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Tous ensemble, tous ensemble, ouais…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis des métaphores ubuesques et des cannellonis réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 10 avril 2015, 21è jour de Germinal dédié au gainier (à ne pas confondre avec le culottier) bel arbre que l’on nomme aussi « arbre de Judée ». la légende veut que ce soit à cet arbre que Judas ait choisi de se pendre après sa trahison…

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J‘ai beau chercher, je ne trouve pas mieux…Pour moi, elle reste la plus belle quel que soit l’interprète. J’avoue tout de même avoir une petite préférence pour Marc Ogeret. Oui, enDicours-servitude-volontaire effet, on est en droit de se poser la question. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Exploités, courbés, saignés aux quatre veines, ils en redemandent. Il y a pourtant longtemps que le philosophe nous mettait en garde contre la « servitude volontaire » mais rien n’y fait, il faut qu’ils y retournent. Cela fait plus de 450 ans que Etienne de la Boëtie, qui n’avait que 18 ans à l’époque, écrivit son discours dans lequel il posait la question: Comment se peut-il que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? ».

Aujourd’hui on nous explique, paroles d’experts à l’appui, qu’il va falloir travailler davantage et plus longtemps et plus longtemps encore pour une retraite pas garantie du tout. Et pour faire passer la pilule amère, on va vous donner de la télé et des jeux sur internet .La Boétie condamne ainsi ces tous ensemble« drogueries »: Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie. On dirait vraiment qu’il parle de TF1 ! Mais fort heureusement, La Boëtie ouvre une porte à l’espoir, celle de la résistance:Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux inspirés que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s’empêcher de le secouer; qui ne se soumettent jamais à la sujétion (…) Ceux-là ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants encroûtés, de voir ce qui est à leurs pieds, sans regarder ni derrière, ni devant; ils rappellent au contraire les choses passées pour juger plus sainement le présent et prévoir l’avenir.

Ainsi va la vie, comme disait mon aïeule: à la saint Fulbert le cénobite se met au vert (ou au verre). Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Fays ce que vouldras…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la rôtisserie française et du Saint-Pourçain réunis, bonjour! Nous sommes le jeudi 09 avril 2015, 20è jour de germinal dédié à la ruche.

Le 9 avril 1553, mort de François RABELAIS, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière. Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois. Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes pantagruel_libertaires. En 1520, moine à Fontenay le Comte, il se passionne pour l’étude du grec, puis voyage et se fixe à l’Université de Montpellier où il fait des études de médecine. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son œuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

Rabelais réalise la transition entre deux époques : s’il est encore un homme du Moyen-Âge qui aime la liesse et la farce, il est aussi un contemporain de la Renaissance, humaniste savant, médecin féru de grec et partisan du retour à la nature . À travers lui, le Moyen-Âge et la Renaissance, loin de s’opposer, découlent harmonieusement l’un de l’autre. On lui doit entre autres la fameuse citation: « science sans conscience n’est que ruine de l’âme… » mais, celle que je rabelaispréfère c’est celle-ci, tirée de Gargantua: « Vous convient être sages, pour fleurer sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers au pourchas et hardis à la rencontre. Puis, par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l’os et sucer la substantifique moelle. » Ca vous met en appétit non?
Une autre description des plus réjouissantes me plait tout autant: « Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Sortaient du lit quand bon leur semblaient, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et leur règlement se limitait à cette clause : FAIS CE QUE TU VOUDRAS. »

Ah, les moines de l’abbaye de Thélème, ils me font penser à ceux de Saint Bernardin « qui se levaient tard et se couchaient matin pour aller à Matines vider les p’tits flacons… » Vieille chanson de carabins que l’on trouve encore sur quelques 78 tours dans la collection « aux plaisirs des Dieux ». Allez, merci de cette visite et surtout, portez vous bien et à demain peut-être.

