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Entends tu les clochettes tintinnabuler…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis du swing éternel et de la soupe à l’oseille réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 31 août 2015, quatorzième jour de fructidor dédié à la noix, et, je ne peux faire autrement qu’évoquer ce musicien flamboyant au swing incomparable et qui a su donner au vibraphone ses lettres de noblesse. Cher lecteur, entends-tu les clochettes tintinnabuler ? Cela s’appelle Flying Home et c’est daté de 1957.

Lionel HAMPTON, surnommé  «Hamp» , joue un rôle éminent dans l’histoire du jazz. Il est né à Louisville, Kentucky, le 20 avril 1908. Lionel est entré dans la légende grâce à ses interprétations d’une virtuosité époustouflante.  «Mon oncle travaillait avec le célèbre gangster Al Capone, qui se montrait fort bon avec les Noirs, en particulier les Lionel-1musiciens de jazz.» Avec de telles relations, il était normal que Lionel s’installe avec sa famille à Chicago pour tambouriner, non pas sur la tête d’Eliot Ness, mais sur la grosse caisse de l’orchestre d’enfants du Chicago Defender Newsboys Band qui l’accueille à partir de 1920. 1930 marque une étape importante puisqu’il rencontre Louis Armstrong avec lequel il enregistre le premier solo de vibraphone jamais effectué en jazz :  «Louis a été comme un esprit descendu du ciel ! Lorsque je me produisais avec lui, j’étais au paradis». En 1936 il se fait engager dans le quartette du célèbre clarinettiste Benny Goodman, entouré des meilleurs jazzmen de l’époque tels Duke Ellington ou Count Basie. Sa carrière explose en 1940 il fonde sa propre formation qui connaît un succès immédiat et devient un des plus célèbres big band de l’époque, où se produisent des héros du jazz tels Quincy Jones, Art Farmer, Dexter Gordon et Charles Mingus. A partir de 1953, il part à la conquête de l’Europe et enregistre à Paris avec Mezz Mezzrow, Claude Bolling, Alix Combelle, Jean-Claude Pelletier et Guy Lafitte…

En 1992, alors âgé de 83 ans, il donne un show à Bobino au cours duquel il est atteint d’une attaque cardiaque. Emmené sur une civière, il hurle à ses musiciens de continuer à jouer… « Je ne peux pas décrocher…  » dit Hamp qui continue à swinguer à travers la planète jazz. Retour en France du jeune homme de 90 ans en avril 1999, avec une série de concerts à l’hôtel Méridien. Car Hamp aime profondément la France où il a d’ailleurs créé le Jazz Club Lionel Hampton à Paris.  «Dans votre pays, j’ai été intronisé par la Confrérie du cassoulet… Ça ne Lionel-2s’oublie pas.» D’ailleurs n’a-t-il pas composé un succulent  Cassoulet Blues ? Car   Hamp est aussi glouton de bonne chère que de rythmes endiablés… Virtuose inégalable du swing à outrance qu’il manie avec des techniques insensées, il est aussi l’un des pionniers du rock and roll avec certains de ses tubes comme  Hey-ba-be-re-bop. Mais HAMPTON n’est pas seulement un jazzman génialement exubérant. C’est avant tout un artiste conscient de ses responsabilités, créateur d’une fondation destinée à la construction d’immeubles dans Harlem. C’est aussi le premier jazzman noir à avoir intégré le quartette non racial de Benny Goodman. Car Hamp s’est engagé courageusement contre la ségrégation et a défendu Nelson MANDELA et Malcolm X :  «J’ai toujours eu de l’amour pour ces hommes qui ont combattu pour la liberté. Nous nous devions de les soutenir.»

