Quand il est mort le poète…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie ibérique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 05 juin 2015 et, ce 17è jour de Prairial, dédié au sureau est aussi celui de l’anniversaire de ma neveuse préférée. Souffrez que je lui fasse un petit coucou…

J‘avoue avoir depuis fort longtemps, une tendresse particulière pour Garcia Lorca et je saisis l’occasion de l’anniversaire de sa naissance pour en redire quelques mots. Célèbre poète et écrivain de théâtre, Federico Garcia Lorca est garciané le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade.  Jeune homme, il fit ses études en philosophie,  en littérature et en droit à l’Université de Grenade. Surtout reconnu pour son talent d’écrivain, Lorca était aussi un peintre et musicien accompli.  Ses oeuvres musicales puisent dans la musique et le folklore gitans, plus particulièrement le flamenco, musique populaire de son Andalousie natale.
Il y a un petit texte intitulé « Memento » et que j’ai retrouvé dans « Poème du chant profond » (paru en 1946) qui attendait sur une étagère de ma bibliothèque que l’on veuille bien le dépoussièrer; je soupçonne Xavier Grall de s’en être inspiré…

D’abord Garcia Lorca:

Quand je mourrai,
enterrez moi avec ma guitare
sous le sable
Quand je mourrai parmi les orangers
et la menthe…

Et maintenant Xavier Grall:

Quand je mourrai enterrez moi à Ouessant
avec mes épagneuls et mes goélands
Quand je mourrai
mettez moi en ce jardin de gravier…

De toutes les façons… Deux grands poètes.

La relation tumultueuse et passionnée qu’il avait avec le peintre DALI s’acheva quand ce dernier rencontra sa future femme. Garcia Lorca en ressenti une immense douleur et plongea dans la dépression. Il s’était persuadé que le film « Le chien Andalou » réalisé par Bunuel et Dali était une flèche qui lui était destinée. Il s’éloigna un temps de sa chère Espagne et statuene revint qu’à la chute du dictateur Primo de Rivera pour l’avènement de la République. Les madrilènes lui ont réservé un bel endroit sous les frondaisons de la place Santa ana. L’influence du folklore Gitan transparaît dans ses pièces de théâtre Bodas de Sangre (les noces de sang), Yerma, Las Casa de Bernarda Alba où Lorca réussit subtilement à capter l’essence de l’âme divisée du peuple espagnol de l’époque.  Ses livres sont lus dans tous les pays de langue espagnole et ont connu un immense succès en Argentine, Uruguay et à Cuba.  Les principaux thèmes traités dans ses œuvres sont l’amour, la fierté, la passion ainsi que la mort violente, qui ont beaucoup marqué la vie de Lorca. À la veille de la guerre civile espagnole en 1936, Lorca fut arrêté par des sbires de la Falange du parti fasciste, partisans du général Franco. Deux jours plus tard, le 19 août, il fut fusillé par un peloton d’exécution.  Par une nuit sans lune, son corps fut jeté dans une tombe sans nom. Le poète est pareil au prince des nuées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher… Baudelaire avait compris que le souffle de la poésie était incompatible avec l’odeur de sang de tous les totalitarismes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

2 commentaires

  1. babelouest

    Vivent les poètes, ces navires de l’espace ….

    On s’entretient de vous parfois dans les veillées,
    Maint joyeux cercle, assis sur les ancres rouillées,
    Mêle encore quelque temps vos noms d’ombre couverts,
    Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventures,
    Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures
    Tandis que vous dormez dans les goémons verts !

    (Hugo, Oceano Nox, extrait)

  2. Rem*

    Mon tout premier minuscule rôle de théâtre-amateur fut dans la délicieuse petite comédie « Dom Perlimplin en son jardin » de Lorca. Je crois qu’il consistait à dire « oui » en ouvrant le rideau du lit à baldaquin du ventripotent « Dom » emmenant là sa belle… qui était par ailleurs ma copine… et j’en ai bafouillé des « non!… peut-être… enfin, bon, mais… » et le metteur en scène en fut ravi !
    Depuis ce temps bien ancien, j’ai beaucoup lu ce grand poète et j’ai un vieux vinyl de ses poèmes chantés en Espagnol, par Germaine Montero, sauf erreur…

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