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A Montmartre le soir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’eau et des sardines à l’huile réunies, bonjour! Nous sommes le samedi 28 février 2015, autant dire que c’est la fin du mois. Ce jour correspond au 10 de ventôse dédié à la Bêche, ce qui n’est pas une raison pour se prendre la tête (tête-bêche). La bêche à toujours été sujet de passion allez savoir pourquoi… Peut-être symbolise t-elle le travail et dans ce cas, certains candidats aux prochaines élections  dont ceres-6-tete-beche-300x179je tairai le nom, pourraient en faire leur étendard. En attendant, comme disait le laboureur à ses enfants: « creusez, fouillez, bêchez; ne laissez nulle place où la main ne passe et repasse. » Pour en revenir à l’expression « tête-bêche », cela n’a rien à voir bien entendu avec ce qui précède. Il s’agit d’un emprunt au vieux français Beschevet terme de charpenterie qui par extension a désigné toutes les positions qui consistaient à mettre la tête de l’un aux pieds de l’autre, comme celle de Jean-Baptiste à ceux de Salomée. Ainsi, bescheveter est devenu tête-bêche. Étonnant, non ! En illustration, le fameux France Cérès 1849, 1f. carmin paire tête-bêche, vendu 130.000 €.

Tiens, petite pensée pour un des derniers grands chansonniers montmartrois, Paul Ambroise PAILLETTE. Il nait à Paris le 16 avril 1844. Ouvrier ciseleur, il fréquente les réunions pailletteanarchistes dès 1887 et fait partie de divers groupes parisiens. En 1888, il prend part au mouvement entrepris contre les bureaux de placement et, selon la police, se déclare partisan d’actions violentes contre ces établissements. Paul Paillette devient par la suite chansonnier à Montmartre, auteur de poésies où il exprime ses idées libertaires, appelant de ses vœux une société plus juste comme dans Temps d’anarchie ou Heureux Temps, chanté sur l’air du Temps des cerises.

Il publie et vend lui-même ses vers sous forme de brochures qu’il réunira ensuite dans l’ouvrage Les Tablettes d’un lézard et anime par ses chansons révolutionnaires de nombreuses fêtes libertaires. Végétarien et partisan de l’amour libre, l’idée lui vient d’organiser en 1891 des déjeuners végétariens dans la salle d’un restaurant parisien qui devient alors un lieu de almanachrencontres pour les amour-libristes, sous la devise : « Tout le bonheur a son nid dans le bonheur commun. Femme libre, amour libre. » Il collabore durant la Première Guerre mondiale aux journaux d’E. Armand, Pendant la mêlée puis Par-delà la mêlée (son poème Civilisation est censuré par les autorités). Sans ressources, vivant dans un foyer depuis 1910, plusieurs fêtes sont organisées à son profit, notamment le 9 novembre 1913 par l’Université populaire, ou encore en novembre 1916 avec le concours de Xavier Privas et la participation de Sébastien Faure. Il est alors considéré comme le doyen des chansonniers montmartrois. Sa mort est annoncée dans Le Libertaire du 29 février 1920. Paul Paillette fait partie de ces illustres inconnus qui ont contribué à semer la graine d’ananar chez de nombreux libres penseurs. On lui réserve une place dans notre galerie de portraits.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

27 février: date fatidique…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la numérologie et de la française des jeux réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi 27 février 2015 correspondant au 9ème jour de ventôse et c’est le jour de Sophie, heu non, de Marsault (jeu de mot Capelo). En vérité, c’est la Ste Honorine et, comme disait mon aïeule: » À la sainte Honorine, bourgeonne l’aubépine. » Le saule marsault donc est une espèce de saule commune en saule-marsault-chatons-zoomEurope et en Afrique du Nord. Le nom scientifique Salix caprea (saule des chèvres) vient sans doute de la première illustration connue de l’espèce dans le livre de Hiéronymus Bock (bien connu dans son immeuble) où on voit la plante broutée par une chèvre. L’espèce a été historiquement largement utilisée comme fourrage pour les chèvres. On dit par ailleurs, mais aussi par ici, qu’elle est excellente pour le miel car elle fleurit très tôt.

Décidément, le 27 février a un caractère fatidique.

