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Votez artichaut…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la démocratie participative et du cochon de lait réunis, bonjour ! Figurez vous, chers lecteurs, que ce mardi 30 juin 2015 n’est rien moins que l’équivalent du 12 Messidor, dédié à l’artichaut. L’artichaut, c’est bien connu, est au Léon artichaut(29) ce que la bêtise est à Cambrais, le nougat à Montélimar, Colombine à Pierrot et Castor à Pollux.  Je parle du camus de Bretagne évidemment, pas le violet de Provence, ni même l’épineux de Sicile. Non, il s’agit bien de ce bon gros chardon qui, comme disait le regretté Coluche : « Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé ! ».

Inutile de vous dire que c’est aussi l’anniversaire de la disparition de Bakounine, notre maître à tous… Enfin, façon de parler, il utilisait souvent le fameux ni dieu ni maître, titre du journal de Blanqui. Tiens, c’est les grecs qui vont se régaler. Ils ont aimé Dominique, ils vont adorer Christine. Une main de fer dans un gant de velours, mais le dépeçage va continuer, la vente à l’encan est déjà programmée, les fonds de pension herculeaiguisent leurs crocs, à toi les ports, à moi la distribution de l’eau, à l’autre les routes…Tout doit disparaître, pour les Hellènes c’est les soldes d’été ! La guerre de Troie aura bien lieu. Les banksters s’en foutent royalement de la dette et de son remboursement, ils veulent la peau de Tsipras qui leur fait le coup du référendum tout en sachant pourtant que fond monétaire, banque centrale, Union Européenne et consorts s’en tamponnent le coquillard. Il y a fort à parier qu’au dernier souper du Bilderberg, entre la poire et le fromage, «ON» ait scellé le sort de ces empêcheurs de libéraliser en rond…

Le 30 juin 1840, sortie du livre de PROUDHON « Qu’est-ce que la propriété? ou Recherche sur le principe du droit et du gouvernement ». Ce premier mémoire est dédié à l’Académie de Besançon. Cela provoque un scandale; cette dernière exige le retrait de la dédicace, et somme Proudhon de venir s’expliquer devant elle. Le bac est passé mais je ne résiste pas au plaisir de vous proposer ce petit devoir de vacances:

«Sachant qu’il existe une quantité finie d’objets appropriables. Un droit de propriété sur ces objets va développer un nombre fini de propriétaires possédants les objets.
Plus un propriétaire possède d’objet, plus il est puissant, plus il peut posséder d’objets. Nous avons donc ici une boucle de rétroaction positive. De plus, plus un propriétaire possède posséderd’objets, moins les autres en possèdent, moins ils sont puissants, donc moins ils peuvent posséder. Nous avons ici une deuxième boucle de rétroaction positive.(Le terme de rétroaction positive est très souvent employé dans le domaine du changement climatique. Certains facteurs comme l’augmentation des températures vont provoquer des effets sur le climat qui à leur tour vont accentuer l’augmentation des températures. C’est alors un cercle vicieux qui s’enclenche et qui accentue le phénomène.)
Par conséquence, l’état stationnaire d’un système économique basé sur le principe de la propriété a pour conséquence directe l’établissement de monopoles, et d’accroître les inégalités. Or l’homme doit pouvoir profiter des objets dont il a besoin, et ce de manière équitable. Le concept de propriété dépossède donc l’homme de ce droit. Donc, la propriété, c’est le vol. »

Voilà, je ramasserai les copies en septembre mais, d’ici là vous pouvez déposer vos commentaires.

Germaine Montero…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des droits de l’homme et de Gibraltar réunis, bonjour ! (des droits de Gibraltar ! Oui c’est très mauvais, je vous l’accorde…) Nous voici le lundi 29 juin 2015 c’est à dire le 11è jour du mois de Messidor, généralement consacré à la coriandre. En arabe le mot se dit Kuzbur, même si dans l’Algérois on dit hachiche qui veut dire littéralement: Herbe. Mais, même bien  séchée, je vous déconseille de la fumer.