Allez, merci à vous pour la visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Que le grand cornu m’tripote…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’underground et du cri de l’ormeau réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 30 août 2015, treizième jour de Fructidor dédié à l’épine-vinette. C’ est un arbuste épineux qui donne de petits fruits rouges brillants. Pouvant atteindre trois mètres de hauteur, il pousse sur des terrains ensoleillés (autant vous dire que par ici… y’en a pas beaucoup.), dans les haies ou les talus pierreux. En France et en epine vinetteEurope, vous pouvez le croiser lors de randonnées en montagne, et observer de mai à juillet ses fleurs jaunes en grappe. Attention, les baies qui apparaîtront à la fin de l’été, remplies de pépins, ne sont pas comestibles tout de suite ! Elles contiennent de la berbérine, qui les rend toxiques jusqu’à leur maturité… L’Iran est le principal producteur et consommateur des baies d’épine-vinette. Tout comme en Afghanistan, ces baies séchées y sont utilisées comme condiment, notamment pour le riz traditionnel (riz aux « zereshks », son nom persan).

Aujourd’hui par chez nous on célèbre Edern qui n’était autre que le frère de Jenovefa que j’évoquais hier à propos de Youenn Gwernig et Glenmor qui en firent une opérette. Edern, Saint Gallois (ou d’origine Irlandaise selon les sources) franchit la Manche pour venir évangéliser l’Armorique, en l’an 894, et aborda la côte de Cornouaille (près de Douarnenez). Il fut à l’origine du « Plou » (paroisse) de Plouédern, puis, Cernunnos_Danemark_1-300x225après s’être fixé un temps à Édern, bâtit son dernier ermitage à Lannédern. C’est à cet endroit que débuta la légende du Saint au Cerf : : elle a inspiré une Gwerz (chanson bretonne) qui explique pourquoi Édern est devenu Saint et pourquoi il est si souvent représenté avec un cerf.  Dans la légende galloise, Edern, qui chevauchait aussi un cerf, est le fils du dieu Nuz et l’un des premiers amants de la reine Guenièvre, l’infidèle épouse du roi Arthur. Ce prénom est resté usité en Bretagne ; il est très peu fréquent ailleurs. Certains voient dans l’association de ces saints avec un cerf l’héritage de la religion celte qui tenait la bête en grande vénération (le grand cornu). La chute annuelle des bois suivie de repousse passait aux yeux des anciens pour être symbole de la mort et de résurrection. Le cerf, on le sait était associé au culte rendu au dieu Cernunnos comme sur la figuration ci-contre présente sur le fameux chaudron de Gundestrap.

Extrait de la gwerz:

« Un gentilhomme chassait ; poursuivie par ses chiens, la bête
se réfugia dans la loge du saint comme pour y chercher abri et protection. C’était un cerf ; quand il aperçut Saint Édern, devant lui il se prosterna pour se recommander à lui et le supplier de le recevoir en sa maison. Or, ce cerf demeura près d’Édern, à partir de ce moment ; Il paissait aux environs tout le jour et rentrait chaque soir au logis. Le seigneur fut étonné de voir une telle merveille s’accomplir ; en sorte qu’Édern dut lui révéler la puissance de Dieu et sa bonté. Le seigneur qui ignorait ces choses s’inclina devant l’homme de Dieu, et le pria du fond du cœur de demander pour lui pardon. » Je dois à la vérité de préciser que la Jenovefa de Stivell, ci-après, n’a rien à voir avec la notre. Un jour, je vous conterai l’histoire de celle-ci.

Mais, revenons à notre Genovefa qui, bien que sainte était surtout Nitouche. Elle s’était fixée à Loqueffret et y bâtit son église. Ainsi, pour délimiter leurs territoires respectifs, il a été conclu que reviendrait au 300px-StEdernfrère le domaine qu’il aurait parcouru entre la tombée de la nuit et le chant du Coq. Edern, chevauchant son compagnon le cerf a parcouru une distance considérable et arrivait aux portes de Loqueffret lorsque sa sœur, voyant sa paroisse lui échapper, a fait crier un coq en le plongeant dans l’eau d’une auge. Il en est résulté une solide brouille entre le frère et la sœur qui ont chacun maudit l’église de l’autre : celle d’Edern ne devait jamais avoir de haut clocher, et celle de Jenovefa devait voir ses cloches se fêler. Et voilà, on a beau être saints, on en reste pas moins attaché aux choses bassement terrestres…

Tiens, je remarque que mon petit compteur à franchi la barre des 300 000, Alleluia ! A un Lur (la livre bretonne) la visite de l’ermitage, je vais pouvoir refaire la toiture. Allez,  portez vous bien et à demain peut-être.

