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Ah, les beaux jeudis…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la flute à bec et du sauté de mouton réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 20 avril 2015, premier jour de Floréal dédié à la rose.

C‘est la rançon de l’âge, il arrive un moment où vous avez toujours, surgissant du fond de la mémoire, une madeleine qui vous renvoie un tas d’années en arrière. Alors que je préparais ce petit billet sur Francis Lemarque, je me suis revu, enfant, collectionnant les « bons points » dans les tablettes de poulainchocolat. Lorsque le compte y était, on renvoyait tout cela à monsieur Poulain ou madame Suchard et, quelques semaines plus tard on recevait une jolie boite en fer blanc qui servait plus tard à ranger le sucre. Dans cette boite, outre le chocolat, il y avait toujours un album de chansons françaises qui permettait d’y coller les photos que l’on trouvait dans les fameuses tablettes. Et voilà ma madeleine, dans chaque album il y avait immanquablement une ou plusieurs chansons de Francis Lemarque. Marjolaine, le p’tit cordonnier, à Paris

S‘il est bien un chanteur français qui symbolise la ville de Paris, c’est certainement Francis Lemarque. Au cours d’une carrière longue et discrète, il a écrit près de quatre cents chansons, dont A Paris, devenue un standard international reprise par des dizaines d’interprètes à travers le monde entier. Et pour commencer, Quand un soldat:

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Francis Lemarque, de son vrai nom Nathan Korb, naît le 25 novembre 1917 dans un petit deux pièces au second étage du 51 de la rue de Lappe à Paris au-dessus du bal des Trois lemarque gauchecolonnes. Sa mère, Rose, est originaire de Lituanie, tandis que son père, Joseph, tailleur pour dames, est polonais. L’enfant grandit avec son frère Maurice et sa sœur cadette Rachel, dans le quartier de la Bastille, bercé par les bals musettes de la rue de Lappe. Avec son frère il connaît une enfance délurée et joyeuse avant de quitter l’école dès l’âge de onze ans pour travailler en usine. Il gardera tout au long de sa vie un véritable amour pour ce quartier et il fêtera ses soixante-quinze ans au Balajo. Fasciné par les bals musette depuis son enfance, Nathan et son frère Maurice intègrent après une rencontre en 1934 avec Sylvain Itkine en 1934 le groupe Mars que ce dernier a créé dans l’esprit du Groupe Octobre, affilié à la Fédération des Théâtres ouvriers de France. Il a alors dix-sept ans. Sur les conseils de Louis Aragon, les deux frères créent un duo, « Les frères Marc » qui profitera des événements du Front populaire pour se produire dans les usines et se faire connaître. Ils rencontrent Jacques Prévert, et Joseph Kosma qui est un temps leur pianiste.

En 1940 il passe en zone libre et s’installe à Marseille. C’est là qu’il rencontre Jacques Canetti, qui deviendra par la suite son agent artistique. Il fait quelques tournées en Afrique du Nord dont une semaine de récitals avec le guitariste gitan Django Reinhardt. Sa mère déportée en 1943 meurt à Auschwitz. Il rejoint le maquis puis s’engage dans le régiment du douzième Dragon. Après la guerre, Lemarque chante dans des cabarets de Saint-Germain-des-Prés. L’année 1946 sera décisive : il rencontre Ginny Richès qui deviendra son épouse, et il voit lemarque droitepour la première fois Yves Montand sur une scène parisienne. Il fait sa connaissance par l’intermédiaire de Jacques Prévert. Montand, séduit par ses compositions, choisit immédiatement des titres : Je vais à pied, Ma douce vallée, Bal petit bal…Leur collaboration durera de longues années pendant lesquelles Francis Lemarque lui écrira près de trente chansons. Il compose la musique du film Playtime de Jacques Tati, sorti en 1967. Lemarque a été censuré dans les années 1950 avec sa chanson Quand un soldat. Sa carrière sera celle d’un auteur et d’un chanteur profondément attaché au Paris populaire et à la chanson française. Il s’éteint brutalement le 20 avril 2002 (il est alors dans sa quatre-vingt cinquième année) dans sa maison de la Varenne Saint Hilaire et il repose à côté d’Yves Montand dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Allez, c’est pas tout mais j’ai mon lait qu’est su’l'feu… Portez vous bien et à demain peut-être.

