Ah, Fanny de Recouvrance…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la pelote basque et du piment d’Espelette réunis, bonjour! Nous sommes le mercredi 21 janvier 2015, deuxième jour de pluviôse dédié à la Mousse. Il pleut, il pleut, il pleut et, je n’arrive pas à m’en défaire, la pluie pour moi évoque Brest, Prévert, Barbara… Du coup je voulais vous parler d’un illustre inconnu brestois, Victor Pengam, né un 21 janvier en 1883 à Brest même.

Militant anarchiste, syndicaliste révolutionnaire et coopérateur. Orphelin très jeune, il est placé aux pupilles de la Marine, puis à 14 ans entre comme apprenti à l’arsenal. Le 5 octobre 1905, il organise une fête des conscrits, interdite par le préfet pengam_vmaritime. Le 21 janvier 1906, il est traduit devant la Cour d’assises du Finistère. Il est acquitté, mais exclu de l’arsenal pendant cinq mois. Durant son service militaire (qui dure alors 3 ans) il donne des cours d’alphabétisation et lutte contre l’alcoolisme. En 1909, de retour à la vie civile, il milite au sein de l’Union départementale des syndicats, et est aussi actif au sein de « l’Université populaire » et dans un « Groupe d’études sociales ». Il intègrera également le secrétariat général de la « Bourse du travail ».

En 1912, son action en tant que syndicaliste révolutionnaire, en particulier sa participation aux luttes contre la vie chère, lui vaudront un nouveau procès, il y sera de nouveau acquitté. Il fonde la même année le « Groupe des Pupilles de la Maison du Peuple ». En 1913, il abandonne, ses activités à la Bourse du brest_arsenal_1travail pour se consacrer à l’éducation d’une centaine de ces pupilles, organisant pour eux de nombreuses activités culturelles, sportives ou musicales.
Mobilisé en 1914 dans l’infanterie coloniale, il est blessé à deux reprises et y contracte la tuberculose. A partir de 1917, réformé suite à ses blessures, il assurera dès lors l’administration du « Restaurant coopératif de l’arsenal ».
Il succombe de la tuberculose en ce début mars 1920, âgé de seulement 37 ans. Ses obsèques, le 5 mars 1920, donneront lieu à une importante manifestation. ( Sources :éphéméride anarchiste – dictionnaire international des militants anarchistes)

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Son militantisme et ses convictions révolutionnaires lui vaudront d’être inscrit au Carnet B (fichage des antimilitaristes). Voici un extrait de sa fiche: « propagandiste anarchiste et antimilitariste des plus militants. L’un des chefs du mouvement révolutionnaire (secrétaire général de l’Union régionale des syndicats et de la Bourse du travail de Brest). Poursuivi en janvier 1906 devant la cour d’Assises du Finistère pour excitation de militaires à la désobéissance (acquitté). Secrétaire général du nouveau syndicat anarchiste des semeurUneouvriers du port. Ouvrier à l’arsenal. Serait susceptible de faire du sabotage en cas de mobilisation. (…) Mesure à prendre en cas de mobilisation: à arrêter.«
(extrait du livre de J.J Becker « Le Carnet B », éditions Kuncksieck, 1973). En 1911, le Préfet écrit au ministre de l’intérieur: « Je vous montrais le paradoxe étrange d’un Arsenal destiné à préparer l’instrument de la guerre et hébergeant une colonie nombreuse d’anarchistes antimilitaristes (…), des anarchistes revendiquant hautement  cette qualification, professant publiquement leurs théories, inscrits comme dangereux pour la défense nationale au Carnet B de la Sûreté Générale, placés sous la surveillance de la gendarmerie et dont 20 au moins, sont marqués pour être arrêtés en cas de mobilisation ou de tension politique (…). Ce sont ces anarchistes qui dirigent le syndicat des ouvriers de l’Arsenal (…). C’est par son intermédiaire que le gouvernement de l’autorité maritime communique avec les 8000 ouvriers de l’arsenal. »

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

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