Le grand Youenn…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique dodécaphonique et du biniou koz réunis, bonjour ! Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce samedi 29 août 2015, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien…

Voici un poème que l’on doit à Youenn GWERNIG qui aurait eu 90 ans aujourd’hui.

Oui
Trop facile
De faire un Trou
Dans le bois mince de ta porte
Tu ne peux pas être seul
Tu ne peux plus être seul en ce monde
Il est bien fini le temps des ermitages
Il faut accueillir tout le bruit et le malheur du monde
On ne peut plus s’enfuir nulle part
La foule remplit le coeur de l’homme
De ses hurlements et de ses plaintes
Dans un monde où jamais
L’homme ne s’est trouvé
Davantage
Seul

Il était né à Scaër (29) et s’est éteint le 29 août 2006 à Douarnenez. J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un bonheur de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat Youenn Gwernig deboutgénération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans les années 50, Youenn qui exerce alors la profession de sculpteur sur bois, rencontre un certain Emile Le SCANFF, qui sera connu plus tard sous le nom de GLENMOR. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les États-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine.

Voici ce qu’en disait le réalisateur brestois Jean-Charles Huitorel qui lui a consacré deux documentaires:
« Je pense que nous ne sommes encore qu’au tout début de la découverte de la formidable empreinte que Youenn Gwernig a laissée dans la culture bretonne, comme Glenmor, Xavier Grall ou Servat. Il a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine. Je retiens de lui sa grande jubilation à passer d’une langue à une autre, breton, anglais, français, incarnée dans sa chanson Identity. Et je me souviens à quel point l’homme et l’œuvre fusionnaient dans les mêmes valeurs humanistes et universelles. » Le voici chantant une gavotte dédiée à la lutte des travailleurs du « Joint français » (rien à voir avec le pétard franchouillard) dont les moins jeunes se souviennent.

A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV Gwernig gaucheafin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à demain peut-être. 

 

L’honnête cambrioleur…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce vendredi 28 août 2015, jour de la saint Augustin et aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme. En effet c’est le jour anniversaire de la disparition de Marius JACOB.

Étonnant personnage né le 29 septembre 1879, Marius Jacob, d’origine alsacienne, est issu d’un milieu prolétaire à Marseille. A douze ans il s’engagea comme mousse et son voyage le mena à Sydney. Il approche le beau monde et les gens de moins bonne classe, sans que tout cela 220px-Marius_Jacob-210x300ne l’intéresse vraiment. Sa personnalité particulière l’empêchait de commettre des vols et des crimes d’une trop grande cruauté. Il abandonne définitivement la marine en 1897 et retourne à Marseille. Il apprend la typographie et mène une vie alternative, fréquentant les milieux anarchistes et cambrioleurs. Dans cette fin de siècle, les socialistes parlementaires s’opposaient souvent de manière agressive face aux anarchistes libertaires du monde ouvrier. Embarqué dans cette confrontation, il fut serré dans une affaire d’explosifs. Après six mois de prison Marius peine à se réinsérer et il choisit d’agir dans une sorte d’illégalisme pacifiste et continuer de mener ses actions douteuse et quelques arnaques.

Marius fut arrêté le 31 mars 1899. Les policiers mandatés l’accusèrent du recel d’une montre. Une nouvelle fois arrêté à Toulon, il s’évade de sa prison pour se réfugier à Sète. Là bas il organise sa bande nommée « Les Travailleurs de la nuit  » dont le principe est de voler sans tuer. Les principes étaient simples, ils ne volaient que les policiers, les juges, les militaires. En revanche ce groupe de bandits ne s’attaquait jamais marius livreaux professions dites utiles, comme les médecins, les artistes ou les instituteurs. Un pourcentage de l’argent volé est redistribué à la cause anarchiste et aux compères dans le besoin. Marius évitait de travailler avec des anarchistes idéalistes tout comme avec la pègre, en choisissant des personnes défavorisées comme lui. Lorsqu’il s’agissait d’arnaques, ses ressources étaient sans limites. Non seulement c’est un as du cambriolage mais du déguisement et de la tromperie tout autant. Il était très habile, il commettait ses délits de manière stylée et élégante. Bien que Maurice le Blanc s’en défende, Marius Jacob était l’un des escrocs dont il s’inspira pour créer le célèbre personnage d’Arsène Lupin.