Si ma tante…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’Uchronie et des regrets affectés réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 08 avril 2015, 19è jour de Germinal dédié au radis dans notre calendrier républicain, mais en réalité, en pataphysique, ce jour est le Mardi 17 Clinamen 142 St Hiéronymus Bosch, démonarque. A propos de radis, de longs et pénibles travaux de jardin m’attendent aujourd’hui et vont me tenir éloigné du clavier une grande partie de la journée. Ceci et ma flemmingite légendaire justifient que je réédite ce petit billet qui n’a guère perdu de sa fraicheur…

Si j’évoque l’uchronie, quoique ce mot, cher au philosophe Charles Renouvier, soit tombé en désuétude et même disparu des dictionnaires, c’est sous l’inspiration de ce qu’il est convenu d’appeler « les affaires ». Car en effet, si le nez de Cléopâtre… Et vous connaissez la suite, c’est un résumé de l’Uchronie. Il s’agit d’une forme littéraire permettant de Uchronies-223x300présenter l’histoire telle qu’elle n’a pas été mais telle qu’elle aurait pu être. C‘est ainsi que me suis imaginé que les français, au mois de mai 2012, avaient voté à gauche et non pas socialistes. Ce jour là ils ont choisi l’humanisme, la justice sociale, l’équité, la solidarité, la fin de la république des copains, des coquins, des potes de la promo Voltaire à l’ENA, des prébendes, des passe-droits, des cumulards. Ce jour là, le peuple souverain délègue ses pouvoirs à des représentants qui sont tenus d’en faire bon usage sous peine d’être débarqués séance tenante. Ils se sont en effet engagés à privilégier le mieux être des citoyens au détriment des marchés, des banksters, des actionnaires et des oligarchies régnantes.

Ce jour là, des hommes et des femmes conscients de leur responsabilité et soucieux du mandat impérieux que leur avait donné le peuple, décidèrent que l’alternative existait et, appliquant rigoureusement le Talion républicain, ils ont tranché la main invisible du marché qui poursuivait sa sinistre besogne école gauchedans la culotte des zouaves. Tous les millionardaires qui s’étaient déguisés en socialistes et réfugiés à Solférino pour échapper à la vindicte populaire furent conduit au camp de rééducation de Kergrist-Moëlou où ils devaient compter, à la main, les milliards récupérés dans les paradis fiscaux pour financer la politique de grands travaux publics décrétée par l’assemblée. Le congrès réuni à Versailles adopta le changement de constitution et la sixième République proclama que: l’éducation, l’eau, la santé, l’énergie étaient des biens inaliénables qui à aucun moment ne pourraient se retrouver dans le domaine marchand.

Quelques mois plus tard, devant le succès rencontré, les grecs, les espagnols, les portugais et les italiens suivirent le même chemin. Au début de l’année 2013, presque tous les États avaient rejoint la fédération des peuples européens et adoptés une législation unique en matière sociale et com-libreéconomique. Au mois de Juin, de Brest à Athènes, de Lisbonne à Hambourg, l’ancienne fête de la musique fut transformée en Fiesta Utopia. Une amnistie générale fut déclarée, le camp de Kergrist-Moëlou transformé en colonie de vacances, Jules-Edouard Moustic fut nommé gouverneur général de l’Europe et Siné-Mensuel devint le journal officiel de la sixième République. Si vous n’avez pas le temps de descendre jusqu’à Marinaleda, remettez vous à la lecture; je vous conseille: La Commune libre de Saint-Martin, de Jean-François Aupetitgendre – 272 pages, en vente à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, 75011 Paris.

Ah, le nez de Cléopâtre, s’il eut été plus court…, Valls, s’il eut été socialiste… François le normal s’il eut été un homme de gauche… Et ma tante, si… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Fourier et les dunes de Keremma…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 07 avril 2015, c’est le 18è jour de Germinal dédié à la cigüe  et ce qui suit n’a rien à voir… Quoique. Socrate, grand parmi les grands philosophes 220px-Cicuta_virosamourut lui même par la cigüe et les sorcières de MacBeth en font bel usage:  « … oreille d’un singe noir et de la ciguë arrachée un soir. Remplissez la chaudière et bouillez l’ensemble afin qu’opère ce mélange infernal, ce charme sans égal. » Vous remarquerez qu’avant la réforme de l’orthographe, on mettait le tréma sur le ë et les points sur les i; mais ceci est un autre histoire. Pour l’heure, nous évoquons un autre grand philosophe. François-Charles-Marie FOURIER.