Les murs ont des oreilles…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la rubrique à brac et du fourre-tout réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 19 avril 2015, trentième et dernier jour de Germinal dédié au greffoir. En effet nous allons entrer dans Floréal qui devrait permettre à Keramoal de se parer de toutes ses couleurs. Déjà, le cerisier du Japon en rosit de licornebonheur, les camellias avaient pris de l’avance et les « roz-kaouled » (hortensias en bas breton) s’apprêtent à ceinturer le parc de leur bleu iroise. Le forsythia apporte son flamboyant jaune d’or au milieu d’une pelouse fraichement tondue et toutes les petites primevères, pensées, jonquilles et autres dont j’ignore le nom offrent au regard du visiteur une vision enchanteresse comme ces tapisseries « millefleurs » qui firent le renom des ateliers d’Aubusson. Ici, la licorne captive symbole de la pureté prisonnière du temps… Les initiés sauront y reconnaitre nombre de symboles très prisés en cette période médiévale.

Je souhaitais glisser entre ces lignes mon grain de sel à propos de la loi sur le renseignement et je suis tombé sur ce billet de Napakatbra que je vous soumets intégralement.

«Oyez, oyez citoyens ! Devant l’Assemblée Nationale, pour défendre son très contesté projet de loi Renseignement, le ministre de l’Intérieur a – le plus simplement du monde – clamé que la vie privée ne constituait point une liberté. Aïe… liberte-4Les contestataires de la loi Renseignement n’avaient donc rien compris au Droit international : selon Bernard Cazeneuve, « il n’y a aucune disposition dans ce texte de loi qui soit attentatoire aux libertés, qui remette en cause la liberté d’aller et venir, qui remette en cause les libertés individuelles ou collectives… aucune. Aucune, aucune, aucune. Si vous voyez un article de ce texte de loi qui remet en cause les libertés, vous me dites où il se situe. En revanche, il y a des dispositions qui peuvent être considérées comme mettant en cause la vie privée, et le Droit à la vie privée« . Aussi simple que ça. Liberté, je crie ton nom…

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Et tant pis si l’article 12 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 indique que « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi murs oreillecontre de telles immixtions ou de telles atteintes ». Disposition confirmée par l’article 8 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales. Et, s’il en était besoin, par l’article 9 du Code civil qui précise que : « Chacun a droit au respect de sa vie privée ». Ce qui élève bien évidemment la vie privée au rang de liberté. D’autant que, comme l’a relevé Numerama, le Conseil constitutionnel a été amené à se prononcer sur la question : « la liberté proclamée par l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 implique le respect de la vie privée ».
Il aura mal lu la notice »

Et voila, j’aurai pas mieux dit. Allez, portez vous bien, tant que c’est encore possible, et à demain peut-être.

Mais, l’esprit n’était pas là…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chimie moléculaire et de la tarte aux myrtilles réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 18 avril 2015, 29è jour de Germinal dédié à la myrtille, ceci explique cela. Monsieur Ubu ne manquerait de nous rappeler qu’en réalité nous sommes le Vendredi 27 Clinamen 142 Ste Hure de Chasteté, pénitente.

