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A bâton rompu…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la casuistique et de la bouillie d’avoine réunie, bonjour ! Nous sommes le samedi 20 juin 2015, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine. La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie principalement composée d’avoine, consommé en basse-Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se bazh yodmange trempée dans du lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre cette photo.

L‘homme du jour est un militant anarchiste breton, François Le Levé, né dans le Morbihan, à Locquimélic, en novembre 1882, décédé un 20 juin au retour de déportation au camp de Le_Leve_francois-150x150Neuengamme. En 1900, il entre comme apprenti à l’arsenal de Lorient. Il devient très vite un militant actif du syndicat des travailleurs du port, animateur du groupe libertaire des « temps nouveaux » et surtout, administrateur de la bourse du travail. En contact avec Emile Masson, il collabore à la revue « Brug » (à ne pas confondre avec Bleun-Brug mouvement d’obédience catholique et nationaliste créée par l’abbé Perrot) qui tente d’implanter les idées libertaires dans le milieu paysan Brugbreton. Fiché au fameux « carnet B » des antimilitaristes, il va pourtant rejoindre Jean Grave et Kropotkine et signer le « manifeste des seize » en mars 1916 favorable à l’intervention armée. En 36, il participe aux comités du Front populaire et poursuit son action syndicaliste. En 43, sous le feu des bombardements qui frappent la ville de Lorient, il s’enfuit pour Vannes où il retrouve René Lochu (tu t’souviens Lochu ?) et prend part au comité départemental de la résistance. Il sera arrêté par la police allemande en mars 44 et déporté au camp de Neuengamme près de Hambourg. Libéré, il meurt d’épuisement le 20 juin 1945 durant le voyage de retour en France. Sources: éphéméride anarchiste

Allez merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.