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Allez dire à la ville…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’herboristerie et du bar de ligne réunis, bonjour ! Nous sommes donc le lundi 03 août 2015 et, si j’en crois mon calendrier républicain, il s’agit du seizième jour de thermidor, dédié à la guimauve. Autrefois on utilisait la racine de cette plante pour produire la fameuse pâte à guimauve. Aujourd’hui tout cela est remplacé par du collagène à base de peau et d’osguimauve d’animaux… Beurk ! Mon aïeule, qui ne reculait devant aucune expérience, surtout quand nous en étions les cobayes, nous faisait mâchouiller de la racine de guimauve épluchée (photo de droite); c’est bon pour les dents, disait elle…  Nous on préférait le bâton de réglisse et le coco Boer. Par ici, ce jour, nous célébrons les Pergad qui fut durant un jour évèque de Tréguier mais qui fut surtout élève de saint Tugdual, chanoine et archidiacre de Lexobie. Son histoire vaut d’être contée mais pour l’heure, oyez celle de Lexobie.

A une époque fort reculée de notre histoire, s’élevait dit-on à Saint-Michel-en-Grève une cité maritime puissante et belle, défendue par de bons remparts des attaques de ses ennemis et protégée des envahissements des flots par des digues, dont on ouvrait à certains moments les portes pour laisser entrer ou retenir la mer dans le port. Si l’on croit la tradition, « c’était une ville splendide, babylonienne. – Elle était bâtie de marbre, peuplée de palais, toute étincelante d’or : des remparts d’une lieue de grèvehauteur colossale la défendaient des attaques de ses ennemis d’un côté, et des digues, d’une solidité à toute épreuve, la protégeaient de l’autre contre les irruptions de l’Océan. » C’est exactement la même légende que celle de la ville d’Ys pour la baie de Douarnenez. Voici ce qu’en disait vers 1850 M. Zaccone, dans un feuilleton intitulé La Ville aux Diamants: «A Lexobie, il n’y avait rien à craindre, et sûre de l’impunité, la cour du bon roi se livrait avec emportement à ces ténébreux excès qui avaient autrefois attiré la colère du ciel sur Sodome et Gomorre ! – Un jour cependant, Dieu ne pût voir sans être courroucé, le spectacle que la ville de Lexobie donnait à la Bretagne et au monde entier et il résolut de la détruire. La ville de Lexobie s’endormit la nuit suivante du lourd sommeil de l’orgie et ne se réveilla plus. L’Océan avait brisé ses digues puissantes, et l’on ne voyait plus à sa place qu’une immense nappe d’eau, silencieuse et morne…. ».
Saint-Michel-en-Grève revendique l’honneur d’être bâtie sur ses ruines. Quelques-uns prétendent qu’elle embrassait tout le pays où sont aujourd’hui les communes de Trédrez et de Ploulec’h et qu’elle était assez vaste pour qu’une extrémité images.duckduckgo.comoccupât l’endroit où s’élève le hameau actuel du Yaudet et que l’autre extrémité dépassait la lieue de Grève. Mais Lexobie n’a pas été entièrement détruite, elle existe là, enfouie sous le sable de la lieue de Grève, cachée aux regards des mortels : la nuit de la saint Jean chacun peut y descendre par un escalier magnifique pratiqué au fond d’une grotte qui se trouve à l’entrée de la baie, derrière un rocher, lequel cette nuit là s’ébranle pour en livrer l’accès au premier coup de minuit et se referme au dernier son de la cloche.

J’ai rencontré un vieux pêcheur du coin qui m’a affirmé avoir vu, par un soir de grande marée, émerger du sable les vestiges de l’ancienne cité. Et à Douarnenez, Michel Mazéas, ancien maire de la ville et amateur de plongée sous-marine, m’a raconté avoir vu dans la baie les restes d’une allée pavée, conduisant sans nul doute à l’entrée de la ville d’Ys… Le vieux marin de St-Michel a peut-être confondu grande marée et grande cuvée mais Michel, lui, était sobre comme un chameau; alors, allez savoir.

Merci de passer par ici, portez vous bien et à demain peut-être.