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De grès ou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des cénobites tranquilles, bonjour. Nous sommes le samedi 03 janvier 2015, 14è jour de Nivôse dédié au grès.

Aujourd’hui par chez nous on célèbre Genovefa qui n’était autre que la sœur d’Edern.
Edern, Saint Gallois (ou d’origine Irlandaise selon les sources) franchit la Manche pour venir évangéliser l’Armorique, en l’an 894, et aborde la côte de Cornouaille (près de Douarnenez). Il fut à l’origine du « Plou » (paroisse) de Plouédern, puis, après s’être fixé un temps à Édern, bâtit son dernier ermitage à Lannédern. C’est à cet endroit que débuta la légende du Saint Cernunnos_Danemark_1au Cerf : : elle a inspiré une Gwerz (chanson bretonne) qui explique pourquoi Édern est devenu Saint et pourquoi il est si souvent représenté avec un cerf.  Dans la légende galloise, Edern, qui chevauchait aussi un cerf, est le fils du dieu Nuz et l’un des premiers amants de la reine Guenièvre, l’infidèle épouse du roi Arthur. Ce prénom est resté usité en Bretagne ; il est très peu fréquent ailleurs. Certains voient dans l’association de ces saints avec un cerf l’héritage de la religion celte qui tenait la bête en grande vénération (le grand cornu). La chute annuelle des bois suivie de repousse passait aux yeux des anciens pour être symbole de la mort et de résurrection. Le cerf, on le sait était associé au culte rendu au dieu Cernunnos comme sur la figuration ci-contre présente sur le fameux chaudron de Gundestrap.

Extrait de la gwerz:

Un gentilhomme chassait ; poursuivie par ses chiens, la bête
se réfugia dans la loge du saint comme pour y chercher abri et protection. C’était un cerf ; quand il aperçut Saint Édern, devant lui il se prosterna pour se recommander à lui et le supplier de le recevoir en sa maison. Or, ce cerf demeura près d’Édern, à partir de ce moment ; Il paissait aux environs tout le jour et rentrait chaque soir au logis. Le seigneur fut étonné
de voir une telle merveille s’accomplir ; en sorte qu’Édern dut lui révéler la puissance de Dieu et sa bonté. Le seigneur qui ignorait ces choses s’inclina devant l’homme de Dieu, et le pria du fond du cœur de demander pour lui pardon

Mais, revenons à notre Genovefa. Par la suite, la sœur de Saint Edern, Jenovefa, s’était fixée à Loqueffret et y bâtit son église. Ainsi, pour délimiter leur territoire, il a été conclu que reviendrait au frère le domaine qu’il aurait parcouru entre la tombée de la nuit et le chant du Coq. Edern, chevauchant son compagnon le cerf a parcouru une distance considérable et arrivait aux portes de Loqueffret lorsque sa sœur, voyant sa paroisse lui échapper, a fait crier un coq en le plongeant dans l’eau d’une auge. Il en est résulté une solide brouille entre le frère et la sœur qui ont chacun maudit l’église de l’autre : celle d’Edern ne devait jamais avoir de haut clocher, et celle de Jenovefa devait voir ses cloches se fêler. Et voilà, on a beau être saints, on en reste pas moins attaché aux choses bassement terrestres…

Allez, en avant pour une nouvelle année; portez vous bien et à demain peut-être.