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Vanitas, vanitatum, omnia vanitas…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la criticature et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 09 juin 2015, vingt et 220px-Centaurea_cyanus_bunième jour de Prairial dédié au Barbeau qui n’est rien d’autre que le bleuet des champs qui,  porté à la boutonnière est le symbole de la mémoire et de la solidarité envers les anciens combattants, les victimes de guerre, les veuves et les orphelins. J’avoue avoir toujours eu un faible pour la veuve mais encore plus pour l’orpheline; en tous cas, bien davantage que pour l’ancien combattant…Je préfère suivre l’épopée du combattant contemporain comme ce blogueur saoudien, Raif Badaoui, condamné à la prison et à mille coups de fouet. En début d’année, sa situation a soulevé l’indignation à travers le monde, l’ONU dénonçant une sentence «cruelle et inhumaine». Son site avait  demandé la fin de l’influence religieuse dans le royaume, régi par le wahhabisme, une stricte version de l’islam.

D’où cette réflexion.

Mais qui dira l’incommensurabilité de l’égo du blogueur ordinaire ? Il est là, guettant son compteur comme l’épicier son tiroir-caisse. Voici la deux cent quatre vingt dix millième visite, flatteuse et flagorneuse qui lui ouvre des horizons littéraires aussi lointains qu’inaccessibles. C’est son Goncourt, son Renaudot et son Molière à la fois. Ah, César, souviens toi que tu es mortel disait le prêtre à l’impérator. Et rappelons nous les premiers mots de l’Ecclésiaste: Vanitas, vanitatum, omnia vanitas… Souviens toi, petit scarabée, que la blogosphère est immense, quasi infinie, et l’infime particule que représente ton apport est quantité négligeable au regard des milliards de données qui transitent chaque minute sur la toile. Garde toi de croire que c’est arrivé.

coup de fouet

Remercie ces visiteurs qui te font l’honneur de jeter un regard sur tes élucubrations quotidiennes, ta prose approximative, tes fautes d’orthographe, tes accords désaccordés, tes jugements à l’emporte pièce, tes raccourcis saisissants, ta galerie de portraits qui doit davantage à l’archéologie sociale qu’à l’analyse concrète d’une situation concrète. Laisse tes mots enfourcher les vents de l’Ouest qui balayent Keramoal au rythme des dépressions et qui secouent le ponant depuis de longues semaines. Le calme revenu, ils iront se déposer comme autant de feuilles mortes sur les écrans de ces anonymes visiteurs qui, au hasard d’un moteur de recherche auront échoué sur ton site. Ce sont des bois flottés qui ornent la laisse de basse mer des ordinateurs, leurs écrans depuis longtemps sont devenus leurs estrans, rivages modernes de rêveurs impénitents et les dédales informatiques leurs tiennent lieu de chemin des douaniers. Puisse ce petit journal rester sans prétentions autres que celles qui consistent à taquiner la muse, raviver les mémoires, jouer avec les mots et rassurer mes proches sur mon état de santé (poil au nez). Oui, très franchement, il n’y a pas de quoi fouetter un blogueur…

Allez, restons en là, portez vous bien et à demain peut-être.