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An alarc’h…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’histoire bretonne et de la froment-beurre réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 25 mars 2015, cinquième jour de germinal dédié à la poule.

C’est le 25 ou 26 mars 1351 que se déroula en Bretagne, entre Josselin et Ploermel, le fameux « combat des trente ». La rencontre eut lieu au « chêne de Mi-Voie ». En 1317, le duc Jean III réunit au profit de son frère aîné, Guy, les comtés de Tréguier et Penthièvre. Le 30 avril 1341, Jean III mourut sans héritiers directs. Son demi-frère, Jean de Montfort marié à des trente 2Jeanne de Flandre, et sa nièce Jeanne de Penthièvre, épouse du neveu de Philippe VI de France, Charles de Blois, revendiquent chacun pour son compte le trône ducal. Le parti de Blois est soutenu par la France, les grands seigneurs bretons, le haut-clergé, le pays Gallo et les principales villes du Trégor. Le parti de Montfort est soutenu par l’Angleterre, la petite noblesse, les recteurs et leurs paroissiens du pays bretonnant. Une trêve avait été signée. Mais au mépris de cette convention les anglais, sous prétexte de soutenir la cause des Montfort rançonnaient et pillaient la Bretagne. Les paroisses qui ne pouvaient payer étaient détruites, incendiées et saccagées.

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En 1351, un baron de la Bretagne, nommé Jean de Beaumanoir, capitaine du château de Josselin, eut l’occasion de reprocher aux Anglais leur conduite odieuse et de s’écrier en s’adressant à Brembo, gouverneur de Ploërmel, place forte anglaise « Dieu soit Juge entre nous ! Que chacun de nous choisisse trente à quarante champions pour soutenir sa cause. On verra de quel côté est le droit ». Les conditions de la lutte furent celles du « combat à volonté », c’est-à-dire que chacun des soixante champions eut toute liberté de se battre comme combat des trenteil lui plairait, soit à pied, soit à cheval, avec les armes qu’il voudrait, sans autre obligation que d’observer dans ce combat les règles de la loyauté chevaleresque. Il est vrai qu’à cette époque là, on s’étripait élégamment entre gentlemen. Il existe encore un monument visible sur la commune de Guillac (56) et que l’on doit à l’ingénieur du corps royal des ponts et chaussées Jacques PIOU, inauguré le 11 juillet en 1819 par le Comte de Coutard, Lieutenant-Général des armées du roi, sur lequel le nom des trente combattants bretons y est gravé.  Cette bataille ne résout rien, mais la chronique de Froissart en a fait le modèle des exploits de chevalerie, et la célèbre Ballade des Trente,(stourm an tregont) que La Villemarqué publiera en 1838 dans son Barzaz Breiz, non sans avoir plagié un poème basque, s’achève ainsi : « Il n’eut pas été l’ami des Bretons, celui qui n’eut pas applaudi dans la ville de Josselin en voyant revenir les nôtres, des fleurs de genêt à leurs casques ». C’est ainsi que se bâtissent les mythes et légendes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.