Libertaires à Brest…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la liberté de conscience et du gin tonic réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 09 novembre 2014 qui correspond au 19è jour de brumaire que nos amis républicains, toujours à l’affut d’une plaisanterie, avaient dédié à la grenade (le fruit bien entendu). Pour ma part, je dédie ce billet à un militant brestois décédé un 09 novembre en 1928 après une vie bien chargée.

Militant du cercle néo-malthusien de Brest, Paul Gourmelon, qui était qualifié par la police « d’anarchiste dangereux », avait été élu en décembre 1910 trésorier de la Bourse du travail. Il était également l’un des responsables (trésorier) de l’union départementale de la CGT aux cotés de Victor Pengam et J. gourmelonRouillier et collaborait au début des années 1910 à la rubrique Journal d’un bon bougre de l’organe local Le Finistère syndicaliste. Dans la nuit du 20 au 21 septembre 1911, il était arrêté alors qu’il sabotait les lignes télégraphiques sur la voie ferrée de Brest. Lors de la perquisition menée dans son placard de l’arsenal, la police découvrait la matrice d’un tract néo-malthusien en faveur de la contraception et de l’avortement. Traduit devant le conseil de guerre, il était condamné à deux ans de prison et révoqué. En prison, où il servait comme infirmier, il distribua aux autres détenus de la propagande néo malthusienne et révolutionnaire ce qui lui couta une condamnation à 60 jours de cachot dont il sortit dans un très mauvais état physique.

A sa libération à l’été 1913, il quitta Brest et se fixa en région parisienne à Gennevilliers. Il fut mobilisé à Brest pendant la première guerre mondiale. Dès 1919 il participait avec Pengam à la réorganisation du mouvement libertaire et ouvrier. Le 15 Lochudécembre 1920 il était l’un des sept anarchistes – J. Le Gall, R. Martin, Le Bre, R. Y. Guena, H. Cadec et J. Treguer – élus au conseil d’administration de la Maison du Peuple où il allait s’occuper plus particulièrement de la bibliothèque. Lors de la scission et de la fondation de la CGTU, il choisit avec notamment Guena et Tréguer de rester à la CGT. En 1921 il était membre du comité en faveur de Sacco et Vanzetti et appartenait avec Martin, Le Gall et Tréguer au groupe libertaire qui se réunissait à l’ancienne Bourse du travail, 14 rue Guyot. Il était également le secrétaire général de la Bourse du travail et trésorier de l’union départementale et en 1922 collaborait au périodique Le Finistère syndicaliste.

Membre du Comité de Défense sociale, , il représenta en 1923 la Bourse du travail au Comité de vigilance et d’action contre les menaces fascistes d’Action Française et autres groupes réactionnaires. Il travaillait à cette époque à la coopérative de production L’Egalitaire dont il sera un temps le directeur, mais que, tuberculeux, il quittera vers 1925 pour raisons de santé. le-gall-julesIl collabora au Libertaire et sous les pseudonymes de Paulus et de Mahurec à l’organe mensuel Le Flambeau (Brest, 80 numéros du 1er juin 1927 au 5 juin 1934) dont les responsables étaient R. Martin et J. Treguer. Le 15 juillet 1927, suite à l’émission d’un chèque frauduleux dont des experts graphologues estimèrent qu’il en était l’auteur, Gourmelon était arrêté et emprisonné. Alors que Louis Lecoin s’apprêtait à lancer une campagne pour sa libération, Paul Gourmelon décédait de tuberculose en prison le 9 novembre 1928 avant même d’avoir été jugé. Une foule très importante assista à ses obsèques. Dans son numéro de décembre 1928, Le Flambeau lui consacre toute sa « Une » en titrant sur cinq colonnes: Pourquoi est mort Gourmelon ? Ci-dessus: Jules Le Gall.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

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