En Russie, en 1917, depuis le début de l’année, des troubles éclatent. La situation dans la capitale Petrograd devient kerenskiexplosive, le 27 février, les Bolchéviks appellent à la grève générale. L’armée refuse de tirer sur la foule et se rallie aux insurgés. Les soviets sont instaurés, les exilés dont Lénine peuvent rentrer au pays. L’avocat Kerenski (en blanc au centre de la photo) est à la tête de la Douma. Le Tsar abdique quelques jours plus tard. Les libertés individuelles sont rétablies. Tous les espoirs sont permis, malheureusement, vous connaissez la suite…

En 1933, en Allemagne le 27 février, incendie du Reichstag par reichtagun jeune Hollandais, Marinus Van der Lubbe. Staliniens et fascistes se renvoient la balle. Le prétexte va servir d’alibi aux nazis pour leurs funestes desseins, ils prennent tous les pouvoirs. Vous connaissez la suite.

 

 

Le 27 février 1939, la France, qui n’était plus à une ignominie caudilloprès, reconnaît le régime du sinistre Général Franco dit « Caudillo de Espagna por la gracia de Dios ». Malheureusement, vous connaissez la suite…

 

 

En Chine, en 1957, le 27 février marque le début du petit livre rougemouvement des « cent fleurs » sous la conduite du « Grand timonier, grand pilote, grand guide, grand commandant en chef, grand phare de la pensée, le plus rouge des soleils rouges qui illuminent mon cœur » (j’ai lu ça dans le petit livre rouge) Mao tsé toung. Malheureusement, vous connaissez la suite…

 

En 2008, le 27 février, sortie de « Bienvenue chez les… », vous connaissez la suite !

Bon, et bien voila, maintenant vous êtes prévenus. Vous n’avez plus aucune excuse si malgré tout vous démarrez quelque chose un 27 février. Mais n’en profitez pas pour ne rien faire, quoique… Le droit à la paresse, comme disait Paul Lafargue, devrait être inscrit dans la constitution. Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Les diktats de la Troïka…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la ville rose et du cassoulet réunis, bonjour ! Pourquoi Toulouse, parce que nous sommes le jeudi 26 février 2015, autrement dit le 8è jour de ventôse dédié à la violette. Or Toulouse est la ville de la violette et de ses fameux bonbons. On dit que cette fleur symbolise la timidité, la modestie et la pudeur. Mais une autre interprétation veut que la Pensée, famille dont fait partie la violette, représente le souvenir. Dans la mythologie, la nymphe Io, bien connue des cruciverbistes, io-660x330fut aimée de Jupiter. Mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement dans les allées du salon de l’agriculture lorsqu’elle vit sortir de terre de petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler. On dit que Héra confia Io la vache blanche à son parent Argos, un drôle de type à cent yeux et qui n’en fermait jamais que la moitié. Toujours épris, Zeus envoie Hermès endormir et tuer le gardien aux cent yeux. Héra récupère les cent yeux d’Argos et les pose sur les plumes du paon, son oiseau fétiche. Et puisque l’on parle de la Grèce tiens…

Si Arte n’existait pas…

Merci ARTE de nous avoir proposé mardi soir ce passionnant travail d’investigation du journaliste  économique allemand Harald Schumann: Puissante et incontrôlée: la Troïka.
Cinq ans déjà que les États en crise de la zone euro vivent les affres du surendettement. Pour obtenir les prêts dont ils ont besoin d’urgence, il leur faut se soumettre aux exigences – les Troïkafameux mémorandums – de trois institutions phares qui forment la troïka : le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne (CE) et la Banque centrale européenne (BCE). Les mesures d’austérité qu’elles ont imposées n’ont jusqu’à ce jour pas eu les effets positifs escomptés, bien au contraire.

