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A la St Corentin le cénobite fait le plein…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’histoire bretonne et de la galette-saucisse réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi 12 décembre 2014, 22è jour de Frimaire dédié à la bruyère. Outre le fait que son rhizome soit essentiellement utilisé pour la confection de fourneau de pipe grâce à la grande résistance à la chaleur et au feu de son bois, la bruyère  est un antiseptique de l’appareil urinaire; elle guérit des cystites et infections de la vésicule, et traite calculs rénaux et biliaires. Dépurative etBrug désintoxicante, elle soulage arthrites et goutte. Mais surtout, la bruyère fait partie de la recette de la bière traditionnelle écossaise Heather Ale, dans laquelle elle joue un rôle d’aromatisation en lieu et place du houblon. Le nom scientifique de la bruyère est Erica et vient du grec ancien ἐρείκη et, étonnante coïncidence, c’est un 12 décembre en 1999 que le pétrolier Erika fit naufrage au large de la Bretagne. En breton on dit Brug. Ce fut d’ailleurs le titre donné par Emile Masson à sa revue mensuelle bilingue en 1913 pour faire pénétrer les idées libertaires dans le milieu paysan. Ne pas confondre avec Bleun-brug (fleur de bruyère) mouvement créé par l’abbé Perrot dès 1905; curé réactionnaire, nationaliste et un tant soit peu collabo. Voila, avec cela, vous pouvez vous présenter à Questions pour un champion sauce armoricaine…

Tout à fait autre chose.

Or donc, le 12 décembre, on célèbre (ou pas) Sant Kaourintin. Il fait partie de la bande des sept saints fondateurs de la Bretagne (version catho). Si l’on en croit Albert Le Grand, il serait né de Saint-Corentince côté ci de la Manche et aurait installé très tôt son ermitage non loin de Plomodiern au pied du Menez-Hom (Finistère). C’est lui qui a inventé la banque alimentaire car il avait un poisson dont il mangeait chaque jour un morceau qui repoussait illico. C’est ainsi qu’il put nourrir le roi Gradlon et sa cour par ces temps de disette (ici à gauche, celui de la vallée des saints). Pour le remercier, le roi le fit nommer évêque de Quimper qui depuis se fait appeler Quimper-Corentin. Quimper, en breton Kemper, qui, chacun le sait signifie confluent, et désigne le lieu où deux rivières se rencontrent avant de rejoindre la mer. Ici l’Odet et le Steir. Mais vous avez en Côtes d’Armor, Quemper-Guézennec où se rejoignent le Trieux et le Leff.

Bon, c’est pas tout ça, on cause, on cause mais je dois préparer mon pot au feu. Je ne veux pas oublier de vous remercier pour votre visite aux « cénobites tranquilles » qui est comme l’épicerie-bar-quincaillerie-dépôt de pain de tante Fine, ouvert tous les jours. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.