Tiens, je m’aperçois que c’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’une grande dame de la chanson: Germaine MONTERO. Germaine Heygel naît à Paris le 22 octobre 1909, d’un père alsacien et d’une mère normande. Elle passe les premières années de sa vie à Montrouge en banlieue montero droiteparisienne. Après des études au lycée de Versailles et un séjour en Grande-Bretagne, elle se rend en Espagne au début des années trente et suit des cours à l’université de Valladolid. À Madrid, où elle habite par la suite, elle rencontre le poète et dramaturge Federico Garcia Lorca. Il la fait débuter au théâtre en 1932-1933 dans l’interprétation des grands classiques espagnols. De retour à Paris après le coup d’État franquiste de 1936, elle prend le pseudonyme de Montero. En 1938, elle se révèle au public parisien dans la pièce Font aux Cabres de Lope de Vega. Elle joue ensuite dans Noces de sang de Garcia Lorca et dans Divines Paroles de Valle Inclan.

En 1939, elle débute en tant que chanteuse dans le cabaret d’Agnès Capri en y interprétant un florilège de chansons populaires espagnoles. Germaine Montero mènera toujours de front et avec un égal succès ses carrières de comédienne et de chanteuse. Au théâtre, elle joue Pirandello, Cocteau, Brecht (Mère Courage), Anouilh, Claudel, Montherlant… En 1947, elle participe à la création du festival d’Avignon aux côtés de Jean Vilar. Elle entre par la suite au TNP qu’il dirige. Au cinéma, elle tourne dans de nombreux films, dont Le soleil a toujours raison (1943, de Pierre Billon, adaptation et dialogues de Jacques Prévert), Lady Paname (1950, Henri Jeanson), Monsieur Ripois (1954, René Clément), Mélodie en sous-sol (1963, Henri montero gaucheVerneuil). En dehors des chansons espagnoles qui firent son succès, Germaine Montero mit sa voix au service des grands auteurs français. Elle est l’interprète fétiche de Pierre Mac Orlan : Je peux vous raconter, Ça n’a pas d’importance, La Chanson de Margaret, La Fille de Londres (titre repris par Juliette Gréco et Catherine Sauvage). Comme Yves Montand, Patachou, Cora Vaucaire, Mouloudji et d’autres chanteurs de la Rive gauche, elle a interprété les chansons de Jacques Prévert et Joseph Kosma (Barbara, Les Enfants qui s’aiment, Les Feuilles mortes, En sortant de l’école, Et puis après – Je suis comme je suis). Elle a aussi chanté Léo Ferré (Paris Canaille, Le Piano du pauvre), Mouloudji et Georges Van Parys (Un jour tu verras) et Léon Xanrof. Son répertoire contient par ailleurs des chansons plus anciennes : La Semaine sanglante Jean-Baptiste Clément, 1871, Nini peau de chien (Aristide Bruant, 1904), Du gris (Benech et Dumont, 1920), La Butte rouge (Montéhus, 1922), La Java Bleue (Vincent Scotto et Geo Koger, 1938).

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Gouel an erer kozh…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la phénoménologie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 28 juin 2015, dixième jour de Messidor dédié à la faucille et, normalement c’est l’été charrues2depuis quelques jours… Oui, l’ÉTÉ, en vieux françois: ESTÉ, du grec  aithein, qui signifiait « faire brûler » et qui a donné aithêr (éther) « ciel lumineux », « région supérieure de l’air ». Le fait que le mot été soit aujourd’hui un masculin est certainement dû aux autres noms de saison, tous masculins. La forme aestivus signifiant « de l’été », a donné en bas latin aestivalis, qui a donné estival qui à son tour à propos des fêtes de l’été a donné festival qui en bas-breton se dit vieilles charrues. Etonnant, non !   