Penseur et économiste français, théoricien d’un socialisme d’associations. Il est né le 7 avril 1772 à Besançon, dans une famille de commerçants aisés. Il fait des études dans un collège religieux de Besançon avant de renter en apprentissage à Lyon en 1791. Incorporé durant les événements révolutionnaires, il combat avec les fédéralistes lyonnais en 1793 puis en 1794 dans l’Armée du Rhin. Malgré fourier droiteson aversion pour le milieu marchand, il commence à travailler dans le commerce à Lyon, Marseille et Paris (où il finira par s’installer en 1826). A Lyon, il ouvre une boutique d’épicerie mais essuie un revers de fortune et est jeté en prison. Il sera dès lors un simple employé de commerce. Préoccupé par les problèmes sociaux, il écrit en 1805 un premier article dans le « Bulletin de Lyon ». Il vit modestement et se consacre à l’écriture. Contestant l’ordre social établi, il veut le remplacer par un nouvel ordre, basé sur les « Passions » afin de retrouver l’harmonie naturelle. Pour cela, il imagine le système du Phalanstère (communauté, à la fois coopérative de production et de consommation).

Ses livres seront incompris et sujets de railleries, et ne lui permettront pas de mettre en pratique ses idées de son vivant, même s’il connaîtra sur la fin de sa vie un début de reconnaissance. Il groupera pourtant autour du mouvement de « l’Ecole sociétaire », qu’il a impulsé à partir de 1814, de nombreux disciples dont Victor Considérant (qui le rejoindra en 1825) et qui continuera son oeuvre.
phalanstèreSa pensée est à l’origine de nombreuses réalisations tant en France qu’à l’étranger (comme au Brésil et aux Etats-Unis), et conservera un intérêt certain pour les révolutionnaires, les utopistes et autres réformateurs sociaux ou tout simplement les tenant de l’amour-libre. Par exemple, le Familistère de Guise fondé par Godin et à propos duquel j’ai fait un billet le 26 janvier de l’an passé. On peut imaginer encore que les idées de Fourier ne sont pas sans avoir influencé l’oeuvre de Le Corbusier. Ici à gauche, une aquarelle représentant le Phalanstère idéal. FOURIER est l’auteur de « La Théorie des quatre mouvements et des destinées générales « (1808), « Traité de l’Association domestique et agricole »( 1822), « Le Nouveau Monde industriel où sociétaire »(1829), « Vers la liberté en amour », etc. « La concurrence prépare les crises, ruine le plus grand nombre, élève une aristocratie mercantile, frappe à la fois les chefs d’usines et les ouvriers. Elle perpétue l’esclavage sous la forme du salariat. Le travail rebutant, inorganisé, mal payé, ressemble à un châtiment. La misère grandit avec l’abondance. Nos populations sont aussi malheureuses que celle d’Asie. » Le nouveau monde industriel ou sociétaire (1829).

Mais aussi, et cela est moins connu, une tentative de Phalanstère non loin d’ici sur les dunes de TREFLEZ (Finistère) en bordure de l’anse du Goulven. Un certain Louis ROUSSEAU emma2dans les années 1820 y créa une communauté, « la société rurale de Lannevez », sur un terrain sablonneux. Il y fit construire un manoir qu’il baptisa du nom de son épouse « Emma » que l’on voit ici à droite. Ainsi sont nées les dunes de Keremma. 300 hectares qui, exceptionnellement, sont restés en indivision depuis lors et qui voient chaque été, les descendants de la famille Rousseau se retrouver dans ces magnifiques maisons bourgeoises qu’ils ont fait fait ériger tout au long de la route entre Plouescat et Treflez et qui n’existent nulle part ailleurs.

Ah, on est loin du traité de Lisbonne… Portez vous bien et à demain peut-être.

