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Contre la mort, contre l’oubli…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 17 avril 2015. Le 28 de germinal (c’est aujourd’hui) est généralement dédié à la pensée (la fleur). J’en aurai donc une (de pensée) pour un événement qui n’est, somme toute, pas si lointain.

Nous sommes le 17 avril 1950, les ouvriers dockers et ceux de la reconstruction de Brest ont décidé de manifester pour une Mazéaugmentation de salaire. Si, si, je vous jure que cela existait… Soudain, des coups de feu éclatent, les forces de l’ordre viennent de faire usage de leurs armes. Il y aura une quarantaine de blessés et un homme ne se relèvera pas, il est mort d’une balle en pleine tête. Il s’appelait Édouard MAZE. Photo de gauche. A la demande de la CGT, le cinéaste René Vautier (à droite) qui venait de terminer Afrique 5O un brûlot dénonçant la politique coloniale, est appelé pour réaliser un documentaire sur l’événement. Le film sera projeté 88 fois dans les rues de Brest, la 89è lui est rené Vautierfatale. Il ne reste pas trace du film. Des auteurs de BD aux éditions Futuropolis (Kris et Davodeau – Lulu femme nue) ont repris l’histoire sous le titre « Un homme est mort » qui est emprunté à un poème de Eluard en hommage à Gabriel Péri:

Un homme est mort qui n’avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oubli.
Car tout ce qu’il voulait
Nous le voulions aussi

Aujourd’hui, près de 70 ans après les faits qui avaient entrainé la démission de l’abbé Pierre de son mandat de député du MRP, les archives s’ouvrent enfin et la responsabilité des forces de l’ordre ne fait plus aucun doute. Pierre Cauzien,(à droite) pierre Cauzienfigure du militantisme ouvrier local, s’est éteint dernièrement à l’age de 86 ans, blessé lors de la manifestation, il avait perdu une jambe. Son souhait le plus cher était de « tenir » jusqu’à l’ouverture au public des archives nationales… Aujourd’hui, banksters et patronat n’ont plus besoin de faire tirer sur la foule pour expédier le prolo ad patres, on va le faire bosser jusqu’à ses 70 balais.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.