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Démantèlement, tellement dément…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la polémique et du waterzoï réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 21 décembre 2014, si l’on en croit le Nivosecalendrier républicain, ce jour, premier de Nivôse, est dédié à la tourbe. Nivôse qui nous vient tout droit du latin Nivosus, riche en neige… C’est bien tout ce qu’il reste de riche par les temps qui courent ; mis à part quelques spéculateurs véreux qui se repaissent sur le dos des peuples et qui regardent en se bidonnant nos acquis sociaux se réduire à peau de chagrin. Ma doué benniget !

La tourbe, a été pendant longtemps la principale production du Yeun Elez, cette zone marécageuse située au cœur des Monts d’Arrée (Finistère) sous le regard vigilant de nos géants de granite: Roc’h Trevezel, Roc’h Trédudon, Menez Kador. La légende situe ici même, au cœur de ces tourbières, les portes de l’Enfer: Le Youdig. Voici ce qu’en dit Anatole Le Braz dansL'ankou « La légende de la Mort »:  « On dirait, en été, une steppe sans limites, aux nuances aussi changeantes que celles de la mer. On y marche sur un terrain élastique, tressé d’herbes, de bruyères, de jonc. A mesure qu’on avance, le terrain se fait de moins en moins solide sous les pieds : bientôt on enfonce dans l’eau jusqu’à mi-jambes et, lorsqu’on arrive au cœur du Yeun, on se trouve devant une plaque verdâtre, d’un abord dangereux et de mine traîtresse, dont les gens du pays prétendent qu’on n’a jamais pu sonder la profondeur. C’est la porte des ténèbres, le vestibule sinistre de l’inconnu, le trou béant par lequel on précipite les « conjurés ». Cette flaque est appelée le Youdig (la petite bouillie) : parfois son eau se met à bouillir. Malheur à qui s’y pencherait à cet instant : il serait saisi, entraîné, englouti par les puissances invisibles ». Depuis trente ans que l’on tente le démantèlement de la centrale de Brennilis… Elles sont peut-être là, les puissances invisibles.

« Sant Mikêl vraz a oar an tu d’ampich ioual ar bleizi-du » ( Le grand saint Michel sait la manière d’empêcher de hurler les loups noirs ) allusion à la chapelle Saint Michel de Braspart qui korrigandomine le Yeun Elez. Voila ce que l’on répond à ceux qui ont eu le malheur de s’égarer dans le marais et qui disent avoir entendu hurler les chiens de la mort. Mon aïeule nous contait l’histoire des crieurs de nuits (hoper noz) que sont les enfants morts sans baptême et qui doivent rester errer ainsi jusqu’au jugement dernier. Bref, que des trucs vachement rigolo… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A la St Alar, le cénobite prend du r’tard…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

 

Amis des colonies de vacances et du surimi réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 20 décembre 2014, dernier jour de frimaire dédié à la pelle. Ce qui réfute une fois pour toutes l’idée absurde qui voudrait que ce jour corresponde au 18 juin…Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar. Enfin, c’est pas une obligation non plus, hein !

Nous ne savons pas grand chose de la vie du bonhomme dont le culte était pourtant si répandu en Finistère. (pourquoi en faire un billet alors ? Oui, bon, soyez pas désagréable non plus…) Je poursuis, or donc, il aurait été le 220px-StAlartroisième évêque de Quimper succédant à Corentin et Connogan. Il a laissé son nom à la très jolie vallée du Stangala près de Quimper ainsi qu’à un petit val qui accueille le magnifique jardin botanique de Brest: le Stang-Alar. Il fut très populaire comme protecteur des chevaux quand bien même le nom laisse supposer qu’il s’agissait à l’origine d’un saint protecteur des alevins et des alevineurs (an alaer signifie « l’alevineur » en breton) en raison de la proximité de son nom avec celui-ci. Ce n’est que par la suite qu’il est devenu le saint patron des poulains, et par extension, des chevaux. Mais il fut invoqué aussi pour obtenir de la pluie… Non mais vous imaginez cela… Prier pour qu’il pleuve en Finistère !

