plus dès lors se penser qu’en dehors de la corruption de l’État. Michel Zévaco fait partie de la lignée des Eugène Sue (Les mystères de Paris) , Paul Féval ( Le Bossu) et autre Ponson du Terrail (Rocambole), dont les feuilletons firent le succès des journaux de l’époque. Tous n’ont pas connu la gloire littéraire, en particulier Zévaco qui est le seul des quatre à n’avoir pas eu droit à la reconnaissance du « Petit Larousse », même encore de nos jours.

En cherchant bien sur les étagères du haut vous allez retrouver un des livres de Zévaco, relisez le avec un œil nouveau. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.