Voici déjà un moment que je voulais trouver une petite place dans notre galerie de portraits pour cet étrange personnage qu’était Allan Kardec ou Alan Kardec, de son vrai nom Hippolyte Léon Denizard Rivail, né à Lyon le 03 octobre 1804 et décédé le 31 mars 1869. C’est un pédagogue français, images.duckduckgo.comfondateur de la philosophie spirite ou spiritisme. Il est généralement surnommé le « codificateur du spiritisme ». Son œuvre influence aujourd’hui fortement la culture et la vie publique brésilienne. Il va à l’école primaire locale jusqu’à ses dix ans, Il devient interne au château d’Yverdon, sur le lac de Neuchâtel, chez le célèbre pédagogue Pestalozzi qui met alors en pratique les principes de l’« Émile » de Rousseau. Dans cette « école mutuelle », il apprend avec d’autres jeunes gens de la bonne société européenne. Les influences de Pestalozzi furent très fortes sur le futur Kardec, et des principes de la pédagogie se retrouveront dans sa doctrine spirite: la fraternité universelle ou l’ouverture aux femmes.

En 1832, il épouse Amélie Boudet (ici le couple en portrait), une institutrice qui travaille avec lui dans son école et dans la poursuite de son œuvre pédagogique. Lorsque l’école doit fermer pour des raisons financières, Léon Rivail traduit des200px-A._Kardec_et_A._Boudet textes allemands et publie des manuels pour gagner sa vie. Il continue à donner des cours, gratuitement, de chimie, physique, anatomie et astronomie. Il est un grand positiviste, pas du tout tourné vers le surnaturel. C’est en cette capacité de pédagogue positiviste qu’il est sollicité pour superviser des séances de tables tournantes. On lui demande aussi de mettre de l’ordre dans les communications des esprits reçues lors de séances. Cela donnera Le livre des Esprits.

Il découvre les tables tournantes en 1855, pratique venue des Etats-Unis. C’est à cette époque qu’il prend son surnom d’Allan Kardec, nom qu’il pense correspondre à celui qu’il portait lors d’une vie antérieure, alors qu’il était druide. Il converse 250px-Le_Livre_des_Esprits_2plusieurs années avec toutes sortes d’esprits et en tire un enseignement. L’essentiel est écrit dans Le livre des Esprits (paru à Paris le 18 avril 1857) et Le livre des médiums (1861). Il fonde également La Revue spirite, magazine encore publié aujourd’hui, dans plusieurs langues. Il meurt d’un anévrisme en 1869 en laissant nombre de textes en cours d’écriture. Un sixième livre dont le titre provisoire était : Les prévisions concernant le spiritisme, fut également retrouvé. Tous ces travaux inachevés furent regroupés par l’éditeur Pierre-Gaëtan Leymarie quelques années plus tard et édités sous le titre : Les œuvres posthumes d’Allan Kardec.

Il est inhumé au Père-Lachaise, à Paris. Au-dessus de sa tombe en forme de dolmen et de son buste en bronze poli , sa allankardecperelachaisedevise : « Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la Loi ». De nombreuses personnalités furent séduites par le spiritisme tels, Victor Hugo, Théophile Gautier, Camille Flammarion ou Conan Doyle… De nos jours, Allan Kardec est l’un des auteurs sociologiques français les plus lus au Brésil . Plus de six millions de Brésiliens se déclarent spirites et mettent en application sa doctrine dans des milliers de centres spirites. Les principales villes brésiliennes ont toutes une rue Allan Kardec.

Allez, que la force soit avec vous, portez vous bien et à demain peut-être.

Contre la mort, contre l’oubli…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 17 avril 2015. Le 28 de germinal (c’est aujourd’hui) est généralement dédié à la pensée (la fleur). J’en aurai donc une (de pensée) pour un événement qui n’est, somme toute, pas si lointain.