Voici ce que l’on pouvait lire dans «Bulletin de la Commission diocésaine d’architecture et d’archéologie, 1901-1910»  Notre-Dame du Drénec est invoquée pour l’obtention d’un beau temps favorable à la moisson ; saint Alar, patron d’Ergué-Armel, au contraire a pour mission d’obtenir de Dieu la pluie bienfaisante qui met fin aux Locronan_Saint-Alarsécheresses excessives…  En 1884, ce fut au tour des paroissiens de Clohars-Fouesnant de se rendre à Ergué-Armel aux pieds de saint Alar. Leurs prières furent écoutées et promptement exaucées : le soir même de ce pèlerinage à saint Alar, la pluie, depuis si longtemps désirée, ne cessa de tomber pendant toute la nuit suivante.  On rapporte que le saint homme, poursuivit par des brigands arriva à la pointe du Griffonez qui surplombe l’Odet d’une grande hauteur. Sur le point d’être rejoint, il fit un signe de croix et s’élança dans le vide et, d’un bond prodigieux il atterrit sur l’autre rive en kerfeunteun. Étonnant, non ! Peu à peu Saint Alar s’éclipsa au profit de Saint Éloi pour se confondre avec ce dernier dans la croyance populaire. Rappelons que le bon Saint Éloi, en mission de paix pour le roi Dagobert rencontra le roi breton Judicaël, deux siècles après la mort de Saint Alar; mais bon, on va pas chipoter.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Blue Bird…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du crétacé supérieur et de la lutte des glaces réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 19 décembre 2014, 29è jour de frimaire dédié à l’olive. Le 19 décembre 1915 à vu Rogers 2mourir Aloïs Alzheimer; il est très connu mais je ne me souviens plus pourquoi, j’ai la mémoire qui flanche… Je cherchais depuis un moment déjà l’occasion d’évoquer la carrière de Jimmy Rogers et je m’aperçois qu’il est décédé un 19 décembre à Chicago dans l’Illinois en 1997. C’est sans doute un des principaux concepteurs du Chicago blues de l’après-guerre. Encore enfant, il aide un ses oncles épiciers qui vend des disques au milieu des victuailles. En attendant le chaland,le jeune Jimmy apprend la guitare et l’harmonica à partir des disques de Memphis Minnie et John Lee «Sonny Boy»Williamson. Attention de ne pas le confondre avec Jimmie Rodgers, chanteur de country, célèbre pour son yodel…

Il rejoint Chicago en 1939 via Saint-Louis et se produit sur le marché aux puces de Maxwell Street. C’est là qu’il va rencontrer Leroy Foster et surtout Muddy Waters. Ensemble il vont former un groupe qui deviendra le premier «Muddy Waters blues band». Dans les années cinquante, Jimmy Rogers enregistre une trentaine de titres dont pas mal de Rogers chefs-d’oeuvre en compagnie du pianiste Eddie Ware. Lorsqu’il sera remplacé par Pat Hare chez Muddy en 1960, Rogers abandonne la musique et redevient épicier et chauffeur de taxi pour subvenir aux besoins de sa grande famille.
Ce n’est qu’en 1970, pressé par le pianiste blanc Bob Riedy qu’il reprend sa guitare et son blues. Il va se produire dans les clubs de Chicago, sur les campus et participe à quelques tournées en Europe. Voici ce qu’en dit Gérard Herzaft dans sa grande encyclopédie du blues (Fayard): «…Discret, modeste, Jimmy Rogers n’a jamais connu l’engouement du public international du blues mais, peu à peu, son authenticité et le rôle historique qu’il a joué à Chicago, l’ont fait reconnaître et apprécier.»

