Dans le ventre des espagnols…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la pensée Pascalienne et du Vermouth-cassis réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 13 décembre 2014, 23è jour de Frimaire dédié au roseau.

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un Pascalroseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale. »  Pascal, Pensées, (1660)

C’est sans doute pour cela que: «Dans le ventre des espagnols il ya des armes…»

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saornil_luciaLe 13 décembre 1895, naissance de Lucia SANCHEZ SAORNIL, à Madrid. Poétesse, artiste peintre et militante anarchiste féminine espagnole.
Née dans une famille modeste, elle obtient en 1916 un emploi à la compagnie de téléphone, mais poursuit des études à l’académie des Beaux-Arts. En 1918, passionnée par la poésie, elle intègre le mouvement littéraire « Ultraïsmo » et publie ses premiers poèmes. Militante anarcho-syndicaliste, elle prend part aux confits sociaux de la « Telefonica ». Mutée à Valence en 1927, elle collabore aux journaux anarchistes « Tierra y Libertad », « Solidaridad Obrera », etc.

De retour à Madrid en 1929, elle devient secrétaire de rédaction au journal « C.N.T ». Militante féminine convaincue, elle reste persuadée que les revendications des femmes requièrent une organisation spécifique. En 1936, avec les compagnes Mercedes Comaposada, Amparo Poch y Gascon, elle fonde le mouvement d’émancipation « Mujeres Libres » (Femmes Libres) qui édite, à partir de mai 1936, la revue du luciamême nom. Lire ce petit texte de 1937 ICI. Lorsque éclate la révolution, elle se démène sans compter, présente sur le front comme à « Radio Madrid ». De retour à Valence, en 1937, elle devient la principale rédactrice de l’hebdomadaire anarchiste « Umbral »; elle y rencontrera sa compagne saphique América Barroso. En mai 1938, Lucia est nommée secrétaire générale de S.I.A « Solidarité Internationale Antifasciste », chargée d’organiser l’aide internationale.
La révolution écrasée, elle se réfugie en France début 1939, et tente de secourir les réfugiés. En 1942, pour éviter être déportée dans les camps nazis, elle retourne à Madrid, puis à Valence, vivant jusqu’en 1954 dans une totale clandestinité. Elle est morte à Valence, le 2 juin 1970.
« Soñar, soñar siempre (…) Porque un nuevo entusiasmo nos transporta a otro ensueño entrevisto en lontananza y en la vida, el soñar, es lo que importa. »
(Rêver, toujours rêver (…) Pour qu’un nouvel enthousiasme nous transporte dans un autre rêve entrevu dans le futur et dans la vie, le rêve, c’est ce qui importe.) Sources
Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

5 commentaires

  1. babelouest

    La vie est encore plus difficile pour les dames. Salut, cénobite. Que le creuset de l’univers les recueille dans la paix du néant.

  2. La Feuille

    Bravo et merci pour ce billet présentant un personnage remarquable de l’histoire du mouvement anarchiste espagnol. Grâce à ce texte, j’ai enfin pu donner un nom au visage figurant sur la belle photo n°3 qui est une illustration classique dans de nombreux articles sur la révolution espagnole. J’en ai profité pour parcourir aussi, en long et en large, le site Racines et Branches qui propose d’autres textes passionnants.

  3. erwandekeramoal

    Un vrai plaisir d’apparaitre dans la rubrique à blogs de l’ami Paul.

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