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Barcelone…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la pensée libertaire et de la tisane réunies, bonjour ! Après une courte interruption pour cause de vacances ibériques et de flemmingite aigüe, ce blog reprend force et vigueur. Nous voici le lundi 20 juillet 2015 c’est à dire le 2 de Bouillon_blanc-225x300thermidor qui est comme chacun le sait le jour du bouillon-blanc. C’est une plante appelée Molène (rien à voir avec notre ile du ponant). La molène est sans doute l’une des plus anciennes plantes médicinales au monde. Ses fleurs entrent dans la composition de la célèbre tisane des quatre fleurs utilisée de longue date et de nos jours encore. En fait on devrait dire des sept fleurs: mauve, guimauve, gnaphale, tussilage, coquelicot,violette et bouillon-blanc. Le bouillon-blanc seul en infusion est également réputé pour résorber les petites irritations anales. Alors, ça vous chatouille ou ça vous gratouille ? A noter que les espagnols la nomment Gordolobo, mot à mot gros loup, en fait déformation du latin populaire coda lupi « queue de loup ».

Or donc, vous le savez maintenant, ma fiancée m’a entraîné et trainé, jusqu’en Catalogne au prétexte de mener une étude comparative des sangrias, paellas et autres zarzuellas. Et bien non, la Catalogne ce n’est pas seulement Dali et Gaudi, Costa-Brava et séguedilles ! Si dans la moiteur étouffante d’un après-midi de juillet, au fond d’une ruelle en ruine de Corbera Corbera-de-Ebred’Ebre, vous croisez un chien (Andalou) efflanqué, voyez-y l’âme errante de Durruti, d’Ascaso, de Benito Navarro ou bien encore de Puig Antich à moins que se ne soit celle de Carles Fonserè en compagnie de Lucia Sanchez Saornil… La liste serait trop longue si il fallait citer tous ceux qui ont écrit ici, en lettres de sang, l’histoire de l’anarchisme espagnol. Dans ce village écrasé par les bombes, ne subsistent que 26 lettres construites avec les pierres des anciennes maisons, chacune assortie d’un poème et dont l’ensemble forme l’ Abecedari de la libertad.

Durant l’été 1938, Franco est en passe de réussir à couper le territoire républicain en deux parties. Dans la nuit du 25 au 26 juillet, l’armée de l’Èbre franchit le fleuve en plusieurs points et s’enfonce rapidement en territoire franquiste. Cette colonneoffensive constitue le dernier espoir de la République. Mais malgré quelques succès la situation va tourner en faveur des troupes de Franco. L’assaut final sera lancé en octobre sur la serra de Cavalls et la bataille s’achèvera en novembre. En arrivant de Tortosa par la route, le décor dramatique et tourmenté des terres longeant l’Èbre permet d’imaginer sans peine la difficulté des combats; on évoque 150 000 morts. Non, madame Michu, la Catalogne ce n’est pas seulement la Sagrada Familia et le palais Güell…

Allez, ravi de vous retrouver, portez vous bien et à demain peut-être.