Toujours accompagné de complices, il commet près de cinq cent crimes, casses et cambriolages. Mais le 20 avril 1903, une opération qui se déroulait à Abbeville tourna mal. Après avoir tué un agent, Il prend la fuite mais se fait rapidement capturer par la police, ainsi que ses deux complices qui l’avaient assisté. Lors de son procès , il clame ses idées anarchistes. La tribune restera interloquée par son sens de la répartie, son idéalisme et son intelligence. Par la suite il tenta de s’évader dix marius facesept fois de sa prison, faisant preuve d’une incroyable ingéniosité. Mais Jacob souffrait et sa santé déclinait. Libéré de prison en 1929, il ne reprendra pas ses activités d’escroc et de voleur. Il reconstruisit sa vie et comme il était très instruit, il s’investit dans la propagande et la rédaction d’articles ayant une relation de près ou de loin avec ses idées de toujours. En 1939 il achète une maison à Reuilly et se marie la même année. Il vieillit entouré d’amis  partageant ses idées anarchistes.  Il rencontra en 1953 un jeune couple d’enseignants. Il se lie avec eux d’une profonde amitié et se confiera plus tard à Josiane (Josette), à propos de son désir d’en finir avec la vie. Marius Jacob ne supportait plus son corps qui le lâchait. Il s’empoisonna, lui et son vieux chien. En guise de dernier mot il laissera:   » Linge lessivé, rincé, séché mais pas repassé. J’ai la cosse. Excusez. Vous trouverez deux litres de rosé à côté de la paneterie. A votre santé. »

Sources:  – Il existe aussi un site des plus réjouissants: Alexandre Jacob, l’honnête cambrioleur. Un blog de l’atelier de création Libertaire. Vous pouvez aussi consulter un passionnant documentaire de Laurent Termignon et Thomas Turner.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

la grande Gidouille…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la pataphysique et de la dure réalité réunies, bonjour ! Aujourd’hui, jeudi 27 août 2015 et 10è jour de fructidor dédié à l’échelle, je vous propose un petit portrait. J’évoque la pataphysique modèle man raycar en réalité Le 27 Août 2015 est le Mardi 17 Phalle 142 Ste Gallinacée, cocotte de son calendrier et le personnage dont je vais vous entretenir en était devenu Satrape (1963). Si je vous dis Emmanuel Rudzitsky, je vous connais, vous allez rester aussi songeur qu’une poule devant une clé à molette…Et pourtant, si je vous dis Man Ray, subitement tout s’éclaire et vous revoyez la croupe hospitalière de Kiki de Montparnasse se prenant pour le violon d’Ingres.

Man RAY donc, puisque c’est de lui que l’on parle, est né à Philadelphie un 27 août en 1890, il est mort à Paris en 1976. Entre les deux il a fait de la photographie un art véritable. A New York avec son ami Marcel man ray et duchampDuchamp, ils ont bien tenté de représenter la forme américaine du mouvement Dada, avant de conclure: « Dada ne peut pas vivre à New York ». En juillet 1921, Man Ray revient en France et Duchamp le présente aussitôt aux surréalistes, Aragon, André Breton, Paul Eluard, Philippe Soupault… Evidemment, il s’installe à Montparnasse et ne tarde pas à tomber amoureux du fameux modèle Kiki de Montparnasse. Il va aussi rencontrer Paul Poiret qui va lui permettre de réaliser beaucoup de photos de mode.(à gauche, Man Ray et Duchamp sur les hauteurs de Paris) Tiens, un petit exemple de détournement pataphysicien:

C‘est en 1925 que ses œuvres seront présentées lors de la première exposition surréaliste de la galerie Pierre en compagnie de Jean Arp, Max Ernst, Miro et Picasso, excusez du peu ! Ami des mécènes Marie-Laure et Charles de Noailles, il tournera son troisième film, Les mystères du château de Dé dans leur villa de Hyères (1929). Il avait tombetourner auparavant, A quoi rêvent les jeunes films (1924). Pendant trente ans, Man Ray va révolutionner l’art photographique, en 1940 il rejoint Lisbonne et s’embarque pour les Etats-Unis en compagnie de Salvador Dali et Gala ainsi que le cinéaste René Clair. A Hollywood il rencontre Juliet qui deviendra sa femme et se remet à la peinture. Il va rejoindre quelques grands noms du surréalisme en devenant Satrape du collège de Pataphysique en 1963. Inhumé au cimetière de Montparnasse, on peut lire sur sa tombe son épitaphe: Unconcerned, but not indifferent – Détaché mais pas indifférent.

A l’heure du tout numérique, il est intéressant de se souvenir de ces bricoleurs de génie qui ont fait de la photographie, un art à part entière. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Sous le pont Mirabeau…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la liberté (sans adjectif) et de la réglisse (sans adjuvant) réunies, bonjour ! Oui, je vous rappelle que nous sommes le mercredi 26 août 2015, neuvième jour de fructidor, journée consacrée à la réglisse qui est comme chacun le sait tout à fait indiquée dans la lutte réglissecontre le mauvais cholestérol; Ça c’est pour ceux qui aurait fait quelques excès durant l’été. Je connais des pataphysiciens pour qui en réalité nous sommes le Lundi 16 Phalle 142 Nativité de St Vibescu, pohète et Commémoration de Ste Cuculine d’Ancône… Pour ma part, je vais commémorer la naissance d’un immense poète qui accompagna mes errances adolescentes et au delà.

Guillaume Apollinaire est né à Rome le 25/08/1880 et mort à Paris le 09/11/1918. De son vrai nom: Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky il est le fils d’une Polonaise et d’un père inconnu (un officier italien, selon l’hypothèse la plus probable). En 1901, il est engagé comme précepteur en Allemagne et tombe amoureux de la apollinairegouvernante, qui refuse ses avances. Ses premiers poèmes portent la trace de sa douleur d’homme éconduit. Il rentre à Paris en 1902 et publie dans « La Revue blanche » son premier conte, « L’Hérésiarque », en signant « Guillaume Apollinaire ». Il publie alors de nombreux contes et poèmes dans des revues et commence à se faire connaître. Le poète pénètre dans les milieux artistiques, se lie d’amitié avec Pablo Picasso et devient un hôte assidu du Bateau-Lavoir où il fait la connaissance de Max Jacob. Il suit de très près l’évolution du mouvement cubiste et publie en 1913 « Peintres cubistes ». Cette même année est publié son premier recueil, « Alcools », sélection de poèmes rédigés depuis ses débuts.

Il veut s’engager dans l’armée française dès 1914, mais ne possède pas la nationalité et doit être naturalisé. Il est tout de même affecté en décembre 1914 dans l’artillerie et continue d’écrire. Transféré dans Onze1l’infanterie en 1915, il est naturalisé en début d’année 1916. Il est blessé quelques jours plus tard par un éclat d’obus et est trépané à Paris. Après des mois de convalescence, il se remet à écrire et crée le terme de « surréalisme » dans une lettre à un poète. Il publie en 1918 son second grand recueil poétique, « Calligrammes », quelques mois avant de mourir de la grippe espagnole. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Outre ses poèmes, on lui doit des romans érotiques pour ne pas dire pornographiques comme le fameux «Les onze mille verges» ou encore «les exploits d’un jeune Don Juan».

