Un brin vaut mieux que deux tu l’auras…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la criticature et du maquereau vin blanc réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 1er mai 2015, douzième jour de Floréal dédié au sainfoin; et le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais 1er Maic’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau, de la renaissance. Chez les Celtes, c’est Beltan. Or donc, ce 1er mai  les prolétaires du monde entier, répondant aux vœux du grand père Karl et du grand oncle Vladimir Oulianov, ignorant souvent les martyrs de Haymarket, s’unissent religieusement devant leurs petits écrans pour suivre les avatars d’un prince de la perfide Albion ou se pâmer devant vingt et deux bonhommes en short à moins qu’ils n’aient les yeux de Chimène pour la gagnante endimanchée d’un télé-crochet à deux balles…

Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant les atermoiement des millionnaires en culottes courtes du PSG ou l’insoutenable spectacle du dernier voyage de mystiques népalais quand ce n’est pas celui de ces étranges étrangers, migrants vers nos eldorados comme on s’embarque pour l’Olympe éthéré, là où festoient les saints, les anges et tous les élus. Dans les siècles passés, cette frénésie de la feux-de-beltan-300x202célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux amoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» .  L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent très tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres, jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et de la chasteté… C’est-y pas malheureux !  
Faut-il que les capacités intellectuelles et spirituelles de notre pauvre humanité en soient réduites à leurs plus simples expressions pour que nous soyons condamnés à de telles extrémités. Ce spectacle des foules apoplexiques devant les contes de fées aurait tendance à me renforcer dans mes vérité & mensongescertitudes, au risque d’y perdre mes illusions: ces gens là ont ce qu’ils méritent !!! Faut-il que les médias, publics et privés, soient définitivement aux ordres de l’oligarchie régnante pour que par milliards, oui, par milliards, la gent humaine s’ébaubisse de la sorte devant les fastes de la royauté, l’apparat de la papauté, les prétentieux falbalas des puissants de ce monde. Faut-il que notre éducation, en laquelle Jules Ferry voyait le creuset de l’émancipation, ait échoué dans ses missions, pour que l’aveuglement des masses atteigne un tel niveau himalayesque. Alors que très bientôt, notre « démocratie » va de nouveau se poser la question de l’opportunité d’obliger le petit peuple à exercer son droit de vote, on peut s’interroger sur les capacités de celui-ci, dont le niveau de réflexion est à peu près égal à celui d’un buffet de cuisine, à exercer ce droit.

J‘en étais là de mes réflexions lorsque j’ai aperçu le petit marchand de muguet sur son coin de trottoir… Ah, tradition, quand tu nous tiens ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

6 commentaires

  1. Hobo-Lullaby

    Salut Erwan,

    En ce lendemain de 30 avril, je lève mon verre et ma clochette de muguet à tout les Cénobites, et en chanson s’il vous plait !

    Chanson publiée en 1894, de Jules Célès,liseur de dessins dans la soierie lyonnaise,chansonnier et poète lyonnais

    Avant de rentrer à l’usine,
    Viens prendre un verre remontant,
    Hein ?… Tu ne vas pas, j’imagine,
    T’opposer à ce voeu tentant ?…
    La mastroquette est sur la porte ;
    Viens lui commander un litron.
    Le patron va grogner, qu’importe !…
    Nous nous fichons bien du patron !

    Puis les patrons ?… Moi je m’en charge !
    Tu dis : Comment s’y prendra-t-il ?
    Je connais un moyen viril…
    Va, tous n’en mènent pas large
    Le lendemain du 30 avril !

    Les patrons ?… c’est chose inutile ;
    On va les supprimer, d’ailleurs.
    Au village comme à la ville,
    L’outil doit être aux travailleurs.
    Si nos élus n’étaient des moules,
    Cela serait déjà voté…
    Mais le candidat rit des foules
    Sitôt qu’on l’a fait député !

    Ah ! les députés ! Moi je m’en charge !
    Tu dis : Comment s’y prendra-t-il ?
    Je connais un moyen viril…
    Va, tous n’en mènent pas large
    Le lendemain du 30 avril !

    Oui, mon vieux, va, c’est pas grand’ chose
    Que tous ces fabriquants de lois :
    Ça vote tout ce qu’on propose,
    Quand c’est l’intérêt des bourgeois.
    À vie, on nous fait militaires,
    Non à cause de l’étranger,
    Mais pour ces bons propriétaires
    Qu’il est urgent de protéger !

    Ah ! les proprios ! Moi je m’en charge !
    Tu dis : Comment s’y prendra-t-il ?
    Je connais un moyen viril…
    Va, tous n’en mènent pas large
    Le lendemain du 30 avril !

    Tu verras si ma prophétie
    N’a pas lieu dans les temps voulus…
    Et ne crois pas que « pro fait scie » ;
    Pro fait pro, pas moins, mais pas plus !…
    Quoi ! notre bouteille est vidée !
    En deux verres !… Quels flancs coquets !
    C’est la capacité cotée
    Par le code des mastroquets !

    Ah ! les mastroquets ! Moi je m’en charge !
    Tu dis : Comment s’y prendra-t-il ?
    Je connais un moyen viril…
    Va, tous n’en mènent pas large
    Le lendemain du 30 avril !

    Bientôt l’on ne pourra plus boire.
    Tout est empoisonné, pardi !
    Le jinglard, ça vous fout la foire,
    Tout comme l’eau d’Hunyadi !
    Le raisin, sulfaté de cuivre,
    Recèle un feu dont nous mourons ;
    Donc, si l’homme ne doit plus vivre,
    C’est la faute des vignerons !

    Ah ! les vignerons ! Moi je m’en charge !
    Tu dis : Comment s’y prendra-t-il ?
    Je connais un moyen viril…
    Va, tous n’en mènent pas large
    Le lendemain du 30 avril !

    Les patrons, les propriétaires,
    Les députés, les mastroquets,
    Les civils et les militaires,
    Ça sort tous des mêmes baquets.
    Il faut tout mettre à la refonte ;
    Allons-y des pieds et des mains…
    Je sens le rouge qui me monte,
    Quand j’entends parler des humains !

    Ah ! l’humanité !… Je m’en charge !
    Tu dis : Comment s’y prendra-t-il ?
    Je connais un moyen viril.
    Elle n’en mènera pas large
    Le lendemain du 30 avril.

    Amitiés fraternelles

    Serge

    • erwandekeramoal

      Ah, ça déménageait de ce temps là. Bonne fête des travailleurs.

  2. babelouest

    Grand mai… Grand mai…

    Pendant ce temps-là, le soleil est resté couché, et cet après-midi il fera la marienne : tout seul ? voilons-nous les yeux….

    • erwandekeramoal

      Comme disait mon aïeule: ne pas confondre la bobée avec la mariennée. Bon WE à toi.

  3. babelouest

    Il y a eu un ennui ?
    https://www.youtube.com/watch?v=RShIJvrjD80

  4. Sceptique

    « ERRARE HUMANUM EST. » L’âge ne fait rien à l’affaire.

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