A propos de Maréchal, en général…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la libre pensée et de la caille aux raisins réunies, bonjour! Nous sommes le dimanche 18 janvier 2015, 29è jour de nivôse dédié au Mercure. En ces temps troublés où les fanatismes religieux tentent de s’engouffrer dans les failles de la République, évoquons Sylvain Maréchal.

C’était un écrivain, poète, pamphlétaire français, précurseur de l’anarchisme. Admirateur de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Diderot, il fréquente un cercle d’auteurs incroyants et profil-Maréchaldéveloppe une philosophie basée sur un socialisme agraire où les biens seraient mis en commun. Belle utopie non ? Très vite, ses critiques du pouvoir absolu et son athéisme lui font perdre son emploi. Sylvain Maréchal est alors obligé de vivre modestement de ses œuvres littéraires. Il est condamné à quatre mois de prison pour son Almanach des Honnêtes Gens (1788) où il substitue aux saints des personnages célèbres, annonçant ainsi le futur calendrier révolutionnaire.

Sylvain Maréchal s’enthousiasme pour la Révolution française et défend les pauvres, tout en se montrant un adversaire de l’autoritarisme. Il ne prend pas parti dans le conflit entre les projet-loiGirondins et les Jacobins et s’inquiète du tour pris par la Révolution. Sa rencontre avec Babeuf et sa conjuration des Égaux, va en faire l’un des précurseurs du mouvement libertaire et l’un des premiers anarchistes. Publiant de manière anonyme après son emprisonnement de 1788, Sylvain Maréchal échappe ainsi aux poursuites judiciaires et peut écrire jusqu’à sa mort. Sylvain Maréchal, « l’homme sans Dieu », est sans doute l’un des plus fervents partisans de l’athéisme durant la Révolution.

Bon, il faut bien le reconnaître, c’était aussi un sérieux misogyne et on lui doit un projet de loi pour interdire d’apprendre à lire aux femmes !!! Dans Fragments d’un poème moral sur Dieu (1780), il remplace le culte de Dieu par celui de Marechal_Sylvain_Almanach_des_honnetes_gens_01_mini-300x246la vertu et la foi par la raison. Il parodie la Bible dans Livre échappé au déluge (1784) et s’attaque à la religion qu’il considère comme un instrument des gouvernements oppressifs et un moyen d’exploitation sociale et économique. Dans le journal « Révolutions de Paris » dont il est rédacteur en chef, Sylvain Maréchal conduit une virulente campagne anticléricale. Athée tolérant, il consacre la fin de sa vie au développement de l’athéisme en lui donnant ses lettres de noblesse avec le Dictionnaire des Athées anciens et modernes (1800).

Voila, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale; je ne sais pas moi; bosser un peu par exemple ! Ah, ils sont vraiment pas drôles ces retraités. Allez, portez vous bien et à demain peut-être

6 commentaires

  1. Rém*

    Magnifique réponse de Catherine Ringer au misogyne-général de Maréchal, bien bizarre précurseur, il est vrai, de l’anarchisme :
    « les chemins de traverse » dans notre jungle, à franchir vers « la lumière du peuple bohémien », tombent parfois dans des précipices d’aberration du genre « interdire aux femmes d’apprendre à lire »(!!!) : l’essentiel est alors de sortir de ce cul-de-sac!:
    au son des violons tsiganes endiablés et de cette voix féminine si vibrante…

    • erwandekeramoal

      Oui c’est vrai. L’histoire est pleine de ces personnages qui s’habille de paradoxes comme d’autres vont chez Armani… Bon dimanche.

  2. Hobo-Lullaby

    Quand on voit ce qu’on donnait comme lecture aux femmes dans les années soixante, on peut se demander s’il n’avait pas raison …

    http://meteopolitique.com/fiches/Vision/Analyse/61/Manuel-scolaire-catholique-de-1960_61.pdf

    Par ailleurs, je me permets de rappeler à certains cénobites macronisants avec un aplomb éhontément ultralibéral que le dimanche est un jour de repos ! Non, mais !

    Bon repos dominical à tous

    Serge

  3. Ferrand

    Bonsoir,

    Avec un tel nom pour ce globe, il m’était difficile de résister à la tentation !
    La misogynie de Sylvain Maréchal est une erreur trop commune pour la laisser prospérer. Le fameux projet portant interdiction aux femmes de lire est un pamphlet libertin qui a pu abuser quelques lecteurs de son temps, mais aussi quelques historiennes contemporaines dévouées à la cause féministe (M. Perrot et G. Fraisse, entre autres).
    Le triste, dans l’histoire, est que l’ironie et le goût pour la pointe ne sont pas les choses les plus communément partagées, et l’on peut assurément affirmer que celles et ceux qui prennent ce projet au pied de la lettre et le lisent au premier degré feraient bien d’apprendre à lire entre les lignes !
    Si d’aventure, votre curiosité vous poussait jusqu’à vouloir aller plus loin, j’aurais plaisir à vous adresser un petit texte de 25 pages qui pourrait vous permettre de revoir votre jugement au sujet de la misogynie fantasmée du berger.

    Un cénobite tranquille

    • erwandekeramoal

      Merci de cette mise au point bienvenue. On est parfois trop prompt à enfourcher le premier dada venu.

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