Mort d’un honnête homme…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

,

Amis de L’Espagne éternelle et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 06 janvier 2015 et, si j’en juge par mon calendrier républicain, cela correspond au 17è jour de Nivôse dédié à la marne. Rien à voir avec la Marne et ses taxis. On dit que la marne fut extraite comme matériau de construction dès que les outils en métal furent connus. On trouve (semble t-il) son origine dans le vieux gaulois Marga écrit Alain Rey, dans le breton merl, maerl qui a donné par emprunt merl, puis maërl, maërle. En néerlandais mergel, allemand Mergel (peut-être également merkel). C’est amusant ça; depuis le temps qu’elle nous fait marner ! Et puis merde, je viens d’apprendre la disparition de ce vieux René et cela me fait de la peine…

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Auteur d’un des films les plus importants sur la guerre d’Algérie, Avoir vingt ans dans les Aurès, prix de la critique internationale au Festival de Cannes en 1972, le cinéaste René Vautier est mort, dimanche 4 janvier, à l’âge de 86 ans en ReneVautierBretagne. René Vautier est né le 15 Janvier 1928 à Camaret-sur-Mer dans le Finistère. Il s’engage dans le maquis à l’âge de 16 ans puis intègre l’IDHEC à la libération sous l’impulsion de ses camarades de combat. A 21 ans, il est engagé par la Ligue de l’enseignement pour montrer la vie en Afrique Occidentale française.

Scandalisé par la violence coloniale, il entre en conflit avec les officiels français et décide de montrer ce qu’il voit. Ce qu’il arrivera à sauver du résultat de ses tournages s’intitulera Afrique 50, considéré aujourd’hui comme le premier film anti-colonial français. Cet anticolonialisme ne le quittera jamais et, en 1957, il part en Algérie filmer la guerre 2012_afrique50_posterd’indépendance du côté des algériens, installé dans le maquis du FLN. En 1972, il tourne Avoir 20 ans dans les Aurès, l’un de ses films les plus connus et fiction autour d’un groupe de pacifistes mobilisés en Algérie toujours et confrontés à l’horreur de la guerre coloniale. Brest, 1950. Sur les chantiers de la reconstruction, les ouvriers sont en grève. Face à l’intransigeance patronale, les manifestations s’intensifient, jusqu’à ce que le 17 avril, la police tire sur la foule, tuant un homme. René Vautier, cinéaste, filme alors la colère de ses camarades, leur soif de justice et leur solidarité. Kris et Davodeau en ont fait une BD.
Beaucoup de ses films ont disparu, comme la plupart des témoignages d’algériens reconnaissant formellement le lieutenant Le Pen comme leur tortionnaire, qu’il rendra publics en 1988, dans A propos de l’autre détail. Quelques temps plus tard, René Vautier retrouvera ses archives détruites à la hache… Il ne cessera de s’engager, caméra au poing, aux côtés des opprimés de la terre entière et ne manquera pas en tant que cinéaste-témoin, les premières heures d’aucune des grandes luttes de la seconde moitié du 20ème siècle : anti-coloniales, anti-apartheid, féministes, sociales, écologiques…

René Vautier représente l’archétype du cinéaste engagé, l’exemple héroïque de son courage intellectuel et physique a kris et davinspiré nombre de réalisateurs et techniciens. La nature militante de son cinéma s’appuie d’une part sur une rigueur plastique, capable de faire au présent immédiat l’hommage de sa grandeur épique, et de l’autre sur une constante inventivité formelle, qui l’ont aidé à surmonter en toutes circonstances les difficultés pratiques liées à son œuvre « d’intervention sociale ». Son slogan pourrait être, selon ses propres termes : « écrire l’histoire en images, tout de suite ! » Nicole Brenez
« Parmi les jeunes diplômés de l’IDHEC, le Breton René Vautier tranche à la fois par son allure et ses convictions, il pense visiblement que lorqu’un mur se dresse sur la route de ce qu’il veut montrer, la seule solution consiste à foncer dans le mur, caméra au poing et tête en avant. Une tête de Breton, les murs n’ont qu’à bien se tenir. »
Georges Sadoul, 1951. Lire aussi l’excellent billet que Rem* lui avait consacré il y a un an.

Allez, merci à vous de passer par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera jamais publié. les champs marqués d'une asterisque sont obligatoires (*).