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La bonne à tout faire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des jardins à l’anglaise et des champignons à la grecque réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 05 mai 2015, 16è jour de floréal dédié à la consoude, cette plante que les consoudeanciens appelaient la bonne à tout faire. Utilisée depuis l’antiquité comme cicatrisant, la consoude sert aussi à la consolidation des fractures. On consomme ses racines crues ou cuites, les feuilles servent dans les soupes, à la façon du tapioca. On confectionne des beignets avec ses feuilles, qui rappellent le goût du filet de sole. Bon, n’exagérez pas car elle renferme des alcaloïdes dangereux pour le foie ! Autrefois, les nourrices utilisaient les racines des « toutes-bonnes » pour soigner les gerçures de leurs mamelons..

Le 05 mai 1920, décès de Charles-Ange LAISANT, il était né à La Basse-Indre le 1er novembre 1841, département de la Loire-Atlantique. Militaire, mathématicien, député d’extrême-gauche, franc-maçon, il devient ensuite anarchiste, pédagogue rationaliste, libre-penseur, esperantiste. Parcours atypique que celui d’Ange Laisant, après de brillantes études au lycée de laisant droite Nantes, il intègre l’Ecole Polytechnique. Capitaine du génie lorsqu’éclate la guerre de 1870, il assurera durant le siège de Paris la défense du Fort d’Issy jusqu’en janvier 1871. Après la chute de l’Empire, il se présente en février 1871 aux élections sur une liste républicaine (il sera battu) mais, en octobre de la même année, il devient Conseiller Général du canton de Nantes. Il se trouve en garnison à Tours lorsque la Commune de Paris est proclamée, mais ses opinions avancées lui vaudront d’être muté en Corse puis en Algérie. Il quitte ensuite la carrière militaire pour se consacrer à la politique et sera élu député de Nantes le 20 février 1876, il siégera alors sur les rangs de l’extrême-gauche (mandat qui sera renouvelé cinq fois). Le 29 novembre 1877, à Paris, il soutiendra avec succès deux thèses pour un doctorat ès sciences mathématiques. En 1885 il est élu député de la Seine, puis en 1889 à Paris (18ème) sous l’étiquette Boulangiste (il avait fait ses études laisant_c_aavec Boulanger). Mais, dégoûté de la carrière politique, il y renonce en 1893 pour se consacrer à l’enseignement. C’est par son fils Albert, devenu anarchiste, qu’il rallie à son tour les libertaires. Il sera un des responsables de la « Ligue internationale pour l’éducation rationnelle de l’Enfance » fondée par Francisco Ferrer. Néo-malthusien, libre-penseur et franc-maçon, il écrit des textes éducatifs pour les enfants, en mathématique, physique, etc., et se passionne pour l’espéranto. Il collabore aux journaux « La Bataille syndicaliste », « l’Ecole rénovée », « l’Ecole émancipée »,  » l’Idée Libre », et écrit également des brochures ou des essais théoriques comme « La barbarie moderne » (1912).
Durant la première guerre mondiale, dans le sillage de Jean Grave et Pierre Kropotkine, il signera le « Manifeste des seize » favorable à l’intervention contre l’Allemagne.
A noter que son fils Albert (qui l’aidera dans ses travaux) aura deux fils qui deviendront à leur tour des militants connus, Maurice et Charles Laisant.

Pourtant, ce grand mathématicien et philosophe est pratiquement inconnu en France, offrons lui la place qui lui revient dans notre galerie de portraits. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.