Une grande voix…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la planète enchantée et du bacalao réunis, bonjour! Nous sommes le mercredi 17 décembre 2014, c’est le 27è jour chêne liègede frimaire dédié au Liège. Je me souviens avoir marché dans les grandes forêts de chêne-liège au Portugal du côté de Setubal… En ces temps là, la tempête Salazar s’était calmée elle aussi; les œillets fleurissaient les canons, les jeunes capitaines faisaient danser les filles, le fado résonnait dans l’Alfama, tous les espoirs étaient permis. C’était avant, bien avant…
Cette année là, on découvrait une grande dame qui jouait Ubu à l’opéra d’après Jarry au festival d’Avignon, dans une mise en scène de Georges Wilson. Elle s’appelait Anna Prucnal. Anna Prucnal est née le 17 décembre 1940 à Varsovie, Pologne. C’est une actrice et chanteuse française d’origine polonaise. Son père, chirurgien d’origine paysanne, juif et tzigane, fut assassiné par les nazis. Sa mère, de grande noblesse, Prucnaldescendante de Stanislas Leszczyński, élève donc seule ses deux filles. Après des études de piano et de chant lyrique, Anna Prucnal commence sa carrière d’actrice au Théâtre Satirique Étudiant (STS), foyer de contestation intellectuelle à Varsovie. À vingt-deux ans elle débute au cinéma, et devient tout de suite populaire. Arrivée en France à trente ans par amour pour Jean Mailland et enceinte de son fils Pierre, elle entame une seconde carrière essentiellement théâtrale dont beaucoup de pièces de Bertolt Brecht. « …Alors, elle se met en route. Et depuis, elle joue, écrit, chante, vibre en cinq continents. Avide, assoiffée, insatiable, elle explore, recherche… Anna rit. Anna pleure. Vivre. Survivre. Passionnément. Et puis, il y aura Jean. Et puis, il y aura Piotr. Anna Amoureuse, Anna Mère. Mais par dessus tout, Anna Femme. Infiniment… Elle nous offre ses blessures, ses cris, ses joies, son étoile à mille branches, avec une générosité grande comme ce monde qu’elle arpente, gourmande. Elle, l’épouse d’un instant. »

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À chaque rencontre avec le public, c’est le prodige: elle se livre, se délivre, se donne, entière, comme si c’était la pour première et pour la dernière fois. Anna Aujourd’hui. Plus que jamais. Anna La Vie. Elle travaille avec des metteurs en scène importants comme : Jorge Lavelli, Georges Wilson, Roger Planchon, Jean-Louis Barrault, Marc’O, Petrika Ionesco, Lucian Pintilie, Jacques Lassalle… Elle tourne aussi dans plusieurs films dont « Sweet Movie » de Dušan Makavejev, film qui la cité 2provoquera son interdiction en Pologne pendant quinze ans.
En 1978 elle commence une nouvelle carrière en tant que chanteuse, son récital Rêve d’Ouest-Rêve d’Est la fait connaître du grand public, d’abord à Paris au théâtre de la Ville puis en Belgique au théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve, où elle est accompagnée aux pianos par Oswald et Nicole d’Andrea, dans une direction artistique du belge Marc Lerchs.
À l’Olympia de Paris, elle reçoit alors le « Premier Prix à la Vocation Artistique » décerné par le Club des Onze, une association créée par Bruno Coquatrix et composée de personnalités du monde artistique dont Jean Wiener et Georges Auric. Elle tourne dans La Cité des Femmes de Federico Fellini en 1980. Ses spectacles font le tour du monde, et elle pourra enfin retourner à Varsovie en 1989… pour célébrer le bicentenaire de la Révolution française. En 2002, elle a écrit un livre de souvenirs Moi qui suis née à Varsovie. En 2014, elle est Chevalier des Arts et des Lettres.Sources:ICI et ICI

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

7 commentaires

  1. babelouest

    Anna Prucnal ! Oui, une grande dame. Une très grande dame. De celles que les merdias ne montreront pas, elle est trop grande pour eux.

    Pour ma part, ce matin je m’en suis pris en ces temps de festivités tapageuses au Dieu-Fric, omniprésent malgré la loi de 1905. Les grands-prêtres de cette engeance souvent meurtrière devraient être en prison pour de multiples raisons. Les encenseurs devraient connaître le courroux des censeurs. Les victimes les plus malheureuses devraient enfin manger à leur faim dans un abri stable. Quand cela changera-t-il ?

    • erwandekeramoal

      Belle envolée en vérité. On ne peut que « communier », si j’ose dire. Bien à toi.

  2. Rém*

    Ah Sweet Movie et La Cité des Femmes !!
    C’est ma compagne d’alors, comme moi libertaire, qui m’avait entraîné voir Sweet… Et j’ai eu le malheur de « tomber amoureux » (!?) de l’image d’Anna… ce qui courrouça à juste titre, un temps, ma compagne, mon vrai amour charnel : et, conclusion, notre fille se prénomme Anna, pas seulement en référence à une grande duchesse bretonne, mais à une grande-grande artiste polonaise !

    • erwandekeramoal

      Que les dieux m’tripotent mais je ne voulais en aucun cas raviver quelques plaies amoureuses…

  3. Hobo-Lullaby

    Une Polonaise et un breton … comme aurai dit Audiard, « j’vois d’ici la p’tite scène … »
    Erwan, si c’est pas une déclaration d’amour, je m’y connais pas, mais en tout cas comme aurai dit Rimbaud, « confiture exquise au bon poète » …

    Amités

    Serge

    • erwandekeramoal

      « J’ai connu une polonaise qui en prenait au p’tit déjeuner… »

  4. Sceptique

    Un grand merci pour cette belle biographie d’une personne qui m’était inconnue, mais ne le sera plus.

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