A Biribi…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la quadrature du cercle et du bicarbonate de soude réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 06 avril 2015, 17è jour 450px-Larix_decidua_Bonzai_02_by_Line1de Germinal dédié au Mélèze et c’est la St Marcellin qui fut, comme chacun s’en souvient, un ministre de l’intérieur fort apprécié des soixante-huitards… Le mélèze c’est balèze disait mon aïeule qui en faisait des bonsaïs. Une fois encore la météo a donné raison aux dictons de nos aïeux car ce matin il ne faisait pas bon se découvrir d’un fil…

Aujourd’hui est aussi le jour anniversaire de la naissance de Georges Hippolyte Adrien qui vit le jour en 1862. Je vois à vos mines dubitatives que sa renommée n’est pas parvenue jusqu’à vous. Il est plus connu (disons, moins inconnu) sous le nom de Georges Darien. Cet écrivain quasiment oublié de tous fut redécouvert dans les années 1950 avec la réédition de son  le voleurroman le voleur dont Louis Malle fit une magnifique adaptation cinématographique en 1967. Rappelez vous de Belmondo, de Charles Denner, de Lucien Guiomar, de Bernadette Laffont, Marlène Jobert… Que du beau linge. Le 16 mars 1881 (dix années après la Commune), devançant l’appel, il s’engage à l’armée, dans le deuxième escadron du Train. Le 23 mai 1883, son insoumission l’envoie pour 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie. C’est le nom qu’il donnera à son roman, dans lequel il dénonce les difficultés de sa condition et celles de ses compagnons. Mais ce roman là, comme les autres, ne connut guère de succès. Ecoutez cette magnifique chanson interprétée par Mouloudji « Biribi », musique de Théodorakis.

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Admiré par Alfred Jarry et Alphonse Allais, plus tard par André Breton, Georges Darien devient un auteur prisé des milieux libertaires. En dépit d’une seconde biographie récente, peu de choses de sa vie sont connues, ce qui laisse libre cours aux fantasmes qui associent la vie de l’écrivain à celle du héros de Adrienson roman, Randal. En effet de 1891 à 1897, il disparaît, voyage en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, Londres en particulier, d’où il revient avec le manuscrit de son roman, Le Voleur. Redécouvert en 1955, c’est ce dernier qui lui assure la postérité. En plus de ses romans, Darien est le pamphlétaire le plus virulent de cette fin de siècle. Il collabore à plusieurs revues anarchistes, parmi lesquelles L’Escarmouche (dont, soi dit en passant, il fut l’unique rédacteur), L’Ennemi du peuple et L’en dehors, où il côtoie Zo D’Axa (voir mon billet du 24 mai 2010).

Encore un sacré bonhomme que l’histoire, décidément bien ingrate, a décidé de passer par pertes et profits… Allez vive le printemps, portez vous bien et à demain peut-être.

Un si gentil garçon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis des Pâques irlandaises et du carpaccio parmesan réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 05 avril 2015, 16è jour de germinal dédié à la laitue et on me souffle dans l’oreillette que c’est Pâques alors que pour la pataphysique, ce jour est celui de la sortie d’A. Dürer, hermétiste. Il va sans dire que ce qui suit n’a rien à voir avec ce qui précède et que, bien évidemment, ceci n’explique pas cela ni ne le justifie, toutes choses égales par ailleurs (formule magique).

Les cathos bretons eux,  célèbrent Visant, Canonisé en 1455 par Calixte III, il est invoqué contre l’épilepsie et le mal de tête : Vincent Ferrier, prêtre dominicain espagnol né en 1350 près de Valence (Espagne), célèbre pour ses prédications publiques. Son charisme et son influence populaire sont tels StVisantqu’il devient un personnage-clé dans les troubles politico-religieux liés au Grand Schisme d’Occident. Proche de Pedro de Luna, alors cardinal et futur Benoît XIII, Vincent Ferrier se rallie tout d’abord à la papauté d’Avignon, rejetant la légitimité d’Urbain VI dans son traité De moderno ecclesiae schismate. Il devient par la suite confesseur de Benoît XIII, désormais antipape et figure emblématique de la résistance à Rome. Mais, dans un souci d’union de l’Église, il finit par se résigner à abandonner la cause de Benoît pour reconnaître le pape romain. Son acte de renonciation officiel intervient en 1416, à l’époque où le Concile de Constance s’emploie à mettre fin au Schisme.

