Vade retro Groac’h…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la gent féline et de l’agent 007 réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 13 mai 2015. Ce jour est le 24è de floréal dédié à la Valériane bien connue pour ses propriétés antispasmodiques et encore nommée, l’herbe aux chats. Au 5e et au 4e siècle av. J.-C., parmi les disciples d’Hippocrate, la valériane jouait déjà un rôle important en gynécologie. Dans l’Antiquité on appelait la plante « phu » en faisant la distinction entre le « phu magnum » ou thériaque, le « phu vulgare » ou valériane commune, également nommée herbe aux chats, et  images3le « phu minus » ou valérianelle. L’herbe est citée par Dioscoride, Pline et par l’abbesse Hildegarde de Bingen, bien connue dans son canton.  Le nom choisi par Bartoldi dérive de celui de la province romaine de Valeria, en Pannonie (entre le Danube et la Drave). Contrairement à une opinion très répandue le nom de la plante ne dérive pas du latin « valere », c’est-à-dire vaillant, valeureux. elle était censée atténuer les effets de la danse de saint-Guy. Au moyen-âge, cette maladie vous conduisait irrémédiablement vers le bûcher, au motif que vous étiez possédé. Les plantes très odorantes ont toujours et partout jouer un grand rôle pour éloigner les démons, sorcières et autres mauvais esprits. De nos jours encore, dans certaines régions rurales, on accroche au-dessus de la porte des fermes et des étables une touffe de valériane en guise de protection contre le mauvais sort.

Mon aïeule, qui avait de la pédagogie une idée toute personnelle, me racontait qu’en Bretagne, la groac’h était groachgrande utilisatrice de valériane. Une groac’h est une fée liée à l’eau. Multiforme, elle est souvent vieille et nocturne, apparentée aux ogres et aux sorcières, parfois avec des dents de morse. Réputée vivre dans des cavernes, sous le sable ou sous la mer, la groac’h a du pouvoir sur les éléments de la nature et maîtrise la métamorphose. Quelques rescapés racontent qu’ils ont entendue une douce mélopée à son approche. En voici une version L’illustration est due au talent de Andrew L. Paciorek.

« Viens dans les eaux, amour,
Danse sous les vagues,
Où demeurent les os des marins
À l’intérieur de ma caverne safran. »

Elle est surtout connue comme une figure malveillante, en particulier à cause du conte d’Émile Souvestre La Groac’h de l’île du Lok. La fée y séduit les hommes qu’elle change en foyer bretonpoissons et les sert comme repas à ses hôtes, sur l’une des îles de l’archipel des Glénan. D’autres contes les présentent comme de vieilles fées solitaires pouvant combler de cadeaux et de dons les humains qui leur rendent visite. Plusieurs toponymes de Basse-Bretagne sont attribués à une groac’h, en particulier des mégalithes dans les Côtes-d’Armor, ainsi que l’île de Groix (ne dit-on pas: qui voit Groix, voit sa croix.) dans le Morbihan, et le phare de la Vieille sur Ouessant.

Allez, n’ayez pas peur, ça va s’passer, portez vous bien et à demain peut-être.

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