Nous sommes le 17 avril 1950, les ouvriers dockers et ceux de la reconstruction de Brest ont décidé de manifester pour une Mazéaugmentation de salaire. Si, si, je vous jure que cela existait… Soudain, des coups de feu éclatent, les forces de l’ordre viennent de faire usage de leurs armes. Il y aura une quarantaine de blessés et un homme ne se relèvera pas, il est mort d’une balle en pleine tête. Il s’appelait Édouard MAZE. Photo de gauche. A la demande de la CGT, le cinéaste René Vautier (à droite) qui venait de terminer Afrique 5O un brûlot dénonçant la politique coloniale, est appelé pour réaliser un documentaire sur l’événement. Le film sera projeté 88 fois dans les rues de Brest, la 89è lui est rené Vautierfatale. Il ne reste pas trace du film. Des auteurs de BD aux éditions Futuropolis (Kris et Davodeau – Lulu femme nue) ont repris l’histoire sous le titre « Un homme est mort » qui est emprunté à un poème de Eluard en hommage à Gabriel Péri:

Un homme est mort qui n’avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oubli.
Car tout ce qu’il voulait
Nous le voulions aussi

Aujourd’hui, près de 70 ans après les faits qui avaient entrainé la démission de l’abbé Pierre de son mandat de député du MRP, les archives s’ouvrent enfin et la responsabilité des forces de l’ordre ne fait plus aucun doute. Pierre Cauzien,(à droite) pierre Cauzienfigure du militantisme ouvrier local, s’est éteint dernièrement à l’age de 86 ans, blessé lors de la manifestation, il avait perdu une jambe. Son souhait le plus cher était de « tenir » jusqu’à l’ouverture au public des archives nationales… Aujourd’hui, banksters et patronat n’ont plus besoin de faire tirer sur la foule pour expédier le prolo ad patres, on va le faire bosser jusqu’à ses 70 balais.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Etre ou ne pas être dada…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la mélancolie et de la soupe aux navets réunies, bonjour ! Nous sommes le jeudi 16 avril 2015 qui, chacun le 290px-Anemone_hupehensis4sait, correspond au 27è jour de germinal dédié à l’anémone. L’anémone, dans les enluminures du Moyen-âge est le symbole de l’abandon. Dans la mythologie grecque, Anémone est une nymphe dont s’éprend Zéphir dieu des vents. La femme de ce dernier, par jalousie, la transforma en fleur. Anemos, en grec signifie « vent ».

Le 16 avril est aussi le jour anniversaire de la naissance de Tristan TZARA. Il est né à Moinesti (Roumanie) en 1896. Pendant la première guerre mondiale, il séjourne à Bâle où il contribue à la fondation du mouvement Dada avec Ball, Arp et Huelsenbeck. En 1916, il publie le premier texte dadaïste: Les Aventures Célestes de Monsieur Antipyrine. Il fonde également laTzara revue Le Cabaret Voltaire à laquelle collaborent Apollinaire, Picasso, Cendrars, Kandinsky et Modigliani. En 1918, il publie le Manifeste Dada et, l’année suivante, se rend à Paris où les surréalistes l’accueillent avec enthousiasme. A partir de 1920, Tzara organise avec les surréalistes une série de manifestations qui feront scandale. En 1922, il se sépare de Breton qui refuse à garder une atti­tude purement nihiliste. Tzara reste quelques temps en dehors du groupe surréa­liste, mais il y revient en 1929.

Tzara participe aux activités du mouvement jusqu’en 1935 et collabore notamment au Surréalisme ASDLR. Passé cette date, poeme dadal’activité de Tzara qui fini par adhérer au Parti Communiste (personne n’est parfait) cesse peu à peu de concerner le surréalisme.(à droite, un portrait signé Delaunay)
En 1938, il voyage en Espagne où de 1934 à 1936 il avait été secrétaire du Comité pour la Défense de la Culture Espagnole. Pendant la guerre, il participe à la résistance intellectuelle et vit clandes­tinement dans le Midi de la France. A la libération, il participe à Toulouse à la fondation de l’Institut d’Etudes Occitanes.

Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez les consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.
Manifeste sur l’amour faible et l’amour amer. – 1921.