Infatigable prêcheur et évangélisateur de l’Europe pendant vingt ans, de 1399 à sa mort, il parcourt l’Espagne, l’Italie, la 28143-St-Vincent-Ferrier-TOUR-du-PARCSuisse, et va même jusqu’en Écosse. On lui prête le don des langues, au vu de sa capacité à communiquer avec tant de peuples différents. En dehors des questions papales, son rôle politique est particulièrement important en Espagne, où il aide Ferdinand de Castille à accéder à la couronne d’Aragon dans un contexte de succession difficile. Il y est aussi connu pour avoir dirigé les massacres qui ont amené l’appropriation d’une synagogue de Tolède puis sa transformation en l’église Santa Maria la Blanca. Un gentil garçon quoi ! Il va parcourir tout le Sud de la Francesanta-maria-la-blanca avant d’être appelé en Bretagne en 1418 par Jean V, le Duc de l’époque. Il sillonne pratiquement toute la province de ville en ville pendant près de deux ans et revient à Vannes (56), épuisé, où il meurt en 1419. La fameuse église (ici à droite) est aujourd’hui un musée très fréquenté de Tolède. Et pendant ce temps on met le Pape au musée Grévin. Personnellement, ce sont les religions que je mettrai définitivement au musée, reliques des civilisations à jamais disparues et qui ont laissé la place à la lumière, la connaissance, la raison.
C’est pas interdit de rêver, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’Assiette au Beurre…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la métempsychose et du caramel au beurre salé réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 04 avril 2015, quinzième jour de Germinal dédié à l’abeille.

Le 04 avril 1901 paraissait le premier numéro de L’assiette au Beurre. Dès son apparition, L’Assiette au Beurre se distingue de la plupart des autres feuilles humoristiques françaises par sa composition inédite : chaque numéro comprend majoritairement dessins et caricatures en bi ou trichromie et pleine (ou double) page (au lieu de quarts de page habituels), avec un minimum de 16 pages illustrées. Régulièrement, un médiocratieartiste se voit confier la réalisation d’un numéro sur un thème précis, ce qui fait de chaque livraison un véritable album. Des numéros spéciaux peuvent aller jusqu’à 48 pages. Son directeur et fondateur, Samuel-Sigismond Schwarz, est un immigrant hongrois naturalisé français et assez fortuné. Il arrive à Paris en 1878 et devient courtier en librairies, se spécialisant dans l’œuvre de Victor Hugo par le biais de Paul Meurice, puis gère Le Frou-frou (où Picasso livre des croquis), Le Tutu, Le Pompon, des magazines assez légers, voire grivois. Installé  rue Sainte-Anne à Paris en tant qu’éditeur de romans paraissant en feuilletons, il lance le premier numéro de L’Assiette au Beurre le 4 avril 1901 qui coûte 25 centimes et qui ne porte pas sur un thème précis.

La première de couverture est illustrée par Steinlen (« Caisse de grève ») et fait sans doute allusion aux mouvements ouvriers de Montceau-les-Mines et à Pierre Waldeck-Rousseau, entre autre ministre de l’Intérieur. Willette signe ensuite une liberté enseignementlettre illustrée qui joue sur l’expression « l’assiette au beurre ». Un dessin de Jean Veber occupe ensuite une double page, suivie par des créations de Charles Léandre, Jossot, Steinlein, Jacques Villon, Charles Huard, Vogel, Jeanniot, Ibels, Kupka, Roubille, et enfin Hermann-Paul. Peu de textes donc, et aucun programme anarchiste franchement avoué : en revanche, le ton est férocement satirique et irrespectueux des institutions et des nantis ; cette tendance ira croissante.

Le niveau des ventes des premiers numéros se situe entre 25 000 et 40 000 exemplaires ; l’éditeur Schwarz se montre donc satisfait, son titre est rentable. En 1902, il enregistre même des ventes approchant les 250 000. En octobre 1903, Schwarz passe la gérance à un certain De Boulay, les affaires semblent 1er maialler de nouveau mal pour lui. La qualité du journal ne baisse cependant pas, ni les ventes. En janvier 1905, l’hebdomadaire est définitivement repris par Joncières, et ce, jusqu’en octobre 1912. Joncières introduit de la publicité et des produits dérivés (cartes postales, almanachs, calendriers) il meurt en août 1920. Georges Anquetil relance L’Assiette au Beurre le 20 novembre 1921 dans une édition mensuelle. D’octobre 1925 à janvier 1927, Le Merle blanc en fait son supplément littéraire. Par la suite, les éditions se font plus rares jusqu’en 1936 où le titre disparaît officiellement, bien qu’entre 1943 et 1944 soient sortis des numéros spéciaux reprenant quelques anciens dessins des années 1910-1912.
Et voila pour aujourd’hui, en attendant le prochain billet, portez vous bien et à demain peut-être.