De la faucille au marteau il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement en vous parlant de Léonardo BOFF (non ce n’est pas un footballeur brésilien), prix Nobel alternatif en 2001 et chef de file de la théorie de la libération au Brésil. Il a été membre de l’ordre des frères mineurs franciscains mais, la congrégation pour la doctrine de la foi, dirigée par celui qui allait devenir Benoist le seizième, lui a cherché des poux dans Boffla tonsure. Aujourd’hui il a rejoint le statut de laïc avec femme et enfants. Il a une bonne tête et personnellement, je lui donne le bon dieu sans confession… « la crise est en phase terminale parce nous tous, mais particulièrement le capitalisme, nous avons dépassé les confins de la Terre. Nous occupons et pillons la planète entière, brisant son équilibre délicat et épuisant ses ressources et services au point de ne pouvoir reconstituer ce que nous avons pris.

Karl Marx écrivait prophétiquement que le capital avait tendance à détruire ses deux sources de richesse et de reproduction : la nature et le travail. C’est ce qui se passe aujourd’hui. » Comment le capitalisme va-t-il se reproduire sans la nature ? Il se heurte à une limite indépassable. Le capitalisme rend le travail précaire ou s’en passe. Un puissant capitalismedéveloppement est possible sans travail. L’appareil de production informatisé et automatisé produit plus et mieux, avec presque pas de travail. La conséquence directe est le chômage structurel. Des millions de personnes ne vont jamais entrer dans le monde du travail, même comme armée de réserve…  Cela signifie une grave crise sociale comme celle qui fait rage en ce moment en Grèce. L’ensemble de la société est sacrifié au nom d’une économie faite non pas pour satisfaire les besoins humains, mais pour payer la dette aux banques et au système financier. Les victimes, reliées par des nouvelles voies de communication, résistent, se rebellent et menacent l’ordre existant (pas assez à mon goùt – ndlr)…»

Voilà, c’était le petit billet du dimanche. Allez, portez vous bien et à demain peut-être. 

Ida Mett, de Makhno à Durruti…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’Utopie réjouissante et des sciences occultes réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 27 juin 2015, 9è jour de Messidor et c’est le jour de Stéphanie qui s’offre le luxe d’avoir son anniversaire le jour que les républicains dans leur calendrier ont dédié à l’absinthe… C’est très fort !  Donc, je vous invite à vous joindre à moi pour le lui souhaiter le meilleur possible (pour les fleurs, l’adresse c’est ICI). Un autre anniversaire, c’est celui de la disparition d’une militante anarchiste, fort injustement oubliée: Ida Lazarévitch-Gilman, dite Ida Mett.

Née dans une petite ville industrielle de Russie, Smorgone, et issue de parents (dont Meyer Gilman) marchands d’étoffe, Ida Mett se consacre à la médecine. Elle est arrêtée pour menées subversives, quelques semaines avant d’obtenir son diplôme. À vingt-trois ans, elle s’enfuit seule de Russie avec des Ida-mettcontrebandiers juifs. Elle vit deux ans chez des parents en Pologne, puis arrive à Paris en 1926. Avec Voline et Pierre Archinoff, elle co-rédige la revue Dielo-Trouda (L’œuvre du travail). En 1928, elle se voit exclue du groupe pour rites religieux. Elle avait allumé une bougie à la mort de son père. (cela me rappelle l’histoire du groupuscule « Molotov » qui sévissait  après 68 à Rennes. Proches du PCMLF, c’étaient des purs et durs. En fait, ils étaient trois; deux furent exclus par le troisième pour déviance petite bourgeoise, ils étaient sortis ensemble.) Ida Mett et son mari Nicolas Lazarévitch seront expulsés la même année.
En 1932, elle donne naissance à un fils qu’ils appellent Marc. Ils s’installent en Belgique jusqu’en 1936. Ils font des incursions illégales en France, pendant deux ans, puis en Espagne. Là, ils rencontrent  Ascaso et Buenaventura Durruti. Grâce à leur aide, ils y organisent plusieurs réunions publiques. À cette même période, Ida Mett fréquente les milieux anarchistes et pacifistes belges. Elle reprend ses études de médecine et obtient son diplôme en 1930, mais n’a le droit d’exercer ni en Belgique ni en France. Avec son mari, elle revient clandestinement en France en 1936.