Ce sont des hauts fonctionnaires, agissant sans aucun contrôle parlementaire, qui prennent les décisions, que les gouvernements doivent ensuite exécuter. Pour mieux comprendre ce processus, le journaliste économique allemand Harald Schumann (auteur de Quand l’Europe sauve ses banques, qui paye ? diffusé par ARTE en 2013) s’est rendu en Irlande, en Grèce, au Portugal, à Chypre, à Bruxelles et aux États-Unis. Au cours de ce passionnant travail d’investigation, lagardeil a interrogé des ministres, des économistes, des avocats, des banquiers, des victimes de la crise, ainsi que le Prix Nobel d’économie 2008, Paul Krugman, qui explique pourquoi cette politique de restriction ne fonctionne pas.  l’auteur dépeint les résultats contestables d’une politique d’austérité aujourd’hui remise en cause par l’électorat et le nouveau gouvernement grec. Il épingle aussi les méthodes de chantage de ces institutions, qui échappent au contrôle démocratique. Les réalisateurs nous montrent à voir et à comprendre comment la troïka bringueballe l’Europe de déréglementation sociale en plans d’austérité, dicte ses exigences aux États, agit sans contrôle parlementaire et impose aux pays exsangues des politiques ultralibérales qui mènent dans le mur. Enfin, une goutte de journalisme d’investigation dans cet océan de médiocrité.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les fauxcialos à la lanterne…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du patrimoine national et du veau Marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 25 février 2015. Ce 7è jour de ventôse est celui de l’alaterne. Vous connaissez la chanson, les aristocrates à l’alaterne… Non, je plaisante, il la lanternes’agit d’une plante communément appelée le prunier noir qui produit des baies rouges puis noires et que l’on rencontre communément dans les garrigues. Autant vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup par ici… La lanterne de la chanson des sans-culottes, était la potence de fer qui soutenait jadis la vieille lanterne de la Grève qui éclairait au temps de Louis XV la place de l’Hôtel-de-Ville. Le 14 juillet, la foule y pendra  le major de Losme, le défenseur de la Bastille. Le 22 juillet 1789, ce sera le tour de l’intendant Foulon de Doué, accusé d’affamer le peuple et en octobre un boulanger accusé du même crime. (version amusante par ocktoberklub)

Tout à fait autre chose; quoique.

Le 25 février 1749 voit la naissance de Jean-bon Saint André révolutionnaire et marin émérite. Il participa notamment à cette fameuse bataille au large d’Ouessant du 13 prairial de l’an II (1794) face aux Anglais. Il est à bord du vaisseau La Montagne en compagnie de Villaret-de-Joyeuse. C’est cette le vengeurbataille de Prairial qui donna naissance à la fameuse légende du Vengeur-du-Peuple, un magnifique 74 canons à double pont, qui sombra corps et biens alors que six autres bâtiments étaient capturés. Au cours du combat, le Vengeur perd deux mâts, un tiers de son équipage et finit par embarquer l’eau de mer par les sabords de sa batterie basse dont les mantelets ont été arrachés lors de son violent jean-boncontact avec le HMS Brunswick. 5 000 morts et blessés côté Français !. Cuisante défaite mais, la propagande républicaine va chercher à la transformer en victoire morale. C’est Barère, rapporteur du Comité de Salut Public, qui se charge de présenter l’épisode à la tribune de la Convention. Il va prétendre que les marins du Vengeur ont refusé de se rendre à l’ennemi et sont morts en criant « vive la République… La vérité éclatera au retour des survivants de l’Angleterre. Entre temps, un mythe était né.

Bonaparte nomme Saint André commissaire général des trois départements de la rive gauche du Rhin, en décembre 1801, puis préfet du département du Mont-Tonnerre à Mayence en septembre 1802, où il confirme sa réputation d’administrateur exceptionnel. En remerciement de ses services, Napoléon le loge mayencefait chevalier de la Légion d’honneur en 1804, puis baron d’Empire, baron de Saint-André, en 1809. Le typhus l’emporte en 1813. Il est enterré au cimetière principal de Mayence. Franc-maçon actif, Jean-Bon de Saint André fut le premier Vénérable Maître de la Loge « Les Amis de l’Union » de Mayence, fondée en 1803, et qui existe toujours aujourd’hui dans cette ville sous l’appellation « Die Freunde zur Eintracht ».