Allez, c’est sympa à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

La vérité toute nue…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’Hypnérotomachie et de la galette au lait ribot réunies, bonjour ! Nous sommes le jeudi 18 décembre 2014, la vérité28è jour de frimaire dédié à la truffe. Et puisque Noël n’est plus très loin, voici en cadeau de fin d’année ce magnifique croquis de KUPKA, peintre Tchèque né en Bohème, intitulé « La vérité ». Il est dédié à Malato, écrivain anarchiste qui accompagna Louise Michel en Nouvelle Calédonie. KUPKA est considéré comme un des pères de l’abstraction avec Kandinsky et Mondrian. Le fait qu’il ait longtemps fréquenté les anarchistes explique peut-être que sa notoriété soit moindre que celle des deux autres.

Au printemps 1896, il arrive à Paris et s’installe dans le quartier de Montmartre, lieu de la bohème artistique où il vit d’abord pauvrement. En 1898, il loue un atelier et commence à travailler comme illustrateur. Il collabore à la célèbre revue satirique anarchisante « L’Assiette au Beurre » y réalisant kupka_autoportraitplusieurs numéros, mais aussi aux « Temps Nouveaux » de Jean Grave (qu’il soutiendra également en faisant des dons aux tombolas de 1908 et 1912), à « La Cravache », au « Rire », au « Cri de Paris », ainsi qu’à des revues anarchistes tchèques. De 1904 à 1908, il illustre « L’Homme et la Terre » d’Elisée Reclus, publié de façon posthume entre 1905 et 1908 par Paul Reclus.
En 1904, il s’installe définitivement avec Eugénie Straub à Puteaux, et poursuit des études de physiologie à la Sorbonne, puis de biologie et d’archéologie.

En 1909, il dessine la couverture pour la réédition de la brochure (n° 37) sur Le Salariat de Pierre Kropotkine. Il aurait préparé des illustrations pour « La Grande Révolution » de Argent-Kupka-01Kropotkine, mais le projet ne se réalisa pas et les dessins n’ont pas été retrouvés. En 1909, il était en correspondance avec Francisco Ferrer pour donner des illustrations à une série de brochures de l’école moderne (Escuela Moderna). Vers 1910, il s’oriente vers l’art non figuratif et abstrait. En 1912, il est au Salon d’automne avec des œuvres non-figuratives, puis au Salon des Indépendants où il est exposé avec les peintres cubistes, tout en refusant d’y être assimilé. Il se joint au Groupe de Puteaux ou Groupe de la Section d’Or, regroupant divers artistes comme Marcel Duchamp, Francis Picabia, etc.