Et voilà, passent les jours et passent les semaines; le cénobite continue son bonhomme de chemin. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A l’Apocyn nul n’est tenu…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’underground et du cri de l’ormeau réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 25 août 2015, huitième jour de Fructidor dédié à l’Apocyn… Les savants l’appellent l’asclépiade de Syrie et le petit peuple 800px-Asclepias_syriaca_prg_2la nomme l’herbe aux perruches. C’est une plante toxique, consommée par la chenille du papillon Monarque qui devient lui-même toxique grâce à elle (chenille et adulte), ce qui lui permet d’échapper à de nombreux prédateurs. Les peuples d’Europe devraient s’en inspirer car, pour l’heure, ce sont les prédateurs qui sont en train de gagner la partie…

Au café-bar-tabac-PMU-dépôt de pain, ce matin c’est la victoire de Usain Bolt qui faisaient le buzz. C’est vous dire si les préoccupations de la France profonde sont assez éloignées de celles du cénobite qui se torture les méninges pour écrire son billet quotidien sur des thèmes aussi réjouissants que la crise, la Syrie, l’Iran, le prix du carburant, l’université d’été du PS, heu, non, là je galège… J’adore ce petit mot qui fait partie pour moi des mystères de la langue française. Ainsi on écrit je écrire c'estgalège mais on parle de galéjade. Et pourquoi pas de hâblerie et/ou de rodomontade ? J’arrête là avant d’être accusé de ratiociner à plaisir et d’abuser de coquecigrues depuis fort longtemps prescrites par l’académie et dont l’usage intempestif pourrait me valoir un séjour dans les ergastules des ayattollahs de la grammaire pour avoir délinquer derechef;  tout est possible, avec des happe-lopins de cette espèce. Mais, trêve de falibourdes, si je continue à m’acagnarder de la sorte en m’amusant de la désuétude des mots je ne risque pas d’emboiser un lectorat tout acquis à la modernité et je crains de me faire chanter pouilles par les gardiens du temple… Mais bon, j’affectionne cet exercice qui consiste à laisser mon esprit courir la prétentaine et ma plume baguenauder entre les mots d’avant autrefois; comme qui dirait: jadis, en breton on dit gwechall.

Bon allez, je ne sais plus ce que voulais écrire mais bon, comme disait mon aïeule, qui aurait vendu la sienne pour un bon mot: à l’Apocyn nul n’est tenu… Portez vous bien et à demain peut-être.

En suivant Emma…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la méditation transcendantale et du pain perdu réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 24 août 2015, jour de la St Barthélémy et septième jour de Fructidor dédié au sucrion. C’est une des aberrations du calendrier républicain car le quatrième jour de Fructidor est lui, dédié à l’escourgeon qui sont en fait la même plante… Difficile pour « les cénobites » de ne pas saluer le jour anniversaire de la naissance du grand Léo: voici un texte un peu méconnu.

Non, aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler de Howard Zinn. Il est né le 24 août 1922 à Brooklyn (New York) et mort le 27 janvier 2010 à Santa Monica (Californie). C’est à la fois un historien qui a marqué son temps et un homme résolument engagé à l’extrême gauche. La vie personnelle de ce savant est inextricablement liée à son œuvre. Avec le linguiste Noam Chomsky, il est l’incarnation de ces Howard Zinnintellectuels américains que les Européens aiment à aimer et à citer. La vie d’Howard Zinn (1922-2010) fut pleine de contrastes : après s’être engagé comme bombardier pour combattre le fascisme, il devint un pacifiste convaincu; né d’une famille pauvre, il obtint un doctorat en histoire à l’université Columbia; professeur blanc, il enseigna dans un collège pour jeunes filles noires à Atlanta; érudit, il restera dans les mémoires comme l’auteur d’Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours. Non seulement Howard Zinn a-t-il bouleversé notre façon d’aborder l’histoire, mais il en a été lui-même un acteur à part entière.