Voilà pour ce petit rappel historique? Portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Il jouait du bugle debout…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du piano à bretelles et de la ceinture Gibaud réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 24 février 2015, sixième jour de Ventôse dédié à l’Asaret, petite plante vivace de nos sous-bois. Ceci étant et, toute chose égale par ailleurs, le premier venu des pataphysiciens vous dira qu’ en réalité le 24 février 2015 est Lundi 2 Pédale 142 St André Marcueil, ascète cycliste; à ne pas confondre avec l’ascète anglaise…

Avec tristesse, je viens d’apprendre la disparition de Clark Terry, né à Saint-Louis (Missouri) le 14 décembre 1920, et mort le 21 février 2015. C’était un musicien de jazz, trompettiste et joueur de bugle américain, dont la carrière s’étend sur une soixantaine d’années. Il a débuté sa carrière à Saint Louis (Missouri) au début des années 1940. Après avoir joué dans un groupe de l’US Navy pendant la Seconde Guerre 4581269_6_387a_le-trompettiste-de-jazz-clark-terry-en-2006_52bb0a674117cd1c4ac352cf0607628amondiale, il intègre les groupes de Charlie Barnet, Charlie Ventura, et, en 1948, de Count Basie. Il influence alors des futurs grands comme Miles Davis et Quincy Jones, qui débutent juste leur carrière. Puis en 1951 il rejoint le célèbre orchestre de Duke Ellington, où il tiendra une place de soliste pendant 8 ans. Il découvre la France et l’Europe en 1959 et 1960 au cours d’une tournée avec l’orchestre de Quincy Jones (la comédie musicale Free and Easy), puis rentre aux États-Unis et accède au statut de célébrité nationale en devenant le premier Afro-Américain à jouer dans l’orchestre de NBC, et particulièrement dans The Tonight Show band.

Il a également souvent joué et enregistré en tant que leader et sideman, particulièrement dans le quintette qu’il a codirigé avec Bob Brookmeyer. Clark Terry est connu pour son jeu Terryparticulièrement joyeux et exubérant. Son charisme et sa personnalité chaleureuse se reflètent dans sa musique, innovante et virtuose sur la forme, généreuse et sincère sur le fond. Malgré ses talents de soliste, il s’est vraiment fait un nom grâce à ses vocaux « scat » dans Mumbles, qui commence comme une parodie des vieux chanteurs de blues. (Wikipedia). Je ne doute pas un seul instant que les chaînes de télé vont modifier leurs programmes pour une spéciale Clark Terry (naaan, j’rigole ) sauf peut-être ICI. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le temps des cerises, c’est pour quand…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la butte Montmartre et de la chakchouka réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 23 février 2015 correspondant au 5è jour de ventôse qui était généralement dédié au bouc. Pour ma part,je voudrais dédié ce billet à un auteur et militant dont la clementplupart des œuvres ont été oubliées à l’exception de quelques chanson emblématiques comme « le temps des cerises » ou « la semaine sanglante ». J’ai déjà eu l’occasion d’ évoquer ici Jeanbaptiste Clément*, ce révolutionnaire , anarchiste, syndicaliste et Franc-maçon mais, l’art de la pédagogie c’est la répétition, n’est-il pas ? Tiens, laissons à Marc Ogeret le soin de nous embarquer vers les hauteurs de la butte, ça craque un petit peu mais c’est là tout le charme:
*oui, le prénom s’écrit sans trait d’union…

Le 23 février 1903, à Paris. Mort de Jean-Baptiste CLEMENT (né le 31 mai 1836, à Boulogne). Communard et auteur de la célèbre chanson « Le Temps des Cerises ».
Avant 1870, il est plusieurs fois condamné à la prison pour ses écrits et pamphlets « Les Carmagnoles », « 89″,  etc. Il siège ensuite à la Commune de Paris. Le 28 mai, il est avec Varlin et Ferré, sur la dernière des barricades. Le « Temps des Cerises » fut écrit en 1866. Mais c’est en 1885 qu’il dédiera cette plaque_28mai71chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai. Cette chanson deviendra le symbole de la Commune de Paris. En 1885, il fonde le cercle d’études socialiste, l’Étincelle de Charleville et la Fédération socialiste des Ardennes. Il est initié comme franc-maçon en 1898 à la Loge « Les Rénovateurs » à Clichy, près de Paris. Lorsqu’il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise le 26 février 1903, entre quatre et cinq mille personnes assistèrent à la cérémonie. Ce fut certes un grand parolier mais pas un grand visionnaire… Un siècle et demi plus tard, les pauvres ne me semble pas sur le point de prendre leur revanche et le manche tient encore la cognée… Les socialistes semblent avoir définitivement viré leur cuti et j’ai du mal à imaginer Valls et Macron en train d’inaugurer une plaque en hommage aux grands hommes (et femmes) de la Commune.
Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Jazzatao…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la médecine vétérinaire et du crabe mayo réunis, bonjour ! Au train où vont les choses, ça devait bien finir par arriver… Nous sommes le dimanche 22 février 2015 c’est à dire le quatrième jour de ventôse, dédié au troène. Jolie plante qui égaye nos haies mais qui s’avère mortelle pour les chevaux. Il n’y a, parait-il aucun antidote. Même pas un remède de cheval.

