Sacré Hippolyte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chronique locale et du Baekoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 13 mars 2015, 23è jour de ventôse dédié à la Cochléaire. Quoi ! Vous ne connaissez pas la cochléaire, cette jolie plante des estuaires qui apprécie les prés salés et qui doit son nom au latin cochléa: cuiller ? Très riche en vitamine C, les marins avaient l’habitude d’en manger cochléairepour prévenir le scorbut d’où son autre nom d’ « herbe au scorbut ». Dodoens, médecin flamand de la Renaissance très connu dans son canton, avait déjà noté les remarquables propriétés antiscorbutiques de la cochléaire dans sa Pratique médicale des simples. Et mon aïeule qui se targuait d’en connaitre un rayon en matière de plante médicinale, nous invitait à l’utiliser en guise de dentifrice. Elle a un goût âcre et piquant (pas mon aïeule, la plante) qui rappelle le raifort et elle est parfois ajoutée en petite quantité aux salades. Nul doute que le saint du jour, KEMO, en a trouvé sur son chemin en débarquant de son Irlande natale quelque part du côté des lieues de Grèves sur la côte Nord de Bretagne. J’ai « emprunté » l’illustration sur le site Les taxinomes, photo prise sur les dunes de Plouarzel.
 
Le 13 mars 1950, mort d’Hippolyte HAVEL (né le 13 août 1871 (?) à Thabor (Autriche) anarchiste militant. En 1894, à Vienne,Havel il est condamné à 18 mois de prison pour « trouble à l’ordre public ». Très érudit, il fréquente Emma Goldman (avec laquelle il se rend à Paris), avant de partir pour les Etats-Unis. Il participe à la rédaction du journal « Mother Earth » dès 1906, collabore à l’Ecole Moderne de New York (1910), et rédige également des biographies d’anarchistes tellles que celles de Emma Goldman, Voltairine de Cleyre dont j’ai dressé le portrait ici même, etc., et publie diverses revues et brochures. Avec sa compagne Polly, anarchiste comme lui, il ouvre, juste avant la 1er guerre mondiale, un restaurant à Greenwich village qui deviendra un haut lieu de rencontre pour les artistes et intellectuels (photo ci-dessous).

En 1920, il part vivre dans la colonie libertaire de Stelton. Puis il se clochardise quelque peu, abusant de la boisson. Homme original et « dandy anarchiste », il n’hésitait pas à invectiver les greenwichpassants et les provoquer par des actions d’éclats. C’est lui qui accueillera Bérénice Abott, amie de Man Ray, au village et lui permit de faire la carrière que l’on sait dans la photographie et ses fameux « noir & blanc. Mais sa folie simulée ne tardera pas à devenir réelle, et il mourra dans un hôpital psychiatrique du New Jersey.
Si ce n’est pas de l’éclectisme ça, je ne m’y connais guère. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

2 commentaires

  1. babelouest

    Le « panthéon » des grands anars s’élargit. Salut Erwann. Que du bon !

  2. Rém*

    tu écris :  » sa folie simulée ne tardera pas à devenir réelle, et il mourra dans un hôpital psychiatrique »… VA SAVOIR !!!
    J’ai eu un bon ami que j’allais voir, en fin de vie, en asile-psy… J’avais déjà idée qu’il n’était du tout fou et il me confia dans le creux de l’oreille : « Ces cons de psy ne voient pas que je simule la folie pour pouvoir crever ici tranquille »… Il était épuisé de toutes ses frasques d’anar… mais ne reniait rien. D’ailleurs, il me glissait discrètement en poche des médic qu’il faisait semblant d’avaler… « pour usage très modéré si jamais… »
    Ainsi vont les sages vies libertaires dans ce monde de fous au pouvoir (« psy » entre autres).

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