S’étant trouvé au cœur des événements marquants de l’histoire contemporaine des États-Unis – de la Seconde Guerre mondiale aux invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, en passant par le maccarthysme, les luttes pour les droits civiques et celles contre la guerre du Vietnam. Il pourrait être le héros d’un roman historique autant que le catalyseur d’une réflexion sur la tâche de l’historien. J’avais lu avec appétit « Une en suivant Emmahistoire populaire des Etats Unis ». Un livre magnifique et tellement peu américain. Les indiens face aux Européens, les femmes face au patriarcat, les noirs face au racisme, les droits civiques… Une vision des États unis comme on aimerait en voir beaucoup. Je crois que c’est Stéphanie, blogueuse émérite, qui me l’avait conseillé. Essayez de trouver aussi:  En suivant Emma, pièce historique sur Emma Goldman, anarchiste et féministe américaine, éditions Agone. Partisane de l’amour libre, oratrice réputée autant que redoutée, Emma Goldman est l’une des figures libertaires les plus attachantes. Activiste bouillonnante de vie, elle a marqué de son empreinte l’histoire du mouvement ouvrier américain. Il n’est guère surprenant que Zinn s’en soit épris au point de lui consacrer une pièce de théâtre, menée tambour battant.

Allez, merci de votre visite. Les vacances d’été s’achèvent, vous pouvez reprendre une activité normale. Portez vous bien et à demain peut-être.

YES OR NO ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du romantisme et du tournedos Rossini réunis, bonjour ! Et bien voilà, je n’ai pas vu le temps passer et nous sommes le dimanche 23 août 2015, 6è jour de fructidor dédié à la tubéreuse. En Italie, on interdisait aux jeunes filles de se promener le soir dans les jardins où la-tubc3a9reuse-300x210poussait la tubéreuse, car elles n’auraient pas su résister aux jeunes gens, eux-mêmes grisés par son parfum érotique. Quel dommage ! On dit que Madame de La Vallière, maîtresse de Louis XIV, faisait mettre dans sa chambre des bouquets de tubéreuses. En effet, la tubéreuse passait pour incommoder les femmes enceintes, et elle voulait prouver à la reine qu’elle ne l’était pas. Dans la BD « Les Schtroumpfs noirs », de Peyo, le pollen de Tubéreuse est utilisé comme remède contre l’épidémie causée par la mouche bzz, qui rend les schtroumpfs noirs et agressifs.

Tiens, je m’aperçois que c’est la date anniversaire de la mort de William Wallace.  Le lundi 23 août 1305 il est emmené en procession sur un 220px-Braveheart_edinburghcastle-191x300cheval jusqu’à Westminster Hall et exécuté (Hanged, drawn and quartered) à l’âge de 33 ans. William Wallace est mis à mort dans les conditions atroces réservées aux traîtres  : traîné par des chevaux par les pieds sur plusieurs kilomètres de Westminster à la Tour de Londres et de là à Aldgate moitié pendu, éventré et le feu mis à ses entrailles. Il est finalement décapité, puis découpé en morceaux. A côté de ça, les fous furieux de l’État islamiste c’est des enfants de chœur… Pour « donner un exemple », Edouard Ier fait exposer les différentes parties du corps de William Wallace aux quatre coins du royaume d’Angleterre.

Sa tête est placée sur le pont de Londres et les parties de son corps réparties entre Newcastle-upon-Tyne, Berwick-upon-Tweed, Stirling et YES ECOSSEPerth. Mais au lieu de détruire l’esprit de liberté chez les Écossais, cette exécution va vivifier leur sentiment nationaliste, et d’autres hommes vont se dresser contre l’Angleterre. En 1314, les Écossais, sous le commandement de Robert Bruce, qui s’était rallié les nobles et proclamé roi d’Écosse, défont l’armée anglaise à la bataille de Bannockburn, et assurent, à la fin de la guerre, l’indépendance de l’Écosse en 1328.