Vous ai-je déjà parlé de Buddy TATE, né George Holmes TATE images5un 22 février en 1913 à Shermann, Texas ? Un saxophoniste bien sur. Il commence par jouer au saxophone alto mais passe rapidement au ténor, se faisant un nom dans des groupes comme celui de Andy Kirk. Il rejoint en 1939 l’orchestre de Count Basie en raison du décès soudain de Herschel Evans et y reste jusqu’en 1948. Suite à sa collaboration avec Basie, il travaille alors avec d’autres big bands tels que Hot Lips Page ou Jimmy Rushing de 1950 à 1952, avant de jouer avec son propre orchestre à partir de 1953 à Harlem.

Il va par la suite participer à plusieurs tournées en Europe avec son propre Big Band. Il aura enfin l’occasion de co-diriger un big band en 1975 avec le saxophoniste Paul Quinichette au West End Café à New York puis participe en sideman à l’orchestre de Benny Goodman à la fin des années 1970, et joue avec le pianiste Jay McShann et le saxophoniste Jim images-12Galloway. Ci dessus en vidéo, un grand classique, le fameux standard Mack the Knife, vous savez, Kurt Weill, Brecht.
Il reviendra en Europe en 83 avec les membres de l’orchestre de Count Basie. Bien que les années 1990 soient pour lui moins actives, il enregistre notamment avec Lionel Hampton ou le groupe des vétérans du jazz, Statesmen of Jazz parmi d’autres. Ici à droite en compagnie de Milt Bruckner.
Il vivra à Massapequa dans l’état de New York jusqu’en 2001, puis s’installe à Phoenix en Arizona afin de rester près de sa fille. Il meurt peu après à 87 ans.

Allez, à vos cassettes, portez vous bien et à demain peut-être.

Le père Peinard…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la littérature libertaire et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 21 février 2015, troisième jour de Ventôse, dédié au violier, c’est une espèce de giroflée. Cela me rappelle une comptine que nous imposait mon aïeule giroflé, giroflalors des sorties nature le jeudi après-midi: Giroflé, girofla, on dit qu’elle est malade. Giroflé, girofla, on dit qu’elle en mourra. Giroflé, girofla… Si vous connaissez la suite. Je crois que c’est sur un air de polka. Les paroles modernes sont de Rosa Holt, poétesse allemande anti-nazie, réfugiée en France, et ont été publiées en 1935 dans un recueil posthume de l’auteur. La musique est d’un certain Henri Goublier fils, inspirée de la  ronde enfantine du même nom, et créée en 1937 au Caveau de la République.  La chanson est bien connue par l’interprétation qu’en a faite Yves Montand, dans les années 50.

 

Tout à fait autre chose.
« Les cénobites tranquilles a eu une sacrée veine; un peu partout, dans les cambrousses, comme dans les grandes villes, il s’est trouvé des bons bougres à qui il a tapé dans l’œil. Et les gars lui ont donné un bath coup d’épaule ! C’est pas le tout, en effet, de pisser des tartines à tire-larigot. Faut encore que ces tartines soient lues, mille bombes ! C’est à ça que se père peinardsont attelés les fistons. Et pourquoi donc se sont-ils tant grouillés ? Parce que les cénobites tranquilles n’a pas froid aux châsses, mille marmites ! Parce qu’il gueule toutes les vérités qu’il sait; même celles qui sont pas bonnes à dire ! Y en a qui vont jusqu’à affirmer qu’il a le caractère si mal bâti, que c’est surtout celles-là qu’il dégoise.