Le 8 juin 1940, ils sont de nouveau arrêtés puis emprisonnés. Lui est envoyé au camp du Vernet et en ressort au bout de trois mois ; quant à Ida Mett et son fils, ils sont enfermés au lazarevitch03camp de Rieucros jusqu’en avril 1941. Ils sont transférés à Marseille, prévoyant un exil aux États-Unis. Mais cela leur est refusé. Elle devient secrétaire du syndicat du gaz de banlieue à la bourse du travail. De 1948 à 1951, Ida Mett travaille comme médecin dans un préventorium d’enfants juifs à Brunoy (Var). En février 1948, elle termine d’écrire son seul livre rédigé en français Souvenirs sur Nestor Makhno et dans La Commune de Cronstadt, crépuscule sanglant des soviets, elle est une des premières à dénoncer la répression. À partir de 1950, elle est traductrice technique dans l’industrie chimique et ce jusqu’à la fin de ses jours.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Embraceable you…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la propédeutique et des œufs mollets réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 26 juin 2015, huitième jour de Messidor dédié à l’échalote. Autant vous dire que dans le Léon (pointe du Finistère) où réside votre serviteur, c’est fête nationale… Aujourd’hui,  je vous invite à (re) découvrir un trompettiste de jazz.

Clifford Benjamin Brown (ou de son surnom Brownie) est un trompettiste de jazz et compositeur américain né à Wilmington dans l’État de Delaware le 30 octobre 1930 et mort lors d’un accident de la route le 26 juin 1956. Dernier des huit enfants de la famille Brown, et dont le père rêvait d’avoir un descendant artiste de jazz, Clifford n’a pourtant commencé à jouer vraiment de la musique qu’à partir de 14 ans. Son père lui offrit pour son anniversaire une clifford gauchetrompette, qui attendait dans un écrin au fond d’un cagibi, mais qui attirait l’attention de l’adolescent depuis quelques années. En 1944, Clifford Brown commence à suivre des cours auprès d’un trompettiste local très doué, Robert Lowery, ami de Dizzy Gillespie. À l’âge de quinze ans, Clifford, devenu lycéen, approfondit auprès de Lowery ses connaissances musicales de façon intensive à la Howard High School, s’initiant même au piano, au vibraphone et à la contrebasse. Au début des années 50 il enregistre pour la première fois sous son nom pour le label Blue note. En 53 il rejoint Lionel Hampton pour sa grande tournée européenne.

En fin 1954, il accompagne Sarah Vaughan.  Ses derniers enregistrements en studio se font le 22 mars 1956 avec Sonny Rollins. Suivent deux enregistrements « live » avec Max Roach, et une ultime jam session en compagnie de musiciensclifford droite locaux au « Music City Club », à Philadelphie, le 25 juin 1956. La même nuit, Brown et Powell (le frère de Bud Powell) prennent la Pennsylvania Turnpike pour rejoindre Chicago dans une voiture conduite par Nancy, la femme de Richie. Sous la pluie battante, celle-ci perd le contrôle du véhicule et sort de la route. Aucun des trois occupants ne survécut à l’accident.  Clifford Brown étant tellement modeste qu’il a cherché tout au long de sa courte carrière à se faire oublier. Il a inspiré de nombreux artistes dont Wynton Marsalis.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Bon allez, tiens, histoire de participer à la radio des blogueurs 2015. Je vous offre nostalgiquement cette pépite de Colette Magny:

A galopar…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la médecine douce et du cidre brut réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 25 juin 2015, septième jour de Messidor concombre 2dédié au concombre. Attention, il ne s’agit pas de celui de Mandryka dont la philosophie à peine masquée me fait toujours autant rigoler; mais bien de la plante potagère herbacée et néanmoins rampante de la famille des cucurbitacées…

Bon, c’est pas pour me vanter mais, il fait beau sur Brest !
Tout à fait autre chose.

