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L’économie selon Detoeuf…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’économie solidaire et des ormeaux-juste-poëlés-avec-un-peu-d’ail réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 30 décembre 2014 et les jours ressemblent de plus en plus aux derniers de l’année. C’est encore le 10è jour de nivôse, dédié O.L. Barentonau Fléau dans notre calendrier républicain. Le notre de fléau est toujours là et rêve d’un nouveau quinquennat comme Christophe Colomb du nouveau monde et, il ne devrait pas tarder à nous présenter ses vœux alors, faites comme moi, boycottez, éteignez la télé, allez boire un coup en méditant cette maxime extraite du livre de Auguste Detoeuf: « le capital c’est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent » (Auguste Detœuf – qui se fit connaître par son recueil d’aphorismes :Propos de O.L. Barenton, confiseur, Éd. du Tambourinaire, 1962. Réédité en 1986 par les éditions d’Organisation. Je pense qu’on le trouve encore en librairie)

Recueil des plus hilarant et qui débute ainsi: «A son décès, en 1947, M. Barenton laissait à ses enfants une grande fortune, honorablement acquise. Fait remarquable pour qui sait combien il est délicat d’acquérir honorablement ce qu’on appelle une fortune honorable.» Detœuf était avant tout un industriel; en 1928, il est l’artisan de la fusion entre la Compagnie Thomson-Houston et la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. Ce groupe prend le nom d’Als-Thom (qui deviendra ensuite Alsthom). Il en sera le Président de septembre 1928 à décembre 1940. Très concerné par les problèmes économiques de son époque (Alsthom a tout de même frisé la faillite en detoeuf dessin1935), Detœuf fait partie du Groupe X-Crise qui est un cercle de réflexion et de débats sur l’économie, rassemblant des anciens élèves de l’École polytechnique suite à la grande dépression qui suivit le krach boursier de 1929. La tendance générale du groupe est de remettre en cause l’économie libérale dont la crise révèle les faiblesses, et de promouvoir une « économie coordonnée ». Il dénonce l’incompétence des politiques en matière de planification technique et économique et leur tendance à vouloir préserver à tout prix les anciens modèles économiques plutôt qu’à rechercher et corriger les problèmes ayant suscité la crise. Il prononce devant ce groupe en 1936 un fameux discours intitulé «La fin du libéralisme». D’un certain point de vue, il était aussi visionnaire: « Le Français est un paresseux qui travaille beaucoup. L’Anglais un paresseux qui ne fait rien. L’Allemand un travailleur qui se donne du mal. L’Américain, un travailleur qui sait s’arranger pour ne pas faire grand chose. Le Chinois gagne peu, travaille vite et bien, l’avenir lui appartient.« .

Allez, bonne fin d’année, portez vous bien et à demain peut-être.