Près de sept siècles plus tard, les écossais devront, tôt ou tard, répondre à nouveau à la question suivante:  Should Scotland be an independent country? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Allons esclave, debout, debout…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’argentique et du mouton de prés salés réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 22 août 2015, 5è jour de Fructidor dédié au saumon dans notre fameux calendrier républicain. Pourquoi le saumon ? Je n’en sais fichtrement rien. Ils auraient pu choisir la truite vagabonde ou encore le gardon frétillant, l’ablette rigolote, ou la muette carpe; et bien non, ce fut le saumon…

Le 22 août 1791, la colonie de Saint-Domingue (Haïti) est secouée par une insurrection des « Nègres marrons » (ainsi appelait-on les esclaves cartequi avaient fui les plantations et s’étaient réfugiés dans les forêts). Prenant au mot les députés français qui avaient proclamé à Paris, peu avant, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, ils revendiquent l’abolition de l’esclavage et l’égalité des droits… De son nom officiel «côtes et îles de Saint Domingue en l’Amérique sous le vent», la colonie est, avant la Révolution, la plus prospère des possessions françaises d’outre-mer grâce à ses plantations de café et de canne à sucre et à ses nombreux esclaves.

La colonie compte près de 600.000 habitants, dont 40.000 affranchis, essentiellement des mulâtres, et 500.000 esclaves noirs régis par le Code noir. Les affranchis ou libres de couleur n’ont pas les mêmes droits que les colons. Le port de l’épée et le titre de Monsieur leur sont interdits, de même que certaines professions. Le 15 mai 1791, à Paris, l’Assemblée nationale accorde timidement le droit de vote à certains libres de couleur. Cette demi-mesure inquiète les planteurs blancs de Saint-Domingue qui songent à proclamer leur indépendance pour sugar cannepréserver leur île des idées séditieuses venues de Paris. Affranchis mulâtres, négociants et planteurs blancs commencent à s’affronter, n’hésitant pas à associer leurs esclaves noirs à leurs querelles et à leur confier des armes. Dans un deuxième temps, ils vont pousser les esclaves de l’autre camp à la révolte. Dans un troisième temps, enfin, ils vont leur promettre la liberté.Toutes les conditions de la révolte étant réunies, le  culte vaudou et le marronnage vont provoquer l’explosion. Des nègres marrons revendiquent l’abolition de l’esclavage au cours d’une cérémonie vaudou au Bois-Caïman dont j’ai parlé ici il y a quelques jours. Des centaines de sucreries et de caférières sont détruites. C’est le début d’une longue et meurtrière guerre qui mènera à l’indépendance de la colonie.

Les premiers combats révèlent les talents militaires d’un cocher de 48 ans nommé François Toussaint. Il ne tarde pas à faire la preuve de son courage et de ses talents de stratège. Le surnom de L’ouverture ou Louverture s’ajoute à son nom en raison de la bravoure avec laquelle il enfonce les brèches ! À Paris, l’insurrection est perçue comme une révolte royaliste de type vendéen, qui bénéficie de l’appui des Anglais et des Espagnols. Pour y faire face, la République française délègue dans l’île les commissaires Sonthonax et Polverel avec un corps Général_Toussaint_Louverture gaucheexpéditionnaire de six mille hommes. En 1801, Napoléon Bonaparte, qui gouverne la France à ce moment-là avec le titre de Premier Consul met un terme à l’«isonomie républicaine» et établit pour les colonies une législation spéciale. Toussaint Louverture n’en a cure et le 8 juillet 1801, il proclame l’autonomie de l’île et se nomme Gouverneur général à vie de la nouvelle République. Bonaparte, excédé, envoie à Saint-Domingue une expédition commandée par son beau-frère, le général Leclerc, en vue de le débarrasser des «nègres dorés», autrement dit les généraux de couleur. Il s’ensuit une guerre impitoyable contre les troupes venues de la métropole, avec, au bout du tunnel, l’indépendance. C’est finalement dans une certaine indifférence que le 7 juin 1802, en dépit des promesses faites en échange de sa reddition, Toussaint Louverture est déporté en France : il est embarqué avec sa famille sur le Héros qui le transporte à Brest. Enfermé au fort de Brest le 14 juillet 1802, il est transféré huit jours plus tard avec son fidèle serviteur Mars Plaisir au fort de Joux où il meurt le 7 avril 1803.

Sources: d’après un article de Joseph Savès sur Hérodote.net

Allez, merci d’être passé par ici; portez vous bien et à demain peut-être.