Si tout se passe bien, dans quelques jours je vous abandonne pour un périple en Catalogne. Mais, n’allez pas imaginer le cénobite en tongs et bob Ricard sur les plages de la Costa-Brava. Non, je pars sur les traces de George Orwell et son combat contre le franquisme et le stalinisme.
Le 25 juin 1903, naissance de George ORWELL (de son véritable nom Eric BLAIR) à Motihari au Bengale, Inde. Journaliste et écrivain politique anglais, combattant orwell_george1antifranquiste. George Orwell n’est pas vraiment un anarchiste, sinon un « anarchist tory (conservateur) ». S’il figure ici, c’est pour son magnifique livre, Hommage à la Catalogne libre (fruit de son expérience espagnole), mais aussi pour ses dénonciations des dangers du totalitarisme : La ferme des animaux et 1984. Après une éducation anglaise, il s’engage en 1922 comme officier de police en Birmanie (colonie anglaise), mais il en démissionne en 1928 pour se consacrer à l’écriture. Sans argent il vit Dans la dèche à Paris et à Londres, où il exerce divers petits boulots.

Juillet 1936, la révolution espagnole éclate, il se rend alors à Barcelone et dans l’enthousiasme révolutionnaire s’engage dans les milices du POUM. Il prend part aux événements de mai 1937, puis retour sur le front de Huesca où, le 20 mai, CVT_Orwell-anarchiste-Tory_4612une balle lui traverse la gorge. Blessé et dégoûté des trahisons staliniennes, il rentre en Angleterre où il se remet à l’écriture. La guerre voit son engagement dans la garde nationale anglaise, puis il devient speaker à la BBC. En 1943, il est directeur de rédaction du journal « The Tribune » et ensuite envoyé spécial de « The Observer ». Atteint de tuberculose il meurt le 21 janvier 1950.
« On était en décembre 1936.(…) J’étais venu en Espagne dans l’intention d’écrire quelques articles pour les journaux, mais à peine arrivé je m’engageais dans les milices, car à cette date, et dans cette atmosphère, il paraissait inconcevable de pouvoir agir autrement. Les anarchistes avaient toujours effectivement la haute main sur la Catalogne et la révolution battait encore son plein.(…) C’était bien la première fois dans ma vie que je me trouvais dans une ville où la classe ouvrière avait pris le dessus. » in: Hommage à la Catalogne. Sources

Allez merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

A la St Jean, le cénobite s’détend…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la tradition et de la poule au pot réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 24 juin 2015 qui est effectivement le jour de la saint Jean, quand bien même nos amis républicains l’avaient dédié au romarin. Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes samedi-la-commune-fete-le-sport-et-la-saint-jeanet moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; faire « an hi erez », c’est du parler douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu).

Juin 1905, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, le principal cuirassé de la flotte de guerre russe. Il devait son nom à un dignitaire russe très proche de la grande Catherine qui finit sa carrière comme généralissime des armées russes. C’est lui qui inventa les villages en carton, pour satisfaire la généralTsarine au cours de son fameux voyage dans le midi de l’Empire (1787). Tout le long du Dniepr, pays aride et inhabité, des villas et des jardins furent installés afin de charmer les yeux de l’auguste visiteuse. Des masses populaires furent amenées des coins les plus éloignés de l’empire, des troupes furent échelonnées le long de la route avec mission d’acclamer la souveraine et d’exprimer l’enthousiasme des peuples nouvellement conquis. Plus tard on raconta qu’il s’agissait là d’une fable médisante répandue (et beaucoup traduite) par un journaliste allemand et malveillant.

