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Pata pata…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la poésie et du fromage de chèvre réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 04 mars 2015, 14è jour de ventôse dédié au Vélar encore nommée fausse giroflée. L’homme du jour est une femme que j’apprécie particulièrement ce qui justifierait que j’en ai déjà parlé.

Vous vous souvenez de MIRIAM MAKEBA ? Moi, oui. J’ai encore dans les oreilles le rythme de « pata,pata » (vidéo) cette grande, très grande dame de la lutte anti apartheid en a fait danser plus d’un. Bon, d’accord, nous autres les petits blancs, sommes un peu raides dans le déhanché mais quand même (sauf peut-être Danny du côté de Landerneau). Aujourd’hui je rêve d’un chanteur ou d’une chanteuse Palestinien (ne) miriam_makeba_jeunecapable de dénoncer avec le même talent l’apartheid que leur inflige le voisin qu’il ne faut pas nommer… Miriam Makeba est née le 4 mars 1932 à Johannesburg. Prénommée Zenzi, diminutif d’Uzenzile qui signifie « Tu ne dois t’en prendre qu’à toi-même », elle n’a que quelques jours lorsque sa mère est inculpée pour avoir fabriqué de la bière afin de subvenir aux besoins de sa famille. Son père meurt lorsqu’elle a cinq ans. En 1947, les nationalistes afrikaners gagnent les élections. C’est le début de l’apartheid. À 20 ans, Zenzi Makeba, bonne d’enfants puis laveuse de taxis, vit seule avec sa petite fille Bongi et sa mère. C’est là qu’elle commence à chanter, presque par hasard, avec les Cuban Brothers, puis devient choriste du groupe Manhattan Brothers, en 1952, qui lui donne son nom de scène, Miriam.

Si elle devient très rapidement une vedette, elle se sert de son nouveau métier pour dénoncer le régime de l’apartheid. En 1956, elle écrit son plus grand succès, la chanson Pata, Pata, avec laquelle elle fait le tour du monde. En 1959, elle est contrainte à un exil qui durera 31 ans, en raison de son apparition dans le film anti-apartheid Come Back, Africa du cinéaste américain Lionel Rogosin. Lorsque sa mère meurt en 1960, elle ne peut assister à ses obsèques, du fait de son interdiction de séjour en Afrique du Sud. C’est avec un Myriampasseport français qu’elle reviendra en Afrique du Sud à la libération de Nelson Mandela, emprisonné avec la plupart des dirigeants du Congrès National Africain (ANC) au pénitencier de Robben Island. Elle ne cessera de prononcer des discours anti-apartheid et d’appeler au boycott de l’Afrique du Sud devant les Nations Unies. Elle chante en zoulou, en xhosa, en tswana. Ses mélodies chantent la tolérance et la paix. Elle est devenue le symbole de la lutte anti-apartheid. Dans ses chansons, pas d’amertume mais une dignité à toute épreuve. En 1966, Makeba reçoit un Grammy Award pour son disque An evening with Harry Belafonte and Miriam Makeba et devient la première Sud-Africaine à obtenir cette récompense. En 1987 Miriam Makeba rencontre à nouveau le succès grâce à sa collaboration avec Paul Simon dans l’album Graceland. Peu après, elle publie son autobiographie Makeba: My Story. Son mariage en 1969 avec le militant des droits civils afro-américain Stokely Carmichael, chef des Black Panthers, lui cause des ennuis aux États-Unis. Elle s’exile à nouveau et s’installe en Guinée. Miriam Makeba a toujours rêvé d’une grande Afrique unie. Pour son pays, elle exhortait ses frères noirs au pardon.  » Il faut nous laisser grandir. Les Noirs et les Blancs doivent apprendre à se connaître, à vivre ensemble. « 

Elle avait annoncé en 2005 qu’elle mettait fin à sa carrière, mais elle continuait à défendre les causes auxquelles elle croyait. Elle est décédée le dimanche 9 novembre 2008, à l’âge de 76 ans, à Naples des suites d’un malaise, à l’issue d’un concert de soutien à l’auteur de « Gomorra », Roberto Saviano, traqué par la la Mafia napolitaine. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.