Oui da, en ces jours où l’affligeante actualité inonde nos téléviseurs la seule question qui vaille d’être posée est bien: être ou ne pas être Dada, avec ou sans bidet … Allez, merci à vous d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

De Carnoët à Chattanooga…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la relativité et du p’tit gris de Bourgogne réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 15 avril 2015, 26è jour de PaternGerminal dédié au lilas et jour de la Saint Paterne. Paterne austère en ce qui me concerne car, on sait peu de choses du personnage si ce n’est qu’il fut (sans doute) le premier évêque de Vannes et qu’il fait partie des sept saints fondateurs de Bretagne. Bon, à part cela, je bute sur quelques problèmes techniques qui devraient s’arranger; décidément, je ne suis pas très point deux zéro… Qu’importe, tiens, je vais mettre un trente 33t sur le tourne-disques. Et pourquoi pas Bessie Smith !

Si vous aimez le blues, vous aimez forcément Bessie SMITH. Elle est née le 15 avril 1894 à Chattanooga dans le Tennessee, et nous a quitté en 1937, elle fut surnommée « l’impératrice du blues ». Élevée par une famille d’une pauvreté extrême, Bessie Smith commença très tôt à gagner sa vie en chantant dans les rues de Chattanooga avec son frère Andrew. DevenueBessie-Smith une jeune femme, elle rejoint le spectacle ambulant de William et Gertrude Rainey, connus sous le nom de « Ma and Pa ». En 1923, Bessie Smith fait ses débuts d’enregistrement chez Columbia Records avec sa première chanson, « Downhearted Blues » (le Blues abattu). Elle enregistrera finalement 123 chansons pour Columbia au cours de sa carrière musicale. Smith était aussi une des artistes afro-américaines parmi les mieux payées des années 1920, en gagnant quelque $2000 par semaine. Pourtant, sa carrière subit un ralentissement avec le commencement de la Grande Dépression des années 1930.

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Le soir du 26 septembre 1937, Bessie Smith est tuée dans un accident d’automobile en traversant Clarks dale dans le Bessie-Smith-8_5x11-300x246Mississippi avec son ami Richard Morgan (oncle du musicien de jazz Lionel Hampton). Bessie Smith a eu une influence musicale importante sur des chanteuses comme Billie Holiday, Sarah Vaughan, Dinah Washington, Nina Simone, Janis Joplin et Norah Jones. Sa voix puissante et son style de chant sont une contribution importante à l’histoire de la musique populaire. Hé oui, toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du Blues…

L’actualité étant ce qu’elle est et toutes choses égales par ailleurs (j’adore cette expression ) et puisque vous avez choisi de visiter « les cénobites tranquilles » à moins que votre présence soit le fruit du hasard et d’une navigation hasardeuse sur le Web vous pouvez maintenant éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale. En tous cas soyez en remercié et, repassez donc demain si le cœur vous en dit. C’est ouvert aussi le jeudi. Allez, à demain peut-être.

Veni creator et chasuble d’or…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’octuple sentier et du ris basmati réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 14 avril 2015, 25è jour de Germinal dédié au pigeon. Certains, cependant, vous diront que ce jour est en réalité le Lundi 23 Clinamen 142 Locus Solus; soyez sûr que ce sont là des pataphysiciens.

Le 14 avril 1834 l’armée reconquiert progressivement la ville et attaque pour la troisième fois le quartier de la Croix Rousse, massacrant de nombreux ouvriers. Quelques jours plus tôt, à Lyon, début de la seconde insurrection des Canuts. Après l’échec des grèves de février puis le vote de la loi contre les associations ouvrières, le jugement des meneurs de février, ce 9 avril, met le feu aux poudre. L’armée occupe la ville et lescanuts droite ponts, mais déjà les premières fusillades éclatent avec la troupe, qui tire sur la foule désarmée. Aussitôt, les rues se couvrent de barricades. Les ouvriers organisés prennent d’assaut la caserne du Bon-Pasteur, et se barricadent dans les quartiers en en faisant de véritables camps retranchés, comme à la Croix Rousse. C’est le début de la « Sanglante semaine ». Trois ans plus tôt, Le 21 novembre 1831, éclatait sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle allait se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique, interprétée ici par Marc Ogeret.