Ah qu’il est beau le A dans l’O…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME

Amis de la numismatique scandinave et du renstek aux airelles réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 03 avril 2015, 14è jour de germinal dédié au hêtre (un seul hêtre vous manque et tout est peuplier, disait mon aïeule pour qui un renstekmauvais calembour valait plus qu’un bon jeu de mots…) dans le calendrier républicain, alors que pour les pataphysiciens, il s’agit de la St Georges Dazet, poulpe au regard de soie. Pour les bretonnants c’est la saint Idunet. D’après la tradition, ce serait un disciple de saint Guénolé. Il aurait vécu dans une grotte en un lieu-dit Nin, d’où provient le toponyme Castel-Nin, aujourd’hui Châteaulin.

Pour les nouveaux lecteurs de ce modeste blogue j’avais envie d’en remettre une couche sur l’origine d’un logo pas tout à fait comme les autres. Grâce à un petit livre très illustré paru il y a quelques temps, on connaît enfin l’origine de ce symbole, sceau de l’insoumission, de la rébellion, de l’anarchisme : le A cerclé, ou A dans l’O. A force de le voir graffité sur des murs à A dans l'Ola craie, à la bombe (de peinture), sur des T-shirts et des drapeaux, on pensait qu’il était là depuis toujours. Certains pensaient que ce A dans l’O était des lettres d’évangile ou encore le A et l’O extraits du nom de Ravachol, le militant anarchiste. D’autres ont cru qu’il synthétisait, au XIXe siècle, l’idée de l’anarchie dans l’ordre prônée par Pierre-Joseph Proudhon. La plupart (espagnols…) ont semblé le voir, pendant la guerre d’Espagne, arboré quelque part dans la colonne Durruti.

En fait, ce signe est une création iconographique plus récente. Etudes et preuves à l’appui, certifiées par le Centre d’études libertaires Pinelli de Milan et le Centre international de recherches sur l’anarchisme de Lausanne, on sait désormais que le premier «A» cerclé remonterait à 1964. En avril jeunesses_libertairesprécisément, il apparaît dans le Bulletin des Jeunes Libertaires comme projet de signe de ralliement proposé « à l’ensemble du mouvement anarchiste ». On connaît les noms des concepteurs : Tomas Ibanez et René Darras. En 1968, il reste encore discret. Redessiné élégamment (A avec empattement, en négatif sur fond circulaire noir) en 1971 par le frère d’Amedeo Bertolo, Gianni, pour être le titre d’un officiel mensuel anarchiste, il retrouve sa place dans son camp, après avoir été utilisé par l’extrême droite, notamment en Italie.

Pour Amedeo Bertolo, le « père adoptif » du A cerclé, à qui on demande si après 40 ans, le A dans l’O a bien vieilli, sa réponse est claire : « Il me semble encore très efficace, tant anar végétariencomme symbole de révolte anti-autoritaire que comme “ signature ” des multiples anarchismes contemporains. Et j’ai même déniché un logo qui est celui des anarchistes végétariens. Etonnant non ! (Sources:Article de Mesplé paru sur Rue 89. « A cerclé, histoire véridique d’un symbole » ed. Alternatives)

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Buddy à la batterie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la concorde universelle et du pâté en croûte réunis, bonjour ! Nous somme le jeudi 02 avril 2015,13è jour de germinal dédié à la morille. Ah, le filet de bœuf et sa sauce aux morilles… Un vrai péché surtout si vous avez les moyens filet-boeuf-morillesde l’accompagner d’un Margaux. Sinon, un Corbières fera parfaitement l’affaire. La cuisine et le jazz ont ceci de commun qu’ils ont chacun(e) leur propre batterie… Le cœur a ses raisons que la raison ignore dit-on; et bien, le jazz a ses batteurs que le public méconnaît. Bon d’accord, je vous l’avoue, c’est un peu tiré par les cheveux mais, ce matin, le démarrage est un peu difficile, les bougies de préchauffage rechignent à la tâche et dans ces cas là, les vieux diesels toussent un peu.