Mais revenons à notre cuirassé. Le drame survient à Odessa, sur la mer Noire. Un marin est tué par un officier pour s’être plaint de la viande avariée. Aussitôt, l’équipage se soulève à l’instigation d’un meneur révolutionnaire, Afanasy 220px-MatuschenkoMatiouchenko (ici au centre de laphoto). Tandis que huit officiers rejoignent les mutins, le commandant et plusieurs autres officiers sont tués et jetés à la mer. C’est que, depuis la défaite de Tsushima, un mois plus tôt, face à la flotte japonaise, les officiers de la marine tsariste ont le plus grand mal à se faire respecter par leurs hommes. Les marins du Potemkine s’emparent du navire et hissent les drapeaux rouge et noir de la révolution. Deux autres navires se joignent à la sédition. Le surlendemain, l’insurrection s’étend au port d’Odessa et à d’autres ports de l’Empire.

L‘état de siège est déclaré et la répression fera plusieurs centaines de morts. Après une longue errance dans la mer Noire, la plupart des mutins finiront par obtenir l’asile politique en Roumanie, dans le port de Constantza. La mutinerie le landaus’inscrit dans la série de troubles sociaux, politiques et militaires, qui empoisonnent le régime tsariste en cette année 1905. Mais la notoriété de Potemkine vient surtout du film qu’en tirera le réalisateur soviétique Serge Eisenstein en 1925 : «Le cuirassé Potemkine». Chacun se souvient de la scène du landau qui dévale les marches du fameux escalier d’Odessa, un travelling de six minutes. Cette scène mythique a été reprise aussi bien par Brian de Palma dans les incorruptibles que par Terry Gilliam dans Brazil.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

ça branle dans le manche…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du marais poitevin et du p’tit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 23 juin 2015, cinquième jour de Messidor, habituellement dédié au mulet. Attention, pas le poisson hein. Non non, cette bonne vieille mule issue d’une jument trait mulassier poitevin et d’un baudet du Poitou, c’est la plus grande et la plus forte des mules. la mule du Poitou. Autrefois fleuron de la production mulassière française et reconnue dans le monde entier, elle a failli disparaître. Il y avait la mule du pape, voici celle du Poitou.

Quand le peuple divorce de ses représentants…

Le 23 juin 1848 éclatent à Paris de violentes émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux. Leur répression, très brutale, consacre la rupture entre la classe ouvrière et le régime républicain. Les Ateliers nationaux ont barricadesété créés le 28 février par le gouvernement provisoire de la IIe République en vue de procurer aux chômeurs un petit revenu en échange d’un travail symbolique. Là-dessus se déroulent les élections législatives, les 23 et 24 avril. Ce sont les premières élections au suffrage universel (masculin). Contre toute attente, elles amènent à l’Assemblée une forte majorité de notables provinciaux très conservateurs… Le 10 mai, dans l’attente d’une Constitution, le gouvernement provisoire cède la place à une Commission exécutive issue de l’Assemblée.

Cette Commission compte cinq membres, des républicains de mérite qui vont être dépassés par les événements et surtout écrasés par la pression de l’Assemblée : François Arago, président de la Commission et chef d’État virtuel, Garnier-aragoPagès, Marie, Lamartine et Ledru-Rollin. L’administration des Ateliers nationaux est confiée à un conservateur, Marie, qui va s’employer à les disqualifier. Tandis que les effectifs employés croissent de 25.000 à près de 120.000, on ne leur confie aucun travail susceptible de concurrencer une entreprise privée. Les bénéficiaires pavent et dépavent les rues en contrepartie d’un franc par jour. Désœuvrés, ils refont le monde et cultivent qui les idées bonapartistes, qui les idées socialistes.