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Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini. Il sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela pour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que canuts gaucheles soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisé avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué. En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation. ». Et alors, 180 ans plus tard, où en sommes nous… A vous de juger ! A lire, le livre de Jacques Perdu aux éditions Spartacus.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les fées des houles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du cinémascope et de la cotriade réunis, bonjour ! Nous sommes donc le lundi 13 avril 2015 et, c’est pas des salades, c’est le jour de la roquette. C’est aussi le jour de la « Giennoise », fidèle lectrice de ce blog et vieille amie (c’est pas qu’elle soit vieille mais amie, oui), et je vous invite à vous Goblinsjoindre à moi pour lui souhaiter un excellent anniversaire en attendant de pouvoir le faire par voie orale heu, non, je veux dire de vive voix… Bon, c’est pas pour me vanter mais… Il fait beau et l’ermitage résonne encore des cris des petits n’enfants qui batifolaient ce samedi sur les pelouses au risque de déranger les fées qui y ont élu domicile. Méééé naaaan, j’déconne ! Quoique; en Bretagne, les fées occupent une place particulière avec mes amis korrigans comme celui-ci issu d’un atelier sur les bord du Trieux.

Tenez, par exemple:

Les fées des houles sont des fées bretonnes, propres à la côte de la Manche qui s’étend de Cancale à Tréveneuc en Haute-Bretagne, et à l’île de Guernesey. Elles vivraient dans les grottes et cavernes côtières nommées houles. Réputées livre F. Morvanmagnifiques, immortelles et très puissantes, elles sont sensibles au sel. Plutôt bienveillantes, les fées des houles décrites par les récits locaux vivent en communauté, s’occupent à leur lessive, à cuire leur pain ou à garder leur troupeau, se marient avec des féetauds et sont servies par des lutins guerriers nommés les Fions. Elles viennent en aide de multiples façons aux humains qui le leur demandent, fournissant de la nourriture et des objets enchantés, mais se fâchent si l’un d’eux leur manque de respect ou acquiert le pouvoir de voir leurs déguisements sans leur accord.

Les collectes de Paul Sébillot, en langue française et gallèse, ont permis de rassembler une cinquantaine de contes et de fragments de légendes évoquant ces créatures. Les fées des houles, considérées comme des « semi-divinités », ont probablement été vénérées localement par les Hauts-Bretons. La croyance a beaucoup reculé au XIXe siècle, sous l’influence religieuse du christianisme et celle des hussards de la dées des houles droiteRépublique, les maîtres d’école. Les récits collectés évoquent eux-mêmes la disparition de ces fées, souvent en conséquence de la perte de leur immortalité et de leurs pouvoirs.  Contrairement à ce que leur nom laisse à penser, les fées des houles ne doivent pas celui-ci à un lien avec les vagues de la mer, mais plutôt au nom donné aux cavernes et grottes maritimes sur les falaises de la côte nord de Haute-Bretagne, « houles » ou plus rarement « goules ». Paul Sébillot dit que ce nom est de langue française, mais il précise aussi une origine « du pays gallo ». Il est pour lui assez difficile de déterminer l’étymologie du mot « houle », qui vraisemblablement ne vient pas du breton. Selon lui et Françoise Morvan, c’est le mot anglais « hole » (trou) qui s’en rapproche le plus, puisqu’il a la même signification. Il note également un rapprochement avec les Laminak basques, qui ont des affinités avec les fées des houles.