Et puis, parce qu’il y a autre chose, nom de dieu ! Si les cénobites tranquilles gueule dur et ferme, c’est pas par ambition Pougetpersonnelle: la politique… ouh là là, faut pas lui en parler !
Oui, voilà la grande binaise. Si les bons bougres gobent les cénobites tranquilles, c’est parce que les cénobites tranquilles est un bon bougre kif-kif à eux: il est resté prolo, tout en pissant des tartines, – et y a pas de pet qu’il fasse sa poire comme un daim. Et, sacré tonnerre, il ne flanchera pas ! Il continuera son petit bonhomme de chemin, cognant dur sur les exploiteurs, braillant ferme après tout les fumistes, criant à la chien-lit derrière les députés et les sénateurs. Et ça, en attendant le grabuge final, où on foutra en capilotade toute cette racaille. » Le Père Peinard; Almanach du Père Peinard, 1894.

Emile Pouget ne me tiendra pas rigueur de la supercherie, j’ai remplacé le nom de son journal le père peinard par celui d’un blog qui vous est cher. C’est un 21 février en 1894 que paraît le dernier numéro de son journal (il y en a eu d’autres par la suite édités depuis l’Angleterre notamment). Celui-ci, dans un style bien particulier, à la fois mélange d’argot, de néologismes et d’expressions savoureuses de son cru, va faire des bourgeois, patrons, curés, militaires et autres profiteurs, ses cibles favorites. Aujourd’hui, c’est sûr, Emile Pouget aurait un blog dans lequel on aurait pu lire ce billet.

Ça c’était des blogueurs, milles marmites ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Pour faire des couilles de suisses…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’érotisme biblique et des muffins aux bananes réunis, bonjour! Nous sommes le jeudi 20 février 2015, deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller, jolie plante qui a laissé sa trace dans la culture Occitane. Les pataphysiciens vous diront que le 20 Février 2015 est en réalité le Jeudi 26 Gueules 142 L’AMOUR ABSOLU, deliquium alors que par chez nous on célèbre la St Olcan qui, si l’on en croit Malo-Joseph de Garaby, naquit en petite Bretagne du temps de Conan Meriadec et fut baptisé par St Patrick himself… Mais, revenons à notre Cornouiller; en effet, En Occitanie la floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de laquelle les martineservantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: « comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit ». Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse » tout comme une fameuse recette belge; allez savoir pourquoi. Il existe d’ailleurs, dans le Brabant Wallon une confrérie des compagnons de la Couille de Suisse qui ambitionne de « donner au passé les dimensions d’un présent qui aurait de l’avenir ». Amusant, non !

On trouve trace de la Couille-de-Suisse déjà en 1834,dans un dictionnaire de traduction du Rouchi (Parler du Nord de la France). Il s’agirait donc d’une traduction culinaire dont étaient friands les soldats d’infanterie suisse casernés à Bavay (Hainaut français) pendant le Premier Empire. Colportée couille de suisse2généralement pour expliquer l’origine de l’appellation,l’histoire se réfère au garde suisse qui officiait dans les églises au début du 20eme siècle. Il y faisait office de bedeau et son accoutrement n’évoquait que de façon lointaine le garde suisse pontifical. Un honnête travailleur, découvrant la recette improvisée par son épouse avec des restes de pâte à pain, fit référence aux attributs du personnage au pantalon bouffant pour qualifier le mets. Pour faire des couilles-de-suisses il vous faut:
1 kilo de farine – 4 oeufs frais – 100 grammes de beurre – 70 grammes de levure de boulanger – quelques grammes de sucre cassonade – du beurre mou.
Bien travailler la levure dans un peu du lait et une pincée de sucre.
Mettre la farine dans un grand plat et faire une fontaine. Mettre une pincée de sel.
Faire fondre la matière grasse et mélanger toute la préparation de manière homogène.
Former des petites boules de pâte de 40 grammes environ et laisser reposer pendant une heure.
Cuire les boules de pâte dans de l’eau salée.
Arroser de beurre fondu et de cassonade avant de servir.