La Commission décide donc le 20 juin 1848 de supprimer les Ateliers nationaux avec l’espoir d’étouffer ainsi l’agitation ouvrière. C’est le contraire qui se passe. 20.000 ouvriers descendent dans la rue le 23 juin 1848 et forment jusqu’à 400 barricades. Le général Cavaignac engage une terrible insurgésrépression, à la mesure de l’effroi qu’éprouvent les bourgeois de l’Assemblée. Au total, du 23 au 26 juin, trois jours de combats feront 4.000 morts parmi les insurgés et 1.600 parmi les forces de l’ordre. Aujourd’hui, la bourgeoisie est devenue d’État, composée de hauts fonctionnaires, d’énarques, d’experts de l’expertise, de politicards consanguins (mais pas sans gains), de technocrates, européens ou pas. Mais leur rapacité est la même. Gageons que l’avenir ne se soldera pas de la même façon.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Aaron, Aaron, petit patapon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’utopie galopante et de la chicorée Leroux réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 22 juin 2015 c’est à dire que les jours vont commencer à diminuer. Ce quatrième jour de véroniqueMessidor était dédié à la Véronique, jolie petite fleur qui doit son nom à sainte Véronique (bien connue dans son immeuble) qui aurait recueilli un linge portant les traits du Christ et aurait, grâce à ce linge, guéri l’empereur Tibère  de la lèpre. Il est vrai que la véronique officinale était utilisée autrefois en application sur les plaies des lépreux (d’où son nom familier d’herbe-aux-ladres).

Tiens, restons dans le domaine du miraculeux; vous ai-je déjà parlé de Aaron ? Non pas le frangin de Moïse mais un breton armoricain garanti grand teint; c’est aujourd’hui sa fête. Oyez ce qu’en dit Albert Le Grand:

« Environ l’an 507, saint Aaron vivoit en grande sainteté & gouvernoit nombre de Moynes en un Monastere qui estoit en une Isle dans la Mer, vis-à-vis de la Ville d’Aleth (aujourd’hui St-Servan près de St-Malo). Il estoit Breton Armoricain ; &, ayant receu l’Ordre sacré de Prestrise, Cézembrese retira, avec quelques autres jeunes Clercs, dans cette Isle, où ils construisirent un petit Monastere, dans lequel ils se logerent & se soûmirent à la direction de saint Aaron. La vie que menoient ces saints Personnages estoit si parfaite, que saint Malo, ayant quitté son pays, fut averti par un Ange d’aller trouver le saint Abbé Aaron, lequel, pour lors, s’estoit retiré en l’Isle de Cesembre, (vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte nord exposée au sud, avec les Ebihens peut-être. Enfin, c’est ce que me disait à chaque fois le père La rouille quand il m’emmenait aux homards de ce côté là) plus avant en la Mer, pour s’adonner plus spécialement à la solitude.

Le Vaisseau de saint Malo, guidé du Ciel, aborda en cette Isle ; les deux Saints s’entresaluent, & le bon vieillard Aaron receut saint Malo, comme celuy que Dieu luy envoyoit pour luy succeder en sa charge d’Abbé. Ils allerent tous au Monastere, où, peu de jours aprés, Dieu appella à soy saint Aaron, au chapellegrand regret de ses Religieux, qui l’ensevelirent en son Eglise Abbatiale, & éleurent en son lieu saint Malo, lequel, ayant esté sacré Evesque d’Aleth, fit lever de terre les Reliques de S. Aaron & mettre dans un Sepulchre élevé en sa Cathedrale. Depuis, son Chef & son Bras droit, richement enchassez, furent mis parmy les autres Reliques de la Cathedrale de saint Malo. ». A St-Malo intra muros, se trouve encore la chapelle St-Aaron que l’on découvre ici en photo.

Et voila pourquoi aujourd’hui, les enfants dans les cours des écoles chantent Aaron, Aaron, petit patapon et Malo est devenu une marque de yaourt. Mais, à quel saint se vouer, madame Michu… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.