Elles sont le plus souvent décrites comme de grandes et belles dames blondes. La plupart des fées des houles sont vêtues de toile grise. Quelques-unes s’apparentent à de vieilles fées de type groac’h, adeptes des métamorphoses et dont le rôle est plus obscur. Devenues vieilles, elles sont plus rabougries et se Fée_des_Houlescouvrent de goémon. Les fées des houles sont facilement visibles de tous pendant la nuit, mais pendant la journée, seul un humain doué de clairvoyance serait capable de les voir sous tous leurs déguisements. La grotte de Saint-Énogat, bien connue des baigneurs de Dinard à son époque, s’appelle aussi la « Goule-ès-Fées ». Une légende populaire de Plévenon raconte que les fées des houles du cap Fréhel lavent leur linge à la mare de Gaulehen, au milieu de la lande aride. Elles étendent leurs linges qui sont les plus blancs qu’on puisse voir, sur les gazons qui l’entourent. Celui qui pourrait arriver jusque-là sans remuer ses paupières aurait la permission de s’en emparer ; mais aucun de ceux qui ont tenté l’aventure n’a pu réussir. Dès qu’ils remuent les paupières, le linge devient invisible.

Aujourd’hui, on lave de moins en moins son linge sale en famille; on préfère l’étaler dans Closer, Gala et Voici. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Yippies pipe hourra !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du flower power et du rhum arrangé réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 12 avril 2015, 23è jour de Germinal dédié au marronnier, ceci explique cela… Pour ma part j’ai choisi d’évoquer la figure de Abbie Hoffman, décédé un 12 avril en 1989.

Abbott « Abbie » Hoffman était un activiste anarchiste sur la scène politique et sociale américaine durant les années 1960 et 1970. Il est connu entre autres pour être un des fondateurs du Youth International Party (yippies). (ici à l’université abbie gauched’Oklaoma en 1969).  Encore maintenant, il reste un symbole de la rébellion et du courant révolutionnaire qui animait une partie de la jeunesse américaine. Hoffman est né dans la ville de Worcester dans le Massachusetts. Il est diplômé en 1959 à l’université de Brandeis, où il étudie Marcuse, un philosophe dont les soixante-huitards se souviennent. Mariage, enfants, divorce, remariage… Avant de s’engager dans le mouvement Yippie, Hoffman militait aussi au sein du Student Non-violent Coornating Committee. Il organise également le Liberty House, qui vend des objets pour supporter le Mouvement des droits civiques dans le sud des États-Unis. Petite pause mucicale: Joe Cocker à Woodstock.

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Au cours de la guerre du Viêt-Nam, il utilise souvent l’humour et la comédie lors de manifestations. Par exemple, il tente de faire léviter le Pentagone en utilisant l’énergie Psychique. Un des plus brillants exploits de Hoffman est de se présenter avec un groupe d’activistes sur la galerie de la bourse de New-York. abbie droiteDe là, il jette des faux billets de banque sur les gens qui se trouvent plus bas. Ceux-ci se ruent sur les faux billets. Depuis, on a installé des barrières à cet endroit pour éviter le même genre d’événement. Hoffman a été arrêté pour conspiration et incitation à une émeute pour le rôle qu’il a joué durant la Democratic National Convention en 1968 à Chicago. Il fait partie du groupe connu sous le pseudonyme de Chicago Seven, parmi lesquels se trouvent également Jerry Rubin et d’autres activistes radicaux, dont le futur sénateur de Californie, Tom Hayden. Durant son jugement, Abbie Hoffman aurait conseillé au juge l’usage de LSD.