En 1913, il publie un recueil de textes « La Création dans les arts plastiques ». A la déclaration de guerre en août 1914, bien qu’antimilitariste et fréquentant le milieu anarchiste, il s’engage comme volontaire et se retrouve sur le front de la Somme. En 1915, gravement malade, il est évacué sur Paris 250px-Assiette-au-beurre-162mais n’en poursuit pas moins son action auprès de la communauté tchèque. Il est de nouveau mobilisé en 1918 et finit la guerre comme capitaine et reçoit la Légion d’honneur. Après-guerre, il reprend sa palette, et participe à diverses expositions. En 1931, il participe à la fondation du mouvement « Abstraction-Création », mais quittera le groupe en 1934. En 1936, il participe à l’exposition « Cubism and Abstract Art » à New York. Entre 1939 à 1945, il vit à Beaugency avec sa compagne Eugénie Straub. Il meurt à Puteaux le 24 juin 1957. Il laisse de nombreuses œuvres, impressionnistes et symbolistes, avant 1910, abstraites après 1910. En 1958, le Musée d’art moderne de Paris organisera une rétrospective posthume. Plus récemment, Le Musée d’Orsay lui a consacré une importante exposition en 2002.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Une grande voix…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la planète enchantée et du bacalao réunis, bonjour! Nous sommes le mercredi 17 décembre 2014, c’est le 27è jour chêne liègede frimaire dédié au Liège. Je me souviens avoir marché dans les grandes forêts de chêne-liège au Portugal du côté de Setubal… En ces temps là, la tempête Salazar s’était calmée elle aussi; les œillets fleurissaient les canons, les jeunes capitaines faisaient danser les filles, le fado résonnait dans l’Alfama, tous les espoirs étaient permis. C’était avant, bien avant…
Cette année là, on découvrait une grande dame qui jouait Ubu à l’opéra d’après Jarry au festival d’Avignon, dans une mise en scène de Georges Wilson. Elle s’appelait Anna Prucnal. Anna Prucnal est née le 17 décembre 1940 à Varsovie, Pologne. C’est une actrice et chanteuse française d’origine polonaise. Son père, chirurgien d’origine paysanne, juif et tzigane, fut assassiné par les nazis. Sa mère, de grande noblesse, Prucnaldescendante de Stanislas Leszczyński, élève donc seule ses deux filles. Après des études de piano et de chant lyrique, Anna Prucnal commence sa carrière d’actrice au Théâtre Satirique Étudiant (STS), foyer de contestation intellectuelle à Varsovie. À vingt-deux ans elle débute au cinéma, et devient tout de suite populaire. Arrivée en France à trente ans par amour pour Jean Mailland et enceinte de son fils Pierre, elle entame une seconde carrière essentiellement théâtrale dont beaucoup de pièces de Bertolt Brecht. « …Alors, elle se met en route. Et depuis, elle joue, écrit, chante, vibre en cinq continents. Avide, assoiffée, insatiable, elle explore, recherche… Anna rit. Anna pleure. Vivre. Survivre. Passionnément. Et puis, il y aura Jean. Et puis, il y aura Piotr. Anna Amoureuse, Anna Mère. Mais par dessus tout, Anna Femme. Infiniment… Elle nous offre ses blessures, ses cris, ses joies, son étoile à mille branches, avec une générosité grande comme ce monde qu’elle arpente, gourmande. Elle, l’épouse d’un instant. »

À chaque rencontre avec le public, c’est le prodige: elle se livre, se délivre, se donne, entière, comme si c’était la pour première et pour la dernière fois. Anna Aujourd’hui. Plus que jamais. Anna La Vie. Elle travaille avec des metteurs en scène importants comme : Jorge Lavelli, Georges Wilson, Roger Planchon, Jean-Louis Barrault, Marc’O, Petrika Ionesco, Lucian Pintilie, Jacques Lassalle… Elle tourne aussi dans plusieurs films dont « Sweet Movie » de Dušan Makavejev, film qui la cité 2provoquera son interdiction en Pologne pendant quinze ans.
En 1978 elle commence une nouvelle carrière en tant que chanteuse, son récital Rêve d’Ouest-Rêve d’Est la fait connaître du grand public, d’abord à Paris au théâtre de la Ville puis en Belgique au théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve, où elle est accompagnée aux pianos par Oswald et Nicole d’Andrea, dans une direction artistique du belge Marc Lerchs.
À l’Olympia de Paris, elle reçoit alors le « Premier Prix à la Vocation Artistique » décerné par le Club des Onze, une association créée par Bruno Coquatrix et composée de personnalités du monde artistique dont Jean Wiener et Georges Auric. Elle tourne dans La Cité des Femmes de Federico Fellini en 1980. Ses spectacles font le tour du monde, et elle pourra enfin retourner à Varsovie en 1989… pour célébrer le bicentenaire de la Révolution française. En 2002, elle a écrit un livre de souvenirs Moi qui suis née à Varsovie. En 2014, elle est Chevalier des Arts et des Lettres.Sources:ICI et ICI

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Voltairine de Cleyre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’art universel et de la matelote d’anguille réunis, bonjour ! Nous voici le mardi 16 décembre 2014, et, si tout se passe comme prévu, c’est bientôt Noël… Ce jour correspond au 26 de frimaire consacré au pignon produit par le pin parasol.