Bernard « Buddy » Rich est né à Brooklin, USA, et est décédé un 2 avril en 1987. C’était un batteur de jazz et, je prends le risque de dire que c’était le plus grand qu’on ait jamais connu mon aïeule et moi. Cet autodidacte était réputé pour sa technique, sa puissance, sa vitesse et son habileté à buddy-rich-300x220improviser. Il est né dans une famille juive de New York. Son père découvrit que Buddy était familier avec le rythme, car il était capable de battre de façon rythmée à l’âge d’un an. Sa plus grande qualité était son habileté et sa rapidité sur des doigtés frisés comme disent ceux qui connaissent la musique. (alternance : un coup main gauche, un coup main droite).

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En 1937, il commence à jouer du jazz avec Joe Marsala, puis avec Bunny Berigan (1938), Artie Shaw, Tommy Dorsey, Benny Carter (1942), Harry James (1953-1956), Les Brown, Charlie Ventura, Jazz at the Philharmonic, tout comme dans son propre groupe, tout en accompagnant de célèbres groupes de musique. Il assiste aux débuts de Frank Sinatra, avec qui il fait un temps partie du Tommy Dorsey Orchestra. Il va aussi batteriejouer avec Art Tatum, au début des années 1950. À partir de 1966 jusqu’à sa mort, il va mener son propre big band, sa pièce la plus connue est l’arrangement de West Side Story. En tant que meneur de groupe, il était réputé pour son caractère explosif. Sur son lit de mort, une infirmière lui aurait demandé s’il était allergique à quoi que ce soit. Il aurait répondu : « Oui, à la musique country ! » Il est enterré au Westwood Village Memorial Park Cemetery à Los Angeles, Californie. Avant sa mort Buddy Rich légua sa batterie à Armand Zildjian le directeur de la célèbre marque de cymbales Zildjian. M.Zildjian vient rendre visite a Buddy sur son lit de mort et il lui dit : « j’ai ta batterie Buddy. » Buddy lui répondit : « Tu en prendras soins Zildj’. » Il mourut le lendemain.

Allez, ne vous découvrez pas d’un fil, portez vous bien et à demain peut-être.

Et saint Konwal est arrivé…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la liberté de conscience et de la clé à molette réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 1er avril 2015, douzième jour de germinal dédié à la charrue. Dans le calendrier electionspataphysique c’est le jour de la rémission des poissons, ça ne s’invente pas… Je voulais rédiger un billet qui, sans nul doute, resterait dans les annales de la blogosphère à propos des résultats des élections départementales; las, les mots me manquent. Et quand bien même mon ermitage n’en est pas encore au stade de l’isoloir, comme beaucoup de candidats de gauche, en ce lendemain de votation, je reste sans voix…

Tiens, aujourd’hui, mon calendrier breton me recommande de fêter Konwal (Cunual). Selon sa Vie (qui a fait l’objet d’une belle traduction par Anne Certenais), ce saint aurait vécu au 6e siècle. Konwal est le protecteur des loups. Son origine est inconnue mais un moine nommé Cunual figure parmi les disciples du saint gallois Dyfrig avec Telaw, Samzun, etc. Il Penvenanreçoit sa formation dans un monastère situé à Plougrescant (22), dirigé par Maelgur, avant d’être ordonné prêtre. En effet, Judael, roi de Domnonée, lui fait don de terres en Penvénan (22) ; il y aurait fondé un monastère dont la chapelle Saint-Gonval perpétue le souvenir. Le saint serait mort à Tréguier (22), après avoir été évêque. la petite église que l’on voit ici, se dresse depuis 1914, date de sa reconstruction, sur l’emplacement d’une chapelle bien plus ancienne, dédiée à Saint-Maudez et dont l’origine remonte sans doute au 14ème siècle. La fontaine qui la jouxtait existe toujours et date de la même époque.

Allez, soyez remerciés pour votre fidélité, portez vous bien et à demain peut-être.