Au festival de Woodstock en 1969, on se rappelle son interruption pendant le Spectacle des Who. Hoffman monta sur la scène et interrompit Towshend en criant « I think this is a pile of shit, while John Sinclair rots in prison… ». Mécontent, le musicien lui répondit « Back off! Back off my fucking stage! ».  Les versions divergent, mais il semble que l’anglais fit fuir l’activiste assez brutalement à coups de guitare. Townshend déclara plus tard qu’il était d’accord avec Hoffman sur le sort abbie livre gauchede John Sinclair, un activiste anarchiste mis en prison, mais qu’il était prêt à recommencer si jamais il était pris dans la même situation. Vous vous souvenez Woodstock : Richie Havens, ravi Shankar, Joan Baez, Santana, Janis Joplin, The Who, Joe Cocker, Jimi Hendrix, Crosby-Stills-Nash & Young… Bon, allez, rendez-vous aux « vieilles charrues ». Hoffman est aussi l’auteur des livres Steal This Book et Fuck the System, où on apprend diverses choses, comme la culture de marijuana et la confection de bombes artisanales. En 1973, la police l’accuse de trafic de cocaïne. Après une chirurgie esthétique et des années de clandestinité Hoffman se livre aux autorités. On lui doit l’article déclenchant le débat sur les circonstances de la libération des otages américains détenus en Iran, connu sous le nom de October Surprise. Hoffman a été retrouvé mort le 12 avril 1989 d’une overdose de médicaments, la version officielle concluant à un suicide.

Personnage déconcertant mais qui a laissé son empreinte dans cette histoire des sixties. Normal qu’il se retrouve dans les colonnes des cénobites. Allez, portez vous bien et à demain peut-êtr

Et Prévert est arrivé…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la tradition et du merlan en colère réunis, bonjour ! Nous voici le samedi 11 avril 2015 date qui correspond au 22è Cerridwen-Kerridwen-Celtic-Goddess-Wiccan-Pagan-Statue-Bronzejour de germinal que nos amis républicains avaient dédié à la Romaine (salade). Certains  bretons célèbrent ce jour là Keridwen. Une drôle de sainte puisque il s’agissait en fait d’une déesse de la très vieille et très ancienne tradition celtique; mais les évangélistes faisaient feu de tout bois…

C‘est le jour anniversaire de la disparition de Jacques Prévert et donc, je vous offre une reproduction de l’un de ses fameux collages. Ici, le bougre a mis en scène un quatuor de cénobites profondément inspirés par une apparition sinon divine, en tous cas fort captivante. Le grand à droite, il a un côté Guillaume prevert_soirde Baskerville dans « le nom de la rose ». Oui, le grand, l’hénaurme, le gigantissime, Jacques PREVERT est né le 4 février 1900 à Neuilly. Poète, surréaliste, scénariste et dialoguiste de talent. Il fut avant tout un libertaire qui s’en prit à toutes les valeurs de la société bourgeoise, pourfendant, dans ses textes, le militarisme, le cléricalisme, et la morale hypocrite, mais glorifiant l’esprit de révolte et le culte de la liberté.

En 1916, employé dans un grand magasin, il en sera « remercié » pour indiscipline. Il participe ensuite au mouvement surréaliste mais refuse d’adhérer au Parti Communiste et se moquera d’André Breton dans le texte « Mort d’un monsieur ». En 1931, il publie le poème corrosif « Tentative de description d’un dîner de tête à Paris-France ».prévert droite Membre du groupe Octobre (théâtre ouvrier) il écrit « la bataille de Fontenay », qui sera joué à Moscou. Il est l’auteur de nombreux scénarios pour le cinéma : « L’affaire est dans le sac », « Les enfants du Paradis », (considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du cinéma), etc. En 1946, « Paroles » recueil de poèmes est publié, et rencontre un énorme succès, puis « Histoires », consacrent le poète anticonformiste, qui touche les gens par sa simplicité, et la tragi-comédie de ses textes tendres et virulents.
Pour ma part, j’ai fait partie de ces ados qui se baladaient avec « Paroles » en collection poche dans la besace, souvent accompagné d’un opus de Mallarmé ou d’Appolinaire. Un de ces courts textes préfèrés est celui-ci: « Notre père qui êtes aux cieux, restez y ! Et nous, nous resterons sur terre qui est parfois si jolie. »
Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.