Tiens justement, c’est le 16 décembre 1893, à New York, que Voltairine de Cleyre fit son célèbre discours pour la défense d’Emma Goldman et du droit d’expropriation.                    -Qui ça, Volverine ?                                                        -Mais non madame Michu, ça c’est une autre histoire…
Si j’avais débuté ce billet en vous parlant d’elle vous n’auriez pas manqué, dans vos commentaires raffinés et perfides, de me demander d’où je la sortais. Et bien oui, elle se nomme VoltairineVoltairine de CLEYRE, avouez que cela ne s’invente pas. Mais c’est le papa, d’origine française, et qui était un grand admirateur de notre Voltaire à nous, qui en a décidé ainsi. Elle est née un 17 novembre en 1866 quelque part dans le Michigan, états-unis d’Amérique. Figure oubliée de l’anarchisme et de la libre pensée, elle a consacré sa vie, après avoir passé plusieurs années dans un couvent (ceci explique peut-être cela), à dénoncer le poids des religions dans la société civile et à lutter pour les droits de l’homme, et de la femme, ce qui à cette époque n’allait pas de soi. Elle est morte à Chicago en 1912 en laissant derrière elle quelques ouvrages et l’image d’une militante exemplaire. Ses prises de position sur des thèmes aussi divers que le mariage, la guerre, la propriété privée lui ont valu une réputation sulfureuse d’anar et d’anticléricale dans une Amérique bigote et libérale. Elle méritait bien ce petit coup de chapeau dans un siècle où la pensée libre est une denrée en voie de disparition.

Bon, et bien, pour un mardi ça devrait le faire non ? Comme le dit Delfeil De Ton, il faut veiller aux 2500 signes pour ne pas lasser le lecteur. C’est pourquoi je vous abandonne pour d’autres activités et vous adresse un chaleureux salut. Portez vous bien et, à demain peut-être.

Santig Du…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’internationale ouvrière et du pâté de lièvre réunis, bonjour ! Nous voici donc le lundi 15 décembre 2014, 25è jour de Frimaire dédié au grillon et, aujourd’hui, en Bretagne, on va célébrer Santig Du. Celui-ci n’est pas un saint comme les autres. En effet, ce n’est pas le Vatican mais le peuple qui en a fait un saint. Vox populi, vox dei !

De son vrai nom Jean Divoutou, il est né à St Vougay dans le Léon (finistère) vers 1279 et mort de la peste à Quimper en 1349. Le brave homme avait l’habitude d’aller pieds nus et les bretons  le surnommaient Yann Diarc’hen, c’est à dire Jean sans sabots. Sur ses origines, voici ce qu’en disait Albert le Grand: « Le Bien-Heureux Jean, surnommé Discalcéat, ou Deschaux, à cause qu’il alloit toûjours nuds pieds, nasquit de parens de mediocre fortune, gens de bien & craignans Dieu, qui faisoient leur residence  santig dudans l’Evesché de Leon, en Basse Bretagne.On dit que sa mere estant enceinte de luy, desira manger d’une certaine espece d’oyseau qui ne se trouve pas en ces quartiers, & alloit ce desir tellement augmentant, qu’elle couroit risque de perdre son fruit ; mais Dieu la preserva extraordinairement ; car un jour, comme elle estoit en sa chambre, avec quelques siennes voisines, un oyseau tel qu’elle desiroit entra dans la chambre & se laissa prendre aisément, dont elle satisfit son appetit. Elle accoucha de ce benit enfant, environ l’an de grace 1280 sous le Pontidicat de Nicolas III, l’Empire de Rodolphe I & le regne de Jean I du nom, Duc de Bretagne, fils de la Duchesse Alix & de Pierre de Brenne, ou de Dreux, dit Mauclerc, son mary. Il fut nommé sur les sacrez Fonds, Jean, &, par humilité, voulut toute sa vie, estre nommé Iannic, qui est un diminutif breton de Jean, comme qui diroit Petit-Jean » Je ne connais pas l’auteur du diaporama ci-après mais, cela vous donne une idée de ce à quoi commence à ressembler la vallée des saints à Carnoët.

