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Pompée ou Koupaïa…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’existentialisme sartrien et du poulet Stroganoff réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 02 janvier 2015, treizième jour de nivôse dédié à l’ardoise. En Bretagne armoricaine, ce jour est dédié à Koupaïa. Or donc parlons de Koupaia, prénom dans lequel on retrouve sans doute Copia, représentation symbolique de la déesse mère de Rome Cybèle (la coupe) le chaudron pour les celtes. Inutile de vous dire que Koupaia trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët.

Au cinquième siècle, connue sous le nom de Pompée, Aspasie naquit du roi Eusèbe d’Armorique et de Landouenne son épouse. Sa mère l’éleva dans la grâce de Dieu qui dressa un certain nombre d’épreuves dont elle se sortit avec ferveur. Koupaia valléeUn jour son père Eusèbe sévit partialement contre ses sujets qui l’avaient contrarié. A cause de cette injustice, il subit une grave maladie, et sa fille les obsessions d’un démon. C’est qui faut pas rigoler avec ces trucs là… Fort heureusement,  Saint Melaine les délivra tous deux de leurs envoûtements.

En remerciement Aspasie proposa à son père la prise en charge d’un monastère dont Comblessac était l’abbé. Beaucoup plus tard, elle perdit ses parents et par là même son royaume. La succession fut attribuée à Budic dont le fils, Hoël 1er, monta sur le trône. La princesse se montra si près des sujets de son cousin que ce dernier l’épousa. Oui mais voilà, en 509, les SteKoupaia1-139x300Frisons, tribu germaine, attaquèrent l’ Armorique. Hoël le Grand, vaincu, dut s’enfuir dans les îles britanniques avec sa famille. Mais bon, vous savez ce que l’on dit; en politique, rien n’est jamais définitif et, en 513, le prudent et brave monarque fit son come-back, chassa les barbares de ses États, y reprit les rênes du gouvernement, et, aidé des conseils de son épouse, répara les maux qu’y avaient multiplié ces féroces soldats qui vinrent jusque dans nos bras égorger… Puis, ayant reconquit son royaume il vola au secours de son cousin Arthur, outre-Manche  (oui bon, alors là, l’histoire et la légende se mêlent allègrement les pinceaux pour alimenter les longues veillées au coin du feu). De retour dans son royaume, la reine s’employa à réparer les dégâts faits par les frisons sur la population.

En 545 le bon roi mourut, son fils Hoël II lui succéda pour se couvrir de gloire à son tour. Alors la sainte reine se retira dans le monastère de Langoat dirigé par son fils Tugdual, non loin de Tréguier. D’ailleurs, elle y repose toujours et veille sur sa Bretagne. Une église a été érigée autour de son gisant au XIV° siècle. Elle reste la fondatrice de la Bretagne armoricaine par sa descendance: Hoël II roi 180px-Vie_des_saincts_-_1637_-_Couverture1d’Armorique – Saint Tugdual, évêque, l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne – Sainte Sève – Saint Lunaire… Source: M de Garaby, St Brieuc (1839) – Mais, ainsi que je l’ai souvent écrit, en guise d’avertissement au lecteur, ces histoires ont la plupart du temps été écrites par les hagiographes des XVIè, XVIIè, XVIIIè, chargés d’instruire le petit peuple breton dans le respect du bon maître et du bon Dieu, d’où une certaine distance voire ignorance de l’histoire quand il ne s’agissait pas purement et simplement d’affabulations. Albert le grand – Maunoir – Noblezt – de garaby – de kerdanet, Dom Lobineau… C’était à qui en rajouterait une couche car, en effet, La grande majorité des vitae sont d’écriture relativement tardive, à part peut être celles de St Samson et de St Pol Aurélien, pour lesquelles on avance le VIIIe siècle – c’est déjà plus de 200 ans après les faits.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.