Bon, ça devient vraiment n’importe quoi ce blog. Allez, merci de lui rester fidèle, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

En Ventôse gaffe à la névrose…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la phytothérapie et du haddock à la crème réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 19 février 2015 et, si l’on en croit le calendrier républicain, nous sommes le 1er jour de ventôse dédié au tussilage. Cette plante qui fait penser un peu au pissenlit est une des plus ancienne utilisée dans la 220px-Ventosemédecine traditionnelle. Elle est particulièrement réputée pour ses propriétés antitussives d’où son nom, tussilage. Les chinois l’utilisaient déjà sous la dynastie des Han pour lutter contre l’asthme. On en parle dans un ouvrage qui s’intitule Classique de la matière médicale du laboureur céleste et qui sert encore de référence aux médecins traditionnels asiatiques. Pline l’ancien lui même en recommandait l’usage sous forme d’inhalation pour chasser la toux.  

Bon allez, je me lance et, tant pis si ça pince. Or donc, des ados, ne brillant ni par le goût ni par l’esprit, décident de saccager un vieux cimetière qu’ils croyaient abandonné. Ils simms-cemeteryauraient pu, comme tant d’autres, avachis sur le canapé, se contenter de tuer des méchants sur leur console de jeux; ou encore, zyeuter en lousdé du porno sur leur tablette mais non, ces boutonneux décident de faire une incursion dans la vraie vie, enfin, façon de parler; disons dans la vraie mort… Et les voilà, frissonnant dans la nuit alsacienne, déambulant de tombes en caveaux; jetant les unes à terre, fracassant les autres et s’imaginant dans un remake de Freddy vendredi 13.

Tout commence Le 10 février, à 15h55, un adolescent de Sarre-Union écrit sur l’un des ses profils Facebook, où il s’exprime sous un pseudonyme : « Bon les gens, je compte organiser dans pas longtemps un petit groupe afin d’aller explorer quelques endroits abandonnés (Maisons, Manoirs, Châteaux, Gares,(photo-dna-esteban-wendling) etc…) Qui serait partant ? Faites aussi parvenir quelques une de vos idées, si vous en avez« . La suite lui prouvera qu’ils en avaient (des idées). Deux jours plus tard, un groupe d’adolescents dont l’auteur de ce message, selon plusieurs témoignages recueillis par les journalistes des DNA, se rend, en deux temps, entre 15h et 18h, d’abord à quatre puis à cinq, au cimetière juif de Sarre-Union. 250 stèles sont renversées, le monument dédié aux victimes de la déportation endommagé, des pierres tombales déplacées. Aie !

Aussitôt le barnum médiatico-politique se met en marche et, c’est à celui qui aura la plus grosse pour dénoncer l’antisémitisme renaissant qui ferait de la vie de nos concitoyens de confession juive un enfer. Le président de la ofrtp-france-antisemitisme-hollande_bloc_article_grande_imageRépublique (remarquez que je mets une majuscule à République mais pas à président) se rend même sur place pour clamer que: « la République sera plus forte que la haine…» que: « S’attaquer à un cimetière ce n’est pas simplement s’attaquer aux morts, mais c’est aussi s’attaquer aux vivants » et que: « La République ne peut pas accepter la haine, l’antisémitisme, le racisme.» Le premier ministre Manuel Valls a dénoncé sur Twitter « un acte ignoble et antisémite, une insulte à la mémoire ». Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a condamné « un antisémitisme toujours plus virulent, qui s’en prend aux morts comme aux vivants »…

Alors voilà, pourquoi, là où je ne vois que bêtise crasse et jeux débiles d’ados demeurés, (je rappelle que depuis 2008, le nombre de profanation de sépultures a augmenté de 40% et tous les cultes étaient visés. En 2012, 80 % des profanations recensées visaient des tombes chrétiennes.) pourquoi donc d’autres, et pas des moindres, en passant par l’Alsace-Lorraine avec leurs gros sabots participent de cet emballement frénétique et veulent à tous prix que l’on y voit de l’antisémitisme et plus si affinités ? Que je sache, les profanations du cimetière de Tracy-sur-mer n’ont -pour l’instant- pas mobilisé le banc ni l’arrière banc… Mais, dernière minute, on me glisse dans l’oreillette que pour le procureur de Saverne, la motivation antisémite ne fait aucun doute… Si c’est lui qui l’dit !

Merci d’éclairer ma lanterne et, en attendant, portez vous bien et à demain peut-être.