Il a consacré une grande partie de sa vie aux pauvres de Quimper et son culte est resté vivace jusqu’à il n’y a pas longtemps. Il a laissé des traces dans l’histoire par ses actions durant le siège de Quimper par les troupes de Charles de Blois santig du vallée et surtout au cours de l’épidémie de peste qui frappa la Cornouaille à cette époque. Mon aïeule, qui savait aussi se montrer pieuse sans être bigote, nous a mené à plusieurs reprises jusqu’à la cathédrale de Quimper où, près de ses reliques, existait une petite tablette où des anonymes venaient y déposer du pain pour les nécessiteux; pratique qui remonterait au XVè siècle. Aujourd’hui on donne aux restos du cœur car, force est de constater que la modernité n’a pas supprimé la pauvreté. Ci-dessus, sa statue dans la vallée des saints bien sur. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

In the Mood…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis de la comedia del arte et des farfalle alla burina réunis, bonjour ! Aujourd’hui, dimanche 14 décembre 2014 c’est le 24ème jour de frimaire dans le calendrier républicain et, figurez vous que c’est le jour de l’oseille… Alors, c’est la thunel’occasion ou jamais de jouer au loto puisque le vendredi treize n’a pas voulu vous sourire, ou alors de vous préparer une bonne soupe (à l’oseille). Pourquoi ont-ils dédié cette journée à l’oseille et pas au blé ou à l’artiche, au flouze, à la fraîche, au pognon, au fric, au grisbi, à la thune, la braise, le pèze, la galette… Les motivations des Républicains (qui avaient pourtant le choix dans la date) pour leur calendrier restent pour moi un grand mystère.

Le 14 décembre, c’est aussi le Jour anniversaire de la disparition de Glenn Miller. J’écris « disparition » car son corps n’a jamais été retrouvé. Il effectuait un vol au dessus de la Manche en juin 44, il n’est jamais revenu. A cette époque il 300x300animait un big band dont la mission était de remonter le moral des troupes. J’adore ce tromboniste dont le timbre de l’orchestre est immédiatement reconnaissable. Il avait débuté sa carrière dans un groupe musical dans lequel se trouvait aussi Benny Goodman, excusez du peu ! Chacun se souvient du formidable « in the mood ». Woody Allen s’en est souvent inspiré dans ses films ou bien même avec son propre orchestre de jazz. Allez, un dernier pour la route…

Ce matin c’est plutôt frisquet à Keramoal, les lapins restent dans leurs terriers, les mésanges viennent quémander un peu de graisse et de gros nuages poussé par le vent du Nord invite à la poésie:
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits…
Il faut pourtant se décider à éteindre l’ordinateur et reprendre une activité normale. Allez, que les dieux de l’oseille vous soient favorables et, à demain peut-être.

Dans le ventre des espagnols…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la pensée Pascalienne et du Vermouth-cassis réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 13 décembre 2014, 23è jour de Frimaire dédié au roseau.

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un Pascalroseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale. »  Pascal, Pensées, (1660)

C’est sans doute pour cela que: «Dans le ventre des espagnols il ya des armes…»

 

saornil_luciaLe 13 décembre 1895, naissance de Lucia SANCHEZ SAORNIL, à Madrid. Poétesse, artiste peintre et militante anarchiste féminine espagnole.
Née dans une famille modeste, elle obtient en 1916 un emploi à la compagnie de téléphone, mais poursuit des études à l’académie des Beaux-Arts. En 1918, passionnée par la poésie, elle intègre le mouvement littéraire « Ultraïsmo » et publie ses premiers poèmes. Militante anarcho-syndicaliste, elle prend part aux confits sociaux de la « Telefonica ». Mutée à Valence en 1927, elle collabore aux journaux anarchistes « Tierra y Libertad », « Solidaridad Obrera », etc.

De retour à Madrid en 1929, elle devient secrétaire de rédaction au journal « C.N.T ». Militante féminine convaincue, elle reste persuadée que les revendications des femmes requièrent une organisation spécifique. En 1936, avec les compagnes Mercedes Comaposada, Amparo Poch y Gascon, elle fonde le mouvement d’émancipation « Mujeres Libres » (Femmes Libres) qui édite, à partir de mai 1936, la revue du luciamême nom. Lire ce petit texte de 1937 ICI. Lorsque éclate la révolution, elle se démène sans compter, présente sur le front comme à « Radio Madrid ». De retour à Valence, en 1937, elle devient la principale rédactrice de l’hebdomadaire anarchiste « Umbral »; elle y rencontrera sa compagne saphique América Barroso. En mai 1938, Lucia est nommée secrétaire générale de S.I.A « Solidarité Internationale Antifasciste », chargée d’organiser l’aide internationale.
La révolution écrasée, elle se réfugie en France début 1939, et tente de secourir les réfugiés. En 1942, pour éviter être déportée dans les camps nazis, elle retourne à Madrid, puis à Valence, vivant jusqu’en 1954 dans une totale clandestinité. Elle est morte à Valence, le 2 juin 1970.
« Soñar, soñar siempre (…) Porque un nuevo entusiasmo nos transporta a otro ensueño entrevisto en lontananza y en la vida, el soñar, es lo que importa. »
(Rêver, toujours rêver (…) Pour qu’un nouvel enthousiasme nous transporte dans un autre rêve entrevu dans le futur et dans la vie, le rêve, c’est ce qui importe.) Sources
Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A la St Corentin le cénobite fait le plein…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’histoire bretonne et de la galette-saucisse réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi 12 décembre 2014, 22è jour de Frimaire dédié à la bruyère. Outre le fait que son rhizome soit essentiellement utilisé pour la confection de fourneau de pipe grâce à la grande résistance à la chaleur et au feu de son bois, la bruyère  est un antiseptique de l’appareil urinaire; elle guérit des cystites et infections de la vésicule, et traite calculs rénaux et biliaires. Dépurative etBrug désintoxicante, elle soulage arthrites et goutte. Mais surtout, la bruyère fait partie de la recette de la bière traditionnelle écossaise Heather Ale, dans laquelle elle joue un rôle d’aromatisation en lieu et place du houblon. Le nom scientifique de la bruyère est Erica et vient du grec ancien ἐρείκη et, étonnante coïncidence, c’est un 12 décembre en 1999 que le pétrolier Erika fit naufrage au large de la Bretagne. En breton on dit Brug. Ce fut d’ailleurs le titre donné par Emile Masson à sa revue mensuelle bilingue en 1913 pour faire pénétrer les idées libertaires dans le milieu paysan. Ne pas confondre avec Bleun-brug (fleur de bruyère) mouvement créé par l’abbé Perrot dès 1905; curé réactionnaire, nationaliste et un tant soit peu collabo. Voila, avec cela, vous pouvez vous présenter à Questions pour un champion sauce armoricaine…

Tout à fait autre chose.

Or donc, le 12 décembre, on célèbre (ou pas) Sant Kaourintin. Il fait partie de la bande des sept saints fondateurs de la Bretagne (version catho). Si l’on en croit Albert Le Grand, il serait né de Saint-Corentince côté ci de la Manche et aurait installé très tôt son ermitage non loin de Plomodiern au pied du Menez-Hom (Finistère). C’est lui qui a inventé la banque alimentaire car il avait un poisson dont il mangeait chaque jour un morceau qui repoussait illico. C’est ainsi qu’il put nourrir le roi Gradlon et sa cour par ces temps de disette (ici à gauche, celui de la vallée des saints). Pour le remercier, le roi le fit nommer évêque de Quimper qui depuis se fait appeler Quimper-Corentin. Quimper, en breton Kemper, qui, chacun le sait signifie confluent, et désigne le lieu où deux rivières se rencontrent avant de rejoindre la mer. Ici l’Odet et le Steir. Mais vous avez en Côtes d’Armor, Quemper-Guézennec où se rejoignent le Trieux et le Leff.

Bon, c’est pas tout ça, on cause, on cause mais je dois préparer mon pot au feu. Je ne veux pas oublier de vous remercier pour votre visite aux « cénobites tranquilles » qui est comme l’épicerie-bar-quincaillerie-dépôt de pain de tante Fine, ouvert tous les jours. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.